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Full text of "Anchiennes cronicques d'Engleterre"

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ANCHIENNES 

CRONICQUES 

D'ENGLETERRE 


TYPOGRAPHIE  DE  CH.  LAHURE  ET  C" 

Imprimeurs  du  Sénat  et  de  la  Cour  de  Cassation 

rue  de  Vaugirard,  9 


ANCHIENNES 


CRONICQUES 

D'ENGLETERRE 


PAR 

JEHAN  DE  WAVRIIV 

SEIGNEUR   DU   FORESTEL 

CHOIX   DE   CHAPITRES   INÉDITS 

ANNOTÉS   ET   PUBLIÉS 

POUR  LA  SOCIÉTÉ  DE  l'hISTOIRE  DE  FRANCE 

PAR    IH""    DUPONT 


TOME  PREMIER 


A   PARIS 


CHEZ  M«^  V^  JULES  RENOUARD 

LIBRAIRE    DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    l'hISTOIRE    DE    FRANCE 
RUE  DE  TOURNON,   N"  6 

M.  DCCC.  LVIII 


DR 
130 

t./ 


f^ef.v/ 


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EXTRAIT  DU  REGLEMENT. 

Art,  ik.  Le  Conseil  désigne  les  ouvrages  à  publier,  et  choisit 
les  personnes  les  plus  capables  d'en  préparer  et  d'en  suivre  la 
publication. 

Il  nomme,  pour  chaque  ouvrage  à  publier,  un  Commissaire 
responsable,  chargé  d'en  surveiller  l'exécution. 

Le  nom  de  l'Éditeur  sera  placé  à  la  tête  de  chaque  volume. 

Aucun  volume  ne  pourra  paraître  sous  le  nom  de  la  Société 
sans  l'autorisation  du  Conseil ,  et  s'il  n'est  accompagné  d'une  dé- 
claration du  Commissaire  responsable,  portant  que  le  travail  lui  a 
paru  mériter  d'être  publié. 


Le  Commissaire  responsable  soussigné  déclare  que  V Édi- 
tion des  Anchiennes  Chroniques  d  Engleterre  ,  préparée 
par  Mlle  Dupont  ,  lui  a  paru  digne  d'être  publiée  par  la 
Société  de  l'Histoire  de  France. 

Fait  à  Paris  ^  le  8  mai  4  8 38. 

Signé  RAVENEL. 

Certifié , 
Le  Secrétaire  de  la  Société  de  l'Histoire  de  France , 
J.  DESNOYERS. 


PROLOGUE. 


S'ensieult  le  Prologue  gênerai  de  l'acteur  de  ceste  présente 
euvre  du  recueil  des  Cronicques  et  anchiennes  histoires  de 
la  grant  Bretaigne,  à  présent  nommée  Engleterre. 

Comme  il  soit  notoire  que  par  toutes  escolles  se  li- 
sent de  jour  en  jour  acteiu's,  composez  en  mètres,  des 
vyes  et  faictz  des  Troyens,  Grecz,  Rommains,  Affricains 
et  aultres  nations,  par  quoy  il  est  et  sera  perpetuelment 
d'iceulx  mémoire;  comme  pareillement,  en  France  et 
régions  voysines,  y  ait  eu  et  a  encores  de  présent  roys 
et  princes  de  grant  renommée  ou  proesse,  desquelz  les 
vyes  et  faictz  sont  dignes  d'estre  mys  en  mémoire  per- 
petuele  ; 

Hauit  et  puissant  mon  très  honnouré  et  doublé 
seigneur,  monseigneur  Waleran,  seigneur  de  Wavrin  ', 

i.  Était  fils  fie  messire  Gilles,  seigneur  de  Berlettes  ,  et  de  Béatrix  de 
Wavrin,  fille  unique  de  Robert,  seigneur  de  Wavrin.  L'une  des  con- 
ditions du  mariage  fut  que  le  seigneur  de  Berlettes  prendrait  le  nom  et 
les  armes  de  Wavrin.  (Bibl.  imp.,  CMnet  du  Saint-Esprit.  )  Ce  seigneur 
était  mort  des  le  mois  de  février  142 7, laissant  des  enfants  mineurs.  (Arch. 
imp.,  Section  judiciaire  ,  Accords,  année  1427.  )  Walerand  est  nommé 
par  lettres  patentes  du  duc  de  Bourgogne,  «  données  à  Bruges  en  avril 
4444,  capitaine  gouverneur  et  conducteur  gênerai  de  quatre  galees  que 
monseigneur  le  duc  avoit  au  port  de  Venise  ,  pour,  avec  le  grand  nave 
et  autres  galees  que  ledit  seigneur  avoit  au  dit  port  et  fait  armer,  aller 
contre  les  infidèles  et  mescrcans.  »  (La  Barre,  II,  205.)  Il  vivait  encore 
ie  13  juin  1469.  (Arch.  imp.,  Section  judiciaire ,  iu^és,  reg.  100, 
fol.  204  verso.) 

I  *  1 


2  CROx^ICQUES  D'ENGLETERUR. 

de  Lillers,  Malaiiiioy  et  Saint  Venant ,  comme  il  soil 
ainsyque,  aprezvostre  retour  que  darrainement  feistes 
de  Constantinoble,  où  vous  avez  esté  commis  et  en- 
voyez comme  capitaine  gênerai  de  pluiseurs  galees  et 
navires,  armées  et  garnies  de  grant  nombre  de  gens 
d'armes  et  de  trait,  par  l'ordonnance  et  commande- 
ment de  très  bault  et  très  excellent  et  puissant  prince 
Pbelipe,  duc  de  Bourgoingne  *,  de  Brabant  et  de  Lem- 
bourg,  conte  de  Flandres,  d'Artois  et  de  Bour- 
goingne, etc.,  es  mers  de  Levant  et  de  Grèce,  pour 
obvier  et  résister  à  l'encontre  des  entreprises  des  infi- 
dèles turcs ,  par  pluiseurs  fois  vous  pleut  prendre  voz 
devises  à  moy  toucbans  de  pluiseurs  belles  et  an- 
cbiennes  histoires,  entre  lesquelles  encommencastes  à 
parler  de  ce  très  noble  et  ancliien  royaulme  de  la  grant 
Bretaigne,  paravant  nommée  l'Isle  d'Albion,  qui  à  pré- 
sent se  nomme  Engleterre,  où  par  cy  devant  a  eu  de 
très  baulx ,  très  excellens  et  puissans  roys  et  princes , 
par  lesquelz  icellui  noble  royaulme  a  esté  gouverné 
puissannnent  jusques  aujourd'buy,et  aussy  a  esté  tous- 
jours  bien  garny  de  noble  chevalerie  qui  en  leur 
temps  ont  entreprins  et  achevé  maintes  haultes  be- 
songnes  par  leurs  grans  proesses,  dont,  en  vous  devi- 
sant à  moy,  ne  poviez  estre  assez  esmerveillié  comme 
nulz  clercs  d'icellui  royaulme  ne  s'estoient  avanchiez 
à  descripre  les  vyes  et  faictz  d'iceulx  roys  et  princes, 
(ors  seulement  en  aulcuns  pelis  livres  de  chascun  roy  à 
part  soy  :  moy  doncques,  ayant  le  bon  voloir  de  vostre 

1.  Philippe  le  lion,  duc  de  Bourgogne,  Gis  de  Je;in  sans  Peur  et  de 
Marguerite  de  Bavière,  né  le  30  juin  1396;  marié  i"  à  Michelle,  fille  de 
Charli's  VI;  i°  à  Bonne  d'ArtoLi;  3"  à  Isabelle  de  Portugal.  Mon  le 
IS  juin  HO?.  (Anselme,  I,  210.) 


PROLOGUE.  3 

noble  désir,  moyennant  d'avoir  vostre  bonne  ayde  el 
conseil,  qui  à  ceste  matere  m'a  esté  bien  séant,  ay  ozé 
entreprendre  ceste  paine  et  labeur  de  recueillier,  ad- 
jouster  et  ramener  en  quatre  volumes  de  livres,  au 
plus  près  que  j'ay  sceu  ne  peu,  tous  les  haulx  faictz 
d'iceulx  roys,  de  leurs  proesses  et  de  leurs  vyes,  et 
coomient  par  leur  noble  chevalerie,  le  temps  de  clias- 
cun  durant,  ledit  royaulme  a  esté  gouverné.  Pourquoy, 
mon  très  honnouré  seigneur,  moy  Jehan  de  Wavrin , 
chevalier,  seigneur  du  Forestel,  fils  inlegitisme  de 
vostre  grant  père,  monseigneur  Robert  de  Wavrin  ', 
jadis  chevalier  et  seigneur  des  terres  et  seignouries  de 
Wavrin,  Lillers  et  Malannoy,  lequel  mourut  en  la  ba- 
taille d'Asincourt  ^,  où  à  ce  jour  j'estoye,  sentant  en 

1.  Robert,  seigneur  de  Wavrixi,  conseiller  et  cliambellan  du  duc  de 
Bourgogne  :  ce  prince  «  voulant  reconuoître  les  services  que  son  père 
et  lui  avoient  reçu  de  messire  Robert,  seigneur  de  Wavrin,  cheTalier,  le 
retint  pour  son  conseiller  et  chambellan  aux  gages  de  80  livres  par  mois, 
par  lettres  données  à  Douai  le  16  juillet  1403.  »  (La  Barre,  II,  121  ;  Bil)l. 
imp.,  Cabinet  du  Saint-Esprit.)  Il  avait  épousé,  le  27  août  1390,  Jeanne 
de  Gaucourt.  (^Compte  rendu  des  séances  de  la  commission  royale  de  Belmnue 
t.  III,  276;  et  Arch  .  imp.,  Section  judiciaire,  Accords,  année  1427.) 
C'est  à  tort  que  le  P.  Anselme  (VI,  705)  lui  donne  pour  femme  Jeanne 
de  Créquy. 

2,  Le  frère  de  Wavrin  périt  aussi  dans  la  même  journée.  Il  fut  in- 
humé avec  son  père,  en  l'abbaye  de  Han,  proche  Lillers,  et  l'épitaphe 
suivante  fut  placée  sur  leur  tombe  : 

«  Cy  gistent  messire  Robert,  seigneur  de  Wavrin,  de  Lilers  et  de 
Malannoy,  chevalier,  et  messire  Robert  de  Wavrin ,  son  fils  et  héritier, 
chevalier,  et  trespasserent  ensemble  à  la  bataille  d'Azincourt,  qui  fut 
l'an  mil  un  »  et  xv,  le  xxv*  jour  du  mois  d'octobre.  Priez  Dieu  pour 
leurs  âmes  et  de  tous  les  trespassez.  Et  feist  ceste  lame  faire  madame 
Beatrlx,  dame  desdits  Ueux  de  Wavrin,  de  Lillers  et  de  Malannoy,  fille 
et  seur  desdits  trespassez,  priez  Dieu  pour  eulx.  »  (Bibl.  imp.,  mss., 
Épitaplies,  vol.  XXVII,  fol.  171  recto.)  C'est  le  fils  qui  s'était  marié 
avec  Jeanne  de  Créquy,  restée  veuve  après  six  semaines  de  mariage,  et 
qui  prit  une  nouvelle  alliance  avec  Guillaume  de  Lalain.  [Chronique  de 
J.  de  Lalain^  chap.  i.  ) 


k  CROIVICQUES  D'E^'GLETERRE. 

îiioy  que  fort  aprochoye  de  viellesse  et  que  plus  ne 
povoye  sievir  ne  fréquenter  les  armes,  ne  faire  longz 
voyiages,  comme  aultresfois  ay  fait  avec  vous  et  aussy 
en  la  compaignie  d'aultres  pluiseurs  princes  et  che- 
valiers, dont,  par  le  plaisir  de  Dieu,  Nostre  Seigneur, 
suis  party  sans  affolure  ou  villaine  reproche ,  et  aussy 
affin  de  fuir  huyseuse,  mère  de  tous  vices,  environ 
l'an  mil  quatre  cens  chinquante  et  chincq  me  ingeray 
de  voloir  emprendre  et  achever  ceste  euvre  jusques 
au  couronnement  du  roy  Edouard  Y  ^  de  ce  nom. 
Doncques,  mon  très  honnouré  et  doubté  seigneur,  je 
vous  supplie  humblement,  et  à  tous  ceulx  qui  liront 
ou  orront  lire  ce  recueil  des  cronicques  et  histoires  du 
royaulme  d'Engleterre  ,  que  se  fluité  et  trop  grant  ha- 
bundance  de  langaige  y  est  trouvé,  ou  que  aulcunement, 
par  trop  petite  diligence,  je  l'aye  peu  à  plain  déclarée, 
leur  plaise  supléer  mon  ygnorance  et  avoir  regard  à 
l'enlendement  de  l'histoire  plus  que  à  l'ordonnance  et 
faclion  de  ceste  euvre;  et  aussy  se  en  ce,  mon  très 
honnouré  seigneur,  compredez  ou  trouvez  chose  qui 
puist  tourner  ou  pourfiter  à  l'amplication  el  recom- 
uîandation  de  voslre  noble  personne,  il  le  vous  plaise 
retenir  à  la  loenge  de  Noslre  Seigneur  Jhesus  Crist,  en 
ayant  par  vostre  grâce  mémoire  de  vostre  humble  ser- 
viteur. 

1  C'ist  Edouard  IV  qu'il  faudrait  lire;  M.  P.  Paris,  qui  donne  en 
entier  ce  Prologue  (I,  89  ) ,  introduit  dans  son  texte  celte  rectification 
que  ne  comporte  aucun  des  exemplaires  des  Chroniques. 


ANCHIENNES 

CRONICQUES  D'ENGLETERRE 

PAR   JEHAIV    DE   WAVllIIV, 

SEIGNEUR   DU   FORESTEL. 


PREMIÈRE   PARTIE. 

LIVRE    PREMIER. 

1.  Cy  commence  le  premier  volume  des  Anchiennes  cro- 
nicques  (TEngleterre,  lequel  contient  en  soy  six  livres 
particuliers  desquels  le  premier  prent  son  commence- 
ment à  dame  Albinej  et  dure  ce  présent  volume  jusques 
au  vaillant  roy  Edouard  de  Windesore,  auquel  roy  le 
second  volume  se  commence,  comme  vous  orrez  et  ver- 
rez en  poursievant  ceste  matere.  Et  premiers  s'ensieult 
un  petit  prologue  pour  plus  clerement  donner  à  entendi  e 
ceste  euvre  sequente.  ChaDitre  1. 

Inédit. 

2.  Cy  s'ensieult  un  préambule  convenable,  à  manière  de 
thernne.  II. 

Inédit. 

3.  Cy  parle  du  cruel  et  énorme  conseil  que  dame  Al])ine 
donna  à  ses  seurs.  ill. 

Inédit. 


C  CROINICQUES  D'ENGLETERRE. 

4.  Comment  Albine  et  ses  seurs  coperentles  gorges  à  lems 
maris,  excepté  la  plus  josne  d'elles  qui  pour  lors  les 
racusa.  IV. 

Inédit. 

5.  Cy  devise  comment  dame  Albine  et  ses  seurs  arrivèrent 
en  une  isle  laquelle  elles  nommèrent  Albion,  pour  Al- 
bine. Et  depuis,  par  Bructus  qui  la  concquist,  eut  non 
Bretaigne  la  Grand.  Et  a  présent  se  nomme  Engleterre, 
pour  Englist.  ^  • 

Inédit. 


Cy  prent  fin  le  premier  livre-  de  ce  premier  volume  des  Cronic- 
ques  d'Engleterre. 


PRE:vIIÈRE  PAMIE,  LIVRE  II,  i-v. 


LIVRE    IL 


6.  Cy  commence  le  deuzieme  livre  des  Cronicques  d'Engle- 
terre  qui  contient  en  soy  lx  chapitres,  ouquel ,  comme 
vous  orrez,  il  traitte  des  Bretons  qui  régnèrent  en  la 
grant  Bretaigne  depuis  le  tempz  Bructus,  le  nepveu  Asca- 
nius,  fils  de  Eneas,  jusques  longtempz  après  l'incarna- 
cion  de  Nostre  Seigneur  Jhesus  Crist.  Et  parle  ce  premier 
chapitre  des  proprietez  de  l'Isle  de  la  grant  Bretaigne. 

Chapitre  I. 
Inédit. 

7.  Cy  commence  un  petit  préambule,  par  manière  de  thernne, 
sur  la  translation  du  livre  de  Brust  d'Engleterre.        II. 

Inédit. 

8.  Comment  troys  générations  principaulz  se  partirent  de 
Troye,  après  la  destruction  d'icelle,  et  peuplèrent  plui- 
seurs  royaulmes,  et  habitèrent  en  maintes  terres  et  di- 
verses régions.  III. 

Inédit, 

9.  Comment  Eneas  arriva  au  port  de  Carthage,  et  comment 
la  roine  Dido  le  recupt  ;  et  comment  il  se  partist  sans 
prendre  congié  d'elle,  pourquoy  elle  s'en  en  occist  de 
deuil.  "  IV. 

Inédit. 

10.  Comment  Eneas  et  sa  compaignie  arrivèrent  en  Cecille 
et  là  fist  une  cité,  où  il  laissa  grant  partie  de  sa  gent. 


8  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

Et  comment,  après,  il  se  partistde  là,  et  naga  tant  qu'il 
vint  en  Ytalie,  au  port  du  Tibre,  près  de  Laurence,  où 
demouroit  le  roy  Latin.  V. 

Inédit. 

11.  De  la  première  bataille  qui  fut  entre  Eneas  et  Turnus  ; 
et  comment  Eneas  ala  quérir  secours  au  roy  Evander 
contre  le  dit  Turnus  qui  le  vouloit  bouter  hors  d'Yta- 
lie.  ,  VL 

Inédit. 

12.  Comment  Turnus  demanda  trêves  de  xii  jours  à  Eneas. 
Comment  ils  acorderent  bataille  corps  contre  corps. 
Comment  Eneas  Toccist,  et  la  cause  pourquoy.         VU. 

l'iédit. 

13.  Comment  après  ce  ([ue  Eneas  eutespouzee  Laurine,  ne 
demoura  pas  grandement  que  le  roy  Latin  niorut,  et  puis 
Eneas,  aprez  ce  qu'il  eut  tenu  le  royaulme  quatre  ans.  VUE 

Inédit. 

14.  Comment  Bructus  fut  nez.  Comment  il  tua  son  père  et 
sa  mère.  Sy  fut  exillié  et  s'en  fuist  en  Grèce.  Et  com- 
ment il  vint  depuiz  à  grant  honneur.  IX. 

Inédit. 

15.  La  teneur  des  lettres  que  Bructus  envoya  au  roy  Pan- 
drasus.  IX  bis^ . 

Inédit, 

16.  Comment  le  roy  Pandrasus  s'esmerveilla  de  ce  que  les 
Troyens  se  vouloient  rebeller  contre  lui  :  sy  manda  ses 
barons.  El  comment  Bructus  le  desconiist.  X. 

Inédit. 

17.  Comment  Bructus  et  les  siens  destruisirent  la  seconde 
foiz  le  roy  Pandrasus,  et  fut  prins  par  Bructus  dedens  sa 
tente,  devant  le  chastel  de  Scparcnlin  quil  avoit  asse- 
gie.  Xi, 

Inédit. 
\     Cr  chnpitre  u'a  pa<  de  numéro  dans  1*-  manusciil. 


PREMIERE  PARTIE,   LIVRE  H,  vi-xvii.  9 

18.  Comment  Bructus  departist  tout  le  gaing  à  ses  compai- 
gnons.  Et  comment  le  roy  Pandrasus  s'accorda  à  Bruc- 
tus par  tel  condition ,  qu'il  habandouna  à  tous  les  Troyens 
qui  estoient  en  son  pays  d'aler  où  ils  voldroieut,  et,  avec 
ce,  bailla  à  Bructus  trois  cens  nefz  bien  garnies,  avecques 
giant  foyson  d'or  et  d'argent.  XII. 

Inédit. 

19.  Gomment  après  ce  que  Bructus  et  Cormeus,  avec  leurs 
gens,  eurent  séjourné  vin  jours  au  bout  de  Loirre,  se 
mysrent  en  leurs  nefz  et  nagèrent  contre  mont  l'eaue 
tant  qu'ilz  trouvèrent  un  lieu  convenable  pour  eulz  ai- 
zier,  où  ils  fichèrent  leurs  herberges.  Et  comment  ilz  des- 
confirent le  roy  Gauffier  d'Acquitaine.  Xlll. 

Inédit. 

20.  Comment  le  roy  Gauffier  ala  quérir  secours  en 
France.  Et  comment  il  fut  de  rechief  desconfist  par  les 
Troyens.  XIV. 

Inédit. 

21.  Comment  Bructus  se  partist  delà  terre  du  roy  d  Acqui- 
taine  et  s'en  ala  en  Albion.  Sy  descendist  illec  à  terre, 
lui  et  ses  gens,  et  occirent  tous  les  geans  qu  ilz  y  trouvè- 
rent, fors  Geomagon.  auquel  Cormeus  le  fort  luitta.  XV. 

Inédit. 

22.  Comment  Bructus  et  Cormeus  départirent  ensamble  la 
terre  d'Albion.  Et  comment  après  ce  que  Bructus  eut 
régné  xiiii  ans,  et  ediffyé  la  cité  de  Londres  avec  plui- 
seurs  chasteaulz,  il  mourut  et  laissa  troix  filz  qui  après 
lui  rengnarent  grandement.  XVI. 

Inédit. 

23.  Comment  Cormeus,  après  la  mort  Bructus,  vint  parler 
au  roi  Lotrin  et  lui  fist  espouser  sa  fille,  volsist  ou  non. 
Et  comment  Lotrin  laissa  sa  femme,  après  la  mort  de 
Cormeus  son  beau  père.  Et  comment  depuis  elle  le  des- 
confist en  bataille,  où  il  mourut.  Et  après  régna  gran- 


10  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

dément  et  desconfist  en  son  tempz  le  roy  Gesius  d'Ir- 
lande. XVII. 

Inédit. 

24.  Comment  Maddam,  filz  du  roy  Lotrin,  fut  couronné. 
Comment  Malins,  son  filz,  régna  mauvaisement  et  tua 
son  frère  :  et  comment  il  fut  devouré  de  lous  esragiez 
en  la  forest  où  il  chassoit.  XVIII, 

Inédit. 

25.  Cy  parle  du  règne  du  roy  Ebrot  et  de  ses  faictz.  XIX. 

Inédit. 

26.  Des  règnes  de  quatre  roys  :  c'est  assavoir  de  Bructus 
Vert  Escu,  de  Leir,  de  Rahudibras  et  de  Bladus.      XX. 

Inédit. 

27.  Cy  parle  du  règne  du  roy  Leir.  Comment  il  esprouva  ses 
trois  filles,  et  comment  Agornozille  et  Regnault  le  de- 
cheurent,  et  Cordeille  lui  dist  la  vérité.  XXI. 

Inédit. 

28.  Comment  le  roi  Belinus  desconfist  son  frère  Bremus  et 
prinst  le  roy  Gurlat,  de  Dannemarce,  et  la  femme  de  son 
frère  Bremus  en  Northumbellande.  Et  comment  Bremus 
eschappa  :  sy  s'en  ala  en  Gaulle.  Et  des  chaussées  que  le 
roy  Belinus  fist  faire.  XXII. 

Inédit. 

29.  Comment  Bremus  espouza  la  fille  au  duc  de  Sens,  et 
puis  passa  en  Engleterre  avec  grant  ost,  pour  recouvrer 
son  pays,  et  fist  la  paix  sa  raere  de  lui  et  de  son  frère 
Belinus,  qui  tout  le  royaulme  tenoit.  XXIII. 

Inédit. 

30.  Comment  les  deux  frères  Belinus  et  Bremus  mysrent  eu 
leur  obeyssance  toute  Gaule  jusques  aux  monts  de  Mont 
Scnis.  Et  comment  ilz  passèrent  oultre  en  Lonibar- 
die.  XXIV. 

Inédit. 

3 1 .  (Comment,  après  ce  que  les  deux  princes  et  les  Rom- 
mains  furent  accordez  ensamble,  les  Rommains  rompi- 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  II,  xviii-xxxi.  11 

rent  leurs  aliances.  Gomment  Belinus  desconfist  les  con- 
sulz  et,  par  conséquent,  comment  ilz  firent  prendre  les 
hostaiges  des  Rommains,  puis  prindrent  et  destruireut 
toute  la  cité  de  Romrae.  XXV. 

Inédit. 

32.  Comment,  après  ce  que  les  deux  frères  eurent  Homme 
destruite  et  departy  les  gTOS  bustins ,  Belinus  retourna 
vers  Bretaigne  et  Bremus  demoura,  et  comment  Camil- 
lus  le  desconfist,  puis  repara  la  cité  de  Romme.  XXVI. 

Inédit. 

33.  Comment,  après  la  mort  Belinus,  Gragius,  son  filz,  régna 
puissamment  ;  car  il  desconfist  le  roy  de  Dannemarce  et 
constraingnist  de  lui  payer  tribu.  Et  comment  il  peupla 
Zelande.  Et  de  la  mort  de  Bremus.  XXVII. 

Inédit. 

34.  Comment  Guicelin  et  sa  femme  régnèrent  après  Gra- 
gius. Et  du  règne  SiliusRomarus  etDanus.  Et  comment 
le  roy  Morbidus  ait  transglouty  du  monstre  marin  qui 
Belue  estoit  appelle.  XX VIII. 

Inédit. 

35.  Des  royaulmes  Gorboman,  Argal  et  Helidus.  Et  com- 
ment Argal  fut  depposé  et  Helidus,  son  frère,  couron- 
né. Et  comment  Helidus  se  déposa,  pour  la  pitié  qu'il 
eut  de  son  frère  Argal.  XXIX. 


Inédit. 


36.  Comment  depuis  la  mort  du  bon  roy  Helidus  tous  les 
roys  qui  après  lui  régnèrent,  jusques  ou  tempz  du  roy 
Lud  qui  Londres  ferma,  ne  firent  chose  qui  riens  ou  pou 
vaillist.  XXX. 

Inédit. 

37.  Comment  le  roy  Lud  fist  clore  Londres  de  tours  et  de 
fortes  murailles  devers  les  parties  d'Orient,  Occident  et 
Septentrion.  XXXI. 

Inédit. 


42  CRO>'ICQUES  D'ENGLETERRE. 

38.  Comment  Julie  César  fut  envoyé  en  Gaulle  pour  la 
concquerre  et  mettre  soubz  la  seigneurie  des  Rommains, 
et  toutes  les  parties  d'occident.  Et  comment  icellui  Cé- 
sar envoya  en  la  grant  Bretaigne  ,  et  de  la  responce  que 
les  Bretons  lui  firent.  XXXII. 

Inédit. 

39.  Comment  Julie  Gesar  passa  en  Bretaigne  avec  son  ost. 
Et  comment  il  fut  desconfy  et  chassie  hors  par  le  roy 
Cassibellant  et  ses  aydans.  XXXtII. 

Inédit. 

40.  Comment  Nemnus,  frère  du  roy  Cassibellant,  moment  de 
la  plaie  que  César  lui  avoit  faicte.  Et  comment  les  Fran- 
çois se  volrent  rebeller  contre  Julie  César.         XXXIV. 

Inédit. 

41.  Comment  César  retourna  la  seconde  fois  en  Bretaigne, 
où  il  retourna  et  fut  de  rechief  desconfy  et  chassie 
hors  plus  honteusement  que  la  première  fois  n'avoit 
esté.  XXXV. 

Inédit. 

42.  Comment  le  roy  Cassibellanus,  après  ce  qu'il  eut  victo- 
rieusement rebouté  les  Rommains  la  seconde  fois,  fist 
faire  ung  solempiiel  sacrefice  à  ses  dieux.  Et  du  discord 
qui  s'esmeutentre  lui  et  Androgeus,  sonnepveu.  XXX\  I. 

Inédit. 

43.  La  teneur  de  la  lettre  tramise  par  le  duc  Androgeus  à 
Julie  César,  empereur  rommaiu.  XXXMl. 

Inédit. 

44.  Comment  Julie  Ccsar  respondist  au  messagier.  Et  com- 
ment, par  le  moyen  Androgeus,  il  subjuga  les  Bretons  et 
fist  tributaires  aux.  Rommains.  XXX\  III. 

Inédit. 

4.5.  Comment  la  paix  fui  faicte  entre  les  Rommains  et  les 
Bretons  par  l'ayde  et  moyens  de  Androgeus.  Et  comment 


PRE^llÈRE  PARTIK,  LIVRn  II,    xxxii  xlvi.  i3 

César  s'en  retonrna  en  Gaulle,  et  emmena  le  duc  Andro- 
geus  avecques  lui.  XXXIX. 

Inédit. 

46.  Comment  l'empereur  Claudien  ala  en  la  grant  Bretai- 
gne  contre  les  Bretons  qui  lui  avoient  refusé  à  payer 
treu.  Et  de  la  mort  du  roy  Guider.  XL. 

Inédit. 

47.  Comment  Maurrius,  filz  de  Arviragus,  desconfist  le  roy 
des  Piz,  qui  Rodrit  avoit  à  nom;  et  de  la  perche  qu'il 
fist  drechier  ou  champ  en  signe  de  sa  victoire.         XLL 

Inédit. 

48.  Comment  Luces  fut  le  premier  roy  crestien  ou  royaulme 
de  la  grant  Bretaigne.  Comment  il  fist  baptisier  les  Bre- 
tons, et  des  grans  biens  que  il  leur  fist.  XLIT. 

Inédit. 

49.  Comment  Aeller  et  Gallus  furent  envoyez  de  Romme  en 
Bretaigne  pour  gouverner.  Et  comment  les  Bretons  firent 
roy  Asclepidos,  et  desconfirent  les  Bommains.       XLIII. 

Inédit. 

50.  ComiTient  Constant  vint  en  Engleterre,  et  espousa  He- 
laine,  la  fille  du  roy  Choel.  De  la  nativité  Constantin. 
Comment  il  enchâssa  l'empereur  Maxence.  Et  comment 
Helaine  trouva  la  croix.  XLIV. 

Inédit. 

51.  Comment  le  roy  Ostones  envoya  quérir  Maximiei:  pour 
espouser  sa  fille.  Et  comment  il  gaigna  le  royaulme  de 
Armoricque,  dont  il  fist  roy  Conan.  XLV. 

Inédit. 

52.  Comment  Conan,  roy  de  la  petite  Bretaigne,  envoya  à 
Jonet,  roy  de  la  grant  Bretaigne,  de  par  l'empereur 
Maximien,  pour  avoir  Ourselles,  sa  fille,  en  mariage,  et 
aussi  pour  avoir  grant  nombre  de  pucclles  du  règne 
pour  donner  à  ses  hommes  et  peuplci-  sou  pays.  XLVI. 

Inédit. 


ik  CROMCQUES  D'KNGLETERRÎ::. 

53.  Comment  Gavianus  et  Melga  retournèrent  en  la  grant 
Jîretaigne  et  cassèrent  le  fort  mur  que  les  Rommains 
avoient  faict.  Et  comment  les  Rommains  ne  volurent  plus 
aydier  les  Anglois.  XLVII. 

Inédit. 

54.  Comment  le  tirant  \ortlgier  fist  copper  les  testes  aux 
Picz  qui,  de  son  propre  consentement  couvert,  avoient  le 
roy  Constant  occy,  et  usurpa  le  royaulme.  Et  comment 
il  retint  les  Saxons  de  sa  court,  par  la  puissance  desquelz 
il  obtint  victoire  alencontre  des  Picz  et  Estotz.  XL\  III. 

Inédit. 

55.  Comment  Englist  deceupt  le  roy  Vortigier  par  sa  ma- 
lice. Comment  il  se  fist  donner  par  le  roy  une  forte  place 
en  laquelle  il  ediffia  le  cliastel  de  la  Couroye.  Et  des 
Saxons  qu'il  fist  venir.  Et  comment  Vortigier  espousa  sa 
fille  Ronixe,  qui  estoit  payenue.  XLIX. 

Inédit. 

5G.  Comment  Saint  Germain  d'Auxerre  et  Saint  Leu  de 
Troyes  vindrent  en  la  gi-ant  Bretaigne,  et  de  la  multipli- 
cation des  Saxons  en  icelle.  Et  comment  le  roy  Morchi- 
mer  fut  couronné.  L. 

Inédit. 

57.  Comment  la  roine  Ronixe  fist  empoisonner  le  bon  roy 
Norcuner.  Et  comment  il  conforta  ses  barons  au  lit  de  la 
mort.  Et  de  ses  ordonnances.  Ll. 

Inédit. 

58.  Comment  Vortigerius  fut  reslevé  en  la  dignité  royal, 
et  comment,  par  Tadmonnestement  de  sa  femme  Ronixe, 
il  remanda  Englist  par  lequel  les  Bretons  furent  des- 
truiz.  LU. 

Inédit. 

59.  Comment  le  roy  Vortigier  prinst  conseil  à  ses  devincurs 
de  sa  misérable  vyc.  Et  de  la  tour  (ju'il/  lui  conseillie- 
rent  à  ediffier  pour  soy  saulver.  LUI. 

Inédit. 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  II,  xlvii-liv.  ir; 

60.  Comment  les  messaiges  du  roy  Vortigier  emmenèrent 
Merlin,  qu'on  disoit  l'enfant  sans  père;  et  des  choses 
qu'il  dict  au  loy  Vortigier,  au  grant  reproche  de  ses  de- 
vineurs,  de  1  eslahlete  des  fondemens  de  sa  tour*.  LIV. 

Inédit. 

1.  En  insérant  dans  sa  compilation  des  anciennes  chroniques  d'An- 
gleterre une  traduction  du  Xnve  de  Brtist  (c'est  le  titre  qu'il  donne  *  à 
l'ouvrage  composé  en  latin  par  Geoffroy  de  Montmoutli } ,  Wavrin  ne 
nous  fournit  aucun  renseignement  sur  le  translateur  anonyme  dont  il 
adopte  la  version ,  sur  sa  patrie  ,  sur  le  temps  auquel  il  a  vécu.  Peut-être 
n'en  savait-il  rien;  peut-être  bien  était-ce  chose  trop  connue  de  ses  con- 
temporains pour  qu'il  fût  nécessaire  de  le  leur  dire.  Quoi  qu'il  en  soit , 
nous  ne  croyons  pas  inutile  de  signaler,  dans  ce  présent  chapitre  et  dans 
ceux  qui  vont  suivre,  quelques  passages  contenant  une  partie  des  détails 
que  notre  chroniqueur  a  passés  sous  silence.  Geoffroy  de  Monlmouth  , 
dans  son  Histoire  des  Bretons ,  se  borne  à  recueillir  les  célèbres  prophé- 
ties de  Merlin.  Son  interprète  les  traduit,  à  son  tour,  de  latin  en  français  ; 
mais  il  fait  plus  :  il  les  commente ,  il  indique  les  applications  qu'on  en 
peut  faire  aux  événements  accomplis.  C'est  dans  cette  parlie,  apparte- 
nant en  propre  au  translateur,  que  nous  trouvons  çà  et  là  quelques 
phrases  qui  révèlent  le  nom  de  sou  pays  et  dans  quel  temps  il  écrivait. 

Un  prologue,  placé  en  tête  des  prophéties,  nous  apprend  qu'il  est  né 
dans  le  Bourbonnais.  Malgré  ,  dit-il ,  son  insuffisance  et  la  rudesse  de  son 
natif  langaige  bourbonnais  ^  il  entreprend  de  mettre  «  icelles  en  francois 
legier  et  eutendible ,  par  exposition  clere  et  évidente ,  là  où  la  sentence 
est  obscure.  »  Voilà  pour  la  patrie.  Quant  à  l'époque  où  il  vivait,  les 
réflexions  que  lui  suggèrent  certaines  interprétations  et  sentences  servi- 
ront à  la  déterminer  ;  ainsi,  après  l'énoncé  d'une  prophétie**,  il  désigne 
le  prince  de  Galles  et  les  grans  seigneurs  de  France  ,  lesquelz  il  fit  tous 
trembler  en  belle  batlaille  de  Poictiers ;  car,  ajoute-il,  «  certainement  il 
n'eut  à  doubte,  en  tout  le  royaulme  de  France,   cité,  ville,  etc.,  qu'il 

n'en  tremblast,si   comme   ie  Vay  aulresfoiz  oy  recorder Je  porroye 

escripre  pluiseurs  choses  quy  me  font  souvent  mal  en  ma  teste  ;  caryV  ne 
voy  aujourd'hui,  en  ce  présent  royaulme  (de  France),  synon  désolation  et 
desconfort,  rapines,  calamité/,  ;  et  Justice  y  est  morte,  Droict  s'en  est 
fuyz ,  Raison  dort ,  uulz  ne  cure  ne  ne  pense  du  bien  public  que  fort  à 
le  exterminer  et  destruire  par  plourables  misères  :...  chascun  se  taist  et 
fuict  sillence  ,  nul  n'ose  dire  Vérité  s'en  est  allée,  et  quant  est  de  moy, 

■*  Voy.  ci-dessiis,  rlmp.  7. 
**  Chap.  CI. 


iC  CRONICQUES  D'ENGLKTERRE. 

61.  Comment  maistre  Gauffroy  Monemutensis,  qui  cestiu 
livre  compila  de  langue  brete  en  latin,  se  excusa  sur  la 
translation  des  prophéties  Merlin  Ambroise,  disant  en 
teste  manière.  L\. 

Inédit. 

62.  Cy  après  parle  des  prophéties  Merlin  qu'il  denoncha 
au  roy  Vortigier.  Et  parle  premièrement  de  la  signif- 
iiance  des  deux  dragons  qui  yssirent  des  pierres  du  lacq 
expuissye,  comme  dict  est  cy  dessus.  LVI. 

Inédit. 

63.  Cy  après  s'ensieult  la  seconde  cause  des  prophéties 
Merlin  le  prophète.  L\ll. 

Inédit. 

64.  Comment  Merlin  prophétisa  au  roy  "Vortigier  l'advene- 

je  croj  fennemenl  que  pluiseiirs  nolilcs  chevaliers  ,  escuyers  et  aultres 
gens  de  conseil  quy,  pour  leur  avarice  et  par  les  proufis  qu'ilz  ont  du 
rov  ou  d'aulcuns  aultres,  ne  osent  ou  ne  veullcnt  dire  vérité....  Puys  dyst 
Merlm  que  ,  en  icelliiy  temps,  que  le  rond  sera  f'iici  demy  ;  c'est  à  dire  que 
la  monarchye  du  ren^^ne ,  qui  est  rond  par  une  vrave  obéissance  ou 
souverain  seigneur  du  royaulme ,  sera  fait  deniy  par  cause  de  divisions , 
car  la  playe  de  la  guerre  civile  les  disjoindra  et  divisera  le  d^  adesme  royal 

en   deux   couronnes   ou    royaulmes »    Une    autre   prophétie  *    le    fait 

s'écrier  ;  «  Hé  Dieu  !  nous  avons  une  prophétie  quy  dist  que  le  royauluie 
de  France  en  vygour  durera ,  tant  comme  justice  y  rengnera,  et  quant 
elle  y  fauldra ,  le  règne  à  néant  tournera;  laquelle  chose  je  prye  à  Uieu 
que  n'adviengne ,  jasoit  ce  qu''il  y  ait  grant  commenc.ment ,  car  ja  la  per- 
nicieuse sédition  et  division  civile  est  entre  nous  ,  car  nous  sommes  mainte- 
nant tous  Gucrfes  et  Guibelins  comme  les  Lombars.  ï 

En  parlant  de  la  division  du  diadème  en  deux  couroimes  ou  ro\aumes, 
notre  translateur  désigne  évidemment  les  funestes  démêlés  d'entre 
Chai  les  VII  et  Henri  V.  Il  vivait  donc  vers  la  milieu  du  xv'  siècle.  On 
objectera  ,  pcul-ètrc,  que  Wavrin  ,  tout  en  s'appropriant  le  travail  d'un 
autre,  peut  y  avoir  introduit  certaines  modifications,  et  que  ce  que 
nous  attribuons  ici  au  translateur  bourbonnais  est  une  interpolation  de 
Wavrin.  A  cela  nous  répondrons  qu'indépendamment  de  la  copie  que 
nous  eu  fournissent  les  Ânchienufs  cronicques  d^Engleterre  ,  il  existe  plu- 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  II,  lt-lix.  17 

ment  des  deux  filz  du  roy  Constant.  Et  de  sa  misérable 
vye.  Et  aussi  la  mort  de  Englist  le  Saxon.  LVIII. 

Inédit. 

65.  Comment  tous  les  Bretons  de  la  grant  Bretaigne,  nobles 
et  non  nobles,  qui  eschapez  estoient  des  mains  des 
Saxons,  sceu  l'advenement  des  enfans  du  roy  Constant, 
leur  vindreut  au  devant,  en  leur  portant  grant  honneur. 
Et  comment  ilz  assesierent  \ortioier  et  Fardirent  en  sa 
tour,  sy  comme  Merlin  l'avoit  divine  paravant.  LIX. 
Inédit. 

Cy  prent  fin  le  second  livre  du  premier  volume  des  Cronicques 
d'Engleterre,  et  s'ensieult  le  tiers. 

sieurs  manuscrits  *  de  la  traduction  de  VHistoire  des  Bretons  absolument 
semblables ,  et  qu'il  ne  paraît  pas  admissible  que  ces  ouvrages  ne  soient 
qu'un  démembrement  de  l'œuvre  de  Wavrin,  tandis  que  tout  porte  à 
croire  qu'il  s'est  approprié,  ici  comme  ailleurs,  ce  qui  était  à  sa  con- 
venance. 

*  La  Bil)liotbèque  impériale,  entre  autres ,  en  possède  trois  : 
1"  Ancien  fonds  fnincais,  n.  8387.  Cronicques  des  Bretons^  contenons  les  gestes 
d'iceulx  depuis  Brutus  jusques   à  Van  v*   ni"'  et  vill.   Cette  traduction  diffère  un 
peu  de  celle  de  Wavrin,  mais  elle  lui  est  conforme  pour  les  chapitres  qui  com- 
prennent les  prophéties  de  Merlin. 

2»  et  3°  Fonds  Saint-Germain  des  Prés,  n.  93,  et  Fonds  Colbert,  n.  10210="^ 
Histoire  d'' Angleterre.  La  traduction  que  renferment  ces  deux  manuscrits  est  con- 
forme à  celle  de  Wavrin.  Citons  aussi,  puisque  l'occasion  s'en  présente  :  1°  Sup- 
plément français,  n.  67  :  Compillation  des  Croniques  et  Ystoires  des  Bretons,  jiar 
Pierre  Le  Baut,  secrétaire  de  Jehan,  sire  d'Erval.  Le  Baut  abrège  beaucoup,  pu 
général,  l'œuvre  de  Geoffroy  de  Montmouth,  et  quant  aux  prophéties  de  Merlin, 
en  particulier,  il  les  supprime  complètement  a  pour  cause  de  briefveté  et  mesnies 
pour  l'ambiguité  du  stille  exquis,  qui  est  difficile  à  ung  cbascun  entendre.  » 
2°  Ancien  fonds  français,  n.  t02t  I .  h'Istoire  de  Brutus,  premier  roy  de  Bretaigne, 
a  présent  dicte  Angleterre,  et  ses  successeurs.  Traduction  anonyme,  qui  diffère  de 
celle  de  Wavrin  et  de  celle  de  Le  Baut  :  les  prophéties  y  sont  rapportées  en  latin. 
On  trouve  enfin  au  British  Muséum  (bibliothèque  Lansdovrne,  n.  214)  une  qua- 
trième version  de  l'histoire  des  Bretons.  «  Chi  fine,  dit  Vexplicit,  le  Hystore  des 
Bretons,  extraite  du  latin  en  rouman  à  la  requeste  de  mon  très  redoublé  seigneur 
Mgr  de  Croy  et  de  Jacotin  le  Contois,  son  receveur  gênerai  :  et  fut  translaté  par 
ung  bourgeois  de  Mons  en  Hainault,  nommé  Jehan  Vauquelin,  en  l'an  de  Nostre 
Seigneur  iiicens  xlv,  le  xxv  jour  de  juillet,  »  Cette  traduction  est  encore  différente 
des  autres. 


18  CROMCQUES  D'ENGLETERRE. 


LIVRE    III. 


66.  Cy  commence  le  tiers  livre  de  ce  premier  volume,  le- 
quel contient  en  soy  lui  chapitres ,  desquelz  le  premier 
contient  comment  le  Saxon  Englist  garnist  ses  forteresses 
quant  il  sceut  la  mort  Yortigier.  Et  comment  le  noble 
rov  Aurelien  le  desconfist  avec  tout  son  ost,  où  il  avoyt 
bien  deux  cens  mille  Saxons.  Chapitre  I. 

Inédit. 

67 .  Cy  parle  de  la  mort  et  comdempnation  de  Englist  le  ti- 
rant; et  comment  Cocta,  son  filz,  et  tous  les  nobles  jo- 
venceaulz  des  Saxons,  atout  chascun  une  chaîne  en  leurs 
mains,  se  misrent  en  la  mercy  du  roy  Aurelien.  II. 

Inédit. 

68.  Comment  le  roy  Aurelien  reforma  son  royaulme  en 
bonne  meurs  et  fist  rediffier  les  églises,  citez,  villes  et 
forteresses  destruites  par  les  Saxons  :  et  de  la  cause  pour 
laquelle  il  tramist  querre  Merlin,  et  du  conseil  que  ledict 
Merlin  le  prophète  lui  donna  sur  sa  demande.  III. 

Inédit. 

69.  Comment  le  ducUtherpendragon,  après  ce  qu'il  fut  atout 
Merlin  et  son  ost  arrivé  en  Hybernie,  desconfist  Gillo- 
mith,  le  roy  de  celle  région.  Et  comment  Merlin,  par  sa 
soubtillelé,  (ist  emporter  les  pierres  en  Bretaigne,  où  il  les 
drescha  en  leur  ordre,  par  le  commandement  du  roy  Au- 
relien. IV. 

Inédit. 


PREiMlËRE  PARTIE,  LIVRE  III,  i-x.  19 

70.  Comment  Pascent,  fil/,  du  roy  Vortigerius,  excista  les 
Germaniens  contre  le  bon  roy  Aurelien,  à  moult  grant 
ost,  et  furent  desconfiz.  Et  comment  après  il  se  ralia  au 
roy  Gillomith,  de  Hybernie,  lequel  il  fist  passer  à  grant 

.  ost  en  Bretaigne.  Et  comment,  par  venin  et  trayson,  il  fist 
finer  le  crestien  roy  Aurelien.  V. 

Inédit, 

71.  De  l'exposition  que  fist  Merlin  au  duc  Utherpendragon. 
Et  comment  il  desconfist  ses  ennemiz  Gillomith  et  Pas- 
cent, puis  retourna  à  Gumtonye  pour  célébrer  les  ob- 
sèques du  roy  Aurelien,  son  frère.  VI. 

Inédit. 

72.  Du  couronnement  du  duc  Uther,  qiii  sournommé  fut 
Pendragon,  et  des  deux  batailles  qu'il  eut  alencontre  de 
Gocta,  filz  de  Englist,  et  Orsus,  son  cousin,  lesquelz  le 
desconfirent  en  la  première  bataille.  Mais  aprez  furent 
ilz  destruictz  en  la  seconde  assamblee.  VII. 

Inédit. 

73.  De  la  court  que  tint  le  roy  Utherpendragon  en  la  cité 
de   Londres.    Et   comment  il    meut  la  guerre    au  duc 

-   Gorlois  à  cause  de  sa  femme,  de  laquelle  il  fut  amou- 
reux. VIII. 

Inédit. 

74.  De  la  mort  au  duc  Gorlois  et  prinse  de  sa  forteresse 
asseglee  par  l'ost  Britonnicque  en  l'absence  de  Utherpen- 
dragon. Et  comment  il  espousa  Igerme.  Et  de  la  venue 
de  l'ost  Saxonnicque,  à  l'esmouvement  de  Cocta  et  Or- 
sus  qui  s'en  fuyrent  ou  eschapperent  de  la  prison.      IX. 

Inédit. 

75.  Comment  le  roy  Utherpendragon,  très  griefvement  ma- 
lade, se  fist  porter  en  l'ost,  où  il  blasmu  moult  aigrement 
ses  princes.  Et  comment  il  fut  porté  en  sa  litière  en  la 
bataille,  où  les  Saxons  Cocta  et  Oise  furent  morts,  et  tout 
leur  ost  desconfy.  X. 

Inédit. 


20  CROINICQUES  D'E?iGLETERRE. 

76.  Comment  les  tirans  saxons,  proditoirement ,  firent 
mourir  le  roy  Utherpendragon  par  la  fontaine  dout  il 
beuvoit  l'eaue,  qu'ilz  empoisonnèrent.  XI. 

Inédit. 

77.  Du  couronnement  de  Artus,  filz  du  roy  Utlierpendragon, 
par  Dubritius,  arclievesque  de  Legionne.  Et  comment  il 
desconfist  G(jlgrinus,  duc  des  Saxons,  et  tout  son  ost,  et 
l'assega  à  Eboraclc,  sa  cité.  XII. 

Inédit. 

78.  Comment  le  roy  Artus  laissa  le  siège  de  Ebroith  et  ala 
à  Londres  pour  soy  conseillier,  et  tramist  messaiges  en 
Armoricque  au  roy  Hoclus,  sonnepveu,  pourquerre  se- 
cours. ■  XIII. 

Inédit. 

79.  Comment  le  roy  Artus  desconfist  les  payens  saxons  à 
Kaerlindeoth,  la  cité  qu'ilz  avoient  assize.  Et  comment 
ilz  lui  jurèrent,  en  la  forest  de  Calidonienne,  de  lui  ren- 
dre treu  et  en  baillierent  hostaiges,  mais  ilz  se  parjurè- 
rent :  sy  furent  leurs  hostaiges  cruellement  acraveu- 
te/.  XIV. 

Inédit, 

80 .  Comment  Dubritius  enliorta  les  Bretons  de  eulx  fièrement 
combatre  contre  les  payens  ;  et  comment  ilz  les  desconfi- 
rent par  la  proesse  de  leur  roy  Artus.  XV. 

Inédit. 

81.  Comment  le  duc  de  Cornubie  tua  le  duc  Tbederic,  et 
piinsi  ses  nefz  et  ses  gens  en  dedition.  XVI. 

Inédit. 

82.  Comment  le  noble  roy  Artus  desconfist  les  Escots  en 
lisle  d'ung  estang,  et  le  roy  de  Hybernie  aussi,  qui  les 
vint  aydier  et  S(  courir  XVII. 

Inédit. 

83.  (Comment  le  noble  roy  Artus  de  Bretaigne  fist  refaite 
les  églises  que  les  mauldictz  payens  avoient  inhumaine- 
ment destruictes.  XVIIl. 

Inédit. 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  III,  xi-xxvi.  21 

84.  Comment  le  roy  Artus  mist  le  pays  d'Escoche  en  son 
anchienne  liberté.  Et  comment  il  espousa  Genevieie , 
qui  estoit  de  noble  lignaige  de  Romme  et  la  plus  belle 
de  tout  le  pays  de  Bretaigne.  XIX. 

Inédit.  _ 

85.  Comment  le  roy  Artus,  après  ce  qu'il  eut  reposé  long- 
tempz  en  grant  félicité,  passa  la  mer  et  concqulst  Nor- 
guegyedace,  Neustrie  et  tous  les  pays  de  Gaulle.       XX. 

Inédit. 

86.  Cy  parle  de  la  grant  feste  que  célébra  le  noble  roy  Ar- 
tus en  la  cité  de  Legionne,  Et  comment  il  y  vint  moult 
de  grans  princes  et  barons.  XXI. 

Inédit. 

87.  Comment  les  princes  qui  venuz  estoient  à  la  court  que 
tint  le  roy  Artus  furent  festoyez.  Et  comment  lui  et  la 
royue  sa  femme  portèrent  couronne  le  jour  de  lasolemp- 
nité.  XXII. 

Inédit. 

88.  Comment  le  roy  Artus  créa  pluiseurs  archevesques  et 
evesques,  et  de  l'advenement  des  legatz  envoyez  de 
Romme.  XXIII. 

Inédit. 

89.  S'ensieult  l'oraison  du  roy  Artus  à  ses  princes  sur  la 
sentence  de  la  lettre  à  lui  tramise  de  par  l'empereur 
romraain.  XXIV. 

Inédit. 

90.  S'ensieult  l'oraison  du  roy  Hoclus,  de  Armoricque,  en 
persuadant  la  guerre  contre  les  Rommains.  XXV. 

Inédit. 

91 .  La  délibération  Agnoleselh,  aultrement  dict  Angélus,  au 
roy  d'Albanie.  XXVI. 

Inédit. 


22  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

92.  De  la  responce  que  fist  le  roy  Artus  aux  legatz,  loni- 
mains.  Et  comment  ses  barons  s'appareillierent  atoute 
dilligence.  XXVII. 

Inédit. 

93.  Cy  devise  comment  le  proesseux  roy  Artus  se  combatist 
vaillamment  à  un»  grant  géant  à  la  roche  du  Mont  Saint 
Michiel.  XXVIII. 

Inédit. 

94.  Comment  le  roy  Artus  ala  au  devant  des  Rommains. 
Et  comment  ses  legatz  commencierent  premiers  la  ba- 
taille. XXIX. 

Inédit. 

95.  Comment  les  Bretons,  qui  conduisoient  leurs  prison- 
niers vers  Paris ,  à  xv  mille  hommes  armez  desconîirent 
XX  mille  Rommains  qui  les  guettoient  en  une  em- 
busce.  XXX. 

Inédit. 

96.  Comment  l'empereur  rommain  degueipist  ses  tentes 
pour  aler  à  Ostun.  Et  comment  le  roy  Artus  lui  viiit  au 
devant  eu  une  vallée,  où  il  ordonna  ses  batailles.  XXXJ . 

Inédit. 

97.  Comment  Artus  admonesta  sagement  ses  chevaliers  de 
bien  combatte  pour  dcffendre  leur  pays  et  liberté.  XXXII. 

Inédit. 

98.  Comment  l'empereur  rommain  ordonna  ses  batailles, 
après  une  oraison  exortative  faicte  à  ses  chevaliers  pour 
les  encoragier.  XXXIIl. 

Inédit. 

99.  De  la  bataille  merveilleuse  d'entre  les  Rommains  et  les 
Bretons.  Et  de  la  noble  victoire  que  obtint  le  roy  Ar- 
tus. XXXIV. 

Inédit. 

100.  Comment  le  noble  roy  Artus,   après  ce  qu'il  eut  eue 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  III,  xwh-nlui.  23 

victoire  des  llommains,  fist  ensepvelir  les  corps  de  ses 
barons  et  de  ses  hommes.  XXXV. 

Inédit. 

101.  Comment  le  noble  roy  Artus  se  combatist  la  première 
fois  au  desloyal  tirant  Mordreth,  et  le  desconfist  à  grant 
perte  des  siens.  XXXVL 

Inédit. 

102.  Cy  parle  des  deux  batailles  que  eut  le  roy  Artus  alen- 
contre  de  Mordreth.  Et  de  la  manière  de  la  fin  d'eulx 
deux.  XXXVII. 

Inédit. 

103.  Comment  le  roy  Constantin  occist  les  deux  enfans 
Mordreth.  Et  comment  son  nepveu  le  tua,  qui  fut  cou- 
ronné après  lui.  XXX VIII. 

Inédit. 

104.  Des  faictz  des  roys  Vortiporius  et  Molgo  le  Bel,  qui 
succédèrent,  Tun  après  l'aultre,  ou  royaulme  delagraist 
Bretaione.  XXXIX. 

Inédit. 

105.  Des  gestes  au  roy  Cathericus  et  des  guerres  civilles  qui, 
par  sa  cruaulté,  vindrent  en  son  tempz  en  Bretaigne.  Et 
des  grans  maulx  que  les  Saxons  y  firent.  XL. 

Inédit. 

106.  La  complainte  de  1"  acteur  sur  la  destruction  du  royaulme 
de  Bretaigne,  par  quoy  les  Saxons  en  furent  première- 
ment seigneurs,  dont  les  Anglois  sont  yssuz.  XLI. 

Inédit. 

1 07 .  Comment  les  Bretons  esleurent  à  roy  Caduanth,  et  de  la 
paix  que  il  ferma  avecques  le  roy  Eldefride.  XLIl. 

Inédit. 

108.  Du  parlement  que  les  deux  compaignons  royaulx  firent 
faire  sur  le  fleuve  du  Glas,  et  du  conseil  que  donna  Bria- 
nus  à  Cadnalus,  son  oncle.  XLIII. 

Inédit.  o 


24  CRONICQUES  D'ENGLETÉRRE. 

109.  Comment  le  roy  Gadnalus  fut  desconfy  de  Ediinus,  à 
qui  il  avoit  faulsé  compaignie.  Et  comment  il  s'en  fuit  au 
roy  Sallemon.  XLJV. 

Inédit. 

110.  La  responce  que  fist  le  roy  Sallemon  de  Armoricque 
Bretaigne  au  roy  Gadnalus,  qui  son  ayde  lui  reque- 
roit.  XLV. 

Inédit. 

111.  S'ensieult  Toraison  regratiatoire  que  fist  le  roy  Gadna- 
lus au  roy  Sallemon  ;  et  comment  Brianth  passa  en  la 
grant  Bretaigne,  où  il  occist  Pellicus,  Tingromantien  de 
Edninus.  XLVI. 

Inédit. 

112.  Gomment  le  roy  Gadnale  leva  le  siège  de  devant  Exoine, 
où  il  desconfist  l'ost  du  roy  Peandatli.  Et  comment  il 
occist  Edninus ,  Offride  son  filz,  et  Godbotli,  avecques 
leur  grant  ost.  XLYII. 

Inédit. 

113.  Gomment  le  roy  Gadnale  occist  le  roy  Offrid  en  ba- 
taille, avecques  tout  son  ost.  Et  de  la  victoire  Ozimath 
contre  le  roy  Peandatli,  c[ui  après  aussi  desconfist  le 
roy  Gadnale  de  puis.  .         XLVIII. 

Inédit. 

114.  Gomment,  par  l'admonnesteinent  de  Alflird,  filz  au  no- 
ble roy  Ozimath,  le  roy  Peandatli  prie  au  roy  Gadnale, 
par  fraude,  qu'il  esmeut  guerre  contre  le  roy  Ozimath, 
son  oncle.  XLIX. 

Inédit. 

115.  Gomment  le  roy  Peandatli  fut  desconfy  parle  roy 
Ozimath,  après  ce  qu'il  eut  fait  foizon  de  maulx  enNor- 
thambrle.  Et  de  la  fin  du  roy  Gadnale  de  Bretaigne.  L. 

Inédit. 

116.  (ùommontGadwalladreih,filz  au  roy  Gadnale,  fut  cou- 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  III,   xliv-liii.  25 

roniié  ;  et  de  la  guerre  civille  des  barons  de  Bretaigne, 
par  laquelle  il  sourdist  grant  famine  et  mortalité  très 
rible.  Ll. 

Inédit. 

117.  Comment  Alain,  roy  de  Armoricque  Bretaigne,  receupt 
benignement  le  royCadwaladrcth.  Et  comment  les  Saxons 
obtindrent  paisiblement  le  royaulme  de  la  grant  Bre- 
taigne. LU. 
.     Inédit. 

118.  Comment  Tangele  s'aparut  au  roy  Cadwaladreth  pour 
le  faire  désister  de  la  guerre  qu'il  vonloit  commciicier. 
Et  des  prophéties  qu'il  lui  denuncha.  LUI.. 

Inédit. 


Cy  prpnt  fin  le  tiers  livre   de  ce  premitr  volume  des  Cronicques 
d'Engleterre  et  s'ensieult  le  iv*. 


26  CRONICQUES  D'ENGLF/iERRE. 


LLVRE    IV. 


119.  Cy  commence  le  Ilir^  livre  de  ce  premier  volume  qui 
contient  en  soy  lvi  chapitres ,  ou  premier  desquelz  il 
traicte  la  venue  des  deux  enfans  du  bon  roy  Cadwala- 
dretli,  et  du  roy  Oza  qui  rengna  en  Kent.      Chapitre  I. 

Inôdit. 

120.  Comment  le  roy  Ozehridi  de  Northumberlande  prinst 
par  force  la  femme  d'un  grant  baron,  appelle  Buerne 
Bocart,  et  de  ce  qu'il  en  advint.  II. 

Inédit. 

121.  Comment  les  Danois  arrivèrent  en  la  grant  Bretaigne, 
où  ilz  prindrent  la  cité  de  Werwic  et  occirent  le  roy 
Ozebrith.  ni 

Inédit. 

122.  Comment  le  roy  P'ile  fut  occis  des  Danois.  IV. 

Inédit. 

123.  (Comment  les  tirans  danois  martirisierent  Saint  Ed- 
mond. »• 

Inédit. 

124.  Comm.ent  les  Danois  prindrent  la  ville  de  Rcding.  VI. 
Inédit. 

125.  Comment  le  bon  roy  Alvred  se  combatist  aux  Danois 
et  les  desconfist.  Et  comment,  par  son  sens  et  vaillance, 
il  les  subjvigua  et  mist  à  mercy.  ^'  H- 

Inédit. 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  IV,  i-xvii.  27 

126.  Comment  les  Danois  f'uulserent  leurs  foyz,  au  roy  Al- 
vrede,  et  de  la  mort  Huble  et  Cuerne  Bocart.  VIII. 

Iiaédit. 

127.  Comment  Hugar  fut  occis  et  les  Danois  mis  sy  au  bas 
qu'ilz  furent  constrainctz  de  faire  venir  le  roy  de  Dane- 
marce,  appelle  Godrin,  lui  et  ses  barons,  recepvoir  le 
saint  sacrement  de  baptesme.  IX. 

Inédit. 

128.  Cy  devise  comment  grant  foyson  de  Danois,  qui  estoient 
passez  en  France  avec  le  roy  Gormond  d'Auffricque,  re- 
tournèrent en  Engleterre.  Et  de  la  mort  du  bon  roy  Al- 
vred.  X. 

Inédit. 

129.  Cy  commence  à  parler  du  roy  Edouard,  filz  du  bon 
roy  Alvred.  XL 

Inédit. 

130.  Cy  parle  du  roy  Adeston.  XII. 

Inédit. 

131.  Cy  parle  dti  roy  Emond,  frère  du  bon  roy  Adeston. 
Comment  il  desconfist  deux  roy  s  de  Danemarce  et  les 
enchâssa  hors  de  son  pays.  XIII. 

Inédit. 

132.  Cy  parle  du  roy  Edret.  XIV. 

Inédit. 

133.  Cy  parle  du  roy  Edvin.  XV. 
Inédit. 

13  i.  Cy  parle  du  roy  Eadgar,  lequel  régna  sur  tous  les 
roys  qui  estoient  en  Escoclîe  et  en  Galles.  XVI. 

Inédit. 

l3o.  Comment  le  roy  Eadgar  espoasa  Estrild,  après  la  «nort 
Elflewould,  et  sy  estoit  sa  commère.  XVII. 

Inédit. 


.^■^«iKfisv';^  ■ 


28  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

136.  Comment  la  royiic  Estrild.  fist  meltie  à  mort  son  fil- 
lastre,  lequel  eut  nom  Saint  Edouard  le  Martir,  affinque 
Eldret,  son  filz,  feust  roy.  XYIII. 

Inédit. 

137.  Cy  parle  du  roy  Eldret  et  comment  le  roy  Suvvin,  de 
Danemarce,  tintEngleterre.  Et  comment  la  royne  Estrild 
s'en  fuist  en  Northmandye,  pour  ce  qu'elle  estoit  dure- 
ment haye  à  cause  de  la  mort  du  noble  roy  Saint 
Edouard  le  Martir.  XIX. 

Inédit. 

138.  Comment  le  roy  Eldret  revint  de  Northmandie.  Gom- 
ment Kenoult  le  Danois  régna,  et  de  la  guerre  de  lui 
et  de  Emond  Yrensit.  XX. 

Inédit. 

139.  Cy  parle  du  roy  Kenoult.  XXI. 

Inédit. 

140.  Comment  le  roy  Emond  Yrensit  feut  traytreusement 
occis  par  Edrith,  imy  hault  baron  du  pays,  parent  et 
hoinme  llege  du  dit  roy  Emond.  XXll. 

Inédit. 

141.  Comment  le  roy  Kenoult  envoya  les  deux  enfans  du 
roy  Emond  en  Danemarce  pour  les  faire  momir.  Et  com- 
ment ilz  furent  saulvez.  XXIII. 

Inédit. 

142.  (>y  parle  du  roy  Kenould.  Comment  il  concquist  Nor- 
"vveaue.  Comment  il  monta  en  or^mt  oijjueil.  Et  comment 
depuis  il  devint  débonnaires.  XXIV. 

Inédit. 

143.  Cy  parle  du  roy  Harolt,  qui  plus  ama  aler  à  pie  que 
à  cheval.  XXV. 

Inédit. 

144.  (^y  parle  du  roy  Hardekenoult.  XXVI. 

Inédit. 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  IV,   xtiu-xxxiv.  ^9 

145,  Cy  parle  de  la  grant  villonnie  que  les  Danois  firent 
aLix  Anglois,  pour  laquelle  cause  oucques  depuis  Danois 
ne  fut  fait  loy  en  Engleterre.  XXVII. 

Inédit. 

146,  Comment  les  nobles  d'Engletene  envoyèrent  en  North- 
mandie  vers  le  duc  Guillaume  pour  avoir  ses  deux  cou- 
sins, Alvred  et  Edouard,  frères,  qui  demouroient  avec- 
queslui.  XXVII  f. 

Conférez  ce  cliapltre  avec  le  chapitre  cini  des  Croniques  de  Nor- 


me 


ndic 


147.  Cy  devise  comment  Alvred  arriva  en  Engleterre,  et 
comment  le  traître  comte  Godewine  le  fist  martirisicr 
avec  tous  les  barons ,  chevaliers  et  escuyers  de  sa  com- 
paignie.  XXIX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  civ. 

148.  Cy  parle  de  saint  Edouard  confez,  frère  de  Alvred. 
Comment  il  fut  roy  d'Engletene.  XXX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  civ. 

149.  Cy  parle  de  la  première  especialité  que  Dieu  fist  pour 
ce  bon  Saint  Edouard  i^oy.  XXXI. 

Inédit. 

150.  Cy  dict  comment  le  comte  Godviae  revint  en  Engle- 
terre et  fist  tant,  par  sa  soubtillité,  qu'il  eut  sa  paix  au 
roy  Edouard  de  la  mort  Alvred  son  l'rere,  lequel  roy  lui 
rendit  sa  terre  et  espousa  sa  fille.  XXXfl. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cv.    ' 

151 .  Cy  paile  du  veu  que  fist  le  bon  roy  Edouard.  XXXIil. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxiii. 

152.  Comment  le  roy  Saint  Edouard  veit  visiblement  le 
roy  Suvvin  de  Danemarce  noyer  en  la  mer,  droict  à 
l'heure  du  sacrement  de  la  messe  que  on  chantoit  devant 
lui.  XXXIV. 

Cï.  Cron.  de  N.,  ch.  cv. 


30  CRONICQUES  D'EKGLETERRE. 

153.  Comment  le  roy  Edouard  d'Engleterre  fist  son  lioir 
le    duc  de  Nor'dimandie,  appelle  GuillaïuTie  le  bastard. 

XXXV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cxiv. 

154.  La  manière  comment  Hérault  fist  serment  au  duc 
Guillaume.  XXXVl. 

Cf.  Cron.  de  jY.,  cli.  cxv. 

155.  Comment  Tanel  que  le  roy  saint  Edouard  avoit  donné 
à  saint  Jehan  TEvangeliste,  qui  demandé  lui  avoit  en 
guise  de  pèlerin,  lui  fut  rapporté.  XXXVII. 

Inédit. 

156.  Comment  le  roy  Saint  Edouard  mourut  le  jour  de  la 
Typhanie,  comme  saint  Jehan  lui  avoit  mandé  par  les 
pèlerins.  XXXVIil. 

Cf.  Crvri.  de  N.,  ch.  cxvi. 

157.  Comment  Hérault  le  parjure,  tilz  du  comte  Godvinc, 
fut  faict  roy  d'Engleterre.  XXXIX. 

Cf.  Cro/i.  de  jY.,  cli,  cxvii. 

158.  Cy  devise  comment  le  duc  Guillaume  le  bastard  fut 
covu'oucié  quand  il  sceut  que  Hérault  s'estoit  faict  cou- 
ronner roy  d'Engleterre,  contre  le  serment  que  faict  lui 
avoit  à  Bayeux.  XL, 

Cf.  Cron.  de  A'.j  c!i.  cxvir. 

150.  Cy  parle  de  Tassemblee  que  fist  le  duc  Guillaume  pour 
aler  en  Engleterre.  XLI. 

Cf.  Cron.  de  A'.,  ch.  cxvm-cxix. 

160.  Comment  toutes  manières  de  gens  s'offrirent  au  duc 
Guillaume  le  bastard  pour  aier  en  Engleterre  avecques 
lui.  XLII. 

Cf.  Cron.  de  N'.,  cli.  cxx. 


PREÎMIERK  PARTIE,  LIVRE  IV,   xxxv-liii.  31 

161.  Comment  le  corps  de  monseigneur  Saint  Valleri  fut 
porté  hors  de  son  église.  XLIiï. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxi. 

162.  Comment  le  duc  Guillaume  fit  effondrer  et  ardoir  ses 
vaisseaulx.  Et  du  roy  Hérault  qui  occist  sou  frère,  appelle 
Costi.  XLIV. 

Cf.  Cron.  de  JV.,  ch.  cxxii-cxxiii. 

163.  Comment  le  roy  Hérault  fut  adverty  que  Northmans 
estoient  desccnduz  en  Engleterre.  XLV. 

Cf.  Cro7i.  de  N.,  ch.  cxxiv. 

164.  Cy  parle  du  message  au  duc  Guillame.  XLVI. 

Cf.  Croti.  de  N .,  ch.  cxxt. 

105.    Cy  parle  du  messaige  du  roy  Hérault.  XLVii. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxvi. 

166.  Cy  parle  du  second  messaige  que  le  duc  Guillaume 
envoya  devers  le  roy  Hérault.  XLvlO. 

Cf.  Cron.  de  A'.,  ch    cxxvii. 

167.  Comment  le  duc  Guillaume  ala  pour  semondre  le  roy 
Hérault.  XLIX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxvii.  ,-. 

168.  Comment  les  Northmans  ordonnèrent  de  leurs  con- 
sciences. ^■ 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxviii-cxxx. 

169.  Comment  le  duc  Guillaume  ordonna  ses  gens  en  trois 
batailles.  ï^^- 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxxi. 

170.  Comment  le  roy  Hérault  ordonna  ses  batailles,  et 
comment  il  admonnesta  ses  gens.  EH. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxxii -cxxxin. 

171.  Comment  les  Northmans  assaillirent  les  Anglois.  Eili. 

Cf.  Cron.  deN.,  ch.  cvxxiv. 


Si  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

172.  Gomment  le  duc  Guillaume  concquist,  à  force  d'armes, 
le  fort  où  estoient  logiez  le  roy  Hérault  et  toute  la  puis- 
sance d'Engleterre.  LIV. 

Cf.  Cron.  de  JY.,  ch.  cxxxv. 

173.  La  descoufiture  des  Angiois,  et  de  la  manière  des  sé- 
pultures. LV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxxxvT-cxxxvil ,  cxxxix. 

174.  Gomment  le  duc  Guillaume  fut  esleuà  roy  d'Engleterre 
par  les  Angiois  qui  à  lui  se  rendirent.  LVI. 

Cf.  Cron.  de  IV.,  ch.  cxl. 

Cy  prent  fui  le  quatriesme  livre  de  ce  premier  volume. 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  V,  i-vi.  33 


LIVRE    V. 


175.  Cy  commence  le  V"  livre  de  ce  présent  volume, 
lequel  contient  en  soy  quatre  vingz  et  v  chapitres , 
au  premier  desquelz  il  fait  mention  du  couronnement 
Guillaume  le  bastard,  et  comment,  après  ce  qu'il  eut 
reconcillié  le  royaulme ,  il  fist  fonder  une  abbaye 
droict  en  la  place  où  la  bataille  avoit  esté,  laquelle  fut 
appellee  et  est  encores  l'Abbaye  de  la  bataille.  Ghap.  I. 

Cf.  Cron.  deN.^  cli.  cxli. 

176.  Comment  le  roy  Guillaume  retourna  en  Northmandie 
après  sa  concqueste  dEngleterre  ,  et  comment  il  vainc- 
quist  les  Danois.  II. 

Cf.  Cron.  de  N..  cli.  cxlii-cxliii. 

177.  Cy  parle  du  trespas  de  la  royne  d'Englelerre  et  du  dis- 
cord  qui  fut  entre  le  roy  de  France  et  Robert  et  Henri, 
enfans  du  roy  Guillaume.  III, 

Cf.  Cron.  de  iV.,  cli.  cxliii. 

178.  Cy  parle  de  la  responce  que  le  roy  Guillaume  fist  au 
roy  de  France  touchant  Thommaige  dEngleterre.  IV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cxliv. 

179.  Cy  parle  du  testament  du  roy  Guillaume  le  Bastard.  V. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxlv. 

180.  La  manière  du  testament  du  roy  Guillaume  ie  Bas- 
tard.  VI. 

Cf.   Cron.  de  N.,  ch.  cxLVi. 

I  S 


34  CRONICQIIES  D'ENGLETERKE. 

181.  Cy  fait  mention  du  couronnement  Guillaume  le  Roux, 
second  filz  du  roy  Guillaume  le  Bastard.  VII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cxlvii-cxlyiii. 

182.  Cy  parle  de  Tempruut  que  le  duc  Robert  fist  à  Henry, 
son  frère.  VIIÏ. 

Cf.  Cron.  de  N'.,  ch.  cXLix. 

1 83.  Comment  le  duc  Robert  fist  mettre  Henry,  son  frère,  en 
prison.  IX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cl. 

184.  Comment  il  piinst  voullenté  au  duc  Robert  d'aler 
oultre  mer  par  grant  dévotion.  X. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cli. 

185.  Comment  le  roy  R.oux  vint  au  Mans  pour  secourir 
ceulx  qui  estoient  assegiez  en  la  tour,  laquelle  le  roy 
Guillaume  le  Bastard,  son  père,  avoit  faict  faire.       XL 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cli-clii. 

186.  Comment  le  roy  Roux  fist  faire  le  chastel  de  Gisors. 

xn. 

Cf.  Croi2.  de  N.,  ch.  CLiii. 

187.  Cy  parle  de  la  mort  du  roy  Guillaume  le  Roux.  XIII, 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cliv-clv. 

188.  S'ensieult  le  couronnement    du  roy  Henry,    frère  du 
roy  Roux.  XIV. 

Cf.   Cron,  de  N.,  ch.  clvi. 

189.  Comment  Guillaume  et  Richard,  enfans  du  roy  Henry, 
périrent  en  la  mer.  XV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clvii. 

190.  Comment  Robert  Courteliouse,  duc  de  Northmandie, 
se  partist  d'Engleterre  pour  retourner  en  son  pays.  XVI. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clvui. 

191.  Comment  le  duc  Robert  passa,  lui  xii'',  en  Engleterre. 

XVIL 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch .  CLIX. 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  V,   vu  xxvii.  SN 

\9'2.  Cy  parle  du  nouvel  discord  qui  fut  enti^e  les  deux 
frères.  XVIII. 

Cf.  don.  delV.,  ch.  ci,x-ci,xi. 

193.  Cy  parle  de  Faccord  faict  entre  le  roy  Loys  de  France 
et  le  roy  Henry  d'Engleterre,  XIX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxii-clxxiii. 

1 9  i .  Comment  l'empereis  Mehavilt  ou  Maud  revint  en  En- 
gleterre,  et  comment  elle  fut  depuis  espousee  à  Gauffroy, 
conte  d'Anjou.  XX. 

Cf.  Cron.  de  jV.,  cli.  clxxiii-clxxiv. 

195.  Comment  Estienne,  filz  de  la  seur  au  roy  Henry,  fut 
couronné  roy  d'Engleterre.  XXI. 

Cf.  Cro/i.  de  JV.,  ch,  ci.xx\-clxxyi. 

196.  Comment  l'empereys  s'en  ala  à  Wincestre,  puis  ala  à 
Ozenford,  dont  elle  eschappa,  comme  vous  orrez,  et  s'en 
fuist  à  Woliugueford.  XXII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxxvi. 

197.  Comment  Gauffroy,  conte  d'Anjou,  rendist  à  Henry 
son  filz,  qu'il  avoit  eu  de  Mehault,  la  ducié  de  Nortli- 
m  an  die.  XXIII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxxvi. 

198.  Comment  le  roy  Henry,  filz  de  l'empereis,  fut  cou- 
ronné, ouquel  tempz  saint  Thomas  fut  martirisié.  XXIV, 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  CLXxvir. 

199.  Cy  faict  mention  du  discord  qui  fut  entre  le  roy  Henry, 
père,  et  le  roy  Henry,  le  filz.  XXV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxxvii. 

200.  Comment  le  roy  de  France  et  Richard  de  Poictiers 
furent  contre  le  roy  Henry  d'Engleterre.  XXVI. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  CLXXVin. 

201.  Cy  commence  le  parler  des  faictz  du  roy  Richard 
d'Engleterre.  XXVH, 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxxix.  . 


36  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

202.  Cy  devise  les   ordonnances  du  sacre  au  roy  Richard 

d'Enoleterre.  XXVIII. 

o 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  clxxx. 

203.  Cy  parle  du  serment  que  fist  le  duc  Richard.  XXIX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  clxxxi. 

204.  Cy  parle  de  Toccision  des  Juifz.  XXX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  clxxxii. 

205.  Comment  il  fut   ordonné  que   Tarchevesque    Dcuroit 
seroit  soubz  Cantorbie,  XXXI. 

Inédit. 

206.  Comment  le  roi  Phelippe  de  France  ft  le  roy  Richard 
d'Engleterre  s'esmeurent  pour  aler  oultre  mer.  XXXII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  CLXxxrii. 

207.  Comment  le  roy  Richard  guerroya  les  citez  que  Salha- 
din  tenoit  sur  la  mer.  XXXIII. 

Cf.  Cron.  de  Ti .,  cli.  clxxxiv. 

208.  Comment  le  roy  Richard  racheta  les  sainctes  relicques 
au  soubdan  Salhadin.  XXXIV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cr.xxxv. 

209  Comment  le  roy  Richard  assist  le  chastel   du  Darou. 

XXXV. 

Cf.  Cron.  de  3'.,  cli.  clxxxvi. 

210  Comment  le  roy  Richard  se  combatist  contre  Salhadin 

XXXVI. 


X. 


à  Japh> 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  clxxxvii. 

211.  Comment  le  roy  Richard  d'Engleterre  retourna  d'oul- 
tre  mer.  XXXVII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  CLXXXVin. 

212.  La  prinse  du  roy  Richard  d'Engletei^e.        XXXVIII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  CLxxxrx. 

213.  Du  ménestrel  qui  trouva  le  roy  Richard.         XXXIX. 

Cf.  Cron.  de  I\\,  ch.  cxc. 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  V,  xxviii-u.  37 

214.  Comment  on  traicta  la  raenchon  au  roy  Richard.  XL. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxci. 

215.  La  mort  Salhadin.  \TJ. 

Cf.  Cron.  de  y.,  ch.  cxcn. 

216.  Comment  le  roy  Richard  arriva  en  Engleterre.  XUI. 
Cf.  Cron.  de  J\".,  ch.  cxcin-cxcTn. 

217.  Comment  le  roy  Richard  octroya  le  roy  d'Espaigne. 

xmi. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cxcTin. 

21S.  Cy  parle  du  conseil  que  eut  le  roy  Ferrant  d'Espaigne 
alencoutre  du  roy  Richard  d'Eugleterre.  XLIV, 

Cf.  Cron.  de  X.,  ch.  cxcrx. 

219.  Comment  les  deux  roys  d'Engleterre  et  d'Espaigne  se 
combatirent  emsamble.  XLV. 

Inédit. 

220.  Comment  le  roy  Richard  fut  occis  d'ung  vireton  d'ar- 
balestre  devant  Chastel  Gaillard.  XLVL 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cc-ccn. 

221.  Cy  commence  l'histoire  du  roy  Jehan  d'Eugleterre, 
duc  de  Xortlmiandie  :  et  parle ,  premiers ,  comment  le 
roy  de  France  et  lui  creanterent  paix  entreulx.    XLTII. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  ccnr. 

222.  Coimiient  le  Chastel  Gaillard  fut  prins  par  les  Fran- 
çois. XLVIir. 

Cf.  Cron.  deN.,  ch.  ccm-ccrv. 

223.  Cy  paile  du  couroux  du  roy  Jehan  d'Eugleterre  quant 
il  eut  perdue  sa  ducié  de  IS^ortlmiandie.  XLIX. 

Cf.  Cron.  de  xV".,  ch.ccnr-ccrT. 

224.  Comment  le  royaulme  d'Eugleterre  fut  entredy,  pour 
la  désobéissance  que  le  roy  Jehan  fit  au  pape.  L. 

Cf.  Cron.  de  J\'.,  ch.   ccm-ccrr. 

225.  Comment  Tarchevesque  de  Cantorbie  vint  en  Engle- 
terre par  mandement  du  pape.  LI. 

Cf.  Cron.  de  N  ,  ch.ccm-ccrr. 


38  CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 

226.  Cy,  eu  ce  présent  chappiti e ,  sera  faicfce  meuliou  du 
discord  et  de  la  guerre  que  les  Yrois  esmeurent  au  roy 
Jeban  d'Eugleterre,  et  comment  il  destruisist  l'Ordre  de 
Cysteaulz.  Et  de  la  venue  des  legatz  papaulz  en  Engle- 
terre.  LU. 

Inédit  en  partie.  Cf.  Cron.  de  N .,  eh.  cciir-cciv. 

227.  Comment  Pandolf  délivre  uug  clercq  ,  faiseur  de  la 
mounoye  du  roy,  mesmement  en  la  présence  du  roy.  LUI. 

Cf.  Cron.  de  N.,  cli.  cciti-cciv. 

228.  La  lettre  obligatoire  que  le  loy  Jehan  fist  au  pape  de 
Rommc  ,  pour  quoy  le  denier  saint  Pierre  est  donné 
parmi  Engleteire,  LIV. 

Inédit. 

229.  Gomment  les  exilliez  furent  rappeliez,  et  de  l'absolu- 
tion du  roy  Jeban.  LV. 

Cf.  Cron.  de  N.,  oh.  ccrv. 

230.  Comment  l'interdit  fut  relessie,  et  du  discord  qui  s'es- 
meut  entre  le  roy  Jeban  et  ses  barons.  LVL 

Cf.  Cron.  de  A^.,  ch.  cciv. 

231.  Comment  Loys,  filz  du  roy  de  France,  vint  en  Engle- 
terre  pour  estre  roy.  LVIL 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  cciv-ccv. 

232.  De  Swalo  le  légat,  et  de  la  mort  du  roy  Jeban.  LVIIL 

Inédit. 

233.  Cy  commence  à  parler  de  Henry,  filz  du  roy  Jeban  , 
lequel,  en  jeune  eage,  fut  couronné  à  Clocestre.      LIX. 

Cf.  Cron.  de  jV.,  ch.  ccvil. 

234.  Comment  Loys,  filz  du  roy  de  France,  s'en  retourna 
vers  son  père.  Et  de  la  confirmation  de  la  cbartre  du 
roy  Jeban.  LX. 

Cf.  Cron.  de  N.,  ch.  ccvii. 

235.  De  la  xv*  part  des  biens  (|ui   fuient    accordez  pour 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  V,   lii-i.xx.  39 

les    nouvelles    chartres    et  de    pourveanoe    de    Oxem- 
fort.  LXI. 

Inédit. 

236.  Du  siège  de  Tremlworth  et  comment  les  déshéritez, 
par  le  commun  accord  du  royaulme ,  furent  remis  eu 
possession  de  leurs  terres.  LXII. 

Inédit. 

237.  Prophétie  Merlin   du   roy  Henry,   filz  du  roy  Jehan. 

Lxm. 

Inédit. 

238.  Du  couronnement  du  roy  Edouard,  filz  du  roy  Hen- 
ry. LXIV. 

Inédit. 

239.  Comment  Ydoine,  la  fille  Lewelin,  prince  de  Galles, 
et  sire  Anner,  frère  du  comte  de  Montfort,  furent  prins 
sur  mer.  LXV. 

Inédit. 

240.  Comment  Lewelin,  par  l'enhort  et  conseil  de  David, 
son  frère,  fist  de  rechief  guerre  au  roy  Edouard  d'En- 
gleterre.  LXVI. 

Inédit. 

241.  Comment  David,  frère  du  prince  de  Galles,  fut  mis 
à  mort.  LXVn. 

Inédit. 

242.  De  la  justice  que  le  roy  d'Engleterre  fist  à  ses  clercz 
et  à  ses  justiciers  pour  leur  grant  faulsete.  Et  comment 
il  condempna  les  Juifz  hors  d'Engleterre.  LXVHl. 

Inédit. 

243.  Comment  le  roy  Edouard  fut  saisy  de  la  souveraineté 
d'Escoce.  LXIX. 

Inédit. 

244.  Comment  messire  Jehan  de  Bailloel ,  roy  d'Escoce  , 
desdist  son  hommaige  qu'il  avoit  faict  au  roy  d'Eugle- 
terre:  et  de  Ihomas  de  Thombelineuc.  LXX. 

Inédit. 


40  CRONICQUES  D  ENGLRTERRE. 

245.  Du  concquest  de  Berewic.  LXXI. 

Inédit. 

246.  Comment  le  roy  Edouard,  de  sa  grâce,  délivra  les  che- 
vetains  d'Escoce  qu'il  tenoit  prisonniers.  Et  comment  ilz 
s'alyerent  aux  François  par  le  conseil  et  advis  de  Wil- 
liam Wales.  LXXIl. 

Inédit. 

247.  Comment  Willame  Waleis  fist  mettre  à  mort  sire  Hu- 
gue  de  Trissimghin,  et  de  la  bataille  de  Foucke.  LXXIII. 

Inédit. 

248.  Cy  parle  du  darrain  mariaige  du  roy  Edouard  de 
sa  tierce  alee  en  la  terre  d'Escoce,  LXXIV. 

Inédit. 

249.  Du  siège  de  Strumelin.  LXXV. 

Inédit. 

250.  De  Traille  Baston.  LXXVI. 

Inédit. 

251 .  De  la  mort  de  Willame  Waleis.  LXXVII. 

Inédit. 

252.  Comment  les  Escotz  vindrent  au  roy  Edouard  pour 
amender  ce  que  meffaict  lui  avoient.  LXXVlll. 

Inédit. 

253.  Comment  Robert  le  Brus  callenga  Escoce.       LXXIX. 
Inédit. 

254.  Comment  sire  Jehan  de  Commin  contredist  le  couron- 
nement de  Robert  le  Brus.  LXXX. 

Inédit. 

255.  Comment  messire  Jehan  de  Commin  fut  occis .  LXXXI . 
Inédit. 

256.  Comment  le  [roy]  Edouard  adouba  xiin"  chevaliers 
à  Westmoustier.  LXXXII. 

Inédit. 


PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  V,  lxxi-lxxxv.  4J 

257.  Comment  Robert  le  Brus  fut  desconfy  en  la  bataille. 
Et  de  la  mort  Simon  Frisel.  LXXXlll. 

Inédit.  *• 

258.  De  la  mort  du  bon  roy  Edouard  d'Engleterre.  LXXXIV. 

Inédit. 

259.  Prophétie  Merlin  ,  déclarée  pour  le  roy  Edouard  ,  filz 
du  roy  Henry  darrain.  LXXXV. 

Inédit. 

Et  atant  fine  le  chincquiesme  livre  de  ce  premier  volume. 


<t2  CRONICQUES  DENGLETERRE. 


LIVRE  Vf. 


260.  Cy  commence  le  VP  et  denenier  livre  de  ce  premier 
volume  ,  lequel  contient  en  soy  lx  chapitres ,  ouquel 
premier  cbapittre  il  parle  du  roy  Edouard  de  Carna- 
renan,  filz  du  bon  roy  Edouard.  Chapitre  1. 

Inédit. 

261.  Comment  Robert  le  Brus  revint  en  Engleterre  et  as- 
sembla grant  puissance  pour  faire  guerre  alencontre  du 
roy  Edouard.  11. 

Inédit. 

262.  Comment  la  ville  de  Bervic  fut  prinse  par  traison ,  et 
comment  deux  cardinaulz  furent  desrobez.  III. 

Inédit. 

263.  Comment  les  Escotz  roberent  le  pays  de  Northumber- 
lande.  IV. 

Inédit. 

264.  Comment  les  Escots  ne  se  volrent  abstenir  de  parseve- 
rer  en  la  destruction  de  Crestienneté,  pour  quoy  Escoce 
fut  interdite  et  tenue  ennemye  de  tous  loyaulz  cres- 
tiens.  ^'  • 

Inédit. 

26d.  Comment  sire  Hugues  Despensier,  le  filz,  fut  fait 
chambrelenc  du  roy  d'Englelerre.  Et  de  la  bataille  de 
Mithoan.  VI. 

Inédit. 


PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  i-xv.  43 

266.  Cy  dist  comment  le  roy  Edouard  faisoiilout  ce  que  sire 
Hue  le  Despensier  vouloit  ordonner;  et  comment  il  ne 
uzoit  que  par  son  conseil.  VII. 

Inédit. 

267.  Comment  sire  Hues  Despensier,  le  père,  et  sire  Hues, 
le  filz,  furent  bannys  du  royaulme  d'Engleterre.      \III. 

Inédit. 

268.  Comment  le  roy  Edouard  exilla  le  comte  Thomas  de 
Lenclastre  et  tous  les  barons  de  son  aliance.  Comment 
les  Mortemers  se  rendirent  au  roy  en  délaissant  leurs 
aliés.  Et  du  siège  de  Ledes.  IX. 

Inédit. 

269.  Du  siège  de  Tilzlnllis  *.  X. 
Inédit. 

270.  La  description  de  Burbigue.  XI. 
Inédit. 

271.  Comment  le  comte  Thomas  de  Lenclastre  fut  décollé 
en  son  chastel  de  Pontfret  ,  et  chincq  haulz  barons  trai- 
nés  et  pendus.  XII. 

Inédit. 

272 .  Comment  le  roy  Edouard  ala  en  Escoche  tout  eschauffé, 
atout  cent  mille  hommes  armés,  où  il  n'exploita  riens .  XIII . 

Inédit. 

273.  Comment  sire  Andrieux  de  Harcla,  nouvel  comte  de 
Cardoel,  fut  prins  et  mys  à  mort.  XIV. 

Inédit, 

274.  Des  miracles  que  nostre  Seigneur  demonstra  pour  le 
bon  comte  Thomas  de  Lanclastre.  Et  comment  le  roy 
fist  clore  le  huys  de  l'Eglise  du  prioré  de  Pontfret,  affin 
que  nuUuy  n'y  feist  offrande.  XV. 

Inédit. 


4.  Voy,  ci-après,  p.  G2  ,  noie  1  ,  un  assez  long  passage  extrait  de  ce 
chapitre. 


44  CROINICQUES  D'ENGLETERRE.  [1325] 

275.  Comment  la  roine  Isabel  et  sire  Edouard,  son  filz, 
passèrent  la  mer  et  s'en  alerent  à  refuge  devers  le  roy 
de  France,  frère  à  la  ditte  roine  Ysabel.  XVI. 

Cf.  ce  chapitre  avec  les  Chroniques  de  Froissart,  Uvre  I,  part.  I, 
ch.  VI. 

276.  Gomment  la  roine  Isabel  d'Engleterre  conta  au  roy 
Charles  de  France,  son  frère,  la  cause  de  sa  venue.  XVII. 

Cf.  Froissart,  livre  I,  part.  I,  ch.  vii. 

277.  Comment  le  roy  Charles  de  France  resconforta  saseur 
en  lui  promettant  ayde.  Et  comment  elle  acquist  l'amis- 
tié  de  pluiseurs  seigneurs  qui  lui  promirent  ayde  et  con- 
fort. XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I ,  part.  I,  ch.  vin. 

Après  avoir  dit,  comme  Froissart,  que  le  roi  de  France  reçut 
avec  amitié  la  reine  d'Angleterre  ,  sa  sœur,  et  lui  fist  délivrer  par 
la  Chambre  aux  deniers  tout  ce  qu'il  lui  failloit  pour  elle  et  son 
estât  entretenir,  Wavrin  ajoute  : 

Depuis  ne  demoura  giieres  de  temps  que ,  sur  cest 
estât ,  le  roy  Charles  '  envoya  ses  messages  devers  le 
roy  Edouard  ',  mandant  qu'il  venist  reprendre  de  lui 
la  ducié  de  Guienne  ,  comme  aultreffois  les  roys  d'En- 
gleterre  ses  predicesseurs  avoient  fait ,  ou  aultrement 
il  la  metteroit  en  sa  main.  Surquoy  ledit  roy  ne  voult 
venir  ne  comparoir,  n'en  rendre  responce  :  par  quoy 
le  roy  de  France  en  adherita  et  fist  duc  son  nepveu 
Edouard ^  Sy  fut  nommé  duc  de  Guienne,  et  lui  dist  : 
«  Beau  nepveu ,  en  lieu  de  ce  que  nostre  beau  frère  , 
vostre  père  ,  ne  nous  est  venu  faire  hommage ,  nous 

1.  Charles  IV,  sacré  roi  de  France  le  21  février  1321.  Mort  le  2  de 
février  1327.  (Anselme,  I,  95.) 

2.  Edouard  II,  monté  sur  le  trône  en  1302.  (  H.  Nicolas,  378.) 

3.  Edouard  III  succéda  à  son  père  le  25  janvier  1327.  Mort  le  21  juin 
1377.  (H.  Nicolas,  347-3i8.) 


[132.%]        PREMIÈRE  PARTIE,  IJVRE  VI,  xvi-xix.  45 

VOUS  faisons  duc  de  Guienne.  ))  Duquel  don  la  rovne  ' 
sa  seur,  et  son  nepveu  le  jeune  Edouard,  moult  de  foy 
l'en  reraercverent. 

278.  Comment  le  roy  Edouard  banny  la  roine  Yzabel ,  sa 
femme,  et  sire  Edouard  son  filz,  du  royaulme  d'En- 
gleterre.  XIX. 

Quant  le  roy  Edouard  oy  dire  que  le  roy  de  France 
avoit  donné  la  ducié  de  Guienne  sans  son  consente- 
ment ,  et  que  son  fdz  l'avoit  saisy  en  sa  main  ,  il  s'en 
couroucha  moult  fort.  Sy  manda  par  lettres*,  à  la  roine 
sa  femme  et  à  son  fdz,  que  tost  et  hastivement  retour- 
nassent en  Engleterre  et  venissent  vers  lui  sans  faire 
séjour. 

La  royne  Yzabel  et  sire  Edouard ,  son  fdz ,  ayant 
recheu  les  lettres  du  roy,  se  doublèrent  moult  des  eau- 
telles  et  mabces  des  Despensiers'  et  du  desloyal  cban- 
celiier*;  sy  n'ozerent  venir  au  mandement  du  roy; 

1.  Isabelle,  fille  de  Philippe  IV,  roi  de  France,  mariée  en  1308 
à  Edouard  II,  roi  d'Angleterre  :  morte  le  21  novembre  1357.  (Anselme, 
1,91.)  Elle  était  passée  en  France  afin  de  négocier  la  paix  entre  les  deux 
royaumes.  Les  faits  sont  inexactement  rapportés  par  Wavrin.  Des  actes 
authentiques  prouvent  que  le  roi  de  France  ne  put  adresser  à  son  beau- 
frère  le  message  dont  il  vient  d'être  pai'lé ,  puisqu'il  était  convenu  entre 
les  deux  puissances  qu'on  s'assemblerait  à  Beauvais ,  où  le  roi  d'An- 
gleterre devait  rendre  hommage  à  Charles  de  Valois  pour  le  duché  de 
Guyenne.  Edouard  s'étant  dispensé  de  faire  ce  voyage,  transmit  à  son  fils 
Edouard,  du  consentement  du  roi  Charles,  tous  ses  droits  au  comté  de 
Ponthieu  et  duché  de  Guyenne,  et  l'envoya  vers  le  roi  de  France  pour 
lui  prêter  foi  et  hommage.  (Rymer,  II,  partie  II,  p.  137,  141-143.) 

2.  Les  deux  premières  lettres  du  roi  sont  datées  des  1"  et  2  décembre 
1325.  (Rymer,  II,  partie  II,  U8.) 

3.  Hugh  Despt-nser  ou  Spenscr,  senior,  créé  comte  de  Winchester  le 
10  mars  1322.  Décapité,  en  présence  de  son  fils,  en  octobre  1325.  Hugh 
Despenser  junior,  décapité  en  mai  1326.  (Dugdale,  I  ,  390-39-i.  ) 

i.   Robert  de  Baldock  ,  mort  le  28  mai  1326.  (Th.  Carte,  II,  378) 


kO  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1325] 

(lonl  il  fut  moult  courouchié  quant  il  vey  que,  pour 
ses  lettres,  sa  femme  et  son  filz  ne  retournoient.  Pour- 
quoy  il  fist  crier  parmi  Londres  que,  se  la  roine  Isabel 
et  sire  Edouard  son  filz  ne  retournoyent  briefment  en 
Engleterre  ,  qu'il  les  tenoit  pour  ennemys  de  la  cou- 
ronne ;  mais ,  nonobstant  ce ,  ne  furent  ilz  mye  con- 
seilliés  de  y  retourner  ,  pour  la  doubtence  (|ue  ilz 
avoient  du  roy  et  de  ceulx  de  son  conseil  ;  pour  la- 
quelle désobéissance  le  roy  les  fist  bannyr  '  et  exillier 
de  son  royaulme,  dont  la  roine  Ysaljel,  quant  elle 
sceut  les  nouvelles ,  se  doubta  fourment  et  eult  grant 
paour  que  les  traîtres  Despensieis  n'eussent,  par  leur 
malice,  controuvé  [sur  elle]  aulcune  charge. 

Quant  ceulx  qui  avoyent  esté  de  la  querelle  du  bon 
comte  Thomas  de  Lanclastre*  sceurent  que  la  roine 
Isabel  et  sire  Edouard,  son  filz,  estoient  bannys  hors 
du  royaulme  d' Engleterre  ,  ilz  s'en  \indrent  vers  eidx 
en  France  :  cest  ascavoir,  sire  Rogier  de  Mortemer, 
seigneur  de  Wiguemorant',  sire  W  illarae  Trussel  *,  qui 
fut  avecq  le  bon  comte  de  Lanclastre,  sire  Thomas 
Kochelin%  sire  Jehan  de  Cruelle",  et,  avecques  euix, 

1.  Le  roi  d'Angleterre  écrivit  au  pape  (  15  avril  13:26)  pour  démentir 
le  bruit  qui  courait  de  ce  bannissement ,  et  l'assurait  qu'il  n'en  avait  ja- 
mais eu  la  pensée.  (Rymer,  II,  part.  II,  153.) 

2.  Thomas  de  Lancaster,  petit-lils  de  Henri  111,  décapité  en  mars 
1323.  (Dugdale,  I,  779-78-2.) 

3.  Roger  de  Mortiiner,  seigneur  de  Wigmorc.  Décapité  le  29  novem- 
bre 1330.  (Dugdale,  I,  144-146.) 

4.  William  Trussel,  procureur  du  parlement.  Le  24  août  1337,  le  roi 
lui  ordonne  de  prélever  des  subsides,  dans  les  comtés  de  Warvick  et 
de  Leicester,  pour  la  guerre  qui  se  prépare  avec  la  France.  (Rymer, 
II,  part,  m,   187.) 

5.  Thomas  RosceUn.  Voy.  el-après,  p.  68,  note  5. 

6.  Jean  de  Crumbwelle.  Il  était  le  seul  baron  de  la  suite  de  la  reine 
dans  ce  voyage.  Mort  vers  133")  on  1336.  (Dugdale,  II,  îij.  ) 


[132bJ        PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  xix  xxvi.  47 

pluiseurs  aiilties  chevaliers  et  esciiiers;  lesquelz  tous 
emsamble,  d'un  assenlemeiit,  s'en  alei  ent  en  France  à 
la  court  du  roy,  où  la  roine  estoit  et  son  filz  Edouard. 

279.  Comment  les  seigneurs  et  barons  d'Engleterre  man- 
dèrent, secrètement,  à  la  royne  Isabel  qu'elle  et  son 
filz  retouruassent  en  Eugleterre  atout  mille  hommes 
d'armes.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ix. 

280.  Comment  le  roy  de  France  et  tout  son  conseil  fut  cor- 
rompu par  sire  Hue  Despensier,  adfin  qu'il  ne  renvoyast 
point  la  royne,  sa  seur,  et  sire  Edouard  son  fil/,  à  puis- 
sance en  Engleterre.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  jDart.  I,  ch.  x. 

281.  Comment  le  roy  de  France  fist  dire  à  la  roine  d'En- 
gleterre,  sa  seur,  qu'elle  widast  son  royaulme.      XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xi. 

282.  Comment  la  roine  d'Engleterre  se  parti  de  Paris,  pour 
paour  qu'elle  ne  feust  prinse  de  son  frère  et  renvoyé  en 
Engleterre  :  sy  s  en  ala  en  l'Empire.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xii. 

283.  Comment  messire  Jehan  de  Henault  vint  à  Buigincourt 
alencontre  de  la  roine  Izabel  d'Engleterre.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  xiii. 

284.  Comment  messire  Jehan  de  Henault  proinist  à  la  roine 
d'Engleterre ,  et  à  sire  Edouard  sou  filz ,  qu'il  ne  leur 
fauldroit  jusqucs  aumorir.  XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xiv. 

285.  Comment  la  roine  se  parti  de  Buigincourt,  et  comment 
elle  fut  honnourablement  recheue  du  conte  et  de  la  con- 
tesse    de  Henault.  XX\I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  xv. 

286.  Comment  messire  Jehan   de  Henault  fist  sa  semonce 


48  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1325] 

de  geiiâ  d'armes,  pour  la  roine  d'Engleterre  et  son  filx 
rcmener  en  leur  royaulme.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  T,  ch.  xvi. 

287.  Comment  messire  Jehan  de  Henault  prinst  congié  à  son 
frère  le  comte  Guillame  pour  remener  la  royne  Yzabel  et 
Edouard,  son  jeune  filz,  en  Engleterre.  XXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xvii. 

288.  Comment  messire  Jehan  de  Henault  se  parti  du  conte 
son  frère  et  s'en  vint  en  la  ville  de  Durdreth.      XXIX, 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xvii. 

289.  Comment  le  roy  Edouard  d'Engleterre  fist  garder  les 
portz  de  la  mer,  et  fist  crier  que  toutes  gens  d'armes 
et  archiers  s'appareillassent.  XXX. 

Tantost  vindrent  nouvelles  au  roy  d'Engleterre  que 
la  roine  Ysabel ,  sa  femme,  et  sire  Edouard,  son  fdz , 
s'appareilloient  pour  venir  en  Engleterre  à  tout  granl 
nombre  de  gens  d'armes  et  de  trait ,  adcompaigniés 
des  exilliés  ses  rebelles  ;  pourquoy  il  se  doubta  moult 
de  perdre  sa  couronne.  Sy  fist  garnir  ses  cliasteaulx , 
villes  et  forteresses  de  gens,  vivres  et  artillerie,  tant  en 
Galles  comme  en  Engleterre ,  et  sy  fist  garder  les 
rivages  et  costieres  de  la  mer. 

En  oultre,  il  ordonna  que  gens  d'armes,  ayans  trait, 
sy  fussent  mys  en  certains  passages  et  sur  aulcunes 
montaignes ,  tant  à  pie  comme  à  cheval ,  par  centa- 
niers  et  trenteniers,  ayans  tous  regard  devers  la  mer, 
adfin  que,  s'ilz  povoyent  perchevoir  le  signe  de  ceulx 
des  gardes  des  portz  ou  costieres  de  la  mer,  ilz  feus- 
sent  prestz  poiu'  aler  celle  part,  et  que,  tantost  comme 
ilz  oroyent  crier  ou  huer*,  ilz  se  meissent  ensamble, 

i .   (aHo  manière  d'arrêter  les  criminels  s'appelle  en  anglais   Uite  and 


fl325]     PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  xxvii-xxx.  49 

sy  alayssent  alencontre  de  ceulx   qui  lui  voulioierjt 
oster  son  royaiilme. 

Âncores  de  rechief  fist  le  roy  publier,  eu  chascuue 
marche  d'Englelerre,  que,  se  aulcuns  yenoient  à  ba- 
taille contre  ses  ennemys ,  que  ilz  preissent  la  roine 
Ysabel  et  son  filz  Edouard  et  le  conte  de  Kent'  sau- 
vement ,  sans  euix  en  riens  meffaire  de  leurs  corps , 
et  que  tous  aultres  de  leur  compaignie  feussent  occys 
sans  mercy  ;  et  que  cellui  porroit  bien  dire  soy  estre 
heureux,  qui  raporteroit  la  teste  sire  Rogier  3Iortemer 
de  Winghem,  car  il  auroit  cent  livres  d'estrelins '. 

En  oultre,  il  commanda  et  ordonna  par  sa  commis- 
sion de  faire  feux  sur  les  pignacles  des  haultes  raon- 
taignes,  près  des  rivages  de  la  mer;  et,  en  bas  pays, 
faire  guérites  de  mairien,  affui  que  chascun  feust  ad- 
verti  de  son  affaire,  et  que,  s'il  advenoit  que  ses 
ennemys  y  entrassent  de  nuyt,  les  feux  fussent  tantost 
boutez  par  tout ,  affin  que  le  cry  et  la  liue  s'eslevast 
comme  cy  dessus  est  dit. 


cry .  «  By  tlie  okl  law  of  England,  if  any  theft  or  robbery  be  donc,  if 
lie  tbat  is  robbecl  or  he  that  seeth  or  perceiventu  that  any  man  is 
robbed  doe  levie  hue  and  crie,  that  is  to  say,  doe  ciy  and  call  for  avde, 
and  say  that  a  theft  or  robbery  is  donc  contrary  of  tbe  princes  peace 
and  assurence  ;  tbe  constable  of  îbe  -village  of  whom  hee  doth  corne, 
and  so  make  crie,  ought  to  raise  tbe  parisb  to  aide  bim  and  seeke  tbe 
iheefe ,  and  if  tbe  theefe  be  not  found  in  tins  parisb ,  to  goe  to  tbe 
next  and  raise  that  constable  and  so  still  by  tbe  constables  and  tliem 
of  tbe  to  parisb  on  aftcr  another.  Tbis  bue  and  cry  from  parisb  t;> 
parisb  is  carried^  tlU  tbe  theefe  or  Tobbes  be  found.  i  (Th.  Smith,  94.) 

1.  Edmond  de  Woodestooke,  comte  de  Kent,  fils  d'Edouard  I,  déca- 
pité le  i9  mars  1330,  (Barnes,  41.)  Le  7  mai  1330  ,  le  roi  demandait 
au  pape  la  canonisation  de  Thomas ,  comte  de  Kent.  (  Rymer,  II , 
part.  III,  p.  39.) 

2.  La  lettre  du  roi,  eu  date  du  28  septembre  1326,  porte  mil  livres 
d'ejterlinges.  (Rymer,  II,  part.  II,  16".) 

t  4 


50  CRONICQUES  D'ENGLETERHE.  [1325] 

En  ce  temps,  moru  sire  Rogier  de  Mortemer,  l'oncle, 
en  ia  tour  de  Londres ,  où  il  estoit  en  prison  ;  lequel 
ne  polt  eschapper  avecq  sire  Rogier,  son  nep\eu ,  qui 
estoit  en  la  compaignie  de  la  roine  Ysabel. 

290.  Comment  la  royne  Ysfibel  et  messire  Jehan  de  Re- 
nault, et  leurs  gens,  arrivèrent  en  Engleterre.    XXXI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xTm. 

291.  Comment  les  barons  d'Engleterre  alerent  alencontre 
de  la  royne,  et  comment  ilz  concludrent  qu  ilz  assege- 
roient  le  roy  et  les  Despensiers.  XXXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  xix. 

292.  Gomment  ceulx  de  Bresto  se  rendirent  à  la  royne 
Ysabel.  Et  comment  sire  Hues  Despensler,  le  viel,  et  le 
conte  d'Arondel,  furent  prins  et  menés  devant  la  royne 
Ysabel  et  son  conseil.  XXXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xx. 

293.  Comment  sire  Hue  Despensier,  le  père,  et  le  conte 
d'Arondel,  fui-ent  mys  à  mort  en  la  viiie  de  Bristo.  Et 
comment  le  roy  Edouard  et  sire  Hue  Despensier,  le  filz, 
furent  prins  et  menez  devant  la  royne  Ysabel.  XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livrai,  part.  I,  ch.  xxi-xxn. 

294.  Comment  le  roy  Edouard  d'Engleterre  fut  menez  en 
prison  à  Bercler  et  baillié  en  garde  au  seigneur  du  dit 
lieu.  Et  comment  sire  Hue  Despensier,  le  filz,  eult  la 
teste    coppee   et    le   corps    riiys  eu    quattre    quartiers. 

XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  <h.  xxiii-xxiv. 

295.  Gomment  la  royne  Yz::bel  et  Edouard,  son  filz,  furent 
bonnourablenieut  rcclicus  en  la  cyté  de  Londres.  Et 
comment  il  fut  ordonné  que  le  roy  Edouard,  qui  estoit 


[Ic26]     PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  VI,  xxx-xxxvii.  îJi 

en  prison ,    n'estoit  pas    digne  de  porter   couronne. 

XXXVI. 

Cf.  Fr.j  livre  I,  part.  I,  ch.  xxv-xxvi. 

296.  Gomment  le  roy  Edouard  fut  deffait  de  sa  royaulte'. 

XXXVII. 

Tanlost  après  ces  ordonnances  ainsy  faites,  la  royne 
Ysabel,  sire  Edouard,  son  tilz,  et  tous  les  nobles  d'En- 
gleterre,  mandèrent  au  roy  Edouard,  qui  prisonnier 
estoit  ou  chastel  de  Kenniword ,  en  la  garde  messire 
Jehan  de  Botlionne  \  evesques  de  Ely ,  et  messire 
Jehan  de  Persy%  baron,  qu'il  ordonnast  ung  Parle- 
ment en  quelque  lieu  d'Engleterre  que  mieulx  lui 
plairoit ,  pour  illec  ordonner  et  pourveoir  sur  le  gou- 
vernement de  son  royaulme. 

Quant  les  Ambaxadeurs  furent  venus  devers  le  roy  ^, 
et  ils  l'eurent  salué,  et  exposé  la  cause  de  leur  venue, 
il  leur  dist  :  «  Seigneurs,  veez  icy  mon  seel ,  je  vous 
donne  povoir  de  ordonner  le  Parlement  où  bon  vous 
samblera.  «  Puis,  le  seel  prins,  les  seigneurs  deman- 
dèrent congié  au  roy  :  sy  s'en  vindrent  devers  la  royne 
et  sire  Edouard ,  son  filz ,  et  les  auitres  barons  ;  où  il 
fut  conclud  que  le  Parlement  se  tendroit  à  West- 
monstier,  es  octaves  de  saint  Hilaire. 


,     '1 .  Jean  de  Hotliim ,  évèque  d'Ely. 

2.  Edouai'd  fut  commis  à  la  garde  de  Henri,  comte  de  Lancastre,  lors 
de  sa  détention  à  Kenihvorth.  (Barnes,20.)  Au  lieu  de /e /tara ,  c'est , 
sans  doute ,  Henri  de  Persy  qu'il  faut  lire. 

3.  Le  20  novembre  1326,  le  roi  étant  à  Monmouth,  l'évêque  d'Here- 
fort  y  Vint,  chargé  par  la  reine  et  son  fils  de  lui  demander  le  grand  sceJ  : 
après  quelque  hésitation,  Edouard  le  remit  à  William  le  Blount,  en 
présence  du  comte  de  Lancastre  et  autres  seigneurs.  (Rymer,  II,  part  II, 
169.) 


»t  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [132(;j 

Alors  estoient  tous  les  barons  d'Engleterre  à  Londres  ;  • 
sy  firent  faire  leurs  pourveances  pour  aler  audit  Parle- 
ment, ouquel  iieu  le  roy  Edouard  ne  voult    nulle- 
ment \enir;  mais  ,  nonobstant  ce  que  le  roy  Edouard 
n'y  volt  oncques  vcnir^  aios  jura  la  foy  qu'il  debvoit 
à  Dieu  que  jà  n'y  metteroit  le  pied ,  pour  lequel  refus 
les  grans  barons  et  le  Clergié  d'Engleterre  consentireni: 
et  concludrent  que  jamais  ne  seroit  roy.  Ains  couron- 
nèrent* sire  Edouard  y  son  filz,  qui  des  lors  estoit  duc 
de  Guienne.  Sy  envoyèrent,  tout  d'un  commun  accord, 
devers  le  roy  Edouard,  le  père,  sire  Jeban  de  Garenne', 
sire  Jeban  de  Botlionne,  evesque  de  Ely,  sire  Henri 
de  Persy',  baron,  et  sire  Jehan^  1  russel,  clievalier,  qui, 
en  son  temps ,  estoit  avecq  le  conte  Tbomas  de  Lan- 
clastre,  pour  rendre  sus  les  bommages,  pour  eulx  et 
tous  ceulz  d'Engleterre.    Sy  pronuncba  les  parolles 
messire  Jeban  Trussei,  disant  en  cette  manière  :  «  Sire 
Edouard,  nous  sommes  cy  envoyés  devers  vous  de 
par  les  Esuats  de  ce  présent  royaulme  d'Engleterre, 
pour  ce  que,  en  vostre  temps  que  avez  lengné  roy, 
avez  gouverné  le  royaulme  mauvaisement ,  au  grant 
dommage  et  desplaisir  de  tous  les  nobles  et  ie  commun 
peuple,  et,  avec  ce,  en  avez  fait  morir,  à  tort  et  sans 
cause,    des  plus   grans;  et  grant  foison  des  nobles 
bommes  avez  decbassiés  et  desberités  ;  mais,  la  Dieu 
mercy,  je  suppose  que  desoremais  on  ne  vous  souffrira 


i.  Le  1"  février  1327.  (Rymer,  II,  part.  II,  172.) 

2.  Jean  de  Varren,  comte  de  Surrey,  mort  le  24  avril  ISliJ.  (Dugdalc, 
I,  80-82.) 

3,  Henry  de  Persv,  créé  baron  en  i33G  ou  1337,  mort  le  28  février 
13b2.  (Dugdale,  î,  273-275.) 

4-,  William.  Voy.  p.  âG,  note  é. 


[1320]        PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  xxxvii.  83 

plus  faire  nulles  telles  cruauîtés  ;  et  aussy  pour  ce  que 
n'a\'ezvolu  venir  à  vostre  Parlement  [de  Westmonstier], 
lequel  vous  aviez  fait  establir,  comme  plainement  il 
appert  par  vos  lettres  patentes,  lequel  estoit  ordonné 
pour  traittier  avecq  vos  hommes,  comme  ung  bon 
roy  doibt  faire ,  dont ,  par  le  commun  assentement 
de  tout  le  baronnage  d'Engleterre,  par  lequel  nous 
sommes  envoyés  devers  vous,  je  vous  dis  et  prononche 
ces  paroUes  :  c'est  ascavoir,  sire,  que  tous  les  barons 
d'Engleterre  ensamble  ont  esté  d'acord  et  veuilent 
que  jamais  ne  soies  plus  leur  roy;  ains  vous  ont  de- 
porté  et  deffait  à  toujours  de  vostre  royaulrae.  » 

Apres  ces  paroles,  l'evesque  de  Ely  lui  dist  :  «  Sire 
Edouard,  je  vous  rengs  foy  et  hommage  pour  les  ar- 
chevesques  et  evesques,  et,  généralement,  pour  tout  le 
Clergié  du  royaulme  d'Engleterre.  »  Apres  cette  pro- 
noncation  de  l'evesque  de  Ely,  sire  Jehan  de  Garenne, 
conte,  encommenca  de  parler  et  dist  :  «  Sire  Edouard, 
je  vous  rengs  aussy,  sire,  foy  et  hommage  pour  moy 
et  pour  tous  les  contes  d'Engleterre.  »  Puis  le  sire  de 
Persy  parla,  et  dist  :  «  Sire,  je  vous  rengz  foy  et  hom- 
mage pour  moy  et  tous  les  autres  barons  du  royaulme.  w 
Puis  parla  sire  Jehan  de  Trussel ,  et  dist  :  «  Sire 
Edouard,  je  vous  rengs  foy  et  hommage  pour  moy  et 
tous  les  autres  chevaliers,  et  pour  tous  ceulx  qui,  par 
sergantise  ou  aultrement,  tiennent  de  vous;  par  tel  sy 
que,  de  ce  jour  en  avant,  jamais  plus  ne  serez  tenu 
pour  roy,  ains  ne  serés  tenu  que  pour  ung  singulier 
homme  populaire.  »  Et  atant  finerent  leurs  parolles  : 
sy  s'en  partirent  de  là,  et  s'en  retournèrent  à  Londres, 
où  le  baronnage  les  attendoit.  Et  sire  Edouard  fut 
remys  en  prison,  où  il  fut  bien  gardé  de  ceuk  qui 


54  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1327] 

commys  y  estoient.  Et  fut  ce  fait  le  jour  de  la  conver- 
syon  saint  PoP,  le  xx"  an  de  son  règne. 

297.  Prophétie  Merlin  declairié  de  ce  roy  Edouard  filz  au 
bon  roy  Edouard.  XXXVIIl. 

Inédit  *. 

298.  Comment  le  jenne  Edouard  fut  couronnez.  Et  com- 
ment à  messire  Jehan  de  Henault  furent  donnez  quat- 
tre  cens  marcs  d'estrelings  de  revenue.  Et  comment  le 
roy  d'Escoche  deffia  le  roy  d'Engleterre.  XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  ï,  cli.  xxvn-xxviii. 

299.  Gomment  le  jenne  roy  Edouard  fist  sa  semonce  de 
gens  d'armes,  en  Engleterre  et  ailleurs,  especiallement  à 
messire  Jehan  de  Henault  qui  le  vint  servir  à  belle  com- 
paignie.  XL. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  ï,  ch.  xxix-xxx. 

300.  Comment  discention  ee  meut  entre  les  Hennyers  et 
aulcuns  Anglois.  Et  comment  les  dis  Hennyers  furent 
en  grant  meschief  l'espace  de  troix  sepmaines.        XLL 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  xxxi-xxxri. 

301.  Gomment  le  jenne  roy  Edouard  se  parti  de  Bervic 
pour  aler  contre  les  Escots,  qui  estoient  entrez  en 
Engleterre.  XLH. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  xxxm. 

302.  La  manière  du  maintieng  des  Escots  quant  ilz  sont  en 
guerre,  et  de  Fordonnance  des  Anglois  qui  se  cuidoient 
combatre  à  eulx.  XLHL 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  di.  xxxiv-xxxv. 

i.  Le  23  janvier  1327.  Selon  Carte  (  II,  382) ,  ce  fut  le  20. 

2.  Nous  n'avons  pas  compris  ce  cliapitre  dans  nos  extraits  des  cliro- 
niques  d'Angleterre,  parce  que  le  récit  des  principaux  événements  du 
règne  d'Edouard  II  y  est  tellement  mélangé  de  citations  des  propliéties  de 
Merlin ,  et  de  l'application  de  ces  pro])liéties  aux  divers  actes  de  ce 
prince ,  que  la  lecture  en  aurait  été  rebutante  et  la  publication  sans 
utilité. 


[1327]     PREMIÈRE  PARTIE  ,  LIVRE  VI,  xxxvn-XLix.  55 

303.  Le  grant  traveil  que  eurent  les  Anglois  en  poursievant 
les  Escots  ;  de  la  manière  de  leurs  logis,  et  comment  ils 
chevaulcherent  ordonneement  jusques  à  Tliim.  XLIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cb.  xxxvi-xxxvn. 

304.  Des  grans  mesaises  et  famines  que  les  Anglois  souffri- 
rent en  leurs  logis ,  sur  la  rivière  de  Tliim ,  en  querant 
les  Escotz ,  leurs  ennemys.  XLV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xxxvm-xxxix. 

305.  Comment  le  roy  d'Engleterre  oy  nouvelles  des  Escots, 
et  comment  il  ordonna  bien  à  point  ses  batailles  contre 
eulx.  XLVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xl-xi.t. 

306.  Comment,  après  ce  que  les  Anglois  et  les  Escotz  eurent 
ainsy  esté  tout  le  jour  l'un  devant  l'autre,  sans  eulz  com- 
batre,  messire  Guillame  de  Douglas  vint  vaillamment , 
la  imyt  ensievant,  escarmucer  les  Anglois.  XLYIÏ. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xlii-xliii. 

307.  Comment  les  Escotz  s'enfuirent  par  nuyt ,  et  des  An- 
glois qui  retournèrent  en  Engleterre.  Et  du  mariage  du 
roy  Edouard  d'Engleterre  à  la  fille  du  conte  Guillame 
de  Henault.  XLVIil. 

Cf.  Fr.,  livre  I ,  part.  I,  ch.  xliv-xlv. 

308.  Cy  parle  de  la  mort  sire  Edouard  de  Carnarenan,  jadys 
roy  d'Engleterre.  XLIX. 

Or  dirons  maintenant  de  sire  Edouard  de  Carnare- 
nan, jadis  roy  d'Engleterre,  lequel  fut  depposé  de  sa 
royaulté  par  croire  faidz  conseils  de  ses  desloyaidz 
serviteurs  et  losengiers ,  qui  le  decheuprent ,  îesquelz 
furent  destruis  par  leur  faulseté ,  comme  il  le  pleut  à 
Dieu,  ainsy  que  vous  avez  oy. 

Cestui  Edouard  esloit  prisonnier  ou  cliastel  de  Ber- 
cler*,  en  la  garde  de  messire  Jehan  Mautravers,  auquel, 

i.  "Rerkelev-Castle.  I.e  roi  y  fut  conduit  le  3  avril  1327,   et  commis 


56  CROîtlCQUES  D'ENGLETERRE.  [1327] 

et  à  ses  aiiltres  gardes,  il  demandoit  souvent  pour 
quel  cause  il  estoit  sy  mal  de  la  royne  Yzabel,  sa  com- 
paigoe,  et  du  sire  Edouard,  son  filz,  qu'ilz  ne  le  vou- 
loient  veoir  ne  visiter.  A  quoy  l'un  de  ses  gardiens  lui 
respondy  une  fois ,  et  dist  :  «  Mon  très  redoublé  sei- 
gneur ,  n'ayez  desplaisance  en  vous  se  je  vous  dy 
roccasioD,  Il  est  vérité  que  on  a  fait  entendant  à  ma- 
dame la  royne  et  à  monseigneur  vostre  filz  que,  se  ilz 
venoyent  près  de  vous  pour  vous  veoir  et  visiter,  que 
vous  les  estrangleriés,  ou  occiriés  par  aultre manière.» 
Et  lors  respondy  le  roy,  moult  simplement  :  «  Et  com- 
ment donc  ?  ne  suis  je  pas  en  prison  ?  de  moy  pevent 
faire  leurs  voulenlez.  Dieu,  mon  benoit  créateur,  scet 
que  oncques  ue  le  pensay ,  ne  n'euch  vouloir  de  ce  faire. 
Je  vov  et  congnoy,  aux  seignes  qu'ilz  me  monstrent, 
que  je  vaulz  que  mort.  Pleust  à  Nostre  Seigneur  que 
ainsy  feust;  car  alors  seroient  mes  douleurs  toutes 
passées  !  » 

Ne  demoura  gueres,  aprez  ces  choses,  que  le  jenne 
Edouard ,  par  le  conseil  de  Mortemer,  cbanga  les 
gardes  de  messire  Edouard,  son  père  ;  lequel  il  bailla 
à  sire  Thomas  Gorne  et  à  sire  Jehan  Maulravers*,  par 
sa  commission,  en  le  oslant  à  sire  Henri'  Moris  qui, 

successivement  à  la  garde  de  Thomas,  seigneur  de  Berkeley,  de  Jean 
Montravers  et  de  Thomas  Gournay.  (Tli.  Carte,  II,  384  ;  Dugdale, 
I,  356.) 

•1.  Jolin  Bîahravers,  senior,  s'enfuit  en  Allemagne  après  le  meurtre  de 
Edouard  II.  Condamné  à  mort  en  1329  ou  30,  il  demanda  la  révision 
de  son  jugement  et  finit  par  être  absous  par  le  parlement.  Mort  le  16  fé- 
vrier 1364.  (DugdaU-,  II,  101  et  suiv.) 

2.  Le  roi  Edouard  passa  de  la  surveillance  de  Henry  de  Lancastre 
(voir  p.  lil,  n.  2),  au  cliâirau  de  Kenil^Tonil,  à  celle  de  Thomas  de 
Berkeley,  au  château  de  ce  nom;  mais  ce  seigneur,  traitant  son  prison- 
nier avec  trop  de  respect,  ne  tarda  pas  h  lui  être  été.  Au  bcu  de  Thomas, 


[1327]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  xni:.  57 

paravant ,  le  gardoit.  Et  les  dessus  dis  le  menèrent  ou 
diastel  de  Corses*. 

Iceulx  sire  Thomas  Gorne  cl  sire  Jelian  Maulravers 
heoient  de  mort  ce  sire  Edouard  ;  iesquelz  le  gardèrent 
en  la  prison  jusques  à  la  saint  Tdahieu ,  l'an  de  grâce 
mil  trois  cens  xxvn,  que  messire  Rogier  de  Morteraer 
leur  manda  la  manière  de  la  mort  du  dit  sire  Edouard, 
Iesquelz,  oyans  le  mandement  qui  leur  vint  à  l'heure 
du  soupper,  regrettèrent  et  plaindirent  moult  la  mort 
du  dit  sire  Edouard,  père  du  roy;  lequel  ne  scavait 
riens  de  la  grant  trayson  qui  lui  estoit  compassée,  à 
cause  de  sa  mort. 

Quant  le  dit  syre  Edouard  eult  souppé,  et  qu'il  fut 
heure  d'aler  dormir,  il  s'en  ala  en  sa  chambre  couchier 
sur  son  lit;  et  lors  que  les  parvers  et  desloyaulx  traîtres 
sceurent  qu'il  estoit  endormis,  iiz  entrèrent  en  la 
chambre,  avecq  eulx  leurs  satalites,  puis  mirent  une 
très  pesant  table  dessus  son  corps  ;  laquelle  i!z  pressè- 
rent moût  fort,  et  adont  le  dit  prince  s'esveilla,  et,  pour 
paour  d'estre  occys,  se  tourna  le  ventre  desseure. 
Adont  les  desloyaulx  traîtres  foursenés  prindrent  une 
grosse  corne  perchyé  tout  oultre,  laquelle  ilz  lui  bou- 
tèrent au  fondement  aussy  parfont  comme  ilz  peurent, 
puis  prindrent  une  broce  de  ceuvre%  toute  rouge  de 
feu,  sy  lui  boutèrent  dedens  le  corps  parmi  la  ditte 

Waviin  met  Henri.  ]\îaurlce  était  frère  de  Thomas  :  il  mourut  le 
12  février  134a,  et  Thomas  le  27  octobre  13C1.  (Dugdale,  I,  3oli- 
359.) 

1.  Corfe-Castle.  Selon  Th.  Carte  (II,  385),  Édou.ircl  fut  détenu  en 
premier  lieu  au  château  de  Kenilworth ,  puis  successivement  à  ceux  de 
Berkeley,  Corfe,  Bristol,  et  transféré  de  nouveau  à  Berkeley,  où  il  fut 
assassiné. 

2.  Le  manuscrit  8383  porte  cuhre. 


58  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1328] 

corne;  et  icelle  broce  encommencerent  de  tournoier 
parmi  ses  boyauîz.  Sy  le  martirizierent  en  ce  point, 
adfiiî  que  on  ne  s'apperceust  de  la  manière  de  sa  mort 
et  en  ce  point  le  laissierent  celle  nuyt  tout  mort, 
jusqwes  à  lendemain ,  qu'ilz  \  indrent  en  la  chambre, 
avecques  eulx  pluisem^s  pereonnes ,  ausquelz  ilz  dirent 
qu'il  s'estoit  désespéré  ou  fait  aulcune  chose  dont  il 
estoit  mort  ^ 

309.  Gomment  la  jenne  royne  d'Engleterre  fut  honnoura- 
blement  recheiie  à  Londres.  De  la  mort  du  roy  d'Esco- 
che  et  des  ordonnances  qu'il  fist  en  son  testament.  L. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xlvi-xlvu. 

310.  Comment  messire  Guillanie  de  Douglas  se  paru  d'Escoce 
pour  passer  oultre  mer  au  Saint  Sepulci^e,  et  comment  il 
mourut  en  Espaigne.  '  LI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  XLvni. 

311.  Comment  la  paix  fut  affermée  entre  les  Anglols  et 
les  Escochoys,  et  de  la  justicerie  de  Traillebaston  ^  LU. 

1.  Il  fut  assassiné  le  21  septembre  13-27.  (Carte,  II,  384).  Le  22  ,  selon 
Holinshed(II,342.) 

2.  Wavrin  en  a  déjà  parlé  au  chapitre  230.  Voici  en  quels  termes  : 
c  Apres  ce  que  le  roy  Edouard  eult  fait  toute  sa  voiiUenté  en  Escoce,  il 
s'en  retourna  à  Londres,  cuidant  bien  avoir  appaisié  sa  guerre;  dont  il 
estoit  bien  en  arrierage  de  ses  revenus  de  xx  ans,  pour  les  despens  que 
fait  avoit  tant  en  Galles  comme  en  France ,  en  Gascongne  et  en  Escoce. 
Sy  pensa  en  soy  comment  il  porroit  tant  faire  que  la  finance,  que  des- 
pendue avoit  en  ses  guerres,  fust  remise  ou  trésor  dont  il  l'avoit  ostee.  SI 
fist  faire  une  encqueste  geueralle  de  toutes  mesproisons  et  torfais  par  les 
malfaiteursd'Engleterre,  depuis  qu'il  en  avoit  esté  roy  :  pour  laquelle  chose 
faire,  il  ordonna  gens  de  justice,  laquelle  justice  l'en  appella  Traillebaston ; 
et  en  cesle  manière  soubtille,  sans  à  personne  faire  tort,  il  recouvra  ung 
trésor  iunumeraljle ,  combien  que  oncqncs  ne  feust  avaricieulx  ;  mais  il 
le  fist,  pour  ce  que  son  intention  estoit  du  tout  de  aler  encoires  une  fois 
CQ  la  ferre  saincte  contre  les  Sarazins,  enemys  de  Nostre  Seigneurie  ;  car, 
en  vculenlé  de  faire  ledit  voyage,  s'estoit  jà  pieca  croisiés,  non  obstant 


[1328]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  l-lii.  19 

La  penlhecoiiste  du  second  an  du  règne  Edouard 
le  jenoe,  roy  d'Eogleterre,  après  ce  qu'il  fut  mariez*, 
par  le  conseil  de  la  roy  ne  Ysabel,  sa  mère,  et  messire 
Rogier  de  Mortemer,  estal3Îi  ung  Parlement  à  Nor- 
thantonne,  auquel  le  roy  Edouard,  par  le  conseil  des 
devant  dis  et  de  nul  aultre,  fist  acord  aux  Escochoys, 
en  tel  fourme  et  manière  que  tous  les  hommages  et 
feaultés  que  les  dis  Escochoys  dévoient  à  la  couronne 
d'Engleterre,  leur  relaissa  et  quitta  à  tousjours;  de  la- 
quelle chose  il  leur  liailla  ses  lettres  scellées  de  son 
grant  seel,  et  en  oultre  une  endenture  qui  avoyt  esté 
faitte  par  le  roy  Edouard^,  fiîz  du  roy  Henri,  laquelle 
les  Escotz  avoient  faitte  et  recogneue,  et  estoit  nom- 
mée Ragenan^  Ou  dedens  estoient  contenus  tous  les 
hommages  et  feaultés  d'Escoche;  premiers,  des  roys 
d'Escoche,  et  puis  des  prelatz,  contes  et  barons  du 


que  ceste  jnsticerie  feust  forte  à  porter. Toutesfois  fut  elle  bonne  pour  les 
paisans  d'Engleterre  ,  pour  ce  que  les  malfaiteurs  furent  pugnis  ,  car  le 
menu  peuple  en  fut  entretenu  en  meilleure  équité.  » 

Rapin  Thoyras  dit  (III,  83)  que  o:  le  roi  avoit  été  informé  que  la  jus- 
lice  se  rendoit,  dans  tout  le  royaume,  avec  beaucoup  de  négligence 
et  de  partialité  ;  que  les  magistrats  se  laissoient  corrompre  par  des  pré- 
sents ;  et  que  les  riches  étoient  à  couvert  de  la  rigueur  des  loix ,  pendant 
que  les  pauvres  étoient  exposez  à  l'oppression  et  à  la  tyrannie  des  grands. 
Un  si  grand  désordre  demandant  un  remède  prompt  et  efficace,  il  donna 
une  commission  extraordinaire  à  des  juges  qu*'il  nomma  lui-même  pour 
aller  faire,  dans  toutes  les  provinces,  une  perquisition  exacte  de  tous  les 
malfaiteurs  de  quelque  rang  qu'ils  pussent  être,  et  leur  donna  pouvoir 
de  faire  exécuter  leurs  sentences  sur-le-champ.  Cette  commission  fut 
nommée  Trail-bdton,  mot  dont  on  ignore  l'étymologie.  » 

1.  Il  épousa  Philippe  de  Hainaut,  le  24  janvier  1328.  (Th.  Carte,  II, 
394.)  Elle  était  fille  de  Guillaume  I",  comte  de  Hainaut.  [Art  de  vérïf.  les. 
dates,  III,  33.) 

2.  Edouard  I",  fils  de  Henri  lîl,  monta  sur  le  trône  le  20  novembre 
1272 ,  et  mourut  le  7  juillet  1307.  (H.  Nicolas ,  347.) 

3.  Ragman-Roll. 


60  CKONICQUES  D'ENGLEÏERRE.  [1328] 

royaulme;,  où  estoient  leurs  seauîz  pendans  ;  et,  avecq 
cestes,  y  a  voit  aiiltres  chartres  faisans  mention  du 
droit  que  le  roy  d'Engleterre  et  ses  barons  a\  oient  [en] 
Escocbe,  et  de  la  noire  croix  ^  que  le  bon  roy  Edouard 
concquist  ;  lesquelles  clioses  il  leur  rendi,  etaussy  quitta 
les  terres  que  les  barons  d'Engleterre  avoyent  en 
Escocbe  de  ancbienne  concqueste.  A  ceste  paix  accor- 
der, les  dys  Escocboys  promisrent  xxx  mille  livres  à 
paier  en  dedens  trois  ans;  c'est  ascavoir  cbascun  an, 
dix  mille  livres. 

Avant  ce  Parlement  entre  les  deux  pais,  fut  délibéré 
par  le  dit  roy,  la  royne,  sa  mère,  et  Mortemer  que 
David  d'Escocbe^  (lors  eagié  de  v  ans,  filz  Robert  le 
Brus,  faulx  traître,  tyrant  et  parjur,  lequel,  alencontre 
de  son  serment ,  releva  au  préjudice  du  dit  noble  roy 
Edouard,  son  seigneur  liège,  le  royaulme  d'Escocbe, 
dont  il  [se]  fist  couronner  roy,  comme  cy  dessus  a  esté 
toucbié^)  seroit  roy  d'Escocbe,  par  tel  sy  qu'il  espou- 
zeroit  Jebenne  de  la  Tour*,  seur  du  jeune  roy  Edouard  ; 
ce  qu'il  fist,  par  le  jour  de  la  Magdelaine,  l'an  trois 
cens  xxvin,  comme  cy  dessus  est  toucbié",  qui  fut  au 
grant  abaissement  du  sang  royal  d'Engleterre,  dont 


1.  Lorsqii'en  1067  un  grand  nombre  d'Anglais  furent  bannis  du 
royaume  par  Guillaume  le  Conquérant,  ils  emportèrent  avec  eux,  en 
Ecosse,  leur  or,  leur  argent  et  leurs  reliques,  parmi  lesquelles  se  trouvait 
cette  croix  noire.  David ,  roi  d'Ecosse  ,  la  donna  à  l'abbaye  de  Ilolie- 
Rood-liouse,  qu'il  fouda  dans  le  Loutbian  vers  1 124.  (Holiusbcd,  I,  177, 
183.) 

2.  David  II  succéda  à  Piobert  Eruce,  son  père,  le  7  juin  1329. 
(H.  Nicolas,  381). 

3.  Il  en  a  été  fait  mention  au  cliap.  2a3. 

4.  Ainsi  nommée  parce  qu'elle  était  née  dans  la  tour  de  Londres. 
(Tli.  Carte,  II,  39a.) 

5.  Au  cbaplue  précédent. 


[1328]  PREJÎIÈRE  PARTIE,   LIVRE  VI,  ui.  61 

elle  estoit  partie.  Sy  fut  grand  dommage,  et  sy  estoit 
la  damoiselle  de  sy  bonnes  meurs  et  tant  amee  de  tous 
ceulx  du  pays,  grans  et  petis;  povirquoy  ils  furent 
moult  trouilles  quant  ainsy,  volumtairement  et  sans 
leur  sceu,  la  veirent  estre  mariée  par  la  manière  dilte  ; 
car  oncques,  puis  le  temps  Brnclus  qui  concquist  Al- 
bion ,  laquelle  il  nomma  Breiaigne  de  son  nom, 
et  après  a  esté  nommée  Engleterre  par  Eogîist,  le 
royaulme  d'Escoche  n'avoit  parti  de  la  suljgection 
d'Engleterre ,  feaulté  et  hommage,  jusques  au  temps 
d'adont  que  je  vous  dis;  car  ce  mesmes  Bructus,  qui 
concquist  Escoclie,  la  donna  à*  Albana,  ce  dit  royaulme 
que,  à  présent ,  on  dist  Escoce  ;  mais  ce  jenne  roy 
Edouard,  par  mauvais  conseil,  leur  quitta  cest  hom- 
mage que  tousjours,  paravant,  avoyent  acoustumé  de 
paiier  aux  roys  d'Engleterre,  comme  par  les  mesmes 
Cronicqiies  cï Escoche  on  peult  amplement  veoir.  Et , 
pour  ce ,  les  Anglois  doibvent  bien  maudire  l'heure 
que  le  parlement  fut  estably  à  Northantonne  ;  car,  par 
faulz  et  mauvais  conceil,  le  jenne  roy  Edouard  fut 
déshérités  de  pluiseurs  terres  et  honneurs  que  les  des- 
loyaulz  conseilliers  atrayerent  à  eulx.  Jasoit  ce  que  les 
grans  barons  d'Engleterre  feussent  trop  mal  contentez 
de  celle  paix,  ainsy  faitte  par  seullement  la  royne  Ysa- 
bel,  mère  du  roy,  l'cvesque  de  Ely  et  sire  Rogier  de 
Mortemer,  mais  droit  et  raison  ne  volrent  souffrir  que 
dutout  paix  finale  feust  faitte  par  eulx,  sans  le  com- 
mun assentement  de  la  pluspart  des  haulz  barons  du 
royaulme  d'Engleterre. 


K.  Var,  {  La  donna  à  son   second  fdz,  qu'il  nomma  Jlhanïe.   »  f^I». 
n-  8388). 


§2  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1328] 

3î2.  Cy  parle  du  discord  qui  fut  entre  la  royne  Ysabel  et 
sire  Henri ,  conte  de  Lanclastre  et  Leecestre.  Et  de  la 
chevaulchee  de  Bethforî.  LIÏL 

Apres  ce  que  le  jemie  roy  David  d'Escoclie  eut 
espousé  Jehenne  de  îa  Tour  à  Bervic,  ainsy  comnie 
oy  avez,  les  Escotz,  en  reprochant  les  Anglois,  appel- 
lereiît  laditte  Jehenne  contesse  de  Makepaix^  pour  la 
grant  couardize  des  xii  pers  estal^lis  au  gouvernement 
duroyaulme;  mais  quant  à  la  personne  du  roy,  on 
n'avoit  cause  de  l'en  reprochier,  car  tout  ce  qu'il  se 
faisoit  parmi  le  royaulme  estoit  passé  par  la  royne 
YsalDel,  sa  mère,  et  sire  Rogier  de  Mortemer. 

Ne  demoura  gueres,  après  cest  acord,  que  la  royne 
Ysabel  atrayst  à  soy  toute  l'honneur  et  revenue  de 
Pontfret,  et,  à  peu  près,  toutes  les  terres  apendans  à  la 
couronne  d'Engleterre  :  et  à  son  quartier  tiroyt,  aspre- 
ment,  Rogier  de  Mortemer,  et  tenoyent  presque  toutes 
les  revenues  du  roy,  si  que  il  n'avoit  pas  gramment 
pour  maintenir  son  estât,  fors  les  pourfis  des  maletotes 
et  de  l'Eschequier.  Et  tellement  se  conduirent  en  ces 
choses,  que,  par  leur  taillerie  et  roberie,  le  pays  devint 
sy  povre  que  pou  s'en  failli  qu'il  n'en  tournast  à  des- 
truction ;  dont,  par  le  mauvais  gouvernement  qui  alors 
regnoit  en  Engleterre,  toute  la  communaulté  d'Engle- 
terre commencyerent  à  hayr  la  royne  Ysabel,  laquelle 
ilz  amoient  merveilleusement  à  son  retour  de  France, 
pour  ce  que  sy  rad dément  poursievy  les  Despensiers. 

En  ceilui  temps,  le  faulz  traître  sire  Robert  de  Hol- 
lande', qui  trahy  son  seigneur  sire  Thomas  de  Lan- 

1.  Robert,  lord  Holand,  écuyer  du  comte  de  Lsncastre ,  trahit  son 
maître  et  fut  cause  que  ce  prince  perdit  la  bataille  de  Boroughbridge,  où 


[1328]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  lui.  63 

clastre,  fut  délivré  de  la  prison  où  il  estoit ,  et  fut  de- 
puis moult  privé  de  la  ditte  royne  et  de  messire  Rogier 
de  Mortemer  ;  mais  ce  ne  lui  dura  gueres,  car  il  fut 
prins  à  la  saint  Michel  prochain  ensievant,  ainsv 
comme  il  venoit  à  Londres  devers  la  royne,  et  fut  dé- 
collé, par  messire  Thomas  Withers*,  empres  la  ville  de 

il  fut  fait  prisonnier  et  décapité.  (Th.  Carte,  II,  400.)  <  En  ce  temps,  dit 
Wavrin  (cliap.  269),  le  conte  de  Lanclastre  avoit  avecques  lui  ung 
chevalier  qu'il  avoit  nourry  en  son  hostel,  et  à  lui  fait  mouit  de  Liens; 
car  il  l'avoit  osîé  de  sa  boutillerie,  où  il  csloit  varlet  servant  ;  si  l'avoit  fait 
chevalier,  et  lui  avoit  donné  deux  mille  marcs  de  revenue  par  an,  si  l'a- 
voit eslevé  sy  hault  que  au  dessus  de  tous  aultres  il  avoit  domination 
en  la  court  du  dit  conte  :  ce  chevalier,  dont  je  vous  parle ,  avoit  nom 
Robert  de  Hollande,  lequel  se  gouverna  desloyalment  envers  son  bon  sei- 
gneur, qui  avoyt  en  lui  plus  parfaitte  fiance  qu'eu  nul  aultre  homme  vi- 
vant ou  siècle.  Si  advint  ung  jour  que  le  dit  conte  l'avoit  envoyé  querre 
V  hommes  armés  pour  les  lui  amener,  mais  le  trailtre  desloyal  se  tray 
aultre  part ,  et  ne  mena  pas  ces  gens  vers  son  seigneur  :  puis,  quant  le  dit 
traittre  oy  certaines  nouvelles  que  le  conte  avoit  esté  desconfî  à  Direton 
comme  faulx  et  desloyal  se  mist  en  embusche  où  il  scavoit  que  les  ^ens  de 
son  dit  seigneur  desconfîs  dévoient  passer,  si  prinst  deux  coursiers  armés 
et  tua  tous  ceulx  qui  les  menoyent,  en  faisant  tous  les  maulz  qu'il  povoit 
à  tous  ceulx  qui  escheoyent  en  ses  mains  de  la  partie  du  dit  conte  Tho- 
mas, son  bon  seigneur,  qui  tant  de  biens  lui  avoit  fais,  puis  se  vint  rendre 
au  roy  Edouard.  Quant  le  bon  conte  sceut  la  traison  de  son  serviteur,  il 
fust  moult  esperdu  ,  et  dist ,  en  lui  mesmes  :  tx  Vrai  Dieu,  comment  peult 
ce  ce  estre  que  Robert  de  Hollande  ait  eu  la  pensée  de  me  voulloir  trahir, 
«  quant  je  l'amoie  tant  chierement  que  je  n'avoye  parfaite  fiance  en  nul 
«  honune  qu'en  lui  seul!  Or  voy  je  bien  que,  de  cy  en  avant,  on  ne  se 
c  ozera  fier  en  nul  homme,  quant  sy  legierement  j'ay  esté  decheus  de  cel- 
«  lui  en  qui  plus  me  fyoie.  Il  m'a  rendu  maulvais  guerredon  des  biens 
(c  que,  par  cy  devant ,  lui  ay  fais  ;  je  l'advancay  et  le  fis  monter  de  bas 
«  en  hault,  et,  par  sou  ingratitude,  il  me  fait  descendre  de  hault  en  ' 
(C  bas;  mais  je  croy  fermement  que  Dieu,  qui  est  droiturier,  me  paiera 
«  de  sa  desserte,  j 

Thomas ,  comte  de  Lancastre ,  envoya  un  certain  chevalier,  Robert 
de  Holland,  dans  le  Lancasliire ,  pour  lui  amener  cinq  cents  hommes, 
mais,  au  heu  de  les  conduire  à  son  maître  il  les  donna  au  roi. 
(Dugdale,  I,  781.) 

1.  Thomas  W^iters,  servii.eur  de  Henri,  courte  de  Laocastre.  (Bornes, 
31.) 


C^»  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1328] 

Saint  0Î3an.  Cestiii  Thomas  avoit  demouré  long  temps 
avecq  messire  Henry*,  conte  de  Lancîastre,  lequel, 
pom^  double  de  la  royne,  ne  se  ozoit  pas  l)ien  amons- 
trer    dont  il  lui  ennuioit  grandement  ;  car  elle  le  heoit 
moult  fort  pour  ce  qu'il  avoit  occys  le  dit  messire  Ro- 
bert de  Hollande.  Sy  fist  tant  pardevers  le  roy,  son 
filz,  que  le  dit  Thomas  fut  banny  et  exihié,  dont  le  dit 
messire  de  Lanclaslre  fut  moult  desplaisant  et  courou- 
chié  et,  d'aultre  part,  de  ce  que  il  oyoit  la  clameur  du 
peuple  d'Engleterre,  pour  les  grans  duretés  et  oppres- 
sions que  on  leur  faisoit  ;  de  laquelle  chose  le  roy  de- 
voit  estre  excusé  pour  la  jeunesse  de  son  eage.  Le  dit 
messire  Henri  de   Lancîastre  mettoit  toute  sa  cure  à 
vouloir  estaindre  et  anéantir  celle  grant  esclande,  que, 
à  cause  de  ce  mauvais  gomernement,  on  imposoit  sur 
la  personne  du  roy  :  pourquoy  la  chose  estoit  perilieuze 
pour  lui,  et  sy  n'en  estoit  nullement  coulpable.  Dont, 
pour  avoir  advis  de  remettre  le  pais  en  bon  estât  et 
de  faire   chose  qui  feust  à  l'honneur  du  roy,  le  dit 
messire  Henri  trouva  manière  de  parler  à  ceulz  de  la 
retenance  du  roy,  ausqueîz  il  conseilla,  pour  conduire 
la  besongne  à  l'honneur  du  roy,  et  au  pourfit  de  son 
rovaulme.  Là  estoit  sire  Thomas  de  Brother tonne  ',  le 
conte  maressal,  et  messire  Emond  de  Wodestolz,  conte 
de  Kent,  qui  furent  oncles  du  roy,  et  avec  eulx  se 
joindirent  ceulz  de  Londres,  qui  firent  serment  d'eulz 
aidier  en  ceste  querelle.  Et  fut  telle  la  chose  :  c'est 
ascavoir  €|ue  le  roy  tenroit  sa  court  en  son  hostel , 

■1.  Henri,  comte  de  Lancastrc,  frère  de  Thomas,  mort  en  134o.  (Dug- 
dale,  i;  782  et  783.) 

2.  Thomas  de  Brothcrton,  comte  de  Norfolk,  maréchal  d'Auglelcrre, 
mort  en  1338,  (Bugd.,  II,  C3,Gi.) 


[1328]  PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  VI,  lui.  6a 

aiiîsy  comme  il  apparteooit  à  sa  royaullé  ;  et  que  la 
royne  Ysabel  osleroit  de  sa  main ,  et  mettroit  en  la 
main  du  roy,  toutes  les  honneurs,  fiefz,  terres,  ailles, 
rentes,  cbasteaulz  et  forteresses  qu'elle  tenoit,  qui  ap- 
partenoient  à  la  couronne  d'Engleterrc,  et  que,  do- 
resenavant,  elle  jouiroit  de  ia  tierche  partie  des  rentes 
du  royaulme,  comme  avoient  acouslumé  de  faire  les 
auîtres  roynes  douagieres  paravant  elle.  Et,  d'aultre 
part,  ordonnèrent  que  sire  Rogier  de  Mortemer  se 
departiroit  du  service  de  la  royne  :  sy  s'en  yroit  de- 
mourer  sur  ses  terres  qu'il  avoit  de  son  héritage ,  affin 
que  le  peuple  d'Engleterre  ne  feust  plus  ainsy  destruit 
par  leurs  ordonnances. 

Item.  De  scavoir  comment  et  par  qui  les  Escotz 
estoient  eschappez  du  parcq,  que  le  roy  Edouard 
avoit  assegié  sy  puissamment,  et  par  quel  conseil  le 
dit  roy  avoit  esté  à  Stamphon  ^ . 

Item.  Pareillement  volrent  ilz  scavoir  comment  et 
par  quel  conseil  les  ordonnances  faittes  au  couronne- 
ment Edouard  furent  refusées  :  c'est  à  scavoir  que  le 
roy,  pour  l'honneur  de  luy  et  la  reformation  de  son 
royaulme,  devoit  esti'e  gouverné  par  xn  des  plus  grans 
d'Engleterre ,  sans  lesquelz  appeller  nulles  choses  ne 
dévoient  estre  faittes,  ne  sans  avoir  leur  gré  et  con- 
sentement; mais,  par  faulz  et  mauvais  malice,  fut 
trouvée  manière  de  ces  xn  gouverneurs  eslongier  du 

i.  Au  commencement  d'août  1327,  les  armées  d'Edouard  II  et  du  roi 
d'Ecosse  étaient  en  présence.  La  dernière,  retrancliée  jjrès  de  Stanhope- 
Park,  allait  être  attaquée,  d'après  les  avis  du  conseil  d'Edouard ,  lorsque 
Mortimer  s'y  opposa ,  et  sauva  ainsi  l'armée  ennemie.  Les  Écossais ,  à  la 
faveur  de  la  nuit,  abandonnèrent  leur  retranchement  sans  que  les  Anglais 
s'en  aperçussent,  s  He  liad  received  twenty  thousand  pounds  <>f  the  Scots, 
to  give  tliem  Icave  to  cscape.  »  (Hnlinslied,  I,  lAG.)  ■* 

1  ti 


66  CRONICQIJES  D'ENGLETERRE.  [1328] 

roy,  donl  pliiiseiirs  villains  reproces  et  gratis  esclandes 
advinrent  au  roy  et  à  son  royaulme  :  c'est  ascavoir 
car  sire  Edouard,  père  du  jenue  roy  Edouard,  lequel 
quand  il  fut  déposé  de  sa  royaullé,  par  acord  de  Parle- 
ment, fut  délivré  au  conte  de  Lanclastre  ,  son  cousin, 
à  garder,  jiour  la  saulveîé  de  son  corps,  la  royne 
Ysabel  et  Morlenier  le  firent  mener  hors  du  cliaslcl  de 
Kenihvord,  contre  l'ordonnance  du  devant  dit  Parle- 
ment, et  le  firerit  mener  en  lieu  où  oncques  puis  pa- 
rent ne  amy  cpi'il  eust  ne  le  peult  veyr  ne  approcliier 
sans  leur  consenlement,  et  après  le  firent  piteusement 
nuirdrir,  donl  grant  esclande  sourdy  par  toute  la 
crestienneté. 

Item.  De  scavoir  que  les  trésors  dudit  roy  de  Carna- 
renan  qu'il  avoit  laissiés  esloient  devenus,  tant  en 
Englelerre  comme  en  pluiseurs  lieux  en  (îalies,  les- 
quelz  avoient  esté  gastez  et  emportez  sans  le  sceu  et 
consentement  du  jenne  roy,  son  filz,  (jui  esioit  à  son 
grant  préjudice  et  à  la  destruction  de  son  peuple  et 
pais. 

Item.  De  scavoir  par  qnel  conseil  le  roy  avoit 
rendu  le  royaulme  d'Escocbe  aux  Escochois,  en  eulx 
quittant  tous  hommages,  pour  lecjucl  royaulme  les 
ancestres  du  roy  avoient  eu  tant  de  travaulz,  et  perdu 
tant  de  gens  à  le  concquerre  et  deffendre;  et  puis 
l'avoit  quittié  liège  à  David,  filz  de  Robert  le  Brus, 
qui  à  la  ditte  terre  n'avoit  nul  droit,  comme  chascun 
povoit  scavoir  de  vray  et  certain . 

Item.  Scavoir  comment  et  par  (|ui  les  ancinemies 
Chartres  et  ramenbrances  des  predicesseurs  du  roy 
Edouard  qu'ilz  tenoient  louchant  le  royauhiie  d'Es- 
tx>cl)e,  furent  prinses  et  transportées  hors  de  la  tresorie 


I 


[1328]  PREMIÈRE  PARTIE,  LHRE  VJ,  lui.  07 

d'Engleterre  pour  les  délivrer  aux  Escotz,  au  desîie- 
ritement  du  roy  et  ses  hoirs,  au  dommage  de  tous  ses 
subjetz,  et  au  grant  reproce  des  Anglois  à  tousjours- 
mais. 

Item.  De  scavoir  par  (juel  conseil  dame  Jelienne  de 
la  Tour,  seur  du  roy  Edouard,  fut  mariée  à  David,  filz 
Robert  le  Brus,  qui  tout  son  temps  fut  traytre  et  en- 
nemy  à  la  couronne  d'Engleterre. 

En  dementiers  que  le  conte  de  Lanclasîre  et  ses 
allés  estoient  ensamble  pour'eu.lx  conseillier  sur  ces 
poins  dessusdis,  et  en  scavoir  la  verilé,  adfin  qu'ils 
feussent  mieulx  redrecliiés  à  l'honneur  et  pourfit  du 
roy  et  de  ses  barons,  et  d'un  chascun  du  royaulme,  la 
royne  Ysabel,  qui  en  fut  advertie,  doublant  les  choses 
advenir,  par  le  conseil  et  advertence  de  sire  Rogier 
Mortemer  fut  ordonné  ung  Parlement  à  Salisber  \ 
ou  pluiseurs  barons  vindrent  :  auquel  Parlement  le 
dit  sire  Rogier  de  Mortemer  fut  fait  conte  de  la  Mar- 
che, sans  le  consentement  des  xn  pers,  au  très  grant 
préjudice  du  roy  et  de  sa  couronne.  Sire  Jehan  de 
Elthem^,  frère  du  roy,  fut  chaint  de  1  espee  de  Cor- 
nuaille  ,  et  la  royne  Ysabel,  pour  ce  que  le  dit  Jehan  , 
son  filz,  estoit  de  jeune  eage ,  procura  et  fist  tant 
qu'elle  fut  gardienne  et  administresse  du  dit  sire  Jehan 
et  de  ses  terres.  A  che  Parlement  ne  voirent  venir  le 
conte  de  Lanclastre  ne  les  allez ,  ains  assamblerent 
grant  puissance  de  gens  d'armes  alencontre  de  la 
royne  Ysal3el  et  Mortemer;  car  ilz  avoient  ceulz  de 
Londres    avecques   eulx    en    leur   ayde ,    à    tout    v" 


1.  Le  16  octobre  1328.  (Lingard,  II,  147.) 

2.  Mort  le  1-4  septeniljre  ou  à  la  fin  d'octobre  1335.  (Barncs,  107.) 


(5S  Cl\OMCQUES  D'ENGLETERRE.  [i3'i8] 

hommes  cFarmes,  dontia  royne  Ysabel  fut  advertie  de 
leur  assemblée  :  moult  yreusemeiit  jura  Dieu  et  saint 
Gorge  que  à  maie  îieure  furent  les  dis  articles  pou- 
peosés,  lesquelz  avoient  esté  devisez  au  dit  Parlement, 
comme  oy  avez  cy  dessus.  Lors,  par  le  conseil  de  la 
dilte  royne  et  Mortemer,  le  roy  assaml^la  grant  puis- 
sance. Sv  se  misrent  uiîg  jour  aux  champs,  et  che- 
vaulchierent  xnii*  lieues,  en  tirant  vers  Bellifort,  ouïe 
conte  de  Lanclastre  estoit,  avecq  lui  ses  alyés,  en  vou- 
îenté  de  le  destruire.  Et  adont  chevaulcha  la  royne , 
armée  comme  ung  chevalier,  empres  son  filz  ,  comme 
paoureuse  de  morir,  et  firent  les  dessusdis  royne  et 
Mortemer  entendant  au  roy  que  le  dit  conte  de  Lan- 
clastre le  contcndoit  à  destruire  du  tout,  lui  et  son 
conseil.  Par  quoy  le  dit  roy  se  couroucha  fourment 
au  conte  de  Kent,  son  oncle;  lequel,  quant  il  sceut  la 
maie  voulenté  du  roy,  lui  et  aultres  firent  tant,  par 
messages  qui  alerent  de  l'un  à  l'auitre,  que  le  roy 
creanta  sa  paix  au  conte  de  Lanclastre  et  ses  alyés, 
parmi  ce  qu'iiz  paieroient  au  roy  dix  mille  livres.  De 
la(|ueile  querelle  estoient  sire  Henri  de  Beaumont', 
sue  Foucques  le  filz  Warin^,  sire  Thomas  Rethelin, 
sire  Thomas  de  Trussel*,  sire  Guillame  de  Withers', 

1.  Le  manuscrit  6746  porte  xxiiii. 

2.  Henri  de  Beaumont,  comte  de  Boghan,  mort  en  1340  ou  41. 
(Dngd.,  II.  50,  52.) 

3.  Fulke  fîtz  Warine.  On  lui  saisit  son  château  de  Whitinglon,  mais 
le  roi  le  lui  rendit  plus  tard.  Mort  en  1349  ou  50.  (Dugd.,  I,  445). 

4.  William  Trussel.  Voy.  p.  46,  note  4. 

5.  Thomes  Witers  (voy.  p.  63,  note  1).  Le  roi  Edouard  désigne,  dans 
ses  lettres  du  12  décembre  1330,  Henri,  comte  de  Lancaster,  Thomas 
Wake,  seigneur  de  Ledel,  Henri  de  Beaumont,  comte  de  Boghan,  Tho- 
mas Roscelyn  et  autre:; ,  comme  ayant  pris  les  armes  contre  lui ,  et  leur 
accorde  pardon.  (RAnier,  II,  part.  III,  53,  55.) 


[i3i>9]        PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  liii-liv,  09 

et  bien  cent  chevaliers  de  leur  confédération  ,  lesquelz 
furent  tous  exilliés  et  bannys  hors  du  rovaulme,  par 
le  conseil  de  la  royne  Ysabel  et  Mortemer,  lequel 
convoita  moult  d'avoir  en  sa  part  les  terres  des  dis 
exilliés,  s'il  povoit  par  quelque  manière,  pour  la  grant 
ardeur  de  la  convoytise  qui  en  lui  estoit.  Ainsy,  comme 
vous  oez,  menoyent  le  jeune  roy  Edouard  la  royne 
Ysabel,  sa  mère,  et  le  dit  Mortemer  tout  à  leur  \ou- 
lenté  ,  dont  c'estoit  grant  pittié  et  dommage  au  roy 
et  à  son  royaulme. 

313,  Comment  messire  Rogier  de  Mortemer,  pour  la  «lore 
où  il  se  trouva,  se  contint  orguilleuzement.  LIV. 

Maintenant  vous  dirons  comment  sire  Rogier  de 
Mortemer  s'esleva  en  hault  estât,  et  fist  tant  devers 
le  roy,  qu'il  lui  octroya  d'estre  appelle  conte  de  la 
Marche  partout  le  royaulme  d'Engleterre;  pourquoy 
il  devint  tant  orguelleux  et  tant  fier,  que  du  tout  il 
voult  perdre  et  adnichilier  le  sournom  de  ses  an- 
cestres,  et  se  fist  nommer  de  tous  conte  de  la  Mar- 
che. Sy  n'estoit  nul  de  la  commune  d'Engleterre  qui 
l'eust  aultrement  osé  nommer  ;  car  il  fist  tant  devers 
le  roy  que,  par  ban,  il  fut  prononcyé  conte  de  la 
Marche,  dont  il  monta  en  sy  grant  orguel  qu'il  ne 
tenoit  conte  de  personne.  En  plusieius  manières  se 
desgui^a  le  dit  nouvel  conte  de  la  Marche ,  tant  en 
riches  vestemens  comme  en  foison  serviteurs  ,  tant 
richement  parez  etliabilliés,  que  aux  gens  au  roy, 
ne  à  nulz  autres  du  pais  n'estoient  à  comparer,  dont 
les  Anglois  s'esmerveillierent  grandement  comment 
ainsy  se  osoit  oïdtre   cuidier  :  se  disoient  entreulz , 


70  CRONICQUES  D'EÎ^GLETERRE.  [1329] 

communément ,  que  impossible  estoit  que  son  orguel 
euist  longue  durée. 

En  cellui  temps  mesmes ,  sire  Geffroy  de  Morte- 
mer',  son  maisné  filz,  le  fist  nommer  le  Roy  de  la 
folie  :  puis,  environ  ce  temps  que  le  dit  sire  Rogier, 
conte  de  la  Marche,  lui  raempli  d' orguel  et  outre- 
cuidance estant  en  pays  de  Galles,  par  ung  jour 
de  Penthecouste ,  tint  une  table  reonde  à  tous  ceulz 
qui  y  volrent  venir ,  voulant  ressambler  et  contrefaire 
la  manière  de  la  table  reonde  du  bon  roy  Artus ,  qui 
fut  de  son  temps  le  plus  preu  chevalier  du  monde  , 
ne  oncques  puis  en  nul  pays  ne  fut  pareil  à  lui  ;  car 
en  son  vivant,  tous  les  renommés  [chevaliers  en 
armes]  de  la  crestienneté  furent  et  demourerent  avec 
kii ,  en  sa  court ,  sy  le  tindrent  pour  leur  seigneur, 
comme  plus  ad  plain  je  declaray^,  quant  il  combati  et 
conquist  Frî>les,  le  Rommain ,  et  tout  le  royaulme 
de  France ,  et  sy  occyst  Dinabus  le  géant ,  qui  ravist 
Helaine,  niepce  à  Hoel,  roy  de  la  petite  Bretaigne, 
puis  desconfist  et  occist  l'empereur  Lucille  '  en  la  ba- 
taille €|u'il  avoit  assemblée  contre  lui;  en  lac[uelle 
avoit  sv  grant  nombre  de  gens,  tans  crestiens  connue 
payens,  qu'il  n'en  scavoit  le  compte;  lesquels  il  des- 
confy  trestous ,  comme  il  est  plus  amplement  raconté 
cy  dessus,  en  ceste  vraie  cronicque. 

En  ce  temps  mesmes,  commune  renommée  s'esleva 
parmi  Engleterre,  par  Tadvertissement  des  frères  pres- 
ceurs,  que  sire  Edouard  de  Carnarenan,  père  du  jeune 

1.  Geoffroy  de  Mortiîiifr,   comte  de  Jubien ,  seigneur   de   Comyth 
(Dugdale,  I,  147.) 

2.  Chapitre  8S. 

S.  Le  muniiscrit  8388  porte  Luciiu. 


[1330]       PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  li\  lv.  71 

roy  Edouard,  estoit  en  vie  et  prisonnier  ou  cbastel  de 
Corf;  parquov  toute  la  coninuuiaulté  du  royaulme 
d'Engleterre  fut  en  moult  grant  douille  et  murmure , 
et  en  grant  désir  de  scavoir  se  ce  estoit  vérité  ou  non  ; 
car  pas  ne  scavoient  de  certain  conmient  sire  Rogier 
de  31ortemer,  par  son  faulz  pourclias,  l'avoit  fait  mur- 
drer  traitreusement,  aiosy  comme  dit  a  esté  cy  devant  ; 
ains  ciiidoient  la  piuspart  des  paisans  qu'il  fust  an- 
coires  vif  en  prison  ,  car  sa  mort  avoit  esté  sy  secrète 
et  si  celée  que  nulz  n'en  scavoit  la  vérité ,  combien 
que  aulcuns  ,  tout  secrètement ,  en  murmuraissent, 
mais  plainement  n'en  ozoit  on  parler. 

314.  Comment    sire  Emond    de    Wodestok  fut   décollé   à 
Wincestre.  LV. 

En  ce  mesme  temps,  advind  que  messire  Emond  de 
Wodestok ,  conte  de  Kent,  oncle  du  roy  Edouard, 
passa  la  mer  :  sy  s'en  ala  devers  le  pape  Jehan  XXII  ' 
de  ce  non ,  qui  le  receupt  en  grant  honneur.  Ledit 
conte ,  entre  aultres  choses ,  conta  au  saint  père  com- 
ment Nostre  Seigneur  avoit  fait  et  souvent  faisoit  plui- 
seurs  beaux  et  evidens  miracles  pour  l'amour  de  sire 
Thomas  de  Lanclastre,  et  que  pluiseurs  gens  impotens 
de  leurs  menbres,  en  diverses  manières,  estoient  venus 
à  sa  sépulture,  lesquelz  s'en  estoient  partis  guéris, 
sanez  et  haitiés.  Sy  requist ,  moult  humblement,  au 
père  saint  que  de  sa  grâce  voulsist  consentir  que  le 
corps  dudit  sire  Thomas  feust  eslevé  et  mis  en  fiertre. 
A  quoy  le  pape  conlredist,  et  dénia  la  translation  du- 
dit saint  Thomas  jusques  ad  ce  que,   par  le  clergié 

i .  Momésur  le  trôiic  papal  en  131();  mort  en  tiiSi.  (H.  Nicolas,  210.) 


72  CROMCQUES  D'ENGLETERRE.  [1330] 

d'Engleterre,  lui  fut  mieulx  certifié  et  apparu  la  vérité 
de  ceste  chose.  Quant  le  conte  Emond  vey  que  il  ne 
povoit  nullement  fuier  au  pape ,  pour  ceste  fois ,  de  la 
tianslation  du  corps  dudit  messire  Thomas,  il  lui  re- 
quist  son  conseil  sur  la  délivrance  de  sire  Edouard  de 
Carnarenan  ,  son  frère ,  lequel ,   ung  peu  paravant , 
avoit  esté  déposé  de  sa  royaulté  ;  car  on  disoit  com- 
munément 5  parmi  Engleterre ,  que  il  estoit  ancoires 
en  vie  ;  et  le  pape  lui  respondy  :  u  Beau  filz ,  il  nous  a 
esté  dit  que  sire  Edouard  estoit  mort  ;  mais  puisque 
ainsy  est  qu'il  est  ancoires  vivant,  je  vous  commande, 
sur  ma  bénédiction  ,  que  de  toute  vostre  puissance 
vous  entremêlez  à  la  délivrance  de  son  corps.  »  Et  lors, 
en  toutes  poursieultes  touchans   laditte    querelle,   il 
Tabsoubz  de  paine  et  de  coulpe ,  adcompaignant  en 
ceste   grâce  tous  ceulx  qui   à  conduire  l'aideroient. 
Apres  ces  choses  ainsy  faittes ,  le  conte  de  Kent  prinst 
congié  du  pape ,  sy  s'en  retourna  en  Engleterre  ;  puis, 
lui  illecq  arrivé,  tous  ceulx  de  FOrdre  des  frères pres- 
cheurs  vindrent  vers  lui,  lesquelz  lui  certiffierent  que 
sire  Edouard  ,   son  frère  ,   estoit  ancoires  vivant  ou 
chastel  de  Corf,  soubz  la  garde  sire  Thomas  de  Gour- 
nav-  Le  conte,  moult  joyeulz  de  ces  nouvelles,  s'en  ala 
hastivement  à  privée  maisnie.   Sy  ne  s'aresta  jusques 
qu'il  vint  ou  chastel  de  Corf  :  sy  s'acointa  de  Jehan 
Deverilles  \  alors  connestable  dudit  chastel ,  auquel  il 
donna  de  moult  riches  dons,  affin  d'estre  privez  de 
lui  ;  sy  requist,  ung  jour,  le  bon  conte  ,  audit  messire 
Jehan,  qu'il  lui  volsist  dire  de  son  seigneur  et  frère, 
monseigneur  Edouard  de  Carnarenan  ,   s'il  estoit  vi- 

î.  John  Davorii!  fut  decapilé  en  1330.  (Barnes,  40,  52.) 


[1330]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,   lv.  73 

vant  OU  non  ;  et,  se  vif  estoit,  il  lui  prioit  qu'il  le  peust 
veoir.  Cestui  Jehan  estoit  moult  fier  de  ceur,  et  de 
baultain  courage  :  sy  respondy,  et  dist  au  conte  que 
sire  Edouard,  son  frère,  estoit  ancoires  en  bonne  santé 
et  soubz  sa  garde  ;  mais  n'ozeroit  à  lui  en  faire  veue  , 
car  il  lui  estoit  deffendu,  de  par  le  jenne  roy,  la  royne 
Ysaliel,  sa  mère,  et  sire  Rogier  de  Mortemer,  que  il  ne 
laissast  veoir  ne  parler  a  nul  homme  du  monde ,  sur 
paine  de  perdre  la  vye  et  estre  déshérité  à  tousjours , 
lui  et  ses  hoirs  perpétuellement.  Mais  le  desloyal  traytre 
menloit  faulsement ,  car  il  ne  l'avoit  pas  en  sa  garde  ; 
ains  en  a>  oit  esté  mis  dehors ,  et  menés  ou  chastel  de 
Bercler  par  ledit  sire  Thomas  de  Gournay,  par  le  com- 
mandement de  sire  Rogier   de  Mortemer;  où  il  fut 
piteusement  murdry,  comme  plus  amplement  a  esté  dit 
cy  dessus  :  mais  ledit   sire  Emond ,   son  frère ,  n'en 
scavoit  ancoires  rien  ;  pourquoy  il  escripvi  une  lettre 
seelee  de  son  seel,  laquelle  il  bailla  audit  Jehan  De- 
verilles  ,  en  lui  priant ,  moult  amyablement ,  qu'il  la 
Yolsisist  baillier  à  son   frère ,  sire  Edouard  ;  lequel , 
comme  mauvais  traytre,  la  receupt  en  lui  prometant 
que,  sans  arrester,  feroit  son  message  ,  et  atant  prinst 
cono:ié   de  lui   ledit  sire  Emond ,  sv  s'en  ala  en  ses 
terres  de  Kent. 

Quant  ledit  conte  Emond  fut  parti  de  Corf,  ledit 
Jehan  s'en  ala ,  au  plus  grant  liaste  qu'il  polt ,  devers 
sire  Rogier  de  Mortemer,  auquel  il  bailla  la  lettre  du- 
dit  conte  ,  close  et  scellée  soubz  son  seel.  Quant  ledit 
sire  Rogier  eult  lecheue  la  lettre,  il  l'ouvri,  puis  lysy 
la  teneur,  dysant  en  telle  manière  :  «  Honneur,  ser- 
vice ,  obéissance,  avecq  fraternelle  amour.  Très  hon- 
nourable  et  redoublé  seigneur  et  frère  ,  je  vous   re- 


74  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [3  3'JO] 

quiers  humblement  que  prendés  en  vous  bon  con- 
fort, car,  au  plaisir  de  Nostre  Seigneur,  je  ferai  tant, 
que  briefment  vous  serez  délivré  de  la  prison  où  vous 
estes.  Sy  sacliiés,  très  cliier  sire  ,  que  j'ay  de  ma  con- 
fedaration  presques  tous  les  plus  grans  d'Engleterre, 
bien  conroyés  d'armes  et  de  chevaulx,  avecq  grans 
trésors  sans  nombre ,  en  voulentez  de  pourc^hassier 
vostre  juste  querelle  ,  et  vous  remettre  en  estât  royal , 
comme  estre  soliés.  Et  ce  que  je  vous  escrips  ,  moult 
m'ont  ilz  tous  juré,  sur  saintes  evangilles,  tant  prelatz, 
comme  contes  et  barons.  »  Quant  sire  Rogier  de  Mor- 
temer  euU  ieu  et  entendu  la  teneur  de  laditte  lettre,  le 
ceur  lui  enflamba  d'ire  et  de  mal  talent  contre  ledit 
conte  de  Kent  ;  s'y  s'en  ala ,  hastivement ,  devers  la 
royne  Ysabel ,  et  lui  monstra  la  lettre  du  conte  ,  fai- 
sant mention  qu'il  avoit  vouienté  de  oster  sire  Edouard 
de  Windesore  de  sa  royaulté ,  et  remettre  son  frère , 
sire  Edouard  de  Carnarenan,  en  possession  du  royaul- 
me,  comme  paravant  avoit  esté.  Alors  dist  la  royne  : 
«  Voire  dya ,  sire  Rogier,  bonne  vouienté  doit  estre 
réputée  pour  fait  ;  mais,  se  Dieu  nous  laisse  vivre,  nous 
y  pourverons  tellement  que,  en  brief  temps  ,  serons 
bien  vengiés  de  lui.  »  Puis,  sans  arrester,  la  royne  Ysa- 
bel s'en  ala  devers  le  roy,  son  fiîz,  où  il  estoit,  au  par- 
lement de  Wincestre  ,  lequel  se  faisoit  pour  amender 
les  diverses  oppressions  qui  estoient  entre  son  peuple. 
La  royne,  quant  elle  vint  devers  son  filz,  lui  monstra 
la  lettre  signée  de  son  oncle  ,  le  conte  Emond  ,  en  lui 
priant,  sur  sa  beneicbon ,  qu'il  se  voulsist  vengier 
comme  de  son  mortel  ennemi.  Et  incessamment  lui 
requist  (  jue,  sans  delay,  en  presist  pugnition  :  disant 
ancoires  que,  avecq  ces  maléfices,  ledit  conte  estoit  en 


[1330]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  lv.  75 

voulenté  de  l'empoisonner.  Et  lors  le  roy,  qui  estoit 
jenoe,  crey  la  royne  sa  mère  :  sy  manda  par  ses  lettres 
au  conte  Emond  ,  son  oncle  ,  qu'il  venist  parler  à  lui  à 
Wincestre,  etc. 

Quant  le  conte  tint  la  lettre  que  le  roy,  son 
nepveu,  lui  envoyoit,  il  lisy  la  teneur,  puis,  sans  ar- 
rester,  monta  à  cheval  et  vint  le  plus  tost  qu'il  polt  à 
Wincestre;  mais  quant  la  royne  sceut  la  venue  du 
bon  conte ,  elle  fist  tant  devers  le  roy  qu'il  fut  prins 
et  menez  devant  Robert  Hamill  \  où  estoit  présent 
sire  Rogier  de  Mortemer.  Alors  parla  ledit  Robert  et 
dist  :  «  Sire  Emond,  conte  de  Kent,  sacliiés  qu'il 
est  venu  à  la  congnoissance  du  roy  Edouard ,  nostre 
sire,  que  vous  estes  son  ennemi  mortel  et  traître  à  son 
royaulme;  car  il  est  vérité  que,  par  plusieurs  fois,  avez 
prins  paiiiC  et  travail  de  mettre  à  délivrance  Edouard 
de  Carnarenan,  vostre  frère,  nagueres  roy  d'Engle- 
terre ,  lequel  a  este  déposé  j^ar  le  consentement  de 
tous  les  liaultz  barons  du  pais  :  laquelle  chose  est 
pour  amenrir  et  usurper  Testât  du  roy,  nostre  sire  , 
et  de  son  royaulme.  »  Adont  le  conte  respondy  : 
«  Seigneur,  vous  poez  dire  vostre  voullenté,  mais 
oncques  ceste  chose  ne  pensay  ne  ne  fuez  conscen- 
tant  de  vouîloir  nullement  abaissier  Testât  du  roy, 
ne  de  sa  couronne,  et  de  ce  suis  je  prest  à  prouver 
le  contraire.  »  Mais  lors  sire  Rogier  de  Mortemer 
ataindy  la  lettre  devant  ditte,  sy  la  monstra  au  conte 
et  lui  dist  :  «  Sire  Emond ,  ne  congnoissiés  vous  point 
ceste  lettre  ?  »  et  ledit  conte ,  qui  mye  ne  pensoit  à  la 
lettre   qu'il   avoit   baillié   à  Jehan  Deverillcs,  veant 

i.  Robert  Howel,  officier  do  justice  de  la  luaison  du  roi.  (Rames, 
p.  AO.) 


76  CROKICQUES  D'ENGLETERRE.  [1330] 

que  ceste  estoit  scellée  de  son  seel ,  cuidaiit  que  ce 
fust  aulcune  lettre  qui  en  nulle  manière  ne  le  cliar- 
gast,  sy  dist  au  dit  sire  Rogier  qu'il  ne  voulloit  pas 
desdire  que  la  lettre  qu'il  tenoit  ne  feust  seellee  de 
son  seigne.  «  Sire  Emond ,  dist  adont  sire  Rogier, 
ainsi  présentement  orez  la  teneur  ;  )>  et  lors  desploia 
la  lettre ,  sy  la  lisy  tout  liault ,  mot  après  aultre,  en  la 
présence  de  tous  les  assistans. 

Ceste  lettre  ainsy  leute,  sire  Robert  de  Hamille 
dist  ainsi  :  «  Sire  Emond,  puis  que  vous  avez  cogneu 
que  ceste  lettre  est  scellée  de  vostre  seel ,  laquelle 
contient  comment  vous  avez  empensé  de  mettre  paine 
et  diligence  de  vostre  frère  délivrer,  nagairesroy  d'En- 
gleterre,  adfin  qu'il  rcgnast  et  gouvernast  son  peuple 
comme  par  cy  devant  souloit  faire,  dont,  se  ainsy  es- 
toit  que  ceste  chose  feust  advenue ,  ce  seroit  rabaisse- 
ment pour  nostre  seigneur  le  roy,  qui  est  à  présent, 
que  Dieu  veuille  garder  de  mal,  doncques,  pour  ceste 
offense  et  pour  vos  démérites,  la  Court  veult ,  et  rai- 
son s'y  assent,  que  vous  recepvcs  mort,  et  vos  hoirs 
soient  déshéritez  à  tousjours,  saulve  la  grâce  de  nostre 
sire  le  roy.  » 

Alors  le  bon  conte,  oyant  ceste  doloreuse  sentence, 
commença  tendrement  à  larmoyer;  et,  en  cest  estât, 
fut  remis  en  prison  soubz  bonne  garde,  pom'  en  estre 
asseuré  jusqucs  à  lendemain,  pour  ce  que  le  roy  estoit 
assis  à  son  disner  :  et ,  à  ceste  heure,  sire  Rogier  de 
Mortemer  vint  vers  la  royne  Ysabel,  sy  luy  raconta 
comment  le  conte  Emond  estoit  condempné  à  morir 
par  droite  loy,  pour  ce  que  lui  mesme  avoit  confessé  en 
plaine  audience  devant  tous.  «  Sy  me  sambleroitbon, 
dist  il,  madame,  (|u'on  le  mist  h  mort  hastivement, 


[1330]       PRE^IIÈRE  PARTIE,   LIVRE  VI,  lv-iai.  77 

sans  le  sceu  iioslre  seigneur  le  roy  ;  car  s'il  en  estoit 
adverti,  je  fay  doii])le  qu'il  ne  le  respistast  et  lui 
donnas!  son  pardon;  laquelle  chose,  se  ainsy  adve- 
noit ,    nous  porroit  tourner  à  grant  dangier.  » 

Alors  la  royne  prestement,  sans  aulke  conseil  que 
le  dit  sire  Rogier,  manda  au  bailli  de  Winceslre  que 
tantost  et  sans  delay,  sur  peine  de  perdre  la  vie,  il  feist 
décoller  le  dit  sire  I^^mond.  Le  bailli,  ayant  le  comman- 
dement de  la  royne ,  fit  le  dit  conte  tirer  hors  de 
prison  et  le  décoller  par  ung  liomme  qu'ils  trouvè- 
rent d'aventure,  letjuel  fut  par  eulx  constraint  de  ce 
faire.  Et  ainsy,  piteusement,  fut  mis  à  mort  le  bon 
conte  Emond  de  Kent,  dont  ce  fut  grant  dommage. 
Ce  fut  fait  le  cincfuiesme  jour  d'octobre  \  le  tierch  an 
du  règne  du  jeune  roy  Edouard,  lequel,  quant  il  fut 
ad\erti  de  la  mort  de  son  oncle ,  en  démena  moult 
grant  dueil  :  sy  le  fist  enterrer  en  l'église  des  frères 
mineurs  de  Wincestre,  et  là  lui  fist  faire  son  ser- 
vice honnourablement ,  comme  bien  appartenoit  à 
ung  filz ,  frère  et  oncle  du  roy. 

315.  De  la  prlnse   sire  Rogier  de  Mortemer,  conte  de  la 
Marche,  et  de  sa  mort,  LVI. 

En  cellui  temps  dont  nous  parlons,  messire  Rogier 
de  Mortemer,  conte  de  la  Marche,  demenoit  du 
tout ,  selon  sa  voullenté ,  le  jeune  roy  Edouard  et  la 
royne  sa  mère ,  tellement  que  tout  ce  qu'il  comman- 
doit  estoit  ;  car  nul  n' estoit  sy  ozé  que  d'aller  au  con- 

\.  Wavrin  se  trompe.  Le  roi  ordonna,  par  ses  lettres  en  date  du 
13  avril  1330  (Rymer,  II  ,  part.  III,  43) ,  la  publication  de  la  mort  de 
son  oncle  qui  a\alt  été  exécuté  le  19  mars  précédent.  Yoy.  p.  49,  note  \. 


78  CRO^ICOUES  D'ENGLETERRE.  [1330] 

traire,  pour  la  crainte  que  ciiascuii  avoil  de  luv. 
Pourquoy  il  moula  en  sy  grant  orguel,  que  acivis 
lui  estoil  que  en  tout  le  royauîme  d'Engleterre  n'y 
avoit  homme  qui  à  lui  se  deust  comparer.  Moult  or- 
guelleux  et  convoiteux  devint,  et  toujours  se  tenoit  en 
la  court  de  la  royne ,  au  plus  près  d'elle.  Ses  gens 
estoient,  en  son  estatu  de  son  liostel ,  à  paraulz  gages 
que  ceulz  du  roy  et  de  la  royne.  Il  amassa  moult  grans 
trésors  sans  nombre ,  tant  se  tint  privé  de  la  royne , 
et  démena  sy  grant  estât  et  seigneurie,  que  tous  les 
plus  grans  du  royauîme  a\  oient  paour  de  faire  chose 
qui  lui  despîeust.  Sy  advint  ung  jour  que  le  roy  et  son 
Conseil  estoient  assamblez  en  ung  privé  lieu ,  où  au- 
cuns misrent  en  avant,  par  devant  le  roy,  les  grans 
desrisions  et  oultrages  que  faisoit  le  dit  de  Mortemer 
aurov  et  à  sa  couronne,  et  comment,  par  son  conseil, 
traitreuzement  le  roi  Edouard  de  Carnarenan  avoit  esté 
murdry  au  chastcl  de  Bercler  :  puis  lui  ramenturent 
la  mort  sire  Emond ,  son  oncle ,  et  pluiseurs  aulti-es 
maléfices  qui  estoient  fais  et  per])etrés  par  le  dit  iMor- 
temcr  ;  iescjuels,  après  ce  conseil  failli,  vindrent  au 
dit  Mortemer  en  secret,  lui  dirent  comment  le  roy  et 
son  Conseil  estoient  de  jour  en  jour  ensamble  pour 
trouver  la  manière  de  le  confondre  et  anéantir.  Alors 
le  dit  sire  Rogier,  comme  tout  foursené,  jura  grans 
sermens,  quoy  qu'il  deust  advenir,  que  il  se  venge- 
roit  d'eulz. 

Ne  demoura  gueres  de  temps,  après  ces  choses,  que 
le  roy  Edouard ,  dame  Phelippe ,  sa  femme ,  dame 
Ysabel,  mère  du  roy,  et  sire  Rogier  de  Mortemer, 
qui  ne  faisoit  semblant  de  ce  que  on  lui  avoit  dit, 
\'indrent  demourer  une  espace  de  temps  l\  Northin- 


[1330]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  Vî,   i.vi.  79 

gliem.  Sy  advint  que  la  reine  Ysabel,  par  le  conseil 
de  Morlemer,  prinst   à  soy  les  clefz  des  portes  du 
cliastel,  adfin  que  nulz  ne  peust  entrer  ne  yssir,  par 
nuit  ne  par  jour,  sans  son  commandement,  mesme- 
ment  le  roy,  ne  nul  de  son  Conseil.  En  ce  temps,  le 
dit  Mortemer  estoit  moult  couroucliiés  et  yrez  alen- 
contre  des  plus  privés  du  roy,  pour  ce  que  ils  l'avoyent 
encusé  à  lui  de  la  mort  sire  Edouard  de  Carnarenan, 
son   père.   Sv  prendrent   conseil  ensemble  la   royne 
Ysabel,  l'archevesque  de  Lincoln',  sire  de  Bereforî^, 
sire  Hugue  de  Tronpetonne^  et  aultres  de  leurs  j^lus 
privez ,  pour  trouver  manière  de  deffaire   ceulx  oui 
le  dit  Mortemer   avoient  encusé  ;   de  larfuelle  chose 
ceulx  du  conseil  du  roy  s'apperceurent  tasitost.   Sy 
viendrent  tous  ensemble,  priveement,  parler  au  roy, 
auquel  ilz  dirent  et  rapportèrent  comment  le  dit  sire 
Rogier  de  Mortemer  avoit  assamblé  conseil  en  privé  , 
pour  trouver  manière  d'eulz  destruire ,  pour  ce  que 
racusé  l'avoient  de  ses  maléfices  :  pour  laquelle  chose, 
moult  hiunblement ,  requisrent  au  roy  tous  ensemble 
que  ,  en  l'honneur  de  Dieu,  leur  voLsist  aidier  à  main- 
tenir leur  droit,  et  que  à  lencontre  d'eulz  ne  se  \olsist 
mal  informer,  pour  chose  qu'on  lui  deist  f!U  rappor- 
tast  :  ce  que  le   roy  liberallement  leur  accorda  ,  de- 
quoy  ilz   furent   moult  joyeulz.   Et   estoient  messire 
Willame  de   Montagu  \    sire  Homfroy    de  Bohoun  ^, 
messire  Jehan  de  Neurville  de  Horneby  "  et  pluiseurs 

i  .  Henri  Burwash,  archevêque  de  Lincoln. 

2.  Décapité  le  24  déceinLro  1330.  (Barnes,  51.) 

3.  Hugli  Tiirplington,  intendant  de  la  maison  du  roi.  (Barnes,  48.) 

4.  William  de  Montagu,  mort  en  1343.  (Dugdale    I,  G33  et  suiv.) 

5.  Huniphrtv  de  Bohun,  mort  le  15  octobre  1361.  (Dugd.,  I,  184.) 
G.  John  Ncville  de  Horriby,  ayant  demandé  la  remise  d'une  somme  de 


80  CROINICQUES  D'ENGLETERRE.  [1330] 

aiiltres  de  leur  confédération ,  iesquelz  tous  jurèrent , 
sur  saintes  Evangiiles,  de  maintenir  ceile  querelle 
alencontre  du  dit  xMortemer  en  tant  comme  ilz  po- 
roient. 

Or  advint  que  ledit  sire  Rogier  de  Mortemer  avoit 
fait  son  ordonnance  en  telle  manière  que  nulz  des 
privez  du  roy  n'estoient  soufferz  de  demourer  ne  lier- 
bregier  de  nuyt  dedens  le  chaste! ,  ains  estoieiit  logiés 
en  pluiseurs  et  divers  liens,  pariiii  la  ville  :  sy  avoyent 
moult  grant  paour  que  ledit  Mortemer  ne  les  feist 
destruire.  Pourquoy  messire  Willame  de  rjontagu  vint 
ung  jour  parler  au  roy,  sy  lui  dist  en  secret  :  «  Sire, 
sacliiés  que  moy  ne  les  aultres  de  nostre  querelle  ,  ne 
porrons  prendre  ne  avoir  messire  Rogier  de  !\Iortemer 
sans  le  consentement  Willame  de  Hollande  \  connes- 
table  du  chastel.  »  Et  adont  le  roy  respondy  :  «  Certes, 
à  ce  ne  fauldrés  pas  pour  tant;  car  je  vous  ottroye  que 
vous  aies  audit  connestable,  et  lui  commandés^  de  par 
mov,  qu'il  vous  doinst  confort  et  aide  de  tout  son 
povoir,  tant  que  ledit  Mortemer  soit  prins,  toutes 
aultres  clioses  laissiés ,  sur  paine  de  perdre  la  vye.  » 
«  Sire,  ce  dist  Montagu ,  pour  moy  et  tous  mes  com- 
paignons  vous  remercye.  »  Alors  ledit  de  Montagu 
vint  priveement  devers  ledit  connestable ,  auquel  il 

cinquante  livres  qu'il  avait  employée  pour  la  guerre  du  duc  de  Lancastre 
contre  Hugues  Despensier,  le  roi ,  par  ses  lettres  patentes  en  date  du 
14  février  13:27,  en  ordonna  la  restitution,  ainsi  qu'à  tous  ceux  qui  se 
trouvaient  dans  ce  cas.  iRymer,  II,  partie  II  ,  176).  Le  10  mai  1331  le 
roi  lui  accorde  une  pension  pour  avoir  arrêté  Mortimer ,  comte  de  la 
Marche.  (Id.,  //'.,  partie  III,  65). 

1.  William  Eland.  Le  roi  lui  ordonne,  le  24  août  1337,  de  faire  pré- 
lever dans  les  comtés  de  Nortliumberland  et  de  Derby,  des  subsides  qui 
doivent  être  emplovés  dans  la  guerre  qui  se  prépare  contre  la  France. 
(Rymer,  II,  partie  HT,  187.) 


[1330]  PREMIERE  PARTIE,  LIVRE  VI,  i.vi.  81 

raconta,  tout  au  long,  la  voiilenté  du  roy,  et  qu'il 
voulloit  eslre  fait.  Le  conuestable,  avant  le  mande- 
ment du  roy,  respondy  audit  Montagu  que  moult  Ijien 
s'y  employeroit  et  que,  pour  morir,  ne  lairoit  de  acora- 
plir  le  commandement  de  son  seigneur  :  de  laquelle 
chose  entretenir  il  fist  serment  audit  de  Montagu  et 
ceuîx  de  sa  querelle,  qui  là  estoient  presens.  Et  ledit 
Montagu  dist  au  connestable  :  «  Or  doncques,  cliier  et 
amy,  il  nous  convient  trouver  manière,  par  vostre  bon 
conseil,  de  prendre  ledit  Jlortemer.  Puisqu.e  vous  estes 
cliastelain,  et  avez  les  clefz  du  cliastel  en  garde,  il  lui 
est  impossible  de  escbapper.  »  —  «  Sire,  ce  dist  le  con- 
nestable ,  sachiés  ([ue  les  portes  du  chasiel  sont  fer- 
mées soubz  ferrures,  que  la  royne  Ysabel  y  a  fait  faire 
nouvelles  [clefz] ,  lesquelles ,  tous  les  soirs,  il  lui  con- 
vient rapporter,  et  elle  les  fait  mucliier  dessoubz  le 
clievetz  de  son  lit,  jusques  au  matin.  Pourquoy  vous 
ne  povés  ,  en  nulle  manière  quelconques,  avoir  entrée 
de  nuit  parmi  les  portes  ;  mais  je  scay  une  alee  qui 
s'estend  bors  du  jardin ,  par  dessoubz  terre,  qui  vient 
jusques  au  cbastel  vers  West ,  de  laquelle  voye  la 
royne,  Mortemer,  ne  nulz  de  leurs  gens  n'en  eu- 
rent oncques  cognoissance  :  et ,  pour  ce ,  je  vous 
menrav ,  par  ceste  voye ,  sy  secrètement ,  que  vous 
entrerez  au  cbastel  sans  le  sceu  des  ennemys.  »  De 
laquelle  advertence  les  barons  furent  mouîl  lies  et 
joieulx. 

En  celle  mesme  nuyt ,  Montagu  et  tous  ceulz  de  sa 
querelle,  avecq  eulz  ledit  connestable,  firent  samblant 
de  vouloir  escbaper  de  la  guet  dudit  sire  Rogier  de 
Mortemer,  faignant  de  fuir  et  avoir  grant  paour,  Sy 
fut  rapporté  audit  Mortemer  que  les  barons  avoient 
1  G 


82  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [2  330] 

en  poiirpos  de  passer  la  mer,  et  aler  en  France   à 
saulveté ,  pour  doul)te  qii'ilz  avcient  de  luy,  dont  il 
fut  moult  joyeulz  et  dist  que  ainsy  n'eschaperoient 
nive.  Sicque,  pour  ceste  alee  destourber,  il  assambla 
son  conseil ,  c'est  ascavoir  ceulx  de  sa  querelle ,  pour 
eulx  desîourber  le  passage.  Sy  fist,  par  leur  conseil, 
escripre    liastivement    lettres   à   tous    les    portz    du 
royaulme,  en  commandant  aux  officiers  et  gardes  des 
passages  que  de  telz  et  telz ,  qui  leur  escripvoit ,  ve- 
novent  là  ,  qu'ilz  feussent  arrestez  et  prins.  Mais  il  en 
advint  tout  aultrement;  car  ledit  connestable,  quant  il 
\  ey  l'eure  de  raienuit  approchier,  issy  priveement  du 
cbastel  par  le  cavain  du  jardin  ,  et  vint  à  ung  secret 
lieu  où  il  scavoit  que  les  seigneurs  l'atendoient;   sy 
les  mena  à  la  voue  et  alee ,  moult  bien  armez  et  em- 
bastonnés  ;  puis,  eulx  venus  dedens  le  cbastel ,  mon- 
tèrent amont  sur  la  tour.  Quant  les  seigneurs  furent 
dedens  la  tour,  ilz  furent  appercbeus  par  sire  Hugue 
de  Trompelbonne,  qui  leur  escria  moult  fièrement  et 
asprement  :  «  Haa  î  traîtres!   à  maie  beure  entrastes 
cbeens,  car  tous  en  morez  de  maie  mort.  »  Mais  lui 
mesmes  fut  illec  occys  par  le  seigneur  de  Montagu  * 
qui,  incontinent,  le  feri,  d'une  macbue  qui  tenoit,  sy 
grant  coup  sur  la  teste,  qu'il  lui  espandy  la  cervelle 
sur  le  pavement,  dont  il  moru  illec  prestement.  Et  lors 
sire  Rogier  de  Mortemer,  oyant  le  bruit  et  la  noise,  se 
couru  armer;  mais,  aincbois  (ju'il  peust  estre  armé  , 

•1.  Le  roi  accorda  des  lettres  de  pardon  à  William  de  Montagu  pour 
nvoir  tué  Hugli  Turplington  et  Ricliard  de  Monniuth  :  elles  sont  datées 
du  24  février  1331.  Par  celles  du  2-i  mars  suivant,  la  même  grâce  est 
accordée  à  Johc/ines  de  I\'ei-ill  ft  à  William  de  Clvnton.  (Rymer,  II, 
part.  III,  tiO.; 


[1330]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  Vî,  r.vi.  83 

Montagu  et  ses  aliés  entrèrent  en  sa  chambre,  sy  le 
prindrent '. 

Quant  la  royne  Ysabel,  qui  avoit  oy  l'effroy,  sceut 
la  prinse  de  Mortemer,  elle  en  eult  grant  douleur  au 
ceur;  sy  se  leva  hastivement,  et  vint  où  la  noise  estoit, 
et  dist  :  «  Seigneurs ,  je  vous  requiers  que  ne  fachiés 
se  bien  non  au  corps  de  ce  gentil  chevalier,  lequel  est 
nostre  chier  et  bien  amé  cousin.  »  Mais,  sans  arrester, 
ledit  Montagu  et  ses  aliés  menèrent  messire  Rogier  de 
Mortemer  devant  le  roy  Edouard ,  qui  moult  fut 
joyeulx  de  sa  prinse;  sy  le  fist  mettre  en  prison,  soubz 
la  i^arde  de  gens  en  qui  moult  se  fioit.  Mais  sachiés 
que  ceulx  qui  estoient  de  la  lingnié  et  retenue  dudit 
Mortemer  eurent  moult  grant  paour,  quant  ilz  sceu- 
rent  que  prins  estoit.  Pourquoy,  au  plus  secrètement 
Cju'ilz  peurent,  se  partirent  de  la  court  :  sy  s'en  ale- 
rent  à  leurs  terres,  à  ceur  doulent  et  couroucié ,  où 
ilz  vesquirent  le  mieulx  qu'ilz  peurent.  Ledit  Morte- 
mer, estant  prisonnier,  fist  grans  offres  pour  estre  déli- 
vrés ;  mais  ce  lui  vailli  pou ,  car  oncques  chose  qu'il 
offrist  ne  lui  polt  tant  pourfiter  qu'il  fust  hostés  hors 
des  fers  duquel  Testât  avoit  esté  sy  grant  que,  de 
son  hostel  et  de  sa  retenue ,  il  avoit  ix"  chevaliers , 
sans  les  escuiers  et  sergans. 

En  ce  temps,  ledit  Mortemer  et  sire  Emond  de 
Bethfort  furent  menez  à  Londres,  en  la  grosse  tour, 
et  bailliés  en  garde  au  connestable  d'icelle  ;  et  de- 
puis fut  amené  à  Westmoustier,  devant  le  roy,  où 
il  fut  sagement  examiné  en  la  présence  de  tous  les 
plus  grans  d'Engleterre  ;  et  lui  fut  demandé   pour- 

\.   Le  20  octobre  1330.  (Lingart^,  IT,  IHO.) 


84  CRONICQUES  D'ENGLEïERRE.  [1332] 

(Jiioy  il  fist  niorir  sire  Edouard  de  Carnareiian ,  père 
du  roy  ;  comment  les  Escotz  escbapperent  de  Stam- 
pliODoe  *  en  Escoce,  sans  le  consentement  du  roy 
Ec'iouard;  et  aussv  comment  la  cbartre  Rairenan  fut 
livrée  aux  Escochois ,  en  laquelle  estoit  devisé  que 
lesdis  Escochois  estoient  tenus  de  faire  feaulté  et 
hommage  aux  roys  d'Engleterre,  pour  le  royaulme 
crEscoche;  et  aussy  que,  par  faulse  envie,  il  avoit, 
sans  nulle  cause,  fait  morir  le  bon  conte  de  Kent, 
oncle  du  roy  :  et ,  a\ec  ce  ,  fut  encusé  d'avoir  en- 
groissié  la  royne ,  mère  du  roy,  et  c[u'il  le  tenoit  à 
savouUenté.  Sur  lesquelles  accusations  le  roy  demanda 
conseil,  par  manière  de  jugement,  quelle  chose  il  avoit 
à  faire.  Sy  en  fut  la  sentence  assez  tos  rendue,  car  ilz 
estoient  ja  par  information  tous  advisez  :  pourquoy  ilz 
respondirent  au  roy,  incontinent,  que  il  devoit  morir 
sans  rappel,  ainsy  comme  sire  Hue  Despensier. 

Le  reste  du  cliapitre  est  mot  pour  mot  dans  le  cliapiti-e  l  de 
Fi'oissart. 

316.  Cy  devise  comment  le  roy  Phelippe  de  France  manda 
au  jenne  i^oy  Edouard  qu'il  lui  venist  faire  hommage  de 
la  ducié  d'Acquitaine.  LVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  l-li. 

.317.  Comment  le  roy  Edouard  d'Engleterre  passa  la  mer  et 
vint  en  France  pour  faire  hommage  au  roy  Phelippe 
de  la  ducié  dAcquitaine  et  de  la  conté  de  Pon- 
thieu.  LVIU. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  T,  cli.  Ln-i,iii. 
1 .   \  oyez  p.  Glj,  note  \  . 


[1333]  PREMIÈRE  PARTIE,  LIVRE  VI,  lvi-i.x.  85 

318.  Cy  devise  comment  messire  Robert  d'Artois  fut  de- 
cliassié  et  banny  hors  du  royaulme  de  France ,  et  s'en 
ala  à  refuge  devers  le  roy  Edouard  d'Engleterre.  LIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  J,  ch.  liv-lvi. 

319.  Comment  le  roy  Edouard  entra  en  Escoclie,  et  de  ce 
qu'il  y  fist.  L^^ 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  lvii-lix. 

Et  atant  se  taist  de  ceste  histoire,  ouqr.el  temps  le  roy  Plulippe 
print  la  croisure  pour  aler  oultre  mer,  laquelle  fut  empeschié  par 
la  guerre  qui  s'esment  entre  France  et  Eiigleterre  ,  comme  il  sera 
touché  au  second  voiuiiie,  car  cy  fine  le  premier. 


ANCUIENNES 


l'Er 


DEUXIÈ3IE   PARTIE 

LIVRE   PREMIER. 

320.  Cy  commence  le  second  volume  des  Croiiicques  d'En- 
gleterre,  qui  contient  en  soy  six  livres  particuliers,  le 
premier  desquelz  commence  au  roy  Edouard,  qui  fut  né 
à  Windesore,  qui  contient  en  soy  xlix  cliappittres,  ou 
premier  desquelz  il  traite  la  cause  etpourquoy  la  guerre 
commença  premièrement  entre  les  royaulmes  de  France 
et  d'Engleterre.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  m  et  rv,  Lxn-Lxiv, 

321.  Cy  fait  mention  de  Jacques  d'Artevelle  et  de  l'aliance 
que  le  roy  d  Engleterre  fit  aux  Flamens.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  lxv-lxvii. 

322.  Comment  le  duc  de  Brabant  s'excusa  devers  le  roy  de 
France.  IH. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  î,  ch.  lxvui. 

323.  Comment  les  Anglois  desconfirent  ceulx  de  Gorgant, 
et  du  frère  bastard  du  conte  de  Flandres,  qui  y  fut 
prins.  ï^  • 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  lxix-lxxv. 

324.  Comment  le  roy  d'Engleterre  envoia  quérir  la  jeune 
roy  ne  sa  femme.  V. 

Cf.  Fr,,  Hvre  I,  part.  I,  ch.  j.xx-M-i.xxvri. 


88  CROP^ICQUES  D'ENGLETERRE.  [133!)] 

325.  Comment  le  roy  trEiigleterre   fait  requérir  aux  sei- 
."iieurs   de  l'Empire   qu'ilz   leur  tenissent   leur   conve- 
nances. ^^' 
Cf.  Fr.,  Ihre  I,  part.  I,  cb.  LXXvni.                    / 

336.  Comment  le  roy  d'Engleterre  deffia  le  roy  de  France  : 
et  du  siège  que  le  roy  mist  devant  la  cité  de  Cam- 
bray.  VII. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  I,  ch.  Lx>;i>.-Lxxxm. 

327.  Comment  le  roy  d'Engleterre  deffist  son  siège  de  de- 
vant Cambray.  Et  comment  l'abbé  de  Hannecourt  se 
deffendy  vaillamment.  Et  comment  le  pais  de  Terasse 
fut  ars.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cîi.  i.xx:av-i.xxxvni. 

328.  Les  grans  assamblees  que  le  roy  de  France  et  le  roy 
d'Engleterre  firent  en  intention  de  combatre,  et  sy  se 
départirent  sans  riens  faire  l'un  à  l'autre.  IX, 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  i.xxxix-XGi, 

329.  Cy  parle  de  l'ordonnance  des  Anglois.  X. 
Cf.  Fr.5  livre  I,  part.  I,  ch.  xcii-xciii. 

330.  De  l'ordonnance  des  Francbois,  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xciii-xcv. 

331.  Comment  le  roy  Edouard  prinst  les  armes  et  le  nom 
du  roy  de  France,  et  des  roberies  et  pilleries  faittes  en 
Engleterre  par  les  Francbois.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xcvi-xcvin. 

332.  Comment  ceulz  de  Cambray  firent  guerre  au  conte  de 
Henault,  par  le  consentement  du  roy  de  France,  lequel 
commanda  de  courre  les  villes  et  places  de  messire  Je- 
ban  de  Henault.  Et  comment  le  conte  ala  quérir  aide 
en  Engleterre  *,  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  xcviii-cvi. 

1 .  Wavrin,  en  terminant  ce  chapitre,  dit  qu'il  se  dispense  de  raconter 
les  gueires  dans  le  Hainaut  :  «  Qui  en  voira  scavoir,  ou  livre  de  Froissart 
u!i  le  pulra  trouver.  »  Il  passe  treize  chapitres  de  Froissart. 


[1339]  DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  vi-xxu.  89 

333.  Comment  le  roy  d'Engleterre  desconfits  les  Franchois 
sur  mer.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxx. 

334.  La  desconfiture  des  Fi-ancliois  sur  mer.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxxi-cxxn. 

335.  Comment,  après  la  desconfiture  des  Franchois  sur  mer, 
le  roy  d'Engleterre  arriva  en  Flandres.  Et  comment 
Jacquemart  d'Arthevelle  sermona  les  Flamens.        XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxxm. 

336.  Des  garnisons  que  le  roy  de  France  mist  sur  les  fron- 
tières de  Flandres,  et  des  aliances  faittes  entre  le  pais 
de  Flandres,  Henault  et  Brabant.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  di.  cxxiv-cxxvi. 

337.  Comment  le  roy  d'Engleterre  assiega  Tom-nay,  et  des 
assaulz  que  les  Anglois  y  firent.  Et  comment  ilz  destrui- 
sirent  le  pais  environ.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxxvii-cxxix. 

338.  Comment  les  Escotz  reconcquircnt  plulseurs  villes  et 
forteresses  sur  le  roy  Anglois,  par  le  confort  et  aide  des 
Franchois.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part,  I,  cli.  cxxx-cxxxi. 

339.  Comment  ceulx  de  Tournay  misrent  hors  les  povres 
gens  de  leur  cité.  Et  comment  le  roy  de  France  y  ar- 
riva. XX. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxxxii-cxl. 

340.  Comment  les  Flamens  se  partirent  de  paour  de  devant 
Tournay.  Cy  s'en  alerent  chascun  en  son  hostel.  Et  du 
trailié  qui  fut  entre  les  deux  rois  de  France  et  d'Engle- 
terre. XXI. 

Cf,  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxli-cxli'i. 

341.  Comment  les  deux  roys  de  France  et  d'Engleterre  eu- 
rent trêve  ensamble.  Et  comment  chascun  d'eulz  cuidoit 
avoir  honneur  du  siège  de  Tournay.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxi.Tv-cxr.v. 


90  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1341-42] 

342.  Cy  parle  des  Cardinaulz  par  le  Pappe  trammis  par 
decha  les  nions  pour  accorder  les  deux  roys  de  France 
et  d'Engleterre.  Et  comment  les  trêves  furent  ralongiés 
dedens  deux  ans.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxlti. 

343.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  moi  ut  sans  hoir  masle, 
et  des  grans  guerres  qui,  à  ceste  cause,  vindrent  au  pais 
de  Brelaigne.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cxLvn-CLT. 

344.  Comment  le  roy  d'Engleterre  rechupt  à  hommaige  le 
conte  de  Montfort ,  à  sa  requeste ,  de  la  ducee  de  Bre- 
taigne.  XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  CLii-CLin. 

345.  Comment  le  conte  de  Montfort  fut  adjourne  à  com- 
paroir devant  le  roy  de  France  ;  et  comment  la  ducee 
de  Bretaigne  fut  de  rechief  adjugié  à  messire  Charles  de 
Blois.  XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli,  cLm-CLvi. 

346.  Comment  le  conte  de  Montfort  fut  prins  et  rendu  pri- 
sonnier au  roy  de  France;  et  comment  la  contesse,  sa 
femme,  emprinst  la  guerre  pour  lui.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  CLvn-CLviii. 

347.  Comment  le  roy  d'Engleterre  donna  trêves  auxEscotz. 
Et  comment,  depuis,  ilz  coururent  en  Engle terre ,  où 
ilz  ardirent  et  recouvrèrent  pluiseurs  villes  et  chas- 
teaux.  XXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  clix-clxi. 

348.  Comment  le  roy  d'Escoche  fist  assaiUir  la  contesse  de 
Salebrin  et  le  chastel;  et  comment  le  roy  d'Engleterre 
y  vinst  à  son  secours,  tellement  que  les  Escotz  s'en  re- 
tournèrent en  leur  pais.  XXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  clxii-cliv. 

349.  Comment  le  roy  d'Engleterre  s'énamoura  première- 


[134'2]      DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  xxiii-xxxvii.  91 

ment   de  la  contesse   de  Salebriii,  la  contenance  qu'il 
enlt  envers  elle  et  la  responce  qu'elle  lui  fist.         XXX. 
Cf.  Fr.,  livre  I,  part,  I,  th.  clxv-clxtii. 

360.  Comment  le  roi  d'Engleterre  se  parti  de  la  contesse 
de  Salebrin,  et  des  trêves  que  furent  entre  les  Anglois  et 
les  Escotz,  par  l'espace  de  deux  ans.  XXXI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  clxviii-clxix. 

351.  Comment  messire  Charles  de  Blois  assiega  et  prinst  la 
cité  de  Rennes  ;  et  du  secours  que  la  contesse  de  Mont- 
fort  manda  en  Engleterre.  XXXII. 

Cf.  Fr.,  livre I,  part,  I,  ch.  clxx-clxxh. 

352.  Comme  messire  Charles  de  Blois  assiega  Hainbourg. 
Comment  la  contesse  de  Montfort  se  deffendy  ;  et  de  la 
hardie  entreprinse  qu'elle  meismes  fist  de  sa  main .  XXXIII . 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cLxxm-CLXXV. 

353.  Cy  parle  du  secours  qu'il  vint  d'Engleterre  à  la  con- 
tesse de  Montfort  ;  et  comment  le  chastel  de  Concquest 
fut  prins  deux  fois  en  ung  mois.  XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  ^jart.  I,  ch.  CLXXVi-CLXXvni. 

354.  Comment  messire  Charles  de  Blois  prist  le  fort  chastel 
d'Auboy  et  la  cité  de  Venues,  en  Bretaigne  ;  et  des  grans 
adventures  qui  y  advindrent,  tant  de  ung  costé  comme 
d'aultre.  XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch,  clxxix-clxxx. 

355.  Comment  messire  Lois  d'Espaigne  fut  desconfis,  et  ses 
gens  mors.  Comment  il  eschappa  à  petite  maisnie  ;  et  de 
la  grant  apertise  d'armes  que  Régnier  fi^t.          XXXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch,  clxxxi-clxxxiv. 

356.  Comment  messire  Charles  de  Blois  assiega  de  rechief 
Hainbourg  ;  et  de  la  requeste  que  messire  Lois  d'Es- 
paiane  fist  sur  la  mort  des  deux  chevaliers  prison- 
mers,  .va/vvii. 

Cf,  Fr.,  livrai,  part.  I,  ch.  ci.xxxv-CLX\xvn.  , 


92  CaONïCQUES  D'ENGLETERRE.  [1342J 

357.  Comment  les  Anglois  et  les  Bretons  reconcquisrent 
leurs  prisonniers  en  une  cscarmuclie  ,  et  des  Bretons 
prins  par  les  Franchois.  XXXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  CLXxxTin-CLxxxix. 

358.  Comment  messire  Charles  de  Blois  s'en  ala  à  Craas,  et 
avec  lui  emmena  pluiseurs  seigneurs  de  France.  Et  com- 
ment, par  le  moien  d'un  marchant,  ledit  messire  Charles 
prist  la  ville  de  Says.  XXXIX. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxc-cxci. 

359.  Cy  devise  la  manière  et  ordonnanche  de  la  grant  feste 
et  joustes  que  le  roy  d'Engleterre  fist  pour  Tamour  de 
la  contesse  de  Salehrin.  XL. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxcii-cxcin. 

360.  Comment  les  trêves  furent  prinses  entre  les  Anglois  el 
Escotz.  Et  comment  le  roy  Anglois  donna  grant  se- 
cours à  la  contesse  de  Montfort  pour  conquerre  Bretai- 
gne .  XLl . 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxciv. 

361.  Comment  les  Espaignolx  et  Genevois  se  combattirenL 
sur  mer  aux  Anglois.  Et  comment  ils  se  départirent  l'un 
de  l'autre.  XLIl. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cxcv-cxcvi. 

362.  Comment,  aprez  le  département  de  ceste  bataille ,  les 
Anglois  assegerent  la  cité  de  Rennes  en  Bretaigne.  Et 
comment  messire  Lois  d'Espaigne  arriva  en  Gue- 
rande.  XLIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch,  cxcvii-cxcvin. 

363.  Comment  messire  Robert  d'Artois  et  la  contesse  de 
Montfort  prindrcnt  la  cité  de  Rennes.  Et  comment  le 
seigneur  de  Clichon  et  le  seigneur  de  Tournemine  se 
saulverent.  XL1\ . 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  th.  c\cix-cci. 

364.  Cf)innient  Icr^  Bretons  reroncqiiisrent  par  force  la  cité 


[i343]    DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  xxxviii-xlix.  93 

de  Reimes,  et  comment  messire  Robert  d'Artois  et  moult 
d'aultres  furent  navrez  à  mort.  XLV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  T,  cli.  ccn. 

365.  Comment  le  roy  Edouard  d'Engletene  niist  le  siège 
devaut  la  cité  de  Rennes.  Et  comment  la  contesse  de 
Montfort  vint  festoier.  Et  aussi  comment  il  assiega  la 
bonne  ville  de  Nantes.  XLVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  T,  cli.  ccin-cciv. 

366.  Comment  le  roy  Edouard  se  parti  de  devant  Nantes 
pour  assiéger  Dignant.  Et  comment  le  seigneur  de  Cli- 
clion  et  messire  Henri  de  Lyon  furent  prins  des  An- 
glois,  et  le  sire  d'Estanfort  des  Francliois,  devant  Ren- 
nes. XLVIl. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccv-ccvi. 

367.  Comment  le  roy  d'Engleterre  aloit  ardant  et  exillant 
le  pais  de  Bretaigne.  Et  des  nefz  que  messire  Lois  d'Es- 
paigne  gaigna  sur  les  Anglois.  XLVIIL 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccvir-ccviii. 

368.  Comment  ceulx  du  siège  de  Nantes  s'en  alerent  à 
Venues,  au  roy  d'Angleterre  :  et  aussy  des  trêves  qui  fu- 
rent lors  accordées.  XLIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cb.  ccix-ccxii. 


Cy    fine  le   premier  livre  rie  ce  second  volume  des   Cron'icquts 
d' Engleterre. 


94  CROMGQUES  D'ENGLETERRE.  [1344-45] 


LIVRE    IL 


369.  Cy  commence  le  IP  livre  de  ce  second  volume  des 
Cronicques  d'Engleterre,  qui  contient  en  soy  xxiv  chap- 
pittres.  Le  premier  desquelz  parle  de  la  grant  feste  que 
le  roy  d'Engleterre  establi  en  son  pais  ;  comment  il  def- 
fia  de  rechief  le  roy  de  France  poui  la  mort  du  seigneur 
de  Cliclion  :  et  de  Tayde  qu'il  envoie  à  la  contesse  de 
Montfort.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cla.  ccxin-ccxv. 

370.  Comment  le  conte  Derby  futhonnonrablement  recheuz 
des  barons  de  Gascongne  ,  pour  le  roy  d  EngleteiTc  ;  et 
comment  il  courut  devant  la  ville  de  Bergeracq.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccxvi-ccxvm. 

371-  Comment  le  conte  Derby  fist  puissamment  assaillir  la 

ville  de  Bergeracq  ;  de  la  garnisoit  de  dedens  qui  s'en 

fui  honteusement ,  et  comment  ilz  se  rendirent  au  dit 

conte.  m. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cii.  ccxix-ccxxi. 

372.  Comment  le  conte  de  Laigle  envoya  pluiseurs  garni- 
sons en  divers  chastcaulx  de  Gascongne,  et  de  pluiseurs 
villes  qui  se  rendirent  au  conte  Derliy.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccxMt-ccxxiv. 

373.  Comment  la  oarnison  de  Pieregort  vint  escarmucliier 


[13^6]  DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  i-xir.  95 

les  gens  au  conte  Derby.  Et  comment  le  conte  de  Ken- 
fort  et  pluiseurs  aultres  furent  délivrez  par  eschano^e.  V. 
Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccxxv-ccxxvn. 

374.  Cy  parle  du  chastel  d'Amberoche,  qui  fut  assegié  des 
Franchois  ;  et  du  varlet  qui  aloit  quérir  secours,  lequel 
fut  prins  et  getté  par  un  engin  dedens  la  forteresse.  Et 
des  Franchois  qui  furent  desconfiz.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxxvm-ccxxx. 

375.  Comment  le  conte  Derby  retourne  à  Bordeaulx  après 
la  victoire  :  et  de  pluiseurs  chasteaulx  et  bonne  villes 
qui  se  rendirent  à  lui  pour  le  roy  Edouard  d'Eiio^le- 
terre.  YII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxxxi-ccxxxnr. 

376.  De  la  composition  que  firent  ceulx  de  Montsegur  au 
conte  Derby.  Et  comment  le  fort  chastel  d'Aguilon  fut 
prins,  et  devin drent  tous  Anglois.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxxxiv-ccxxxvi. 

377.  Comment  ceulx  de  la  RioUe  se  rendirent  au  conte 
Derby,  mais  ceulx  de  la  garnison  franchoise  se  retrairent 
au  chastel.  JX 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxxxvii-ccxxxix. 

378.  Comment  messire  Gauthier  de  Mauni  trouva  le  tom- 
beau de  son  père,  en  faisant  myner  le  chastel  de  Riolle  ; 
et  Toccasion  qui  jadiz  avoit  esté  de  sa  mort.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxxxix-ccxli. 

379.  Gomment  la  garnison  franchoise  se  parti  de  la  Riolle 
et  rendy  le  chastel  aux  Anglois,  et  de  pluiseurs  aultres 
villes  et  fortresses  qui  lors  furent  prinses.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxlh-ccxlv. 

380.  Comment  messire  Godefroy  de  Harcourt  fut  banny  du 
royaulme  de  Franche.  Et  comment  Jacquemart  d'Arte- 
velle  fut  occis  des  Flamens.  Et  le  grant  couroux  que  le 
roy  Edouard  d'Engleterre  prinst  pour  sa  mort.         XII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  1,  ch.  ccxi.vr-cc\i,ix. 


•"»■ 


96  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1346] 

381.  Comment  le  conte  Guillame  de  Henault  fut  occis  en 
Frize  :  et  comment  messire  Jehan  de  Henault  se  tourna 
du  tout  francliois.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccl-ccliii. 

382.  Comment  les  nouvelles  de  la  priuse  de  Cliastel  Neuf 
de  YlUefrance  vindrent  en  Tost  des  Francliois,  devant  la 
cité  d'Anooulesme.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  ccliv-cclvi. 

383.  Cy  parle  des  grans  assaulz  que  firent  les  Francliois  au 
castel  d'Aiguillon,  et  comment  les  Anglois  desrompirent 
tous  leurs  engiens.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccLvn-ccLX  ,  cclxiii. 

384.  Comment  le  roy  d' Engleterre  arriva  en  Nortlimandie. 
Et  des  garnisons  franclioises  envoiees  et  establies  de  par 
le  roy  de  France.  Et  du  roy  Edouard  ,  qui  se  laissa 
clieoir  à  l'isue  de  sa  nef.  X\I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccixiv-cclvi. 

385.  Cy  parle  de  la  grand  destruction  de  pais  que  fist  le  roy 
d'Engleterre  en  Franche.  Et  aussy  du  grant  mandement 
que  fist  le  roy  Phelippe  ,  pour  obvier  aux  entreprinses 
des  Anglois.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccLXvn-ccLXix. 

386.  Comment  le  roy  d'Engleterre  aloit  ardant  et  exillant 
le  pais  de  Nortlimandie ,  sans  nul  contredit  de  per- 
sonne. XVIII. 

Cf  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cclxviii. 

387.  Comment  le  roy  d'Engleterre  prinst  Saint  Leu  en  Con- 
stantin. Et  de  ceulx  de  Kent  qu'ilz  furent  desconfiz  et 
leur  ville  prinse.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cclxx-cclxxii. 

388.  Comment  les  Anglois  ardoient  le  pais  jusques  à  deux 
lieues  prez  de  Paris  :  de  ceulx  d'Amiens  qui  furent  des- 
confis; et  comment  le  roy  Anglois  entra  en  Beauvoi- 
sin.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  rcLXMii-rcr.xxv. 


[I3iÔ]      DEUXIEME  PARTIE,  LIVRE  II,  xiu-xxiv.  97 

389.  Comment  le  roy  de  France  sievoit  les  Anglois  pour  soy 
combattre  à  eulx  ;  et  comment  le  i^oy  d'Engleterre 
trouva  passaige  pour  passer  la  rivière  de  Somme.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cclxxvi-cclxxx. 

390.  Comment  le  roy  de  France  ordonna  ses  battailles  à  la 
battaille  de  Crecy  ;  et  comment  le  roy  d'Engleterre  se 
maintint  et  ordonna  ses  battailles.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccLXxxi-ccLxxxvn. 

391 .  Comment  les  Franchois  furent  desconfis  par  les  Anglois 
à  la  bataille  de  Crecy  ;  et  comment  le  roi  de'  Behaigne 
et  pluiseurs  aultres  grans  barons  y  morurent.        XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccLxxxvin-ccxcn. 

Le  seigneur  de  Senseilles,  portant  la  bannière  de  Jean  de  Hai- 
naut  à  la  bataille  de  Crecy,  tomba  dans  un  fossé,  où  il  serait  mort, 
sans  le  secours  que  lui  porta  son  page:  «  et  fit  tant,  »  dit  Froissait, 
«  que  son  maître  fut  relevé  et  remonté.  »  Wavrin,  qui  copie  pres- 
que textuellement  le  chapitre  de  Froissart^  met  son  père^  et  ajoute  : 
Car  ce  page  estait  son  filz  bastard,  qui  ungtres  beau  service  lui  fis/. 

392.  Comment  le  roy  Anglois  fist  alumer  les  feux,  après  la 
victoire  de  la  battaille  de  Crecy  :  et  de  la  grande  occi- 
sion  qui  fut  faitte ,  le  dimence  au  matin,  de  ceulx  qui 
venoient  pour  faire  aide  au    roy  Phelippe    de  Fraiice. 

XXiV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxciir-ccxcvi. 


Cy  fine  le  second  livre  de  ce  second  volume,  et  consequeinmeai 
le  vni*  de  ceste  œuvre. 


98  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [134G] 


LIVRE    111. 


393.  Cy  commence  le  IIP  Livre  de  ce  second  volume  desCro- 
nicques  d'Eiigleterre  ,  lequel  contient  xxiv  chappittres  ; 
le  premier  desquels  dist  comment  le  roy  d'Engleterre 
assiega  Callais,  et  du  siège  qui  se  deffit  devant  Aguillon  : 
et  comment  messire  Gaultier  de  Mauni  vint  ferir  en 
l'ost,  alnsy  qu'ilz  se  deslogoient,  où  il  prinst  pluiseurs 
prisonniers.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  ccxcvn-ccc. 

394.  Comment  le  conte  Derby  prinst  pluiseurs  villes  et  chas- 
teaulz  en  Poitou  ;  et  comment  il  se  part  de  là  pour 
venir  à  Callais,  où  le  roi  d'Engleterre  seoit.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccr-cccin. 

395.  Comment  le  roy  d'EngleteiTC  fut  vexé  par  le  roy  d"Es- 
coche,  qui  entra  en  son  pais  ardant,  exillant  et  gastant 
la  contrée.  Comment  la  roy  ne  d'Engleterre  lui  vint  au 
devant,  et  comment  il  fut  desconfis.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  î,  part.  I,  cli.  ccciv-cccr, 

396.  Comment  les  Anglois  et  les  Escotz  combatirent  l'un 
contre  l'autre.  Comment  les  Escotz  furent  desconfis,  leur 
royprins,  et  du  siège  de  Callais.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cccvr-cccviii. 

397.  Des  escarmuclies  cjtn  se  faisoient  devant  Callais  :  et  com- 
ment le  conte  de  Flandres  fut  mis  en  prison  par  les  Fia- 


[1346-50]     DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  i-xn.  99 

mens,  pour  ce  qu'il  ne  vouloit  prendre  à  femme  la  fille 
du  roy  d'Engleterre.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  cli.  cccix-cccxi. 

398.  Comment  le  conte  Robert  deNamur,  à  son  retour  de  la 
terre  sainte  de  Jherusalem,  vint  veoir  le  roy  d'Engleterre 
au  siège  devant  Callais.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccxii-cccxrv. 

399.  Du  grant  mandement  que  fist  le  roy  de  Franche  en 
intention  de  lever  le  siège  de  Callais,  ce  qu'il  ne  polt 
faire.  Ylï. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccxv-cccxvri. 

400.  Comment  deux  cardynaulz  vindrent  devant  Callais 
pour  traitier  la  paix  des  deux  roys.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccxTiii-cccxx. 

401 .  Comment  la  ville  de  Callais  fut  rendue  au  roy  d'En- 
gleterre. Des  meschiefz  que  ceulxde  dedens  souslindrent 
ainchois  qu'ilz  se  rendissent ,  et  comment  ilz  furent 
après  cruellement  tourmentez.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccxxi-cccxxm. 

402 .  Cy  parle  de  pluiseurs  bringans  :  en  especial  d'un  nommé 
-Bacon,  qui  gaigne  le  fort  cliastel  de  Camborne,  et  aultres 

qui  firent  maint  mal  en  France.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part  I,  ch.  cccxxiv. 

403.  Comment  le  capitaine  de  Callais  vendy  la  ville  et  le 
chastel  ou  capitaine  de  Saint  Orner;  et  comment  le  roy 
d'Engleterre  le  sceult  avant  que  le  dit  capitaine  le  peust 
délivrer.  XI, 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  I,  ch.  cccxxvi-cccxxviii. 

404.  Cy  parle    de   la  mort  du  roy   Phelippe    de   France. 

XII. 

Cf.  Fr.,  tome  III ,  Appendice,  ch.  cccxxix-cccxxx,  de  la  prc- 
ijiière  édition  de  M.  Buchon  '. 

1:   Noii^  avons  dit,  dans  notre  Avertissement,  que  l'on  doit  à  M,  Bu- 


100  CRONICQUES  D'ENGLETERrxE.  [1351-56] 

405.  Cy  parle  comment  le  conte  de  Guines  fut  décapité  à 
Paris  ;  comment  Saint  Jehan  d'Angeli  fut  reprinse  par 
les  Franchois;  des  chevaliers  de  France  qui  morvn-ent  en 
Bretaigne,  et  du  duc  de  Lanclastre  qui  vint  en  North- 
mandie.  XIII. 

Cf.  Fr.,  t.  III,  cil.  cccxxxi-cccxLii,  1"  édit.  de  M.  Buchon. 

406.  Comment  le  prince  de  Galles  fist  assaillir  1^  chastel  de 
Rommorentin  ;  comment  les  trois  chevaliers  se  rendirent 
à  sa  voulonté,  et  comment  le  roy  de  Franche  se  parti 
pour  aller  combattre  le  dit  prince  de  Galles.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  xxv-xxvii. 

407 .  Comment  le  conte  de  Joigny  et  sa  route  furent  prins 
des  Anglois.  Gomment,  aussy,  les  coureurs  des  Anglois 
se  ferirent  en  la  queue  de  Tost  franchoise  :  et  comment 
le  prince  de  Galles  ordonna  ses  battailles.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  xxvm-xxxi. 
Avant  de  livrer  la  bataille  de  Poitiers,  le  roi  Jean  commit  son 
fils  aîné  Charles  à  la  garde  de  trois  seigneurs,  au  nombre  desquels 
ligure  le  sire  de  Saint-Venant.  Wavrln,  qui  copie  Froissart,  ajoute, 
à  cette  occasion,  les  nom  et  prénom  de  ce  personnage.  Celait 
Robert  de  Wcivrin. 

408.  Comment  le  cardinal  de  Pieregort  se  travailla  gran- 
dement pour  cuidier  accorder  le  roy  de  France  au  prince 
de  Galles,  ce  qu'il  ne  polt  faire.  Et,  aussy,  de  l'ordonnance 
des  battailles,  tant  d'un  costé  comme  de  l'autre.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  xxxii-xxxiv. 

chou  deux  éditions  de  Froissart.  Voici  en  quoi  elles  diffèrent  entre  elles. 
Dans  la  première  ,  plus  conforme  aux  éditions  antérieures,  se  trouve 
(pour  les  années  1350-1356)  un  texte  que  les  copistes  des  Chroniques 
ont  évidemment  emprunté,  comme  le  remarque  M.  Buchon  (édition  du 
Panthéon  littéraire,  I,  282),  à  celles  de  Saint-Denis.  Dans  sa  seconde 
édition,  que  nous  avons  citée  jusqu'ici  et  à  laquelle  nous  reviendrons 
tout  à  l'heure,  M.  Buchon  a  substitué,  pour  la  période  de  temps  ci- 
dessus  indiquée,  une  narration  attribuée  à  Froissart.  Nous  sommes 
donc  obligés  de  recourir  alternativement  a  l'une  et  à  l'autre  édition, 
selon  que  l'exige  notre  examen  comparatif  des  deux  chroniqueurs. 


[1356-57]     DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xiii-xxii.       101 

409.  Cy  fait  mention  de  pluiseurs  chevaliers  renommez  qui 
estoient  avecques  le  prince  de  Galles  à  la  battaille  de 
Poitiers  :  de  messire  Jacques  Dandelee,  qui  demanda  au 
prince  la  première  battaille  ;  et  de  la  desconfiture  des 
Franchois.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  xxxv-xxxvr. 

410.  Comment  le  prince  resconfortoit  ses  gens  à  la  battaille. 
Des  enfans  du  roy  de  France,  qui  s'enfuirent  quant  ilz 
veirent  leurs  gens  desconfis  :  et,  aussy,  les  noms  de  plui- 
seurs notables  chevaliers  de  France.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  xxxvm-xLiv, 

411.  Cy  parle  des  chevaliers  qui  se  combatoient  à  scavoir 
qui  avoit  prins  le  roy  de  France  :  comment  le  prince  de 
Galles  le  rechut  honnourablement  en  son  pavillon,  et 
des  renchons  que  les  Franchois  paierent.  XIX. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  II,  ch.  xlv-xlvii. 

412.  Comment  messire  Jacques  Daudelee  donna  à  ses  qua- 
tre escuiei's  ce  que  le  prince  lui  avoit  donné.  Des  hon- 
neurs que  le  dit  prince  portoit  au  roy  Jehan  ;   et  com- 

.    ment  les  Anglois  s'en  retournèrent  à  Bordeaulx  sur  Ge- 
ronde.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  XLvm-L. 

4 13.  De  la  grant  joie  qui  fut  faite  en  la  cité  de  Bordeaulx, 
et  par  tout  le  pais  d'Engleterre,  pour  la  victoire  de  Poi- 
tiers. XXI, 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch,  li-liv. 

414.  Cy  parle  du  grant  couroux  que  eult  le  roy  Edouard 
d'Engleterre  de  la  mort  de  messire  Godefroy  de  Har- 
court.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part,  II,  ch.  lv-lvi. 

415.  Comment  la  cité  de  Rennes  fut  assegié  par  les  Anglois  : 
et  comment  le  seigneur  de  Graville  et  ses  complices 
prindrent  la  cité  d'Evreux  et  le  chastel ,  où  le  chastelain 


102  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [13S7-59] 

fut  occis  pour  le  fait  du  roy  de  Navarre,  qui  lors  estoit 
prisonnier  en  France.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  lvii-lix. 

416.  Comment  le  roy  de  Navarre  fut  délivré  de  prison  :  et 
comment,  en  ce  temps,  avoit  beaucop  de  gens  d'armes  de 
compaignies  parmi  le  royaulme  de  Franche.         XXIV. 

Cf.  Fr,,  livra  I,  part.  Il,  ch.  lx,  lxi,  lxiîi,  xci,  xcix. 

Fin  du  livre  III. 


[13!j9]  deuxième  PARTIE,  LIVRE  IV,  i-m.  \0?. 


LIVRE    IV. 


417.  (^y  commence  le  quart  livre  de  ce  second  volume  des 
(Ironicqucs  d'Eugleterre ,  lequel  contient  en  soy  xxi 
cluippittres,  le  premier  desquelz  dist  :  Comment  la  paix 
que  les  deux  roys  de  France  et  d'Engleterre  firent  ne 
pleut  pas  aux  Franchois  :  Comment  le  roy  d'Engleterre 
fist  de  rechief  grant  appareil  pour  retourner  en  France  ; 
et  comment  messire  Eustace  d'Ambercicourt  fut  délivré 
de  prison.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  c-ci. 

418.  Comment  messire  Brocquart  deffia  le  roy  de  France  : 
des  villes  et  cbasteaulx  qu'il  prinst  ou  royaulme.  Com- 
ment les  Ausveronois  s'assamblerent  contre  les  Anfjlois 
qui  gastoient  le  royaulme  de  France,  et  comment  ilz 
furent  decheuz.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  cii-civ. 

419.  Comment  les  Allemans  despendirent  leur  argent  à 
Callais,  en  attendant  le  roy  d'Engleterre.  Comment,  de 
ceste  foiz,  le  duc  de  Lancia stre  les  mena  en  France;  et 
comment  ilz  asstîgereut  Bray  sur  Somme  et  gasterent 
tout  le  pais  de  l' environ.  HA- 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cv-cvn. 

420.  Cy  parle  du  malntieng  des  Anglols  en  France  ;  de  lu 
responce  que  le  roy  d'Engleterre  fist  aux  Allemans  sur  la 


J04  CROMCQUES  DE?^GLETERRE.  [1359-60] 

pecune  qu'ilz  demandoient,  et  des  ordonnances  que  le 
dit  roy  fist.  ^  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cvra-cxi. 

42 1 .  Comment  le  roy  d'Engleterre  estoit  pourveu  de  touttes 
choses  nécessaires  à  ost  quant  il  entra  en  France,  et  des 
rencontres  qui  se  faisoient  tous  les  jours  des  Francliois 
et  des  Anglois  l'un  contre  l'autre.  V. 

Cf.  Fr  ,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxi-cxiii. 

422.  Comment  le  roy  d'Engleterre  vint  assegier  la  cité  de 
Rains  :  et  comment  le  chastel  de  Tharans  fut  prins  des 
Anolois.  \I. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxiv-cxvm. 

423.  Comment  le  roy  d'Engleterre  se  part  du  siège  de 
Rains,  et  gasta  tout  le  pays  par  où  il  passa  :  et  des  fours 
et  des  molins,  et  des  aultres  instrumens  de  guerre  qu'il 
fist  amener  d'Enirleterre.  VIL 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  cxix-cxxi. 

424.  Comment  le  duc  de  Bourgongne  se  composa  au  roy 
d'Engleterre,  adfin  que  son  pais  ne  fustgaslé.  De  la  grant 
tribulation  en  quoy  le  royaulme  de  France  estoit  :  et  de 
lapropliezie  d'Avignon,  du  cordelier;  puis  delembusche 
de  ceulx  du  roy  Anglois,  qu'ilz  firent  sur  ceulz  de  Pa- 
ris. VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  11,  ch.  cxxii-cxxx. 

425.  Cy  devise  de  l'orage  et  tempeste  qui  cliei  sur  les  An- 
glois devant  la  cité  de  Chartres  :  et  de  la  paix  qui  fut 
traittié  entre  le  roy  Anglois  et  les  seigneurs  de  France, 
et  le  contenu  de  la  chartre  qui  lors  en  fut  faitte.         iX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch,  cxxxi-cxxxirr. 

426.  Comment  le  roy  Edouard  s'en  retourna  en  Engleterre. 
Comment  le  roy  Jehan  ne  povoit  venir  en  France,  par 
faulte  de  pecune  ;  et  des  pilleries  que  les  Anglois  faisoient 
ou  royaulme  de  France.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  jiarl.  II,  ch.  <:\\\iv-cxxxvi. 


[13G0-G3J      DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  iv-\v.  iOa 

427.  Cy  devise  la-fourme  des  lettres  en  brief  faittes  sur 
Faliance  et  confederacion  de  la  paix  entre  le  roy  de 
France  et  le  roy  d'Engleterre,  et  de  promesses  que  l'un 
roy  promist  à  l'autre  sur  la  manière  dessusdite ,  laquelle 
lettre  ou  cliartre  s'appelle  renonciation.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxxxvn-cxxxïx. 

428.  Comment  la  paix  fut  jurée  de  rechief  entre  les  roys 
de  France  et  d'Engleterre  :  et  comment  nulles  paix  ne 
furent  lors  faittes  sur  la  duchié  de  Bretaigne,  et  la  cause 
pourquoy.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  ch.  cxl-cxlii. 

429.  Comment  les  deux  roys  de  France  et  d'Engleterre 
s'appelloient  frères,  pour  cause  de  la  paix;  et  des  hosta- 
giers  qui  furent  donnez  aux  Anglois  pour  le  roy  de 
Franche,  et  comment  il  vint  après  en  France.        XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxLin-cxLV. 

Dans  la  liste  des  seigneurs  qui  furent  envoyés  en  Angleterre 
comme  otages  pour  le  roi  Jean  ,  figure  le  sire  de  Saint-Venant. 
C'était  Robert  de  ff'avrin,  ainsi  que  le  dit  notre  chroniqueur,  dont 
le  récit,  à  cela  près  de  ce  l'enseignement ,  est  copié  presque  mot 
pour  mot  dans  Froissart. 

430.  Des  commissaires  qui  furent,  de  par  le  roy  de  Franche, 
ordonnez  pour  délivrer  les  terres  aux  Anglois,  qui  avoient 
esté  promises  au  traittié  de  la  paix;  et  de  ceulz  d'Engle- 
terre qui  faisoient  vuidier  les  garnisons  angloises,  et  des 
compaignies  qui  se  misrent  sus.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxLvi-cr.vi^w. 

431.  Des  ordonnances  que  le  roy  d'Engleterre  fist  en  son 
pais.  Comment  le  prince  de  Galles  ala  demourer  en 
Acquitaine  ;  et  comment  le  roy  de  France  et  le  roy  de 
Cippre  emprindrent  la  croix  et  le  voiage  d'oultre  mer, 
par  l'ordonnance  du  pappe.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  CLvn-CLfx. 


d06  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1363-64] 

432.  Comment  le  roi  de  Cippre  ala  en  l'Empire  prier  aux 
seigneurs  qu'il  prensissent  la  croix.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  CLX-ci-xti. 

433.  Comment  le  roy  de  Cippre  passa  en  Engleterre  à  cause 
de  prier  le  roy  Edouard  de  prendre  la  croix.  Des  grans 
dons  qui  lui  furent  donnez.  Et  coimnent  le  roy  Jehan 
de  France  ala  en  Engleterre  contre  la  voulenté  de  ses 
barons.  XVII. 

Cf.  Fi'.,  livre  I,  part,  II,  ch.  cLxni-CLXV. 

434.  Comment  le  roy  de  Cippre  parla  au  prince  de  Galles 
sur  Testât  de  la  Croix.  De  la  mort  du  roy  Jehan  de 
France.  Comment  la  ville  de  Nante  fut  prinse  par  les 
Franchois  ;  et  comment  le  captai  resconforta  le  roy  de 
Navarre.  XVIII. 

Cf,  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  clxvi-clxvii. 

435.  Comment  le  corps  du  roy  de  France*  fut  homiourable- 
ment  enseveli.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  paît.  II,  ch.   clxix/  clxxi,  cjLXxn,  CLXXvn, 

CLXXIX  ,  CLXXX  ,  CXCI. 

Après  avoir  dit,  ainsi  que  Froissart,  que  le  corjis  de  Jean,  roi 
de  France,  étoit  embaumé  et  mis  en  un  sarcueil ,  Wavrin  ajoute  : 
«  Ainsy  que  le  roy  d'Engleterre  l'avoit  fait  ordonner  en  grant 
plaintes  de  doleurs,  lequel  avoit  fait  grant  honneur  au  corps: 
car  il  lui  avoit  fait  faire  moult  notables  services.  Sy  en  porta  le 
duel  lui  et  la  royne-,  et  ses  enfans;  puis  convolèrent  le  corps  jus- 
ques  à  Douvres,  et,  de  là  ,  fut  aporté  à  Paris.  « 

Outre  ce  qui  concerne  la  mort  du  roi  de  France,  le  chapitre  de 
^Vavrin  comprend  le  récit,  fort  abrégé,  de  ce  que  contiennent  les 
sept  chapitre  de  Froissart  auxquels  nous  renvoyons. 

43G.  (Jy  fait  mension  comment  les  Franchois  et  Bretons, 
soubz,  la  conduite  de  mcssire  Charles  de  Blois  ,  se  com- 


1 .  Jcai) ,   surnommé  le  Bon ,  roi  de  France ,  sacre  le  20  S(  plembre 
i350.  Mort  a  Londres  le  8  avril  i3Gi.  (Anselme,  I,  103.) 

2.  Philippe  de  lîainaut. 


[1364-63]     DEUXIEME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xvi-xxi.        107 

bâtirent  à  l'encontre  des  Anglois,  desquelz  estoient  cou- 
duteurs  le  conte  de  Montfort  et  messire  Jehan  Chandos, 
qui  eurent  victore.  De  la  mort  messire  Charles  de  Blois, 
et  de  la  prinse  messire  Bertran  de  Glaicquin.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cxciii,  cxcv-cxcvin. 

437.  Comment  le  conte  de  Montfort  fist  paix  parmi  ce  qu'il 
demoura  duc  de  Bretaigne,  par  l'accord  et  consentement 
des  deux  roys  de  France  et  d'Engleterre.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livie  I,  part.  II,  cli.  cc-ccix. 


Cy  fine  le  quaîricsiiie  livi'e  de  ce  second  volume  des  Cionlcques 
cT  F.iii-lplen  e. 


lOX  CRONICOUES  D'EKGLETERRE.  [136S-Ô7] 


LIVRE   Y. 


438.  Cy  commence  le  chincquiesme  livre  de  ce  second  vo- 
lume des  Cronicqiies  d'Engleterre,  qui  contient  en  soy 
XXII  chappittres  ;  le  premier  dcsquelz  parle  du  com- 
mencement des  guerres  d'Espaigne  et  du  maulvais  roy 
dom  Piètre.  Chapitre  I. 

Cf.  Fi-.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccni-ccv. 

439.  Comment  le  roy  dom  Piètre  pria  au  prince  de  Galles 
qui  le  voulsist  aidier  contre  son  frère.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccvi-ccix. 

440.  Comment  le  roy  Henry  s'alia  au  royd'Arragon.  Com- 
ment le  prince  de  Galles  fut  conseillié  sur  Testât  de  sa 
guerre,  des  gens  qu'il  manda,  des  aides  qu'il  prinst.  Com- 
ment messire  Perdugas  de  Labreth  desconfist  le  senesclial 
de  Thoulouse,et,en'sa  cbevavdchié,  pluiseurs  aultres  se- 
nescliaulx  et  aussy  le  visconte  de  Nerbonne.  111. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccx-ccxir,  ccxiv. 

441.  Comment  les  compaignies  laissèrent  partir  leurs  pri- 
sonniers sur  leurs  foix.  Comment  le  pappe  leur  deffendy 
qu'ilz  ne  payassent  n-ulles  rendions.  Comment  le  roy  de 
Malogres  parla  au  prince  de  Galles,  et  comment  le  dit 
prince  se  parti  pour  aller  en  Espaigne.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccxv-c:cx\i. 

442.  Du  gratit  mandement  (|ue  le  roy  Henry  le  Bastard  fist. 


[1367]  DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  Y,  i-vm.  100 

Comment  il  manda  au  prince  qu'il  le  combateroit.  Com- 
ment messire  Olivier  de  Mauniprinst  le  roy  de  Navarre  : 
l'ordonnance  des  battailles  du  dit  prince  ;  et  comment 
messire  Bertran  de  Claicquin  arriva  en  l'ost.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  ch.  ccxxii-ccxxvii. 

443.  Comment  les  gens  du  duc  de  Lanclastre  furent  escar- 
muchiez.  Comment  les  com^eurs  anglois  furent  tous  mors 
ou  prins.  Du  conseil  que  le  roy  Henry  ne  vault  croire. 
Des  lettres  que  le  prince  lui  envoya  :  du  conseil  que  mes- 
sire Bertran  de  Claicquin  donna  sur  ces  lettres,  VI. 

et.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxxvm-ccxxxir. 

444.  Comment  le  prince  commanda  à  ses  gens  qu'ilz  s'ap- 
pareillassent pour  combatre.  Comment  le  roi  Henri  or- 
donna ses  battailles.  Comment  ilz  s'assamblerent  aspre- 
ment,  et  du  confort  que  le  roy  Henry  faisoit  àses  gens.  VH. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccxxxiii-ccxxxviir. 

Dans  ce  chapitre,  où  Wavrin  reproduit  presque  textuellement 
ceux  de  Froissart  que  nous  venons  d'indiquer,  à  l'exception  du 
dernier  dont  la  narration  est  un  peu  ditïcrente ,  nous  signalerons 
un  passage  qui  ne  se  trouve  que  dans  Wavrin.  Avant  la  bataille 
deNavares,  le  prince,  accompagnera  la  jlcur  de  chevalerie^  aaloit 
par  les  rens  enhortant  ses  gens  de  bien  faire ,  disant  en  telle  ma- 
nière: Avant,  mes  amis  et  vaillnns  campions^  je  vous  prie  acquillez 
vous  à  vostre  maineix'  aconstumé ,  et  je  crois  que  briefvement  la 
place  sera  nostre.  Et  les  vaillans  chevaliers,  oyans  ces  paroUes  du 
prince  \  et  voiant  les  grans  cops  qu'il  donnoit,  s'esvertuoient  telle- 
ment que  riens  ne  demouioit  devant  eulx  estable,  tant  desiroient 
tous  de  complaire  au  Prince  leur  seigneur.  » 

445.  Comment  messire  Bertrand  de  Claicquin  fut  prins  et 
ses  gens  desconfis.  Comment  le  roy  Henry  se  mist  à  saul- 
veté  quant  il  vey  les  Espaignolz  enfuis  :  le  nombre  des 
mors,  des  citez  qui  se  rendirent  au  roy  dom  Piètre,  et  la 
response  que  le  dit  roy  fist  au  prince  de  Galles.        VIH. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxxxix-ccxliii. 

1 .  Surnommé  le  Prince  Noir,  fils  d'Edouard  lU  et  père  de  Richard  II 
Mort  en  1376. 


iU)  CROINICQUES  D'ENGLETERRE.  [136T-G9] 

446.  Du  grant  honneur  et  bonne  renommée  que  l'en  por- 
toit  au  prince  de  Galles  de  la  ■victoire  d'Espaigne.     IX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxliv. 

447.  Comment  le  roy  Henry,  sa  femme  et  ses  enffans  s'en 
alerent  à  refuge  à  Valence,  devers  le  roy  d'Arragon.  Com- 
ment il  ala  guerroier  le  prince  de  Galles.  Comment  le 
prince  retourna  d'Espaigne  en  son  pais  ;  et  du  mariage 
messire  Leonel,  duc  de  Clarence,  frère  au  dit  prince  de 
Galles.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  oli.  ccxLvrcxLVin. 

448.  Comment  les  barons  de  Gascongne  se  complaindirent 
au  roy  de  France  du  prince  de  Galles.  Comment  le  roy 
Henri  retoin-na  en  Espaigne.  Du  conseil  que  messire 
Bertran  de  Claicquin  donna.  Et  comment  le  roy  dom 
Piètre  fut  desconfîs.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccxlix-ccli. 

449.  Cy  fait  mention  de  la  grande  battaille  qui  se  fist  devant 
Nantueil  des  deux  frères  d'Espaigne ,  c'est  à  scavoir  le 
roy  dom  Piètre  et  le  roy  Henri  le  Bastard,  à  laquelle 
battaille  le  roy  dom  Piètre  fut  desconfis.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccLii-ccLni. 

450.  Comment  le  roy  dom  Piètre  fut  prins  et  mis  à  mort.  La 
teneur  d'aulcunes  lettres  touchant  le  roi  de  Franche  et 
cellui  d'Engleterre.  Et  le  conseil  que  les  Pères  donnè- 
rent au  roy  de  France  de  faire  guerre  aux  Anglois.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  ccliv-cclvi,  ccLvrn. 

451.  Comment  le  roy  de  France  fist  adjourner  le  prince  de 
Galles  devant  lui,  à  la  requeste  des  barons  de  Gascongne  ; 
et  comment  ceulx  qui  le  adjournercnt  furent  mis  en 
prison.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cclix-cclxi. 

452.  Comment  pluiseurs  seignem-s  hostagiers  s'en  retournè- 
rent en  France.  Comment  aucuns  barons  de  Gascongne 


[1309]        DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  xx-xx.  Ul 

desconfircnt  le  scneschal  de  Roiiergue.  Et  comment  le 
roy  d'Engleterre  fut  deffié  de  par  le  roy  de  France.  XV. 
Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccLxn-ccLxiv. 

453.  Comment,  après  la  deffiance,  la  conté  de  Ponthleu  fut 
prinse.  Du  grant  mandement  que  les  ducz  d'Anjou  et  de 
Berri  firent,  et  du  secours  que  le  roy  d'Engleterre  envoia 
au  prince  de  Galles,  son  fils.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  cli.  ccLxv-cci-xvir. 

454.  Gomment  le  prince  fist  courir  la  conté  de  Pieregord. 
Gomment  messire  Jehan  Ghandos  prinstTerrieres.  Com- 
ment Reauville  fut  assegié,  et  comment  l'arclievesque  de 
Thoulouse  converti  pluiseurs  gens  à  la  partie  du  roy  de 
France.  XVII. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  II,  ch.  cclxviii-cclxxi. 

455.  Gy  parle  du  mariage  du  duc  Phelippe  de  Bourgonone 
à  la  fille  du  conte  de  Flandres  :  des  aliances  du  roy  de 
Navarre  aux  Anglois.  Gomment  les  Anglois  qui  estoient 
en  garnison  à  Reauville  fiirent  tous  mors  ou  prins,  et  do 
pluiseurs  assaulz  fais  par  les  Franchois.  XVlîI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  ch.  ccLxxn-ccLxxv. 

456.  Comment  le  prince  de  Galles  fist  nouveauk  maistrcs 
sur  ses  gens  d'armes.  Du  seigneur  de  Labre th,  qui  se 
tourna  Anglois.  Gomment  la  garnison  de  Dommes  fu 
assegié ,  et  pluiseurs  villes  et  fortresses  prinses  par  les 
Franchois.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  T,  part.  II,  ch.  cclxxti-cci.xxix. 

457.  Comment  la  garnison  de  Bordille  fut  sourprinse  par 
grant  cautelle  des  gens  d'armes  qui  retournèrent  devers 
le  prince  de  Galles.  Comment  le  chastel  de  Belle  Perche 
fut  prins  et  aussy  la  ducesse  de  Bourbon,  qui  dedens 
estoit.  X.X 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cclxxx-cclxxxii. 

458.  Gy  fait  mention  d'un  grant  appareil  de  nefz  que  fist  le 
roy  de  France  alencontre  des  Anglois,  et  de  la  Roche 


H2  CRONICQUES  D'E^GLETERRE.  [1360] 

sur  Yon  qui  se  tourna  Anglesse  :  et  du  duc  de  Bourgon- 
gne,  qui  se  vouloit  combatre  encontre  le  duc  de  Lan- 
clastre.  XXî. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cîi.  ccLxxxm-ccLXxxvi. 

459.  Cy  paille  des  maulx  que  messire  Jelian  Chandos  fist  en 

Anjou.  Comment  messire  Lois  de  Sanxerre  desconfi  le 

conte  de  Pennebrocli,   et  du  secours  que  messire  Jehan 

Chandos  fist  au  dit  conte  de  Pennebroch.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccLxxxvrr-ccLXXxix. 


Cv  Une  le  chincquiesnie  livre  de  ce  second  volume ,  et  s'ensleult 
le  VI°  livre. 


[i:j69-70]      DEUXIEME  PARTIE,  LIVRE  VI,  i-iv.  HZ 


LIVRE    VI. 


460.  Cy  commence  le  VP  et  derrenier  livre  de  ce  second  vo- 
lume des  Cronicques  d'Engleterre,  qui  contient  en  soy 
XXIX  chappitres  :  le  premier  desquels  dist  comment  le 
conte  de  Pennebrocq  et  ses  gens  s'en  retournèrent  de- 
vers messire  Jehan  Chandos;  comment  la  noble  royne 
trespassa  de  ce  siècle,  et  comment  elle  requist  au  roy 
Edouard,  son  mary,  qu'il  lui  volsist  accorder  trois  dons. 

Chapitre  I. 
Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxc-ccxcii. 

461 .  Comment  lesFranchois  furent  vaillamment  receuz  des 
Anglois  à  l'escarmuche  de  Tournehem.  Comment  le 
duc  de  Bourgongne  se  parti  de  là  sans  combatre,  et  du 
pais  qui  tut  ars  et  gasté  par  les  Anglois.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxciii-ccxcv. 

462.  Comment  la  conté  de  Saint  Pol  et  le  pais  de  Vermen- 
dois  furent  gastez  par  les  Anglois.  Comment  messire  de 
Chastillon  fut  prins,  et  de  l'escarmuche  que  messire  Jehan 
Chandos  fist  à  ceulx  de  Saint  Silvin.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccxcvi-ccxcvm. 

463.  Comment  messire  Jehan  Chandos  fut  occis,  et  ses  gens 
prins  et  desconfis  par  les  Franchois;  derechiefles  Fran- 
chois  furent  reprins  par  les  Anglois,  en  ce  mesme  jour:  et 
des  plaintes  que  les  Anglois  firent  sur  la  mort  de  mes- 
sire Jehan  Chandos,  seneschal  de  Poitou.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  ccvcix-ccci. 

I  8 


iik  CROKICQUES  D'E^GLETERRE.  [1370] 

464.  Comment  Chasteaulerau  fut  prins  parles  Franchois,et 
le  chastelde  Belle  Perche  assegié  par  le  duc  de  Bourbon. 
Et  comment  la  g-arnison  Englesse  emmenèrent  av«c  eulx 
la  mère  au  dit  duc  de  Bourbon,  comme  prisonnière.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccii-cccv. 

465.  Comment  Franchois  entrèrent  dedans  Belle  Perche  :  et 
comment  le  roy  de  France  envoia  le  duc  d'Anjou  en 
Acquitaine,  pour  faire  grant  guerre  aux  Anglois.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  et.  cccvi-cccvm. 

466.  Comment  messire  Bertran  de  Claicquin  revint  d'Es- 
paigne  en  France.  Comment  le  duc  d'Anjou  exploita  en 
Languedoc  ;  et  comment  le  duc  de  Berri  assiega  la  cité 
de  Limoges.  ^11. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  cb.  cccix-cccx. 

467.  Comment  le  prince  de  Galles  fist  grant  mandement  de 
gens,  et  comment  il  se  parti  d'Angoulesme  pour  obvier 
aux  entreprinses  des  ostz  Franchois.  VIIL 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  cccxi. 

468.  Des  trêves  qui  fui'eut  entre  Escoche  et  Engleterre.  Des 
Anolois  qui  gastoient  Piccardie.  De  ceulz  de  Noion  qui 
prindrent  les  Anglois  qui  avoient  ars  le  Pont  l'Evesque. 
Et  comment  messire  Bertran  de  Claicquin  fut  mandé  du 
roy  de  France.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  cli.  cccxn-cccxv. 

469.  Comment  ceulx  de  Limoges  se  rendirent  au  duc  de 
Berri.  Et  comment  messire  Robert  Canolle  vint,  atoute 
sa  puissance,  devant  la  cité  de  Paris.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxvi-cccxviii. 

470.  Comment  messire  Bertran  de  Claicquin  prinst  plui- 
seurs  chasteaulx,  ou  pais  deLimosin.  Comment  le  prince 
de  Galles  ardy  et  destruisy  la  cité  de  Limoges,  et  com- 
manda de  mettre  Fevesque  à  mort.  Et  comment  messire 
Bertran  de  Claicquin  fut  fait  connestable  de  France.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxix-cccxxii. 


[1370-72]     DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  v-xv.  115 

471 .  Comment  les  gens  de  messiie  Robert  de  Canolle  furent 
desconfis  par  messire  Bertran  de  Claicquin.  De  la  mort 
du  pappe  Urbain,  v^  de  ce  nom.  Et  comment  messire 
Urbain  *  de  Maruel  fut  prins  des  Anglois.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxxni-cccxxv. 

472.  Cy  parle  de  la  mort  à  Vaisné  filz  du  prince  de  Galles  : 
des  plaintes  qu'il  ot,  du  grand  obseque  qui  lui  fut  fait. 
Conmient  le  chastel  de  Montpaon  fut  prins  par  les  An- 
glois, et  de  la  garnison  qui  y  fut  mise.  XIII. 

Cf.  Fr,,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxxvi-cccxxix. 

Le  jeune  Edouard,  fils  aîné  du  prince  de  Galles,  mort  en  1371, 
à  l'âge  d'environ  sept  ans,  fut  vivement  regretté,  dit  Wavrin, 
«  par  touttes  manières  de  gens.  Sy  disoient ,  communément,  que 
à  sa  mort  avoit  beaucoup  perdu  ;  car  il  estoit  aparant  d'estre  preu 
et  vaillant  chevalier.  Car  de  l'eage  qu'il  avoit  en  veoit  on  grandes 
expériences,  car  il  estoit  large,  courtois  et  amiable  à  toutes  gens, 
tant  aux  gentilz  comme  aux  villains,  et  au  povre  comme  au  riche  ; 
pourquoy  il  fut  grandement  plaint.  » 

473.  Comment  les  garnisons  franchoises  gastoient  le  pais 
de  Poitou.  Comment  le  sire  de  Pons  se  tourna  Fran- 
chois,  mais  sa  femme  se  tint  Angloise.  Et  comment  Mon- 
contour,  en  Bretaigne,  fut  prinse.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxxx-cccxxxii, 

474.  Comment  messire  Bertran  de  Claicquin,  connestable  de 
France,  prinst  pluiseurs  villes  et  chasteaulx  en  France. 
De  ceulz  d'Uzez  qui  se  rendirent  à  lui.  Du  discord  qui 
fut  entre  le  roy  d'Engleterre  et  messire  Robert  Canolle. 
Des  Flamens  qui  furent  desconfiz  sur  mer  par  les 
Anglois.  XV, 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxxxiu-cccxxxv. 

475.  Comment  le  roy  d'Engleterre  mist  gians  gens  sur  mer 
contre  les  Flamens,  et  de  la  paix  qui  en  fut  faitte.  Com- 
ment le  roy  de  Malogres  fut  renchonnë  du  roy  Henri. 

1 .  Froissart  met  Raymon  de  Mareuil, 


116  CRONICQUES  D^ENGLETERRE.  [137'i-73] 

Comment  le  duc  de  Lanclastre  espousa  la  fille  au  roy 
dom  Piètre  :  et  des  confédérations  d'entre  France  et 
Espaigne.  _  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxxxvi-cccxxxix. 

476.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  ordonna  gouverneurs 
en  Gulenne.  Comment  le  roy  d'Engleterre  fist  le  conte 
de  Pennebrocq  en  gouverneur  de  Poitou.  Comment  le 
conte  se  parti  d'Engleterre  pour  y  aler,  et  comment  les 
Espaignolzlecombatirent  au  havre  delà  Rochelle.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxl-cccxxti. 

477.  Comment  îe  seneschal  de  la  Rochelle  et  aultres  vail- 
lans  hommes  alerent  secourir  le  conte  de  Pennebrocq, 
quand  ilz  veirent  que  ceulx  de  la  ville  n'y  vouloient  aler. 
Comment  le  dit  conte  fut  prins  et  ses  gens  desconfis  :  et 
comment  les  Espaignols  se  partirent  du  havre  de  la 
Rochelle.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxLm-cccxLv, 

478.  Comment  Yvain  de  Galles  desconfi  les  Anglois  del'isle 
de  Grenessie.  Comment  le  roy  de  France  envoia  en  Es- 
paigne quérir  gens  d'armes  pour  assegier  la  Rochelle  :  et 
comment  messirc  Bertran  de  Claicquin  et  ses  gens  prin- 
drent  le  chastel  de  Montmorillon.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxLvi-cccxLvnr, 

479.  Comment  le  connestable  de  France  assiega  Montcon- 
tour.  Comment  il  s'en  parti  pour  aler  devers  le  duc  de 
Berri  en  Liniosin.  Comment  ils  prindrent  Sainte  Sevré  : 
et  comment  la  cité  de  Poitiers  se  rendy  Franchoise.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  <h.  cccxlix-cccli  ;  et  t.  VI,  ch.  DCLXvni 
de  la  1"  édit.  de  M,  Buchon. 

480.  Comment  les  Franchois  prindrent  le  captai  de  Beuch 
devant  Subise.  Comment  ceulx  de  la  Rochelle  se  rendi- 
rent Franchois.  Et  conmient  le  rov  d'Engleterre  se  mist 
en  mer  pour  venir  lever  le  siège  de  ïhouars.  XXI. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLxxx-DCLxxrii,  1"  édit.  de  M.  B. 


|4373]     DEUXIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xvi-xxvii.  H7 

■481.  Comment  messire  Bertrau  de  Claicqiiin  assiega  la  ville 
et  chastel  de  Cisez.  Comment  les  Anglois,  qui  estoient  là 
venus  pour  escarmucliier,  furent  ruez  jus  :  et  comment  le 
pais  de  Poitou,  deSaintongue  et  de  la  Rochelle  fut  déli- 
vré des  Analois.  XXII. 
Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLXxiv-DCLXXVi,  1"  édit.  de  M.  B, 

482.  Cy  parle  du  siège  de  Betherel;  de  la  paix  d'entre  le 
roy  de  France  et  le  roy  de  Navarre  ;  de  la  mort  du  roy 
d'Escoce  ;  comment  le  duc  de  Bretaigne  s'enfui  en  En- 
gleterre  à  refuge,  et  comment  le  connestable  de  France 
concqueroit  sa  ducee.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLxxvii-DCLxxix,  1"  édit.  de  M.  B. 

483.  Comment  la  Roche  surYon  se  rendy  Franchoise.  De 
la  composition  que  les  garnisons  Englesses  de  Brest  et 
de  Derval  firent  au  connestable  de  France.  Et  comment 
messire  Robert  de  Canolle  ne  vault  entretenir  ce  que  ses 
gens  avoient  promis.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLXXix-DCLXXxi ,  1"  édit.  de  M.  B. 

484.  Comment  pluiseurs  Anglois  furent  desconfis  du  sei- 
gneur de  Bossut,  devant  le  chastel  de  Ribeaumont  :  et 
comment,  aussy,lesembusches  et  garnisons  des  Soisson- 
nois  desconfirent  pluiseurs  aultres  Anglois  devant  la  ville 
de  Doncherie .  XXV . 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLxxxn-DCLxxxiv,  1"  édit.  de  M.  B. 

485.  Cy  parle  des  hostaiges  que  ceulx  de  Derval  avoient 
baillié  aux  Franchois  ;  comment  messire  Robert  Canolle 
ouvra  de  ses  prisonniers,  et  comment  le  duc  de  Lan- 
clastre  se  maintint.  XXVI. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLXXxv-DCLXxxvn,  1"  édit.  de  M.  B. 

486.  Comment  pluiseurs  villes  et  chasteaulz  de  Gascongne 
se  rendirent  au  roy  de  Franche.  Comment  messire  Hue 
de  Chastlllon  retourna  de  prison,  et  comment  le  chastel 
de  Batherel,  en Northmandie ,  se  tourna  Fra nchois . XXV f  I . 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  DCLXxxvin-DCxci,  1"  édit.  de  M.  B. 


418  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1374-76] 

487.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  arriva  en  Bretaigne,  où 
il  prinst  plusieurs  villes  et  chasteaulz  par  force  ;  et  des 
trêves  qui  furent  accordées  entre  le  roy  d'Engleterre  et 
le  roy  de  France,  et  tous  leurs  allez.  XXVIIl. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  Dcxci-Dcxcn,"l"  édit.  de  M.  B. 

488.  Cy  parle  de  la  chevaulchié  que  le  seigneur  de  Couchy 
mena  en  Otherice ,  de  la  mort  du  prince  de  Galles,  et 
aussy  du  trépas  de  son  père,  le  roy  Edouard  d'Engle- 
terre. XXIX. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  Dcxcn,  1"  édit.  de  M.  B. 

Cy  fine  le  second  volume  des  Cronicques  d'Engleterre. 


ANCHIENNES 

CRONICQCES  D'ENGLETERRE. 
TROISIÈME  PARTIE. 

LIVRE   PREMIER. 

489.  Cy  commence  le  tierch  volume  des  Cronicques  d'En- 
gleterre,  lequel,  pareillement  comme  les  deux  premiers, 
contient  en  soy  VI  livres  particuliers  :  le  premier  desquelz 
comprent  XXIII  chappitres  partiaulx.  Ou  premier  chap- 
pitre,  il  declaire  le  couronnement  du  roy  Richard,  filz  au 
noble  Edouard,  prince  de  Galles.  Chap.  I. 

Cf.  Fr.,  t,  VI,  ch.  Dcxcn,  !'<=  édit.  de  M.  B. 

490.  Cy  parle  du  grant  navire  que  le  roy  de  France  mist 
sur  mer  ;  comment  pluiseurs  villes  furent  destruites  en 
Engleterre,  et  comment  le  duc  de  Bourgongne  recouvra 
le  chastel  d'Ardre,  et  autres  chasteaulx  à  l'encontre  de 
Callais.  II. 

Cf.  Fr.,  t.  VI,  ch.  Dcxcnr,  1"  édit.  de  M.  B. 

491 .  Comment  la  guerre  commencha  entre  le  roy  de  France 
et  le  roy  de  Navarre.  Comment  le  dit  roy  de  Navarre 
perdy  la  conté  d'Evreulx,  fors  Chierebourg  seulement, 
que  les  François  assegerent.  Et  de  la  chevauchée  que  le 
duc  de  Lenclastre  fist  en  Bretaigne.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxcv. 

492.  Comment  le  chastel  d'Aulroy,  en  Bretaigne,  fut  rendu 


120  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [4377-79] 

aux  Francoys  ;  et  de  la  garnison  francoise  qui  fut  mise  à 
Montbourg.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  Il,  ch.  cccxcvi. 

493.  Comment  la  garnison  de  Chierebourg  desconfy  la  gar- 
nison de  Montbourg.  Comment  messire  Guillame  des 
Bordes  fut  prins  et  ra^nconné  :  et  de  la  prouvision  du  roy 
de  France  en  ce  cas.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  I,  part.  II,  ch.  cccxcvii. 

494.  Cy  fait  mention  comment  lesEscotz  prindrent  le  chas- 
tel  de  Bervic  ;  de  la  reprinse  par  les  Anglois  ;  et  d'un  ren- 
contre où  les  ditz  Anglois  furent  desconfiz.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xiii-xxi,  xxvra. 

495.  Cy  après  fait  mention  du  siège  que  Yvain  de  Galles 
mist  devant  le  chastel  de  Mortaigne,  en  Poitou,  et  de  sa 
mort.  VII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch,  xn,  xxx,  xxxin. 

496.  Comment  le  siège  fut  levé  de  devant  le  chastel  de 
Mortaigne  par  les  Anglois.  -  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xxxni-xxxv. 

497.  Comment  les  Anglois  de  Bordeaulx  ruèrent  jus  la 
gai'nison  de  Bezac  et  prindrent  le  chastel.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xxxviii. 

498.  Comment  le  roy  de  Navarre  arriva  à  Bordeaulx  sur 
Geronde,  et  de  ce  qu'il  y  list.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xxxviii-XLii. 

499.  Cy  devise  comment,  en  ensieuvantle  traitié  de  la  paix, 
les  noepces  se  parfirent.  Et  parle  du  seigneur  de  Muci- 
deut.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xlii-xi.iv. 

500.  Comment  le  roy  de  France  fut  courouchié  au  conte 
de  Flandres,  pour  ce  qu'il  avoit  soustenu  le  duc  de  Bre- 
taigne,  son  ennemy.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  xlv-xlvi. 


[1379-80]     TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  iv-xx.  121 

501.  Cy  devise  comment  le  jenne  conte  Waleran  de  Saint 
Pol  prinst  à  femme  la  sœur  au  roy  Richard  d'Engle- 
terre.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch,  xlvi-xlvii. 

502.  Comment  le  chastel  de  Ventadour,  en  Auvergne,  fut 
prins  par  les  Anglols.  Xl^. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  XLvn,  li. 

503.  Cy  commence  faire  mention  en  brief  de  la  cause 
pourquoy  les  communes  de  Flandres  esmeurent  contre 
leur  seigneur  guerre.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lu,  lui  et  lv. 

504.  Cy  dist  comment  le  duc  de  Bretaigne  retourna  en  son 
pays  j  et  du  confort  que  le  roy  Richard  d'Engleterre  lui 
fist.  XYI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ux. 

505.  Comment  messire  Bertran  de  Claiquin  mist  le  siège 
devant  Nœufchastel  de  Randon  qui  sied  à  trois  lieues  de 
la  cité  de  Mede,  et  là  il  morut.  X\II. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxiv-lxv. 

506.  Cy  fait  mention  comment  le  conte  de  Bouquinghem, 
oncle  du  roy  Richard  d'Engleterre,  se  mist  en  mer  à 
grant  puissance,  en  intention  de  faire  secours  au  duc  de 
Bretaigne  et  passer  parmy  le  royaulme  de  France  ;  et  des 
adventures  qu'il  eut  en  ce  voyage.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxv-lxvi. 

507.  Cy  fait  mention  des  chevaliers  qui  alerent  en  Allemai- 
gne  devers  le  roy  des  Rommains  requerre  sa  sœur  en 
mariage  pour  le  roy  Richard  d'Engleterre.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ixvi. 

508.  Comment  le  conte  de  Bouquinghem  et  les  Anglois 
vindrent  devant  la  cité  de  Troyes  en  Champaigne.   XX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  Lxvn. 

509.  Cy  fait  mention  comment  les  Anglois  vindrent  escar- 


122  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1380] 

muchier  au  bollewercq  devant  Troyes,  et  comment  ilz 
le  gaignerent  par  force  d'armes.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ixvn-LXix. 

510.  Cy  fait  mention  de  la  mort  du  roy  Charles  de 
France.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxx-lxxi. 

511.  Comment  les  Anglois  approchèrent  le  pays  de  Bretaigne, 
et  comment  le  duc  envoya  de  ses  gens  au  devant 
d'euk.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  Lxxn-Lxxni. 

Cy  fine  le  premier  livre  de  ce  tierch  volume  ets'ensievra  le  second. 


[1380-81]      TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  r-vi.  12^^ 


LIVRE    II. 


512.  Cy  commence  le  second  livre,  lequel  contient  en  soy 
XXVI  chappitres  :  le  premier  desquelz  parle  du  couron- 
nement du  jeune  roy  Charles  de  France,  filz  de  Charles 
le  Sage  deffunct.  Chap.  I. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxiv. 

513.  Comment  le  conte  de  Bouquinghem  assega  la  cité  de 
Nantes  en  Bretaigne.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxv. 

514.  D'une  autre  saillie  que  firent  ceulx  de  la  garnison  de 
Nantes  sur  les  Anglois.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxv-lxxvi. 

515.  Ycy  parle  d'une  saillie  que  aucuns  François  firent  sur 
les  Anglois.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxvi. 

516.  Ancores  d'une  autre  saillie  faite  par  le  Barrois  des 
Barres  sur  le  siège  des  Anglois.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxvi. 

517.  Comment  le  conte  de  Bouquinghem  et  les  Anglois  se 
deslogerent  de  devant  la  cité  de  Nantes.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxvi-lxxxi. 

518.  Cy  fait  mention  du  traitié  qui  se  fist  entre  le  roy  de 
France  et  le   duc  de  Bretaigne  :  du  mal  content  qui 


124  CRONICQUES  D'ENGLETEPJIE.  [1381] 

furent  entre  le  conte  de  Bouquinghem  et  le  dit  duc,   et 
du  département  des  Anglois.  VII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  lxxxii-lxxxiv. 

519.  Des  armes  qui  furent  faites  devant  le  chastel  Joselin  : 
et  comment  l'escuier  Francoys  y  fut  occys  par  l'An- 
glois.  VJII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  Lxxxv-cn. 

520:  Gy  fait  mention  comment  le  roy  de  Portingal  envoya 

quérir  secours  en  Engleterre  :  et  comment  le  roy  Richart 

d'Engleterre  y   envoya  son  oncle,  le  conte  de  Cante- 

bruge.  IX' 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ciu-cv. 

521.  Cy  fait  mention  du  menu  peuple  qui  s'esleva  en  En- 
gleterre, et  de  la  rébellion  :  et  du  péril  en  quoy  ilz  misrent 
le  royaulme,  se  Dieu  n'y  eust  pourveu.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cvi-cxi. 

522.  Comment  le  roy  Richard  d'Engleterre  se  party  de 
Londres  et  vint  parler  à  cette  communaulté.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxii-cxni. 

523.  Comment  le  commun  d'Engleterre  occirent  ung  vail- 
lant chevalier,  nommé  messire  Robert  Salle,  pour  ce 
qu'il  ne  vouloit  point  aler  avecques  eulx.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxiv-cxv. 

524.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  fut  à  mercy  de  la  ré- 
bellion qui  estoit  en  Engleterre  par  le  commun  alen- 
contre  des  nobles  et  du  clergier.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxvi-cwii. 

625.  Comment  le  roy  Richard  d'Engleterre  prinst  vengance 
du  menu  peuple  qui  s'cstoit  eslevé  en  son  pays,  et  com- 
ment il  les  pngny.  XIV. 
Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxviii. 

526.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  se  complaint  au  roy  de 
ce  que  messire  Mahieu  Rademont ,  cappitaine  de  Ber- 


[1381-82]     TROISIEME  PARTIE,  LIVRE  II,  vii-xxii.  425 

'     vich,  luy  avoit  refuse  l'entrée  de  ladite   ville  de   Ber- 
vich.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxix. 

527.  Cy  fait  mention  du  voyage  que  fist  le  conte  de  Cante- 
bruge  en  Portingal,  et  de  ce  qu'il  y  fist.  XVI. 

Cf.  Fr  ,  livre  II,  ch.  cxx-cxxvii. 

528.  Comment  ceulx  de  Paris  et  ceulx  de  Rouan  se  rebel- 
lèrent :  et  comment  le  roy  de  France  y  envoya  le  sei- 
gneur de  Gouchy  pour  les  rappaisier,  et  de  ce  qu'on  y 
fist.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxxvm,  cxxx-cxxxii. 

529.  Comment  madame  Anne,  sœur  au  roy  Charles  de  Be- 
haigne  et  des  Rommains,  fut  amenée  en  Engleterre,  et 
la  prinst  le  roy  Richard  à  femme  et  espouse.       XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxxxni. 

530.  Comment,  apresle retour  desBehaignois,  madame  Anne 
passa  la  mer.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxxxiv. 

531.  Comment  le  duc  d'Anjou  esleva  grans  finances  en 
France,  pour  avoir  gens  d'armes  pour  aler  en  Sesille.  XX, 

..Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxxxv-cxxxviii. 

532.  Cy  fait  mention  des  guerres  de  Portingal  et  d'Es- 
paigne,  où  furent  maintes  appertises  d'armes  par  les  An- 
glois  et  Gascons  qui  estoient  ou  service  du  roy  de  Por- 
tingal. XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxxxix. 

533.  Comment  les  Anglois  et  Gascons,  qui  estoient  en  gar- 
nison en  la  Ville  Viciouse,  alerent  courre  en  Castille  oultre 
la  voulenté  du  roy  de  Portingal.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxl-cxlii. 

534.  Comment  les  Anglois,  qui  estoient  en  garnison  à  Vi- 
ciouse, eslevei*ent  le  Penon  Saint  George,  et  volrent  faire 


126  CRONICQUES  D'EînGLEïERRE.  [1382] 

guerre  au  roy  de  Portingal,  pour  ce  qu'il  ne  les  payoit 
de  leurs  gaiges.  XXIU. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  cli.  cxlh-cxliv. 

535.  Gomment  les  deux  roys  d'Espaigne  et  de  Portingal 
vindrent  tenir  la  journée  et  place  ordonnée  et  conciute 
par  eulx,  cliascune  partie  à  toute  sa  puissance,  et  sy  s'en 
partirent  sans  eulx  combatre,  comme  vous  orez.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  cli.  cxxv. 

536.  Comment  la  paix  fut  faite  entre  les  deux  roys  dessus 
dits,  d'Espaigne  et  de  Portingal.  XXV. 

Cf.  Fr. ,  livre  II,  ch.  cxiv. 

537.  Cy  parle  d'un  fait  d'armes  qui  se  fist  à  Badeloce,  de 
deux  escuiers,  l'un  François  et  l'autre  Anglois.    XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxlvi,  cxivn  et  clhi. 


Cy  fine  le  second  livre  de  ce  tierch  volume  et  cominenche  après 
le  III. 


[1382]  TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  r-in.  127 


LIVRE    ÎIL 


538.  Cy  commence  le  IIP  livre  de  ce  tierch  volume,  conte- 
nant xLiii  chappitres  :  ou  premier  desquelz  il  fait  men- 
tion, en  brief,  de  la  guerre  que  les  Gantoys  firent  alen- 
contre  de  leur  seigneur  le  conte  de  Flandres.    Chap.  I. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  CLm-cLiv. 

539.  Cy  fait  mention  comment  les  Gantoys  desconfirent 
ceulx  de  Bruges,  et  comment  ilz  prindrent  Bruges  ;  et 
comment  le  conte  de  Flandres  se  sauva.  II. 

Cf.Fr.,  livre  II,  ch.  CLV-CLvrn. 

540.  Comment  le  conte  de  Flandres  se  party  de  nuit,  tout 
de  pyet,  de  la  ville  de  Bruges.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  clix,  clxi,  clxv-clxix  et  clxxiv. 

Ce  dernier  chapitre  de  Froissart  et  une  partie  du  précédent  con- 
tiennent le  récit  de  faits  dont  Wavrin  parle  fort  succinctement  ; 
nous  trouvons,  néanmoins,  dans  ce  dernier  un  passage  que  nous 
allons  citer  et  qui  est  omis  par  Froissart.  Charles  VI  allant  en  per- 
sonne secourir  le  comte  de  Flandres',  dont  les  sujets  s'étaient 
révoltés,  le  comte  partit  de  Hesdin  <c  et  lui  vint  à  lencontre  jusques 
à  l'abbaye  de  Saint  Nicolas  d'Arnoise,  qui  siet  en  pays  de  Verman- 
dois  :  et  là  fist  hommaige  au  roy  de  toutes  les  terres  qu'il  tenoit 
de  lui,  puis  après  s'en  vint  (le  roi)  à  Arras,  et  y  annva  le  un"  jour 
de  novembre  l'an  mil  iii'^  nu"  et  ii.  »  Tout  ce  qui  suit  ce  passage, 

1.  Louis  III  du  nom,  dit  de  Maie,  comte  de  Flandre,  Mort  en  138* 
[j^rt  de  vérifier  les  dates^  III,  20). 


428  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [4382] 

jusqu'à  la  bataille  de  Rosebecque,  se  retrouve,  à  peu  près  dans  les 
mêmes  termes,  dans  la  Chronique  de  Flandres ,  chap.  cxi,  p.  230, 
édition  de  D.  Sauvage. 

541.  Gy  fait  mention  comment  le  roy  de  France  eult  nou- 
velles de  la  rébellion  que  ceulx  de  Paris  firent.  IV, 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  CLXxxvn'  -cxci. 

542.  Cy  parle  d'une  grant  merveille  qui  advint  ceste  nuit 
en  l'ost  des  Flamens  dont  la  bataille  fut  lendemain,  que 
on  dist  de  Rosebecque.  V. 

Cf.  Fr,,  livre  II,  ch.  cxcn-cxcin. 

543.  Cy  devise  comment  les  F'rancoys  ordonnèrent  leurs 
batailles.  Yl. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxctv-cxcv. 

544.  Cy  parle  comment  les  troys  chevaliers  vindrent  faire 
leur  rapport  devers  le  roy  de  France,  et  comment  les 
batailles  commencèrent  à  marchier  Tune  contre  l'au- 
tre. VIL 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxcvi. 

545.  Gomment  le  roy  de  France  combaty  les  Flamens  à 
Rosebecque  et  les  descontist.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  cxcvn-cc,  ccnr. 

546.  Comment  le  pape  Urbain  se  party  de  Romme  et  vint 
à  Gennes,  et  de  ce  qu'il  y  fist.  IX. 

Cf.  F>.,  livre  II,  ch.  ccvri. 

547.  Comment  le  roy  d'Engleterre  fist  mettre  sus  grans 
gens  pour  passer  en  France,  mais  l'evesque  de  Nordvich, 
qui  en  estoit  en  chief,  ala  sur  Flandies,  où  moult  de 
maulx  se  firent.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccvii. 


1.  Les  douze  chapitres  qui  précèdent  celui-ci  ont  été  mis  à  contribu- 
tion par  Wavrin  dans  son  chapitre  in  ;  mais  il  le.5  a  si  sommairement 
abrégés  que  nous  n'avons  pas  cru  devoir  y  renvoyer  le  lecteur. 


[1383]         TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  iv-xviir.  129 

548.  Cy  fait  mention  comment  l'evesque  de  Nordvich  passa 
la  mer  et  vint  à  Gallays,  puis  priust  Gravelinghes  par 
force.  ][^£ 

Cf.  Fr.,  livre  II,  cli.  ccvn. 

549.  Comment  messire  Jehan  Villain  et  messire  Jehan  du 
Molin  furent  envoyés,  de  par  le  conte  de  Flandres, 
devers  l'evesque  de  Nordvich  qui  estoit  à  Gravelin- 
ghes. XIl. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  cli.  ccvn. 

550.  Comment  les  deux  chevaliers  dessus  nommés  arrivè- 
rent à  Gravelinghes  par  devers  les  Anglois,  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  cli.  ccvn. 

551.  Cy  fait  mention  comment  l'evesque  de  Nordvich  fist 
response  aux  deux  chevaliers  que  le  conte  Loys  avoit 
envoyés  par  devers  lui  à  Gravelinghes.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccvii-ccvni. 

552.  Cy  fait  mention  de  la  bataille  qui  fut  devant  Duu- 
querque,  où  les  Flamens  furent  descontis.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch,  ccviii-ccix. 

553.  Comment  les  Anglois  passèrent  par  devant  la  ville  de 
Aire.  XVI. 

Cf.  Fr,,  livre  II,  ch,  ccix. 

554.  Comment  l'evesque  de  Nordvich  et  les  Anglois  asse- 
gerent  Yppre.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccix-ccx. 

555.  Comment  le  roy  de  France,  à  moult  grant  puissance 
de  gens  d'armes,  acompaignié  de  ses  oncles  et  de  tous 
les  haulx  princes  de  France  et  alyés,  vint  vers  Flandres 
pour  combattre  les  Anglois.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch,  ccx. 

556.  Comment  nouvelles  vindrent  aux  Anglois,  quiestoient 
au  giege  devant  Yppre,  que  le  roy  de  France,  à  grant 
puissance  de  gens  d'armes,  avaloit  en  bas  pour  lever  le 


130  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1383-84J 

siège  d'Yppre  :   et  comment  les  Anglois  levèrent  leur 
siège.  XIX. 

o 

Cf.  Fr.,  livre  I[,  ch,  ccxï-ccxii. 

557.  Comment  le  roy  de  France  vint  devant  Bourbourch 
pour  assegier  les  Anglois  qui  s'estoient  dedens  re- 
traitz.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  II.  ch.  ccxii. 

558.  Comment  Francoys  Acreman,  gantoys,  prinst  Aude- 
narde  par  eschellement,  à  l'heure  de  mynuit.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxiii-ccxv. 

559.  Comment  les  Anglois  se  partirent  de  Bourbourch,  la 
ville  rendue  au  roy  de  France.  XXII. 

Cf.  Fr.,  li^re  II,  ch.  ccxv-ccxvi. 

560.  Comment  unes  trieves  furent  prinses  entre  France  et 
Engleterre,  Castille  et  ceulx  de  Gand,  laquelle  de  voit 
durer  ung  an  :  et  de  la  mort  du  conte  Loys  de  Flan- 
dres. XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxvi. 

561.  Cy  fait  mention  de  l'obsecque  du  conte  de  Flandres 
et  de  la  contesse  sa  femme.  XXIV. 

Cf.  Fr,,  livre  II,  ch.  ccxvii. 

562.  Comment  les  Anglois  alerent,  à  grant  puissance,  faire 
une  course  en  Escoche,  où  ils  firent  moult  de  dom- 
mage. XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  il,  ch.  ccxvm. 

563 «  Comment  les  Escochois  firent  une  course  en  Engle- 
terre,  ainsy  comme  les  Anglois  avoient  fait  en  Es- 
coche. XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxix. 

564.  Gomment  les  trieves  furent  prinses  entre  Engleterre  et 
Escoche.  XX  VU. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.   ccxix-ccxx. 

565.  Comment  messire   Geffroy  de  Charny  et  sa  compai- 


[1384-85]   TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xix-xxxvii.    131 

gnie   fuient  en  grant  daiigler ,  et  comment  il  en  es- 
chappa.  XXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxx. 

566.  Comment  la  ville  d' Ancien  aide  fut  leprinse  par  le 
seigneur  d'Estouinay  et  pluiseurs  autres  chevaliers  de 
Flandres.  XXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxi. 

567.  Cy  fait  mention  de  la  mort  du  duc  d'Anjou.     XXX. 
Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxir-ccxxiii. 

568.  Cy  fait  mention  de  l'armée  qui  se  mist  sus  en  France 
pour   aler  en  Escoclie,  laquelle  porta  peu  de  proutit. 

XXXI. 

Cf.  Fr.,  livre  II.  ch.  ccxxiv-ccxxv. 

569.  Cy  parle  d'une  course  où  lesFrancoys  furent  rués  jus 
des  Gantoys.  XXXIl. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxv-ccxxvii. 

570.  Comment  messire  Jehan  de  Vyane,  à  mille  chevaliers 
et  escuiers,  arriva  en  Escoche  pour  faire  guerre  aux 
Anglois.  IXXIIl. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxvni. 

671.  Gomment  les  Escotz  murmuroient  ensamble,  pour  les 
François  qui  estoient  venus  en  leur  pays.  XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxviii-ccxxxix. 

572.  Cy  fait  mention  de  l'armée  que  messire  Jehan  de 
Yyane  fist  en  Escoche,  et  comment  ilz  persévérèrent. 

XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxxv. 

573.  Comment  l'amiral  de  France  et  les  Escots  prindrent 
le  chastel  de  Werk,  en  Northumberland.  XXXVI. 

Cf.  Fr. ,  livre  II,  ch.  ccxxxv. 

574.  Comment  le  roy  Richard  d'Engleterre,  à  grant  exercite 
de  gens,  se  party  de  Londres  pour  aler  audevant  des 
Escotz.  XXXV II. 

Cf.  Fr.,  Uyre  II,  ch.  ccxxxv. 


132  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1385] 

575.  Comment  messire  Jehan  de  Hollande  ochist  piteuse- 
ment messire  Richaz^t  d'Estafoit,  fils  au  conte  d'Esta- 
fort.  XXXVIII. 

Cf.  P'r.,  livre  II,  ch.  ccxxxv-ccxxxvi. 

576.  Comment  le  roy  d'Engleterre  entra  en  Escoche,  et  de 
la  grant  destruction  qu'il  y  fist.  XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxxvt. 

577.  Cy  devise  comment  messire  Jehan  de  Vyane,  admirai 
de  France,  et  les  François  et  Escotz,  aloient  ardant  et 
exillant  le  pays  de  Galles  et  de  Northomberland.     XL. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxxvi-ccxxxvir. 

578.  Comment  et  pourquoy  l'armée  du  roy  d'Engleterre  se 
defist,  et  retournèrent  en  Engleterre.  XLI. 

Cf.  Fr.,  Uvre  II,  ch.  ccxxxvii. 

579.  Comment  l'amiral  de  France  et  les  Escotz  retournè- 
rent en  Escoche,  laquelle ilz  trouvèrent  pour  la  pluspart 
destruicte.  XLII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxxvn-ccxxxvjii. 

580.  Cy  fait  mention  comment  la  paix  fut  faicte  de  ceulx 
deGand,  en  la  ville  de  Tournay,  devers  le  duc  de  Bour- 
gongne  et  le  conte  de  Flandres.  XLIII. 

Cf.  Fr.,  livre  II,  ch.  ccxxxvm-ccxL. 


Cy  fine  le  IIP  livre  des  Cronicques  d'Engleterre,    et   commence 
le  quart. 


[1385]  TROISIÈÏME  PARTIE,  LIVRE  IV,  i-vi.  133 


LIVRE    IV. 


581.  Cy  commence  le  IY<'  livre  de  ce  tiers  volume, 
lequel  contient  en  soy  li  chappitres.  Ou  premier  chappi- 
tre  il  commence  à  parler  des  guerres  d'Espaignes  et  de 
Portingal.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  ii. 

582.  Comment  les  Portin^allois  esleurent  et  couronnèrent 
à  roy  Jehan,  frère  du  roy  Ferrant,  desraintrespassé,  II. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli,  m. 

583.  Comment  le  roy  Jehan  de  Castille  envoia  son  am- 
baxade  en  Portingal,  et  de  la  responce  qu'ilz  euient.    III, 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  iv. 

584.  Comment  le  roy  Jehan  de  Castille  fist  deffier  le  roy 
de  Portingal ,  et  comment  il  assega  la  cité  de  Lise- 
bonne.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  iv. 

585.  Cy  fait  mention  des  messages  au  roy  Jehan  de  Por- 
tinoal,  comment  ilz  arrivei^ent  en  En"leterre  devers  le 
duc  de  Lenclastre.  ,  V. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xvni. 

586.  Du  grant  parlement  qui  se  fist  à  Westmoustier.      Vl 
Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xviii. 

587.  Comment  le  conte  de  Foix  cuida  destourner  aux  ba- 


134  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1385] 

rons  et  chevaliers  de  son  pays  de  Bierne  d'aler  eu  Cas- 
tille.  ^  VIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xviii. 

588.  Comment  les  chevaliers  de  Bierne  et  de  France  arri- 
vèrent vers  le  roy  de  Castille.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  xix. 

589.  Comment  trois  grosses  nefz  chargiés  d'Anglois  entrè- 
rent au  port  de  Lisebonue.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xix. 

590.  Comment  le  roy  de  Portingal  se  party  de  Lisebonue 
pour  aler  à  Jubei'ot  conibatre  le  roy  Jehan  de  Castille.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xix. 

591.  Cy  parle  du  rapport  que  feirent  les  Portiugallois  cou- 
reurs au  roy  de  Portingal,  et  de  Fordonnauce  du  lieu 
où  ilz  dévoient  combatre.  XL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xix. 

592.  Du  rapport  que  feirent  les  chevaulcheurs  du  roy  de 
Castille.  XIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xix. 

593.  Comment  le  roy  de  Castille  fist  ses  ordonnances  de 
batailles.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xix. 

594.  Cy  devise  comment  les  François  de  l'advangarde  du 
roy  de  Castille  finent  desconfis,  mors  et  prins  par  les 
Portiupallois  et  Anolois.  XIV. 

Cf.  Fr.,  hvre  III,  ch.  xx. 

595.  Comment  le  roy  Jehan  de  Castille  s'approcha  de  Ju- 
berotes  pour  combatre  le  roy  de  Portingal.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  xx. 

596.  Comment  le  roy  de  Portingal  desconfist  le  roy  de 
Castille  à  Juberoles,  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  TU,  ch.  xxi. 


[1383-80]     TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  vii-xxvi.       •!  35 

597.  Comment  le  roi  Jehan  de  Castille  se  parti  de  Jube- 
rottes  et  s'en  ala  à  sauveté  à  Saint  Yraln.  XYII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  xxi-xxii. 

598.  Cy  fait  mention  de  pluiseurs  places  qui  furent  conc- 
quises  des  François  sur  les  Anglois  au  pays  de  Thou- 
lousain.  XYIIl. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxm. 

599.  Cy  parle  de  pluiseurs  fortresses  prinses  par  les  Fran- 
çois sur  les  Anglois.   -  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxm. 

600.  Cy  parle  de  aucunes  adventures  d'entre  les  Castillains 
et  Portingallois.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxvin. 

601.  De  Tambaxade  dePortingal  qui  ala  en  Engleterre,  de- 
vers le  roy,  querre  secours.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxix. 

602.  De  la  venue  des  ambaxadeurs  Portingallois  en  Engle- 
terre.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxix. 

603 .  Des  demandes  que  le  [duc]  de  Lanclastre  fist  aux  am- 
baxadeurs Portingallois  et  de  leurs  responces.       XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxrx. 

604.  Cy  fait  mention  du  service  du  roy  de  Portingal.  XXIV. 
Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxix-xxxn. 

605.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  et  le  conte  de  Cante- 
bruge,  son  fiere,  se  devisèrent  ensamble  sur  les  nou- 
velles qu'ils  avoient  de  Portingal  oyes.  XXV. 

Cf.  Fr,,  livre  III,  ch.  xxxn. 

606.  Comment  le  grant  maistre  de  Saint  Jacque  et  Lauren- 
tien  Fougace  recorderent  au  roy  de  Portingal  ce  qu'ilz 
avoient  exploitié  devers  le  roy  d'Engleterre  et  ses  on- 
cles. XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxn. 


136  CROKICQUES  D'ENGLETERRE.  [1386] 

607.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  entra  en  mer,  à  grant 
puissance  de  gens  d'armes  et  de  trait,  pour  aler  en  Por- 
tingal.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxii. 

608.  Comment  les  barons  et  chevaliers  de  France  arrivè- 
rent en  Castille  ;  et  comment  le  roy  Jehan  les  recheupt 
liement.  XXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxu. 

609.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  et  ses  gens  prindrent 
port  à  Brest,  en  Bretaigne;  et  comment  ilz  assaillirent 
les  bastilles.  XXIX. 

Cf.  Fr,,  livre  III,  ch.  xxxm. 

610.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  et  ses  gens  prindrent 
port  à  Quenouille;  et  de  François  qui  entrèrent  ou 
chastel  de  la  dite  ville.  XXX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxiii. 

611.  Comment  le  Barrois  des  Barres,  et  les  François  qui 
estoient  en  garnison  à  la  Quenouille,  ruèrent  jus  les  four- 
ragiers  des  Anglois.  XXXI. 

Cf.  Fr. ,  livre  III,  ch.  xxxiii. 

612.  Comment  la  ville  de  Saint  Jacque  en  Gallice,  qu'on 
dist  Compostellc,  se  rendy  au  duc  de  Lanclastre.  XXXII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxiv. 

613.  Comment  la  garnison  des  François  qui  estoient  à  la 
Quenouille  s'en  partirent,  et  alerent  devers  le  roy  de 
Castille:  et  du  conseil  qu'ils  lui  donnèrent.        XXXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxiv-xxxv. 

614.  Cy  fait  mention  du  grant  appareil  que  fist  le  roy  de 
France  à  Lescluse,  en  Flandres,  pour  passer  en  Engle- 
terre.  XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxv-xxxvi. 

615.  Comment  le  roy  Richard,  ses  oncles  et  leurs  consaulx, 


[1;î86]     troisième  partie,  livre  IV,  xxvii-xLiv.  4  37 

eurent  ensamble  advis  et  conseil  pour  obvier  à  leutre- 
prinse  du  roy  de  France,  leur  enueniy.  XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxvi-xxxvii. 

616.  Cy  parle  de  la  venue  du  duc  de  Lanclastre  ou  port  de 
la  Quenouille,  en  Gallice.  XXXVI, 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxviii. 

617.  Gomment  le  marescal  de  l'ost  au  duc  de  Lanclastre 
prinst,  par  traitié,  la  ville  de  Ruelles  en  Gallice.  XXXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  xxxviii. 

618.  Comment  ledit  marescal  du  duc  de  Lanclastre  assailly 
la  ville  de  Villopes,  en  Gallice,  laquelle  se  rendy  en  ce 
meismes  jour.  XXXVIII, 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxix. 

619.  Du  conseil  que  baillèrent  au  duc  de  Lanclastre  les 
Anglois  et  les  seigneurs  qui  avec  lui  estoient,    XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxix. 

620.  Comment  les  seigneui's  dessus  nommés  se  ordonnèrent 
pour  partir  de  Saint  Jacque,  atout  cent  lances  et  deux 
cens  archiers.  XL. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xxxix-xl. 

621.  Comment  les  chevaliers  de  France  resconfortoient  le 
roy  de  Castille  ce  qu'ilz  povoient.  XLI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xl. 

622.  Comment  le  roy  de  Grenade  envoya  son  ambaxade 
devers  le  roy  Jehan  de  Castille.  XLIL 

Cf.  Fr,,  livre  III,  ch.  xl. 

623.  Cy  parle  ung  petit  de  la  grant  armée  et  assamblee  que 
le  roy  de  France  faisoit  à  l'Escluse  pour  aler  en  Engle- 
terre.  XLIII, 

Cf.  Fr.,  livre  III,  qh.  xl. 

624.  Comment  le  roy  de  Portingal  et  le  duc  de  Lanclastre 
se  trouvèrent  ensamble,  et  de  leurs  devises.  XLIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xli. 


138  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1386] 

625.  Du  grant  disner  que  le  duc  de  Lanclastre  donna  au 
roy  de  Portingal  ;  et  de  Tacord  du  mariage  de  madame 
Philippe ,  fille  au  dit  duc ,  au  dit  roy  de  Portingal.  XLV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xli. 

626.  Comment  le  marescal  du  duc  de  Lanclastre  vint 
mettre  le  siège  devant  la  ville  de  Pont  Vrede.      XLVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xli-xlii. 

627.  Comment  ceulx  de  la  ville  de  Pont  Vrede  se  misrent 
en  Tobbeyssance  du  duc  de  Lanclastre.  XL  VU. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlh. 

628.  Comment  ceulx  de  la  ville  de  Digho  s'en  rendirent  au 
marescal  du  duc  de  Lanclastre.  XLVIU. 

Cf.  Fr.,  Uvre  III,  ch.  XLir. 

629.  Comment  ceulx  de  la  ville  de  Bayonne  en  la  MaioUe, 
séant  ou  pays  de  Gallice,  firent  obeyssance  au  marescal, 
pour  et  ou  nom  du  duc  de  Lanclastre.  XLIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xliii. 

630.  Comment  les  Anglois  entrèrent  en  la  ville  de  Bayonne 
en  la  Mayole  ;  et  comment  ilz  prindrent  le  chemin  vers 
la  ville  de  Ribodane.  L. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xliii. 

631.  Cy  fait  mention  du  grant  assault  que  firent  les  Anglois 
devant  la  ville  de  Ribodane  en  Gallice.  LL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xliii. 

Cy  jirent  fin  le  quatriesme  livre  de  ce  tiercli  volume  et  s'ensieult 
le  chinquitsnie. 


[1386]  TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  i-v.  139 


LIVRE   V. 


632.  Cy  commence  le  Y^  livre,  lequel  contient  en  soy 
xLii  *  chappitres  parciaux,  ou  premier  desquelz  il  fait  men- 
tion de  la  complainte  que  fist  le  roy  Jehan  de  Castille 
aux  chevaliers  francois  des  Anglois  qui  ainsy  lui  destrui- 
soient  sa  terre  de  Gallice  :  et  du  resconfort  que  lesdis 
seigneurs  lui  baillèrent.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xliv. 

633.  Cy  fait  mention  du  département  que  fist  le  roy  de 
France,  de  Senlis  ,  pour  venir  en  Flandres  :  et  aussy  du 
partement  du  duc  de  Bourgongne  pour  venir  en  la  com- 
paignie  du  roy.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cb.  xliv. 

634.  Comment  le  roy  de  France,  avec  lui  ses  deux  oncles 
Bourgongne  et  Bourbon,  et  tous  les  autres  princes,  arri- 
vèrent en  la  ville  de  Lille  en  Flandres.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xliv. 

635.  Cy  fait  mention  des  besongnes  et  apparaulx  qui  se 
faisoient  parmy  Engleterre  pour  recepvoir  les  Fran- 
çois. lY. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlv. 

636.  Comment  messire  Simon  Burlé  parla  à  ceulx  de  Can- 
torbie,  et  de  la  responce  qu'ils  lui  firent.  Y. 

Cf.  Fr,,  livre  III,  ch.  xlv. 

4 .  Le  manuscrit  porte  lxvi  :  nous  croyons  devoir  corriger  cette  erreur. 


UO  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [4386] 

637.  Cy  fait  mention  de  la  venue  du  roy  de  France  à 
l'Escluse,  pour  passer  en  Engleterre.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  m.v, 

638.  Comment  le  roy  d'Ermenie  passa  en  Engleterre,  espé- 
rant de  aucun  traitiet  trouver  entre  les  deux  roys  de 
France  et  d'Engleterre  :  et  de  la  requeste  qui  lui  fut 
faîte.  VIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlat. 

639.  Comment  le  duc  de  Berry  se  mist  à  chemin  pour  venir 
en  Flandres  :  et  comment  messire  Olivier  de  Clichon, 
connestable  de  France,  se  party  de  Bretaigne  :  et  de  ce 
qui  advint  sur  mer  par  fortune.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlvi. 

640.  Des  devises  que  le  roy  de  France  fist  à  son  connestable  : 
et  du  commun  de  Bruges  qui  s'esmut  alencontre  des 
François,  lequel  appaisa  le  seigneur  de  Guistelle.       IX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xi.vi. 

641.  Cy  parle  de  la  venue  du  duc  de  Berry  à  l'Escluse.  X. 
Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xLvn, 

642.  Comment  le  duc  de  Berry  rompy  l'armée  qui  devoit 
passer  en  Engleterre.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xLvn. 

643.  Cy  parle  du  grant  couroux  que  eurent  les  seigneurs 
quant  ilz  veyrent  que  l'armée  estoit  ainsy  rompue.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlmii. 

644.  Cy  parle  d'une  grant  feste  que  le  roy  Richard  d'En- 
gleterre fist  à  Londres,  à  laquelle  furent  la  pluspart  de 
la  chevalerie  du  royaulme,  et  y  fist  le  roy  trois  ducz.  XIIL 

Cf.  Fr.,  HvrellI,  ch.  xlviii. 

645.  Cy  fait  mention  de  ung  merveilleux  et  pieteux  cas 
qui  advint  ou  pays  du  Perche.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xlviii-xlix. 


[1386]       TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  vi-xxiv.  Ul 

646.  Cy  parle  des  complaintes  que  la  dame  de  Karonge 
fist  à  son  mai  y,  de  la  violence  que  faite  lui  avoit  Jaques 
le  Gris.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  xlix. 

647.  Du  champ  qui  fut  fait,  devant  le  roy  de  France,  de 
messire  Jehan  de  Karonge,  appellant,  et  de  Jacques  le 
Gris,  deffendaiît.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xiix. 

648.  Cy  parle  de  la  mort  du  roy  Pierre  d'Arragon.    XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  l. 

649.  Comment,  après  le  trespas  du  roy  Pierre  d'Arragon, 
le  duc  de  Lanclastre  envoya  l'evesque  de  Bordeaulx  de- 
vers les  enfans  dudit  roy,  à  Barselonne.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  l. 

650.  Comment  aucunes  gens  d'armes  routtiers ,  à  cause  de 
l'arrest  fait  en  l'archevesque  de  Bordeaulx,  firent  guerre 
à  ceulx  de  Barselonne  et  d'Arragon.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  l. 

651 .  Comment  Rannon  de  Baghez,  chevalier,  fist  par  sa  sub- 
tilité ruer  jus  ceulx  de  la  garnison  d'Alten.  XX. 

Cf.  Fr.,  hvrelll,  ch.  l. 

652.  Comment  Jehan  de  Bretaigne  fu  mys  hors  de  la  pri- 
son où  il  estoit,  en  Engleterre.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lu. 

653.  Cy  fait  mention  d'une  grant  taille  qui  fut  eslevee  en 
France  pour  aler  enCastille,  alencontre  des  Anglois.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lu. 

654.  Comment  le  duc  de  Bourbon  fut  esleu,  de  par  le  roy 
de  France,  souverain  cappitaine  pour  aler  en  Castille. 

XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lui. 

655.  Comment  les  Anglois  assaillirent  les  Flamens,  sy  les 
desconfirent  assez  près  de  TEscluse.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  liii-liv. 


442  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1386] 

656.  Comment,  après  ce  qae  les  Anglois  ement  desconfy  et 
prins  le  navire  de  Flandres,  ilz  retournèrent  à  Londres, 
où  ilz  furent ^recheuz  à  grant  joye,  XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  liv. 

657.  Icy  retourne  à  la  matière  des  adventures  d'Espaigne. 

XXVI. 

Cf.  Fr.,  llvrelll,  ch.LV. 

658.  Comment  ceulx  de  la  ville  de  Ribodane  se  deffendi- 
rent  vaillamment  contre  les  Anglois.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lv. 

659.  Des  nouvelles  qvie  le  roy  de  Castille  dist  à  ses  gens. 

XXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  LV. 

660.  Comment  le  Barroys  des  Barres,  atout  chinquante 
lances,  se  mist  en  garnison  dedens  la  ville  et  chastel  de 
Roye.  XXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  LV. 

661.  Comment  la  ville  de  R.ibodane  ftit  prinse  de  force  par 
les  Anglois.  XXX. 

Cf.  Fr,,  livre  ni,  ch.  lv. 

662.  Comment  les  Anglois  se  partirent  de  Ribodane  et  s'en 
alerent  devant  Maures,  en  Gallice.  XXXI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lv. 

663.  Comment  ceulx  de  Maures  se  rendirent  en  Tobeissance 
du  duc  de  Lanclastre.  XXXII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lv. 

664.  Comment  le  connestable  et  le  marescal  du  duc  de 
Lanclastre,  avec  eulx  leurs  gens,  retournèrent  devers  le- 
dit duc,  leur  seigneur,  qui  les  avoit  mandés.    XXXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lvi. 

665.  Cy  fait  mention  comment  le  roy  Jehan  de  Portingal 
espousa  Phelippe  de  Lanclastre,  fille  au  duc  Jehan  de 
Lanclastre,  sollennelement,  en  la  cité  de  Port  en  Por- 
tingal. XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  i.vi. 


[I38C]       TROISIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  xxv-xlii.  145 

666.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  et  la  ducesse  vindrent 
devant  Besances  ;  et  du  i  espit  qu'il/,  donnèrent  à  ceulx 
de  la  ville.  XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lvn. 

667.  Comment  la  ducesse  de  Lanclastre,  par  le  commende- 
ment  de  son  mary  le  duc,  ala  veoir  sa  belle  fille,  la  royne 
de  Portingal.  XXXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  HT,  ch.  Lvir-Lvni. 

668.  Comment  ceulx  de  Besances  se  rendirent  et  firent 
obéissance  au  duc  de  Lanclastre.  XXX Vil. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  lyiii. 

669.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  fut  infourmé  que  grant 
foison  francoys  venoient  au  secours  de  son  adversaire 
le  roy  Jehan  de  Castille.  XXX VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  lyiii. 

670.  Comment  messire  Gautier  de  Pasacq  vint  devers  le 
conte  de  Foys  requerre  passage  pour  aler  en  Espaigne,  et 
de  la  responce  du  conte.  XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  xvin. 

671.  Comment  messire  Regnault  de  Roye  requist  à  faire 
armes  contre  messire  Jehan  de  Hollande.  XL. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lix. 

672.  Gomment  messire  Jehan  de  Hollande,  connestable  de 
l'ost  au  duc  de  Lanclastre,  et  messire  Regnault  de  Roye 
firent  armes  à  Besances,  devant  le  roy  de  Portingal  et  le 
duc  de  Lanclastre.  XLl. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lix. 

673.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  et  le  roy  de  Portingal 
concliuent  eusanible  de  ce  qu'ilz  avoient  affaire.    XLIJ. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lx-lxi, 

Cy  fine  le  V°  livre  de  ce  tierch  volume,  et  commence  le  VI", 


444  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [4  386-87] 


LIVRE    VI. 


674.  Cy  commence  le  VP  livre  de  ce  tierch  volume,  conte- 
naat  en  soy  xv  chappiires  parciaux;  ou  premier  desquelz 
il  parle  du  conseil  que  le  roy  de  Castille  tint  à  ses  gens 
svu'  le  fait  de  la  guerre.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  lni. 

675.  Cy  fait  mention  de  l'armée  qui  se  mist  sus  en  France 
pour  aler  en  Engleterre ,  laquelle  devoit  conduire  mes- 
sire  Olivier  de  Cliclion,  connestable  de  France.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  lxti. 

676.  Cy  parle  d'une  grant  mutation  qui  se  commença  à 
eslever,  en  Engleterre,  des  nobles  alencontreduroy.  III. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxii. 

677.  Comment  messire  Olivier  de  Clichon,  connestable  de 
France,  fut  institué  conducteur  de  ime  armée  que  les 
Francoys  mirent  sus  pour  aler  en  Engleterre.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxm-LXiv. 

678.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  fist  prendre  messire  Oli- 
vier de  Clichon,  connestable  de  France.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  i.xiv. 

679.  Comment  messire  Olivier  de  Clichon,  connestable  de 
France,  fut  mys  k  renchon  et  niys  hors  des  prisons  du 
duc  de  Bretaigne,  par  le  moyen  du  seigneur  de  Laval.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxiv-lxv. 


[1387]  TROISIEME  PARTIE,  LIVRE  VI,  i-xv.  Ub 

680.  Comment  le  voyage  de  mer  fut  rompus  pour  lapriiise 
du  connestable.  Vil. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  lxv-lxvi. 

681.  Cy  fait  mention  comment  le  connestable  vint  devers 
le  roy,  à  Paris.  VIII. 

Gf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxvi. 

682.  Comment  le  duc  de  Geldres  envoya  deffier  le  roy  de 
France.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxvii-Lxvin. 

683.  Comment  la  ville  de  Avrenclie  se  rendy  en  l'obeys- 

sance  de  monseioneur  le  duc  de  Lanclastre.  X. 

o 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxvni. 

684.  Comment  le  roy  de  Portingal  se  party  du  Port  pour 
venir  en  Castille.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxix-lxx. 

686.  Comment  la  ville  de  Ferol  fut  prinse  par  les  Portin- 
gallois.  XII. 

o 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxx. 

686.  Comment  les  x\ugiois  vindrent  escarmuchier  aux  bar- 
rières de  Noyé.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxx. 

687.  Comment  le  roy  Charles  de  France  envoya  une  am- 
baxade  vers  le  duc  de  Bretaigne,  pour  le  fait  du  con- 
nestable messire  Olivier  de  Clichon.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxi. 

688.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  donna  responce  aux 
ambaxadeurs  du  roy  Charles  de  France.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxi. 

Cv  fine  le  tierch  volume  des  Cronïcques  (TEngleterrc. 


40 


ANGIIIENNKS 

CRONICQUES  DENGLETERRE 


OUATRIÈME   PARTIE. 

LIVRE    PREMIER. 

689.  Cy  commence  le  quart  volume  des  Cronicques  rrEn- 
gleterre,  lequel,  comme  les  precedens,  contient  en  soy 
VI  livi'es  particuliers  ;  le  premier  desquelz  est  divise  en 
Liv  chappitres.  Ou  premier  cliappitre  il  parle  des  mur- 
mures qui,  en  ce  tempz,  s'esleverentenEngleterre.Ch.I. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxn. 

690.  Cy  parle  du  conseil  que  le  duc  de  Glocestre  bailla  aux 
communes  d'Engleterre.  II. 

Cf.  Fr.,  livre III,  ch.  LXxn. 

691.  Comment  les  communes  d'Engleterre  vindrent  faire 
leurs  complaintes  au  roy,  et  de  sa  responce.  111. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  i-xxn. 

692.  De  la  manière  des  comptes  qui  furent  rendus  en  En- 
gleterre.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  txxrn. 

693.  Comment  messire  Symon  Burlé  fii  mis  prisonnier  en 
la  tour  de  Londres.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  txxm. 

694 .  Cy  parle  de  l'adventure  de  messire  Thomas  ïryves,  et 
Texcusation  de  messire  Guillame  Helmen.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  i,xxni-LXxiv. 


148  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1387] 

695.  Cy  fait  mention  de  la  mort  messire  Symon  Brûlé  et 
d'autres  choses.  VIL 

CF.  Fr.,  livre  TII,  ch.  Lxxrv. 

696.  Comment  le  duc  d'Irlande  fut  en  grant  erreur  devers 
sa  femme,  pour  l'amour  d'une  damoyselle  allemande  .VIII . 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxv. 

697.  Gommentles  Gallois  s'esmeurent,  à  l'incitation  du  duc 
d'Irlande,  alencontre  des  Londriens.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxv-lxxvi. 

698.  Comment  messire  Robert  Trivilien  fu  prius  et  decolé 
à  Londres.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxvi. 

699.  De  la  contenance  du  roy  quant  il  oy  les  nouvelles  de 
la  mort  de  Trivilien,  et  de  ce  qu'il  dist.  XL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxvii. 

700.  Comment  le  duc  d'Irlande,  à  xv  mille  hommes,  s'en 
vint  à  Asquesuffort.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxvri-Lxxvin. 

701 .  Comment  le  duc  d'Irlande  se  party  d'Aquesuffort,  pour 
attendre  sur  les  champs  le  duc  de  Glocestre  et  les  Lon- 
driens. XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  Lxxvin-Lxxix. 

702.  Cy  devise  comment  le  duc  d'Irlande  habandonna  ses 
gens  et  s'enfuy.  XIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III.  ch.  lxxix. 

703.  Comment  le  duc  d'Irlande  seufuy  par  mer  et  par 
terre  tant  qu'il  vint  à  Douvre  ;  et  comment  le  duc  de 
Bavière  àe  gouverna.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  lxxx. 

704.  Comment  les  deux  oncles  du  roy  firent  morir  le  petit 
Beauchamp  et  messire  ISicolas  Brembre,  et  messire  Jehan 
Salsebry ,  et  de  l'ordonnance  qui  i\i  lait  à  West- 
monstre.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxx. 


[1387]       QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  vn-xxni.  149 

705.  Comment  les  deux  oncles  (\n  loy  et  ceux  de  Londres 
envolèrent  quérir  !e  roy  Richard  à  Brislo,  pai-  l'arce- 
vesche  de  Canthorbie,  lequel  fist  tant  qu'il  l'amena  a 
Londres.  ^  XVIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  lxxx. 

706.  Du  Parlement  qui  fut  à  Westmonstre,  où  on  renou- 
vella  l'hommage  du  roy  :  et  comment  l'arcevesche 
d' Yorth  y  fut  mandé,  et  de  la  manière  comment  il  s'ex- 
cusa. XVIiï. 

Cf.  Fr.,  livie  III,  ch.  lxxxi. 

707.  Cy  parle  des  grans  souffertes,  paines  et  travaulx  que 
eurent  le  duc  de  Lanclastre  et  ses  gens  oti  pays  et 
royaulme  de  Castille.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxxn. 

708.  Comment  les  Anglois  murmurèrent  sur  ces  meschiefz 
qu'ilz  souffroient  et  estoient  encore  en  taille  de  souffrir 
plus  ;  et  comment  les  deux  osts  se  joindirent  en- 
samble.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxii. 

709.  Comment  les  Anglois  et  Portingalois,  par  le  moyen  d'un 
escuier  de  Gallisse,  passèrent  la  périlleuse  rivière  de 
Derve.  XXL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxii. 

710.  Comment,  quant  le  roy  de  Castille  sceut  ses  ennemis 
estre  passez  oultre  Derve,  il  demanda  conseil  aux  Fran- 
çois: comment  ilz  lui  respondirent,  et  comment  il  en  fut 
conclud.  XXIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxxni. 

711.  Comment  les  hostz  du  roy  de  Portingal  et  du  duc  de 
Lanclastre  se  gouvernèrent  sur  pays  d'ennemis,  des  souf- 
fertes que  Anglois  eurent,  et  comment  il/,  en  murmu- 
rèrent, dont  le  duc  fut  en  gi'ant  péril.  XXJIJ. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxih-lxxxiv. 


iSO  CROMCQUES  D'ENGLETERRE.  [1387] 

712.  Comment  les  Anglois  envoierent  devers  le  roy  de  Cas- 
tille,  adfin  d'avoir  saulfconduit  pour  passer  parmy  Cas- 
tille  pour  eux  retourner  en  Angleterre,  lequel  leur  fut 
ottroyé.  XXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxiv-lxxxv. 

713.  Comment  le  roy  de  Portingal  et  le  duc  de  Lanclastre 
se  départirent  l'un  de  Taultre,  eux  et  leurs  gens ,  et  fut 
leur  armée  du  tout  rompue.  •  XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  TII,  ch.  lxxxv. 

714.  Des  advenues  du  rompement  de  ceste  armée  et  de 
messire  Jehan  dWmbrecicourt,  et  de  messire  Bouclii- 
cault.  -       XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxvi. 

715.  Comment  le  duc  de  Bourbon  vint  veoir  le  roy  de 
de  Castille.  XX VIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxyii. 

716.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  fut  adverty  de  la  venue 
du  duc  de  Bourbon.  XXVIIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxxvir. 

717.  Comment  le  duc  de  Bourbon  se  party  de  Castille. 

XXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxxvn. 

718.  Comment  le  conte  de  Foix  recheupt  moult  honnoura- 
blement  le  duc  de  Bourbon.  XXX. 

Cf.  Fr.,  hvrelll,  ch.  ixxxvni. 

719.  Cy  devise  des  routtes  des  François  qui  venoient  d'Es- 
paigne  et  retournèrent  chascun  en  son  pays,  et  des  maux 
qu'y  faisoient.  XXXL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  Lxxxvin. 

720.  Cy  devise  et  parle  comment,  et  par  quelle  incidence,  le 
duc  de  Lanclastre  se  party  de  Saint  Jaque  et  s'en  ala  en 

Portingal.  XXXII. 

o 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  lxxxix. 


[1387-88]     QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  xxiv-xli.       151 

721.  Comment  le  conte  d'Estampes  fut  envoyé,  de  par  le 
duc  de  Beriy,  devers  le  duc  de  Bretaignc  pour  l'appai- 
sier  et  trouver  aulcun  bon  moyen  ,  mais  riens  n'y  fist. 

XXXIIl. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cm. 

722.  Comment  le  conte  d'Estampes  vint  vers  le  duc  de 
Bretaigne,  et  comment  il  lui  fist  son  message.  XXXI V. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cm. 

723.  Comment  le  dnc  de  Lanclastre  se  party  du  Port,  en 
Portingal,  se  entra  en  mer  et  s'en  ala  à  Bayonne.  XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  civ. 

724.  Cy  devise  comment  le  duc  de  Lanclastre  et  la  duchesse, 
et  leur  fille,  furent  recheus  à  Bayonne,  et  de  ce  quy 
y  fut  fait.  XXXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  civ. 

725.  Comment  le  roy  Charles  de  France  envoya  à  Utrech 
quérir  le  duc  d'Irlande.  XXXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  crv. 

726.  Des  diverses  oppinions  et  consaulx  qui  furent  en 
France  touchant  le  voiage  de  Guelles,  et  les  apparaulx  du 
duc  de  Bretaigne.  XXXVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cv. 

727.  Cy  parle  d'une  armée  de  mer  que  le  roy  d'Engleterre 
et  son  conseil  firent  mettre  sus,  dont  fut  chief  le  conte 
d'Arondel.  XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cv. 

728.  Comment  les   Brabenchons   misrent  le  sieiie  devant 

D 

Graves.  XL. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cvi. 

729.  Des  resconfors  du  duc  de  Lanclastre  sur  son  voyage 
de  Castille.  XLI. 

Cf.  Fr.,  livre III,  ch.  cvii. 


452  CRONICQUES  D'ETNGLETERRE.  [1388] 

730.  Comment  le  duc  de  Berry  envoya  lequerre  la  fille  du 
duc  de  Lanclastre  pour  avoir  à  mariage.  XLH. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cvii. 

731.  Comment  messire  Helion  de  Lingnac  se  party  de  la 
Rochelle,  et  de  la  conduite  du  duc  de  Lanclastre  sur  la 
fourme  du  mariage  de  sa  fille.  XLIIl. 

Cf.  Fr.,  li\re  III,  ch.  cvii. 

732.  Comment  le  roy  Charles  de  France,  par  le  conseil  de 
ses  deux  oncles,  envoya  le  seigneiu' de  Coucy,  le  sire  delà 
Rivière  et  messire  Jehan  de  Vienne  par  devers  le  duc  de 
Bretaigne,  derechief,  pour  trouver  aulcun  traittié  :  et  du 
conseil  que  tint   priveement  le  dit  duc  sur  cest  estât. 

XLIV. 

("f.  Fr.,  livre  III,  ch.  cviii. 

733.  Cy  devise  comment  le  duc  de  Bretaigne  se  condescendy, 
à  la  prière  et  conseil  de  ses  barons,  de  soy  humilier  de- 
vers le  roy  de  France.  XLV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cvni. 

734.  Cy  parle  comment  messire  Helyon  de  Lingnac  fut  en- 
voie de  par  le  duc  de  Berry  à  Bayonne,  devers  le  duc  de 
Lanclastre,  pour  le  traittié  du  mariage  de  sa  fille.  XLVL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cix. 

735.  Cy  devise  comment  le  roy  Jehan  de  Castille  envoya  une 
ambassade  par  devers  le  duc  de  Lanclastre  ,  à  Bayonne , 
pour  traiitier  du  mariage  de  son  filz,  le  prince  de  Gallice, 
à  la  fille  dudit  duc.  XLVIL 

Cf.  Fr.,  hvre  Ilï,  ch.  cix. 

736.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  fut  tant  démené  par 
doulces  paroles,  qu'il  fut  content  de  venir  à  traittier  des 
choses  advenues.  XLVIIL 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  ex. 

737.  Comment  le  duc  de  Bretaigne  ordonna  ses  besongnes 
pour  aler  à  Paris;  et  comment,  avant  lui,  y  arriva  laroyne 
de  Sezille.  XLIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxi. 


[1388]       QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,   xmi-lhi.  1ii:i 

738.  Cy  parle  comment  le  duc  de  Bretaigne  arriva  à  Paris, 
et  comment  le  roy  s'en  party  aiiicois  que  tout  fust  con- 
clus entreulx.  L. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  cxi. 

739.  Cy  parle  de  l'armée  de  mer  mise  sus  par  le  roy  Ri- 
chard dEngleterre,  de  laquelle  estoit  [cliief]  le  conte 
d'Arondel.  Ll. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxn-cxiii. 

740.  Comment  ceulx  de  la  Rochelle  saillirent  dehors  et 
vindrent  escarmuschier  le  conte  d'Arondel  qui  estoit 
logié  auprès  de  Marant.  LU. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxiii 

741.  Des  grans  maulx  que  firent  Aymerigot  Marcel  et  aul- 
tres  cappitaines  tenant  le  party  des  Anglois.  LUI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxin-cxiv. 

Froissart  ayant  dit  à  la  fin  de  ce  chapitre  :  «■  Nous  nous  souf- 
frirons à  parler  du  siège  de  Ventadour. ...»  Wavrin  ajoute  : 

Pour  ce  que  nioy,  acteur  de  ces  Croniques  d'Engle- 
terre ,  ne  veul  pas  prendre  ne  recoeillier  au  long  les 
choses  advenues  en  pluseurs  lieux  et  divers,  fors  tant 
seulement  des  guerres  de  France,  d'Engleterre  ,  de 
Bretaigne,  de  Castille,  de  Portingal ,  ou  les  Anglois, 
veul  laissier  du  duc  de  Gherles  \  excepté  en  brief  seu- 
lement, pour  ce  qu'il  estoit  prochain  parent*  au  roy 
d'Engleterre  et  à  ses  oncles ,  et  sur  lesquelz  il  se  fbn- 
doit ,  et  esperoit  avoir  secours  et  aide  d'eulx ,  se 
aiUcun  besoing  lui  sourvenoit  ;  mais  poiu'  lors  avoit 

i.  Guillaume  I  ,  duc  de  Gueldre ,  succéda  à  son  père  en  1393.  Mort 
le  16  février  1402  [Jrt  de  vérifier  les  dates,  III,  180}. 

2.  Il  était  neveu  d'Edouard  III  et  cousin  de  Richard  II.  Renaud  II, 
duc  de  Gueldre,  épousa,  en  1332,  Léonore,  sœur  d'Edouard III  [/fit  de 
vérifier  les  dates,  III,  173-177  ). 


454  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1388] 

en  Engleterre  sy  grant  troubles,  que  n'y  povoient  en- 
tendre, et,  d'aultre  part,  sentoient  le  jenne  duc  de 
Gherles  tant  vaillant  et  hardy  que  en  son  fait  ilz  ne 
mettoient  nulle  doubte  que  bien  ne  venist  à  chief  de 
sa  besongne  et  emprinse ,  comme  il  fîst  :  car  les  Bra- 
bencons,  à  grant  puissance,  par  le  commandement  de 
leur  dame  la  contesse  de  Brabant^  poiu^  certaine  que- 
relle qu'elle  disoit  avoir  sur  le  duc  de  Gheiles,  envoya, 
par  sa  cbevalerie  et  communaultez  de  son  pays  de 
Brabant,  avec  ceux  des  bonnes  villes  de  son  pays, 
mettre  le  siège  devant  la  bonne  ville  de  (^rave ,  et  là, 
le  duc  de  Gherles,  atout  une  poignié  de  gens,  leur 
vint  courre  sus  sy  sul)iltement ,  qu'il  les  eut  en  desroy 
et  leur  fist  prendre  le  fuytle,  où  il  en  y  eult  grant 
foison  de  mors  et  de  pris ,  et  tous  des  plus  grans  sei- 
gneurs de  Braisant  :  ne  jamais  de  plus  honteuse  chose 
on  ne  oy  parler  que  de  celle  desconfiture  ",  qui  tourna 
sur  les  Brabencons. 

De  celle  desconfiture  la  duchesse  de  Brabant  fut 
moult  dolente  :  et,  pour  avoir  secours,  envoya  par  de- 
vers le  duc  Phelippe  de  Bourgongne,  qui  avoit  espou- 
see  la  fille  de  sa  fille  ^,  qui  avoit  esté  fille  au  conte 
Loys  de  Flandres  *,  par  laquelle ,  après  la  mort  de  la 

1.  Jeanne ,  comtesse  de  Brabant ,  mariée  :  l°,en  1334,  à  Guillaume, 
comte  de  Hollande  et  de  Hainaut;  2°,  en  1347,  à  Wenccslas,  duc  de 
Luxembourg.  Veuve  le  7  décembre  1383.  Morte  en  1406  (  Art  de  \'ér'ifter 
les  dates,  m,  iOl). 

2.  Les  Brabançons,  au  nombre  de  quarante  mille  ,  attaquèrent  la  ville 
de  Grave,  en  1388  (^/vf  de  vérifier  les  dates,  III,  180). 

3.  Wavrin  fait  erreur,  c'est  sa  sœur  qu'il  veut  dire.  Marguerite  de 
Brabant,  sœur  de  Jeanne,  avait  épousé,  en  1347,  Louis  III  de  Maie, 
comte  de  Flandre  [Art  de  vérifier  les  dates,  III,  107). 

i.  Marguerite,  comtesse  de  Flandre,  fille  de  Louis  III,  comte  de 
Flandre,  et  de  Marguerite  de  Brabant.  Mariée  X",  en  1369,  à  Pbilippe  I", 


[1388]       QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  1,  uii-iiv.  ISr. 

duchesse,  devoit  ressortir  à  la  ditte  duchesse  de  Bour- 
goiugne ,  et ,  pour  ceste  cause ,  le  (Uic  Phehppe  avoit 
bien  cause  licite  et  raisounahle  i\e  y  tenir  la  main , 
affin  d'abbatre  l'orgueil  de  ce  duc  de  Gherles,  lecjuel , 
nouvellement,  avoit  envoie  deffier  le  jeune  roy  Charles 
dé  France  \  qui  le  prind  moult  mal  en  gré  ,  et  en  eult 
moult  grant  despit,  et  tant  en  prind  la  chose  à  ceur, 
que  ,  devant  tous  autres  afiaires,  il  emprind  le  voiage 
pour  aler  en  Guéries* ,  en  intention  de  y  destruire  et 
mettre  en  subjection  ce  duc ,  qui  ainsy  l'avoit  deffié  ; 
et  délaissa,  pour  ceste  cause,  de  prendre  vengence 
du  duc  de  Bretaigne  ^  pour  la  prinse  de  messire  Olivier 
de  Clichon^,  son  connestable ,  nonobstant  que  avant 
son  département,  par  le  conseil  de  ses  oncles,  les 
choses  furent  mises  en  assez  bon  terme ,  comme  en 
Froissart  pourez  veoir  tout  au  long. 

742.  Comment  l'accord  fut  trouvé  entre  le  roy  de  France 
et  le  duc  de  Gherles,  et  d'autres  choses,  avec  la  conclu- 
sion de  ce  premier  livre.  LiV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  cxiv-cxviii. 

Cy  fine  le  premier  livre. 

dit  de  Rouvre,  dernier  duc  de  la  branche  des  anciens  ducs  de  Bour- 
gogne; 2°,  en  1361,  à  Philippe  le  Hardi,  duc  de  Bourgogne.  Morte  le 
20  mars  1404  (Anselme,  I,  240,  549  ). 

1.  Charles  VI. 

2.  Jean  IV,  duc  de  Bretagne.  Mort  le  2  novembre  1399  (Anselme, 
I,  452). 

3.  Olivier,  seigneur  deClisson,  créé  connétable  de  France  le  28  no- 
vembre 1380.  Mort  le  23  avril  1407  (Anselme,  VI,  20IJ. 


456  CRONICQUES  D'ENGLETÉRRE.  [1388] 


LIVRE    II. 


743 .  Cy  commence  le  IP  livre,  qui  contient  en  soy  xxxix  chap- 
pittres  :  et  fait  le  premier  d'iceux  mention  des  besongnes 
qui,  pour  ce  temps,  advindrent  entre  Engleterre  et  Es- 
coce  ;  et  comment  tous  barons  d'Escoce  conclurent  en- 
samble  que,  atout  puissance,  ilz  feroient  une  course  en 
Engleterre.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxix. 

744.  Comment  les  seigneurs  d'Engleterre  des  frontières, 
c'est  asscavoir  le  conte  de  Northombreland  et  aultres, 
furent  advertis  delà  venue  des  Escocois,  et  d'un  escuier 
Anglois  qu'ilz  y  envoient  pour  scavoir  le  convine  des 
Escots.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxix. 

745.  Comment  les  Escots  firent  moult  grant  joye  de  Tescuier 
Anglois  qu'ilz  avoient  prins,  et  de  leur  conclusion.      III. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxx. 

746.  Comment  les  Escots  entrèrent  ou  pays  de  Nortliom- 
brelant,  où  ilz  firent  moult  de  dommage  aux  Anglois.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cx\. 

747.  Comment  les  Escocois  se  logèrent  devant  IN eufcliastel 
sur  Tliin,  et  de  ce  qui  leur  advint.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxx. 

748-  Comment  les   Anglois   se  départirent  de  Neufchastel 


[1388]         QUAÏRIÈi\IE  PARTIE,  LIVRE  II,  i-xv.  io7 

sur  Thin   et  poursievirent   les    Escots,  et    les    trouvè- 
rent. VI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  cli.  cxxi. 

749.  Comment,  quant  les  Anglois  vindrent  terir  sur  le  logis 
des  Escots,  ilz  furent  villainement  recheus.  Vil. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxi. 

750.  Encores  de  la  grant  bataille  des  Anglois  et  des  Esco- 
cois.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxii. 

751.  Comment  Raoul  de  Persy,  Anglois,  fu  prins  des  Esco- 
cois.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxii, 

752.  Comment  le  jeune  conte  de  Douglas  fut  abatus  et 
navrez  à  mort,  et  comment  sa  bannière  fut  relevée.   X. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxn, 

753.  Comment  les  Anglois  furent  desconfis  et  mis  en  chasse, 
et  la  pluspart  d'eulx  mors  ou  prins.  XI. 

Cf.  Vr.,  livre  III,  ch.  cxxin. 

754.  (Comment  Tevesche  de  Durem  se  party  de  Neufchastel 
sur  Thin  pour  poursieuvyr  les  Escots.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxiii. 

755.  Cy  devise  d'une  adventure  quy  advint  à  ung  cheval- 
lier d'Engleterre ,  nommé  messire  Mahieu  Rademon,  et 
à   ung  d'Escoche ,  nommé  messire  Jaques  de  Liiidessee. 

XIII. 
Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxiv. 

756.  Cy  devise  d'une  autre  adventure  qui  advint  au  dit 
chevallier  d'Escoche.  XIV. 

Cf.  Fr. ,  livre  III,  ch.  cxxiv. 

757.  Comment  messire  Mahieu  Rademon  alla  veoir  l'eves- 
que  de  Durem  :  et  de  la  conclusion  des  deux  prison- 
niers. ^^  • 

Cf.  Fr.,  hvre  III,  ch,  cxxiv. 


1S8  CROINICQUES  D'ENGLETERRE.  [1388] 

758.  Comment  l'evesque  de  Dm'em  se  party  la  seconde 
fois  de  la  ville  de  Neufchastel  sur  Thin  pour  aller  cora- 
batre  les  Escochois.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxiv. 

759.  Gomment  l'evesque  de  Durem  s'en  retourna  sans  riens 
exploitier,  par  le  conseil  deceulz  de  sa  compaignie.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxiv. 

760.  Cy  parle  du  partement  des  Escochois  d'Engleterre,  et 
comment  ilz  firent  ensepvelir  le  conte  de  Douglas.  XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxv. 

761.  Comment  le  conte  d'Arondel,  par  fortune  de  mer,  ar- 
riva à  la  Palice,  près  de  la  Rocelle  ;  et  la  cause  de  son 
département.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxix. 

762.  Cy  devise  du  mariage  de  la  fille  du  duc  de  Lanclastre 
au  filz  du  roy  de  Castille  :  et  de  aucuns  Allenians  quy 
couplèrent  svu"  le  logis  du  roy  de  France.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxix-cxxx. 

763.  Cy  parle  du  siège  de  Ventadour,  dont  Geffroy  Teste 
Noire  estoit  capittaiue.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxxii. 

764.  Comment  Tamiral  de  France  arriva  en  Castille,  et  de 
la  responce  qu'il  eult.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch.  cxxxiv. 

765.  Cy  devise  comment  le  conte  d'Arondel  arriva  en 
Northmandie,  où  il  fist  de  grans  dommages.         XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  ÏII,  ch.  cxxxtv-cxxxv. 

766.  Comment  la  ducesse  de  Lanclastre,  par  Tordonnance 
du  duc  sou  mary,  emmena  sa  fille  en  Castille.     XXIV. 

Cf.  Fr. ,  livre  III,  ch.  cxxxvi. 

767.  Comment  la  ducesse  de  Lanclastre  se  parti  du  roy  de 
Castille ,  et  comment  elle  fist  aporter  le  corpz  de  son 
père  à  Sebille.  XXV. 

Cf.  Fr.,  livre  III,  ch,  cxxxvi-cxxxvii. 


[1388]       QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  xvi-xxvx.         im 

768.  Du  retour  du  duc  de  Lanclastre  en  Engleterre.  XXVI. 

Le  retour  du  duc  de  Lancastre  dans  sa  patrie  est  passé  sous  si- 
lence parFroissart,  cbez  qui  ce  prince,  que  l'on  a  laissé  à  Bordeaux 
(liv.  III,  cil.  cxxxvi),  se  retrouve  un  peu  plus  loin  (liv.  IV,  cli.  xiv) 
résidant  à  Londres,  sans  que  le  moindre  mot  ait  été  dit,  soit  de  son 
départ  de  France ,  soit  de  son  arrivée  en  Angleterre.  Le  chapitre 
de  Wavrin,  qui  semble  manquer  aux  chroniques  de  Froissart,  con- 
tient le  détail  du  voyage  du  duc  de  Lancastre. 

Assez  tost  après  que  le  mariage  fut  fait  du  filz'  au 
roy  de  Castille  à  la  fille  du  duc  de  Lanclastre  ^,  la  dii- 
cesse,  qui  pour  lors  se  tenoit  dedens  la  ville  de  Medine 
de  Campe,  fut  mandée  du  duc  son  mary  :  si  s'en  alla 
à  Sebille ,  où  elle  prinst  congié  au  roy  de  Castille ,  à 
son  beau  filz  et  à  sa  fille  ;  puis  s'en  retourna  à  Bayonne, 
oii  le  duc  son  mary  Fatendoit  pour  sen  retourner  en 
Angleterre  %  ainsi  que  mandé  luy  estoit  par  le  roy  Ri- 
chard* et  ses  deux  oncles,  le  duc  d'York',  et  le  duc  de 
Clocestre**,  à  scavoirque,  sans  plus  séjourner,  il  s'en 
retournast.  Si  se  mist  en  mer  et  vint  de  Bayonne  à 


1.  Henri,  prince  des  Asluries,  fils  de  Jean  I",  roi  de  Castille,  succikla 
à  son  père  en  octobre  1390.  Marié,  en  1.388,  à  Catherine,  fille  de  Jean  de 
Gand ,  duc  de  Lancastre,  et  de  Constance,  fille  de  don  Pèdre,  roi  de 
Castille  (Dugdale,  II,  114-119;  Anselme,  I,  390}. 

2.  Jean  de  Gand,  duc  de  Lancastre,  marié  :  1"  à  Blanche  de  Lancas- 
tre, fille  de  Heury ,  duc  de  Lancastre  ;  2"  à  Constance,  fille  de  don  Pèdre, 
roi  de  Castille;  3°  à  Catherine  Swinford.  Mort  en  1399  (Dugdale,  II, 
114,  119). 

3.  II  arriva  en  Angleterre  en  novembre  1389  (Dugdale,  II,  118). 

4.  Richard  II  monta  sur  le  trône  le  22  juin  1377.  Mort  le  29  sep- 
tembre 1399  (Harris  Nicolas,  320). 

5.  Edmond  deLangele,  comte  de  Cambridge  ,  créé  duc  d'York  en 
août  1385.  Mort  le  \"  août  1401  (Dugdale,  II,  li34,  loo). 

6.  Thomas  de  Wodstoke  ,  comte  de  Buckingham.  Créé  duc  de  Glo- 
cester  en  novembre  138b.  Mort  assassiné  en  septembre  1398  (Dugdale  , 
II,  169-171). 


4  60  •  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1388-89] 

Bordeaux,  où  il  fut  environ  quinze  jours,  puis  monta 
sur  le  navire  qu'il  avoit  illec  fait  apareillier  ;  si  s'es- 
quipa  en  mer,  où  il  eut  vent  à  souhait,  par  quoi  il  fut 
en  pou  de  jours  à  Hantonne,  où  il  descendy,  avec  lui 
la  ducesse  sa  femme.  Quant  là  se  furent  rafrescliis 
seullement  deux  jours,  ilz  s'en  départirent  et  vindrent 
à  Londres,  où  ilz  furent  reclieuz  du  roy,  de  laroyne' 
et  des  oncles  du  Koy  moult  grandement.  Si  leur  compta 
le  duc  de  ses  nouvelles,  et  de  ce  quy  advenu  luyestoit 
ou  pays  de  Gallice  ,  et  des  mariages  de  ses  deux  filles , 
lesqueles  il  avoit  alyees  et  données  pour  espouses , 
l'une"  au  roy  Jehan  de  Portugal,  et  l'autre  au  filz  du 
roy  Jehan  de  Castille,  prince  de  Gallice,  laquele  aliance 
pleut  pour  lors  assez  bien  au  roy,  à  ses  oncles  et  au 
conseil.  FX  atant  melterons  fin  à  ces  histores,  si  tou- 
cherons en  brief  de  l'entrée  que  la  royne  de  France, 
Yzabel  de  Bavière  ^  fist  à  Paris,  et  aussi  du  retour  que 
fist  le  seigneur  de  Chastelmorant  d'Engleterre  en 
France,  lequel  raporta  au  roy  Charles  et  à  son  conseil 
la  chartre  de  trêves  entre  France  et  Engleterre,  à  durer 
trois  ans. 

769.  Comment  la  royne  de  France  Yzabel  de  Bavière  vint 
à  Paris  :  et  comment  le  seigneur  de  Chastelmorant  re- 
tourna  d'Engleterre.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  i,  ii,  iv  et  v. 

770.  Comment  les  joustes   de   Saint  Inglebert  et  les   fais 

1.  Isabel  de  Frauce,  fille  àe  Charles  VI.  Morte  le  13  septembre  1409 
(Anselme,  I,  l\A]. 

2.  Philippe,  fille  deBlanche  deLancastre  (Uuydale.  II,  H4). 

3.  Isabel  de  Bavière,   mariée  à  Charles  VI,  le  17  juillet  138o.  Morte 
en  septembre  1435  (Anselme,  I,  112). 


[i:j89-9J]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  xxvu-xxxvi.  1(51 
d'armes  qui  furent  emprins  par  trois  chevalliers  de 
France  en  la  marche  de  Callaiz ,  c'est  ascavoir  messire 
Regnault  de  Roye ,  messire  Bouchicaut,  le  jenne,  et  le 
seigneur  de  Sempi,  se  achevèrent.   "  XX VIII, 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  vi. 

771.  Des  joustes  de  Saint  Inglebert.  XXIX. 
Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xii. 

772.  Comment  les  Genevois  vindrent  au  roy  de  France  : 
et  comment  plusieurs  chevalliers  François  et  Andois  v 
alerent  soubz  la  conduite  du  duc  de  Bourbon.      XXX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xin-xv. 

"73.  Comment  unes  joustes  furent  establies  à  Londres,  en 
Engleterre,  et  publiées  en  plusieurs  Heux  de  cha  la  mer. 

XXXI. 

Cf.  Fr. ,  livre  IV,  ch.  xvi. 

774.  Comment  le  siège  fut  levé  devant  la  forte  ville  d'Auf- 
frique.  XXXII. 

Cf.  Fr. ,  Uvrc  IV,  ch.  xvii. 

775.  Des  chevalliers  Anglois  qui  furent  envoiez  en  France, 
de  par  le  roy  Richard,  sur  fournie  de  Paix.      XXXIIl. 

Cf.  Fr.,  Hvre  IV,  ch.  xviii. 

776.  Cy  parle  de  la  mort  du  roy  Jehan  de  Castille,  et  du 
couronnement  du  roy  Henry,  son  filz.  XXXIV. 

Cf.  Fr.,  hvre  IV,  ch.  xix-xx. 

777.  Comment  messire  Pierre  de  Craon  eschey  en  l'indi- 
gnation du  roy  de  France  et  du  duc  de  Thouraine,  son 
fiere  ;  et  comment  il  fut  recueilly  du  duc  de  Bretai- 
gne.  XXXV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxi-xxiv; 

778.  De  la  grant  assemblée  qui  se  fist  à  Amiens  du  roi  de 
France  et  de  ses  oncles,  et  des  oncles  du  roy  d'Engle- 
terre,  sur  fourme  de  Paix.  XXX Vi. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxvii. 

I  H 


162  CROrsICQUES  D'ENGLETERRE.  [1392] 

779.  Cy  parle,  en  brief,  comment  messire  Pierre  de  Craon 
fist  battre  messire  Olivier  de  Clichon,  dont  le  roi  et  ses 
consaulz  furent  moult  courouchiés.  XXXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxvm. 

780.  De  l'armée  que  fist  le  roi  de  France,  en  intencion  d'aler 
en  Bretaigne  :  et  comment  le  roy  devint  mallade,  par- 
quoy  le  voyage  se  brisa.  XXXvIlI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxix. 

781.  Comment  les  trêves  furent  ralongiés  entre  France  et 
Engleterre  :  et  comment  le  roy  de  France  revint  en 
santé.  XXXIX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxxi. 


Cy  prcnl  fin ,    doncques ,  le  II«  livre  de  ce  quart    voluiuc  ,    cl 
s'ensieiilt  le  troisiesine. 


[1393-94]     QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  i-v.  163 


LIVKË  m. 


782.  Gy  commence  le  HP  livre  qui  contient  en  soy 
xxvii  chappittres  :  le  premier  desquelz  traitte  la  fourme 
de  la  paix  qui  fu  pourparlee  et  ottroyee  entre  les  deux 
roys  de  France  et  d'Engleterre  parle  moyen  des  un  on- 
cles des  deux  roys.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre-  IV,  ch.  xxxv. 

783.  Cy  parle  comment  les  Parlemens  furent  prez  d'estre 
rompus  en  deux  manières.  jj^ 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  cli.  xxxv. 

784.  De  la  mort  du  Pape  Clément  d'Avignon  et  de  l'élec- 
tion du  Pape  Benedic.  m^ 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  eh.  XXXVI.  '        " 

785.  Comment  le  roy  d'Engleterre  et  son  conseil  donnèrent 
au  duc  de  Lanclastre,  pour  lui  et  ses  lioirs,  perpétuelle- 
ment, la  duchié  d'Acquitaine  et  toutes  les  terres  et  se- 
neschaussiés  appendans  à  icelle  :  et  comment  le  roy  s'or- 
donna et  fist  ses  pourveances  pour  aler  en  Irlande,  et  le 
duc  de  Lanclastre  pour  aler  en  Acquitaine.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxxviir. 

786.  Du  trespas  de  la  royne  Anne  d'Engleterre,  fille  au  roy 
de  Boesme  et  empereur  d'Allemaigne .  V. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xxxix. 


164  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1394-95] 

787.  Comment,  après  le  retour  du  roy  Richard  du  pays  d'Ir- 
lande, où  il  avoit  conquis  graiit  pays,  et  amené  et  pris 
quatre  roys  prisonniers,  lesquelz  il  avoit  conquis,  il 
trouva  aucuns  seigneurs  d'Aquitaine,  lesquelz  cy  après 
vous  orrez  nommer,  et  ce  pourquoy  ilz  estoient  venus. 

VI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xl. 

788.  Du  reffiis  que  ceux  d'Acquittaine  firent  au  duc  de 
Lanclastre,  et  comment  ilz  envoierent  en  Engleterre  pour 
remonstrer  au  roy  et  à  son  conseil  la  volenté  de  tout  le 
pays.  Vli. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.XLi. 

789.  Comment  la  vérité  de  ce  voyage  d'Irlande  fu  sceue 
par  inig  nommé  Henry  Ciistede.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xlii. 

790.  De  l'ambassade  que  le  roy  d'Engleterre  envoya  devers 
le  roy  de  France  pour  traittier  du  mariage  de  dame 
Ysabel,  aysnee  fille  de  France,  et  de  l'amiable  responce 
qui  leur  fu  faitte.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xliii. 

791 .  D'un  escuier  nommé  l'Ermitte.  Comment  il  fut  envoyé 
de  France  en  Engleterre,  devers  le  roy  et  ses  oncles.    X. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xliii-xi.iv. 

792.  Cy  fait  mention  du  retour  du  duc  de  Lanclastre  et  de 
Robert  l'Ermitte,  et  de  pluiseurs  autres  besongnes.     XI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  cli.  M.iv. 

793.  Cy  parle,  en  brief,  comment  le  seigneur  de  la  Rivière 
et  messire  Jelian  Le  Merchier  furent  mis  hors  de  piison, 
et  d'autres  advenues.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  xl\-m.mii. 

79-4.   Gomment  la   conclusion  fu  prinse  à  Paris  du  mariage 

du  roy  uEngleterre  à  madame  Ysabel,  ainsnee  fille  au 

roy  de  France,  etconmient,  aussy,  le  duc  de  Lanclastre 

se  remaria.  XIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  j.. 


[1395]       QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  vi-xix.  ier, 

795.  Comment  Jehan  de  Bourgoigne,  conte  de  (^harollois, 
fist  ung  voiage  en  la  sainte  terre  de  Promission.        XIY. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  cli.  i.. 

796.  Comment  le  duc  de  Gueldres,  par  sesparoUes,  des- 
tourba  le  conte  Derby  de  aller  en  Frise.  XV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  l. 

797.  Comment  le  conte  de  Saint  Pol  alla  en  Engleterre, 
et  de  ce  qu'il  y  fist.  XVI. 

Cf.  Fr  ,  livrelV,  ch,  L. 

798.  Cy  parle  du  duc  Aubert  de  Bavière  et  de  son  filz,  le 
conte  Guillamme  d'Ostrevan,  XVII, 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  l, 

799.  Cy  fait  mention  comment  la  dite  armée  que  fist  le  duc 
Aubert  en  Frise  luy  pourfita  pou.  ■         XVIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  l. 

800.  Comment  le  roy  de  France  livra  Yzabel,  sa  fille,  au 
roy  d'Engleterre ,  entre  Ardre  et  Callaix,  et  des  ordon- 
nances qui  là  furent.  XIX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  li. 

Nous  trouvons  dans  Wavrin,  qui  reproduit  presque  mot  pour 
mot  le  texte  du  chapitre  correspondant  de  Froissart,  un  passage 
qui  ne  se  lit  point  chez  ce  dernier.  Il  s'agit  de  l'entrevue  des  deux 
rois  de  France  et  d'Angleterre  qui,  après  le  vin  et  les  épices,  par- 
leinenterent  ensemble. 

Et  là  fut  fait  traitié  entreulz  \  par  condicion  que 
la  ville  et  cbastel  de  Brest  seroient  rendus  au  duc  de 
Bretaigne,  et  Chierebourg  au  roy  de  Navarre  ",  parmy 
paiant  au  roy  Ricbard  d'Engleterre  une  moult  grant 


1.  Charles  VI,  mort  en'1422,  et  Richard  II.  L'entrevue  eut  lieu,  entre 
Ardres  et  Calais,  le  25  octobre  1396  (Anselme,  I,  111). 

2.  Charles  III,  dit  le  Noble,  couronné  à  Pampelune  le  13  février  1 389. 
Mort  le  8  septembre  1425  (Anselme,  I,  287). 


106  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1393-97] 

somme  de  deniers  que  le  roy  Edouard,  son  taion,  avoit 
preste  aux  dessus  nommez,  le  roy  de  Navarre  et  le  duc 
de  Bretaigne,  à  quy  lesdites  places  estoient  :  pour 
laquele  rendition  desdites  places  plusieurs  seigneurs 
d'Engleterre  furent  très  mal  contentz,  especialement  le 
duc  de  Lanclastre,  et  plus  cellui  de  Clocestre,  comme 
plus  amplement  porrez  oyr  en  ceste  histore. 

801.  Cy  dist ,  en  brief,  comment  les  François  qui  estoient 
à  siège  devant  Nicopoly  furent  tous  mors  ou  prins,  et  le 
siège  levé  par  Lamorath  Baquin.  XX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  Ln-tni. 

802.  Comment  le  duc  de  Clocestre  soubtilloit  et  queroit 
manières  diverses  pour  grever  le  roy  d'Engleterre,  son 
nepveu:  d'un  clisner  que  le  dit  roy  fist,  et  de  ce  quy  y 
advint.  XXI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lvi;  et  Chr.  de  Richard  II,  p.  2-3. 

Les  quatorze  premières  lignes  seulement  de  ce  chapitre  sont 
semlilables  au  texte  de  Froissart.  Wavrin  copie  le  reste  dans  une 
Chronique  de  Richard  II ,  imprimée  par  ]M.  Buchon  dans  le  XV* 
volume  des  Chroniques  de  Froissart.  Il  existe  plusieurs  manuscrits 
de  cette  Chronique  de  Richard  II  :  M.  Buchon  a  relevé  la  plupart 
des  additions  ou  variantes  qui  les  font  différer  entre  eux.  Nous 
nous  en  tenons  à  son  texte  pour  le  comparer  à  celui  de  notre  his- 
torien. 

803.  Cy  fait  mention  comment  le  duc  de  Clocestre  persé- 
véra en  son  propos  de  la  destruction  de  son  nepveu  le 
roy  Richard.  XXII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  i.vi.     . 

804.  Comment  les  Londriens  furent  de  lacord  au  duc  de 
Lanclastre,  et  de  autres  choses.  XXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  i-vi-lvii. 

80â.  Cy  fait  mention  de  la  conspiration  que  firent  le  duc  de 
Clocestre,  et    plusieurs   autres  princes  d'Engleterre,   à 


[i397]       QUATRIEME  PARTIE,  LIVRE  III,  xx-xxvii.        167 

rencontre    du    roy   Richard    leur  souverain    seigneur» 

XXIV. 

Cf.  Chr.  de  Richard  II ,  p.  5-8. 

806.  Comment  le  duc  de  Clocestre  fut  prlns  du  conte  Mares- 
chal,  par  le  commandement  du  roy.  XXV. 

Cf.  Chr,  de  Richard  II ,  p.  8-10  ;  et  Fr.,  livre  IV,  ch.  ivir. 

Wavrin  fond  ensemble,  dans  son  récit,  la  narration  de  la  chro- 
nique de  Richard  II  et  celle  de  Froissart. 

807.  De  Jehan  de  Bourgoigne,  conte  de  Nevers,etde  ceulz 
qui  furent  prins  avec  luy  par  les  Turcs.  XXVI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lthi-lx. 

808.  De  la  mort  du  duc  de  Clocestre  et  du  conte  d'Aron- 
del  ;  et  comment  les  autres  oncles  du  roy  Richard,  et  les 
Londriens,  s'en  contentèrent.  XXVII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxi. 

Atant  prent  fin  le  IIP  livre  de  ce  quart  volume ,  et  s'ensieult  le 
quatriesme. 


168  CROiMCQUES  D'ENGLETERRE.  [1397-98] 


LIVRE    IV. 


809.  Gy  commence  le  quatriesme  livre  de  ce  présent  vo- 
lume qui  contient  eu  soy  xxxiiii  chappittres  :  le  pre- 
mier desquelz  fait  mention  de  la  grant  assemblée  qui  fu 
faitte  en  la  ville  de  Rains,  tant  de  TEmpire  d'AUemaigne 
<(>mme  du  royaume  de  France,  sur  Testât  et  union  de 
TEglise.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  IhrelV,  ch.  Lxir. 

810.  Gomment  le  duc  de  Bourgongne  ne  fut  pas  à  ces  or- 
donnances; de  l'allée  deTevesque  deGambray  à  Romme, 
et  de  ce  qu'il  y  besongna.  II. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  i.xu. 

811.  Gomment  le  conte  Mareschal  appella  de  gage  à  oul- 
trance  le  conte  Derby,  filz  du  duc  de  Lanclastre,  en  la 
présence  du  roy  et  de  tout  son  conseil,  dont  depuis  vin- 
drent  pluiseurs  maux  en  Engleterre.  HI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch  Lxm. 

812.  Gomment  le  duc  de  Lanclastre  se  gouverna  durans  ces 
appeaux  d'armes,  !*• 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch,  lxiii. 

813.  De  la  responce  que  fist  le  roy  Richard  à  ses  gens  sur 
le  fait  de  ces  armes.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  Lxni. 

814.  Comment  le  roy  Richard  d'Engleterre  rendy  sa  sen- 


[1398-99]     QUATRIEME  PARTIE,  LIVRE  IV,  i-xii.  1(J9 

tence  par  laquelle  il  bany  hors  du  royaume  d'Engle- 
terre  le  conte  Derby,  à  ternie ,  et  le  conte  Mareschal,  à 
tousjours.  YI. 

Cf.  Fr.,  livre  TV,  oh.  lxiv  ;  et  Clir.  de  Richard  II,  p,  12-13. 

815.  Gy  devise  comment  le  conte  Derby  et  le  conte  Mares- 
chal entrèrent  es  lices  pour  combatre,  mais  il  n'y  eult 
riens  fait.  VII. 

Cf.  Chr.  de  Richard  II,  p.  14-18;  etFr.,  Hvre  IV,  ch.  lxiv. 

816.  Comment  le  conte  Derby  et  le  conte  Mareschal  se 
partirent  d'Engleterre  et  de  la  ville  de  Londres,  le  conte 
Derby  pour  venir  en  France,  et  le  conte  Mareschal 
pour  aller  en  Allemaigne.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxv. 

817.  Comment  messire  Guillamme,  conte  d'Ostrevan,  envoya 
devers  le  conte  Derby  ses  messages  :  et  comment  le  dit 
conte  Derby  s'en  vint  à  Paris,  et  comment  il  fut  re- 
ceus.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxvi. 

818.  Cy  devise  ung  pou  d'une  assamblee  qui  se  fist  à  Raius 
de  l'empereur  d' Allemaigne  et  du  roy  de  France,  pour 
mettre  union  en  sainte  Eglise.  X. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  Lxvn. 

819.  De  la  response  que  le  duc  de  Lanclastre  fist  au  cheva- 
lier du  conte  Derby  :  et  comment  le  dit  duc  de  Lanclas- 
tre morut.  XI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxviii. 

820.  Du  traittié  de  mariaoe  encommenclé  entre  le  conte 

o 

Derby  et  Marie  ,  la  fille  au  duc  de  Berry  ;  et  comment 
le  roy  Richard  le  fist  empeschier  par  le  conte  de  Sasle- 
bry.  XII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,    ch.  lxix. 

821.  Gomment  le  conte  Derby  se  complaindy  à  ses  cheva- 
liers, qui  le  resconforterent  :  et  de  ce  qui  advint  en  En- 


170  CRONICQUES  D'E^^GLETERRE.  [1399] 

gleterre,  quant  il  fut  seu  la  vérité  de  l'ambassade  que 
avoit  fait  en  France  le  conte  de  Saslebry.  XIII, 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxix. 

822.  Cy  parle  comment  le  roy  d'Engleterre  se  porta,  après 
le  mandement  fait  pour  aller  sur  les  marces  d'Irlande  : 
et  pour  quel  cause  le  conte  de  Northomberland  et  son 
filz  furent  bannis.  XIV. 

Cf.  Fr,,  livre  IV,  cli.  xx. 

823.  Du  ressours  des  nouvelles  qui  ja  longuement  avoyent 
couru  en  Engleterre,  et  de  la  conclusion  des  Londriens. 

XV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  cîi.  lxx. 

824.  Comment  l'arcevesclie  de  Cantborbye  fut  envoyez  en 
France,  devers  le  conte  Derby,  de  par  les  Londriens  et 
aulcuns  grans  consaux  d'Engleterre ,  pour  faire  revenir 
le  dit  conte  en  son  pays.  XVI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxi. 

825.  Comment  le  conte  Derby  prind  congié  du  roy  de 
France,  et  s'en  vint  en  Bretaigne  devers  le  duc,  son 
cousin.  XVII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxii. 

826.  Comment  le  conte  Derby  arriva  de  Bretaigne  en  En- 
gleterre. XVIII . 

Cf.  Fr..  livre  IV,  ch,  lxxiii  ;  et  Chr.  de  R.,  p.  24. 

827.  Des  apparaux  de  guerre  qui  se  firent  au  contraire  du 
dit  conte  Deiby,  duc  de  Lanclastre,  àTesmouvement  du 
duc  d'Yorth.  '  XIX. 

Cf.  Chr.  de  R.,  p.  24-25. 

828.  Comment  le  duc   d'Yorth  et  le  marquis   d'Excestre, 

atout  leur  host,  tirèrent  devers  le  duc  de  Lanclastre  ;  et 

comment  la  pluspart  de  l'armce  du  roy  RichaT'd  le  ba- 

bandonnercnl  en  une  nuyt,  et  que  le   dit  roy   devint. 

XX. 
Cf.  Chr.  de  R.,  p.  25-26,  et  Variantes,  p.  67-69. 


[1399]      QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xiii-xxv.  171 

829.  Gomment  le  conte  de  Hostidonne  ala  devers  le  duc 
de  Lanclastre,  qui  avoit  envoyé  le  conte  de  Northomber- 
land  devers  le  roy  Richard,  et  des  ordonnances  qui  cou- 
rurent entre  les  parties.  XXI. 

Cf.  Chr.  de  R.  (Variantes),  p.  69-71. 

830.  Comment,  par  les  envelopemens  des  bourdes  et  le 
faux  serment  du  conte  de  Northombreland,  le  roy  Ri- 
chard se  mist  à  chemin  pour  aler  à  Fluich.  XXII. 

Cf.  Chr.  deR.  (Variantes),  p.  71-72. 

831.  De  la  prinse  du  roy  Richard,  et  comment  lui  et  ses 
compaignons    furent    enfermez   ou   chastel    de  Fluich. 

xxm. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxui  ;  et  Chr.  de  R.  (Variantes),  p.  72-73. 

832.  Des  piteuses  lamentations  que  fist  le  roy  Richard  en 
la  prison.  XXIV. 

Cf.  Chr.  de  R.  (Variantes),  p.  73-75. 

833.  Comment  le  conte  de  Northombreland  retourna  de- 
vers le  duc  de  Lanclastre,  auquel  il  conta  de  ses  nou- 
velles :  et  comment  le  duc  vint  devers  le  roy  Richard  au 
chastel  de  Fluich.  XXV. 

Cf.  Chr.  deR.  (Variantes),  p.  73-77;  et  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxy. 

Après  avoir  dit,  ainsi  qu'il  est  raconté  dans  la  Chronique  de 
Richard II,  que  le  comte  deNorthumbeiland  vint  annoncer  au  duc 
de  Lancastre  l'emprisonnement  du  roi  Richard  au  château  de 
Flinth ,  W^avi'in  ajoute  : 

Or  doncques,  ung  pou  après  ces  nouvelles,  le  duc 
de  Lanclastre  *  envoya  quérir  le  comte  de  Hostidonne  ^ 

1.  Henri  de  Lancastre,  depuis  Henri  IV,  usurpa  le  trône  de  Ri- 
chard n. Couronné  le  13octohre  1399. Mort  le  20  mars  1413  (Holinshed, 
II,  507-541  ). 

2.  Jean  de  HoUand,  comte  de  Huntington  ;  marié  à  Elisabeth,  fille  de 
Jean  de  Gand,  duc  de  Lancastre.  Ayant  conspiré  pour  détrôner  Henri  IV, 
son  beau  frère,  il  fut  décapité  le  15  janvier  1400  (Holinsehd,  II  ,  516). 
Dugdale  (II,  78-79)  met  le  jour  saint  Maurice,  qui  serait  le  21  septem- 
bre 1399. 


172  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1399] 

auquel,  quant  il  fut  venu,  lui  dist  :  «  Beau  frère, il  seroit 
bon  que  relournissiez  à  Calais,  le  gouvernement  de 
laquelle  ne  vous  sera  point  osté  ,  se  aultre  chose  ne 
scavons  estre  en  vous  que  ne  sachons  pour  le  présent. 
Et  là  vous  commettons  estre ,  jusques  à  ce  que  nous 
arons  besongniel  avec  monseigneur  le  Roy  sur  les  ma- 
teres  dont  vous  et  moy  fusmes  liier  advisés.  Et  gar- 
dez, sus  vostre  vie,  que  nulz  de  la  party  de  France  n'y 
laissiez  entrer  ne  parler  à  nulz ,  par  lettres  ne  aultre- 
ment,  jusques  ad  ce  que  le  vous  fâchons  scavoir.  » 

Le  comte  de  Hostidonne ,  sans  faire  semblant  de 
tristesse ,  print  congiet  du  duc  ;  car  bien  cognoissoit 
les  choses  ou  parly  qu'elles  estoient.  Sy  se  party  de  sa 
belle  ville  d'Oxcestre,  chevaulcha  tant,  que,  sans  aler 
voir  sa  femme,  il  vint  à  Douvres,  où  il  se  mist  en  mer 
et  vint  à  Calais  ;  niais  sachiez  que  la  doleur  et  tristesse 
estoit  sy  grand  en  liiy,  qu'il  n'est  nul  qui  ne  le  enten- 
dist  dire  :  laquelle  doleance  et  desplaisir  il  lui  convint 
souffrir,  car  aultre  chose  n'en  povoit  avoir  pour  le 
le  présent  :  sy  fut  force  de  dissimuler. 

834.  Comment  le  roy  et  les  siens  chevaulcerent  vers  Lon- 
dres avec  le  duc  de  Lanclastre  et  son  armée,  qui  les  fist 
mettre  en  prison  estroitte.  XX\I. 

Cf.  Chr.  de  R.  (Variantes),  p.  77-78  ;  et  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxvi. 

835.  De  Testât  delà  royne  d'Engleterre,  et  comment  on  lui 
bailla  nouvelles  gens  :  et  comment  le  roy  fut  amenez 
dedens  la  tour  de  Londres.  XXVIL 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  oh.  i.xxvi;  et  Chr.  deR.  (Variantes  ,  p.  78-79. 

836.  Comment  le  duc  de  Lanclastre,  luy  vi%  ala  en  la  tour 
de  Londres  parler  au  roy  Richard,  et  de  leurs  devises. 

XXVIIL 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  i.xxvi  ;  et  Chr.  de  R.,  p.  27-30. 


[1399]    quatrième:  partie,  livre  IV,  xxvi-xxxiv.       17S 

837.  Comment  le  Parlement  se  tint  ou  palaix  de  West- 
mouster,  pour  la  prinse  du  roy  Richard  ;  et  de  ce  qu'il  y 
fut  besongnié  le  premier  jour.  XXIX, 

Cf.  Clir.  deR.,  p.  30-31. 

838.  Comment  le  duc  de  Lanclastre  revint,  le  lendemain, 
en  Parlement  :  et  de  la  sentence  qui  fu  donnée  sur  le 
roy  Richard,  leur  souverain  seigneur,  lui  absent.   XXX. 

Cf.  Chr.  deR.,  p.  31-33. 

839.  Cy  fait  mention  de  la  tieiche  journée  du  Parlement 
et  de  ce  quy  y  fut  fait.  XXXI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch,  lxxvi. 

840.  Comment  les  ordonnances  et  les  jugemens  de  ceste 
tierce  journée  furent  acomplies  rigoreusement.  XXXIL 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxvi. 

841.  Comment  le  roy  resigna  sa  couronne  et  son  royaume 
en  la  main  du  conte  Derby,  duc  de  Lanclastre.  XXXIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxvii. 

842.  La  manière  de  la  résignation  du  royaume  d'Engle- 
tene,  par  Richard  de  Bordeaux,  à  Henry  de  Lanclastre. 

XXXIV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  ixxvii. 
Cy  Une  le  qnatricsme  livre. 


174  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1399 


LIVRE   V. 


843.  Cy  commence  le  V*"  Livre  de  ce  présent  volume  qui 
contient  xiiii  chappitres,  dont  le  premier  desquelz  parle 
du  couronnement  de  Henry  de  Liincastre,  qui  se  fist  du 
consentement  du  commun  d'Engleterre,  et  de  la  maniera 
de  la  feste.  Chapitre  I. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxviii. 

844.  Comment  le  conte  de  Hostidonne  s'acointa  du  roy 
Henry,  et  fist  la  paix  du  conte  de  Saslebry.  H. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxviii. 

845.  Comment  les  nouvelles  de  la  prinse  du  roy  Richard 
furent  sceues  en  France,  par  la  venue  de  la  dame  de 
Coucy  ;  et  comment  le  roy  en  fut  courrouchiez.         HI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxix. 

846.  Comment  les  Loiidriens  eurent  nouvelles  des  mur- 
mures aux  Bordelois  et  Baionnois,  et  comment  ilz  pour- 
veirent  de  remède.  IV. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxix. 

84'?'.  Comment  le  roy  de  France  envoia  en  Engleterre  mes- 
sire  Charles  de  Laljrech  et  messire  Charles  de  Han- 
giers.  V. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxix. 

848.  Comment  aulcuns  seigneurs  d'Engleterre  misrent  sus 
une  armée  pour  destruire  le  roy  Henry  et  délivrer  le 
roy  Richard.  VI. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lx\x. 


[1399-1401]      QUATRIEME  PARTIE,  LIVRE  V,  i-xiv.        173 

849.  Gomment  le  roy  Richard  fut  mis  hors  du  chastel  de 
Londres  et  menez  à  Pontfret.  YII, 

Cf.  Chr.  de  R.,  p.  36. 

Wavrin  et  l'auteur  de  la  Chronique  de  Richard  II  ne  s'accordent 
point  sur  la  cause  qui  amena  la  translation  de  Richard  à  Pontfi-eit. 
Une  conspiration  faite  en  faveur  de  ce  dernier  détermina ,  selon 
Wavrin  ,  Henri  de  Lancastre  à  prescrire  cette  mutation. 

850.  Comment  le  roy  Henry  assembla  ses  gens  d'armes 
pour  prévenir  à  Temprinse  de  ses  ennemis.  VIII. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxx.  , 

851.  Comment  les  seigneurs  conjurez  se  maintindrent, 
doubtant  d'estre  acusez  et  descouvers.  IX. 

Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  lxxx  ;  et  Chr.  de  R.,  p.  45-46. 

852.  De  kl  grant  occision  fait  à  Succestre.  Comment  aul- 
cuns  des  seigneurs  se  saulverent,  et  aucuns  furent  villai- 
nement  mis  à  mort.  X. 

Cf.  Chr.  de  R.,  p.  46-49. 

853.  De  l'ordonnance  du  roy  Henry,  quant  il  fut  parti  de 
Londres  pour  aller  contre  ses  ennemis.  XI. 

Cf.  Chi-.  deR.,p.  42-43. 

854.  La  manière  de  la  mort  du  roy  Richard.  XII. 
Cf.  Fr.,  livre  IV,  ch.  txxxir;  et  Chr.  de  R.,  p.  49-S3. 

855.  Comment  le  conte  de  Hostidonne,  frère  du  roy  Richard, 
fut  prins  et  mis  piteusement  à  mort.  XIII. 

Cf.  Chr.  dj  R.,  p. 56-60  ;  et  Fr.,  livre  IV,  ch.  Lxxxn. 

856.  Comment  le  roy  de  France  se  maintint,  quant  il  sceut 
la  mort  du  roy  Richard  ;  et  comment  il  envoia  ambaxa- 
deurs  en  Engleterre,  devers  les  consaulz,  pour  ravoir  la 
roy  ne  sa  fille.  XIV, 

Cf.  Monstrelet,  t.  I,  ch.  iv. 

Cy  prent  fin  le  V*  livre  de  ce  quart  volume,  et  s'ensieult  le  VI' 
et  darrenier. 


176  CRONICQUES  D'EINGLETERRE.  [1402] 


LIVRE    VI. 


857.  Cy  commence  le  VP  et  darreaier  livre  de  ce  quart  vo 
kmie,  lequel  contient  en  soy  xxxi  chappitres:  ou  pre- 
mier il  traite  la  cause  pourquoy  la  discention  s'esmeut 
entre  le  roy  Henry  et  les  seigneurs  de  Persy  *,  après  la 
mort  du  roy  Richard.  Chap.  I. 

Apres  la  morl  du  roy  Richard ,  et  que  messire  Tho- 
mas de  Persy ^,  alors  connestable  d'Engleterre  ,  eut, 
par  rordonnance  du  roy  Henry,  ramené  par  decha  la 
mer  la  royne  >  zal^el,  vesve  de  feu  le  roy  Richard ,  et 
>  celle  rendu  es  mains  des  seigneurs  de  France,  comme 
cv  dessus  est  contenu,  icellui  messire  Thomas,  re- 
tourné en  Engleterre  devers  ledit  roy  Henry  ,  nou- 
velles vindrent  comment  le  conte  de  Douglas^,  esco- 
chois  ,  adcompaignié  de  grant  peuple ,  estoit  entré  en 
Engleterre ,   où  il  faisoit  de  grans  dommages  :  pour- 

1 .  Monstrelet  (I,  chap.  vu)  parle  très  brièvement  de  celte  dissension. 

''2.  Thomas  Percy,  comte  de  Worcester,  amiral,  mortle23  juillet  1-403 
(Dugdale,  I,  283-286;  et  Carte,  II,  659). 

3.  Archaiiibaiit  IV,  comte  de  Douglas,  créé  duc  de  Touraine  par 
Cliarles  VII.  Il  prêta  serment  de  fidélité  à  ce  prince  le  19  avril  1423, 
avant  Pâques  (Bapin  Tiioyras,  IV,  197;  Du  Tillet,  11,  235).  Tué  à  la 
bataille  de  Verneuil,  donnée  It  17  août  1424  (Monstrelet,  V,  chap.  xix  ; 
The  l'eeragt  of  Scotland,  b>  Robert  Douglas,  j).  186). 


[1402]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  i.  iH 

qiioy  le  roy  ordonna  audit  de  Persy,  son  conneslable*, 
grant  armée  pour  remédier  auz  enlreprinses  dudit 
conte  de  Douglas;  lequel  connestable,  aiant  ceste 
charge ,  fist  tel  dilligence  de  poursievir  ses  annemis, 
qu'il  les  trouva  et  leur  livra  battaille  '  ;  dont  il  de- 
moura  victorien.  Si  prinst  ledit  conte  de  Douglas  pri- 
sonnier %  et  l'emmena  en  son  pays,  où  il  le  commist 
soubz  bonnes  gardes. 

Quant  le  roy  Henry  sceut  que  le  conte  de  Douglas 
estoit  prisonnier,  et  que  ses  gens  avoient  guaignié  la 
baltaille,  il  envoia  devers  ledit  messire  Thomas  Me 
Persy  ung  sien  poursievant  lui  signifier  que  il  luy 
envoiast  le  conte  de  Douglas  en  la  ville  de  Londres  \ 
A  quoy  ledit  de  Persy  respondy  que  le  conte  de  Dou- 
glas estoit  son  prisonnier,  non  pas  du  roy,  et  que  point 
ne  lui  envoieroit ,  mais  il  yroit  dedens  brief  jour  de- 
vers luy  pour  faire  son  excusation. 

Le  roy,  sachant  ceste  responce,  fut  moult  troublé  : 

1.  Henri  Percy,  comte  de  Northumbeiland,  conuétable  d'Angleterre 
mort  le  28  février  1408  (Diigdale  I,  276,  278  ;  Carte,  II,  669).  II  était 
frère  aîné  de  Thomas  auquel  Wavrin  donne,  par  erreur,  le  titre  de 
conriétalîle. 

2.  Le  W  septembre  1402,  à  Homeldon-Hill  (Lingard,  II,  388),  près 
Wollever,  sur  les  frontières  du  Northumberland  (Carte,  II,  6o5).Wooler 
est  situé  sur  un  bras  de  la  rivière  le  Till,  dans  le  comté  de  Northumber- 
land. Le  comte  avait  avec  lui  son  fils  Henri,  surnommé  Hotspur. 

3.  Ce  seigneur  fut  pris,  non  par  Thomas  Percy,  mais  par  Henri  Hot- 
spur, son  neveu  (Carte,  II,  658). 

4.  Thomas  n'avait  pas  assisté  à  cette  bataille;  notre  chroniqueur  le 
confond  sans  cesse  avec  son  frère  ou  son  neveu.  Le  manuscrit  de  la  Bi- 
bliothèque impériale,  fonds  Sorbonne,  n°  432,  porte  Henry.  C'est  ce 
dernier  nom  qu'il  faut  lire  partout  ou  Wavrin  nomme  Thomas. 

^.  Le  roi  fil  défense  au  comte  de  Northumberland,  à  son  fils  et  aux 
autres  grands  seigneurs,  de  disposer  des  prisonniers  écossais,  se  réser- 
vant ce  droit.  Ses  leurcs  sont  datées  du  22  septembre  1402  (Rvmer,  IV, 
partie  I,  33-36). 

'  12 


478  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1402] 

si  pensa  bien  qu'il  s'en  vengeroit  dudit  de  Persy,  met- 
tant en  oubly  les  bons  services  par  luy  recheuz  dudit 
de  Persy,  ses  parens  et  alyez  :  car,  comme  il  a  esté  dit 
cy  dessus*,  le  conte  de  Northumberland,  père  dudit 
messire  Thomas,  avec  l'ayde  de  ses  enfans  et  alyez , 
avoit  esté  cause  principal  de  la  destitution  du  roy  Ri- 
chard ,  et  de  l'augmentation  et  gloire  du  roy  Henry, 
soubz  certaines  promesses,  que  ce  roy  Henry  lui  avoit 
faites,  qu'il  les  devoit  pourveoir  et  advanchier  de  grans 
offices  ou  roiaulme ,  dont  il  ne  fist  riens. 

Ledit  messire  Thomas^  de  Persy,  environ  vi  jours 
après  le  partement  du  poursievant ,  s'en  vint  à  Lon- 
dres devers  le  roi  ;  lequel ,  quant  il  lui  cuida  faire  la 
révérence  et  soy  excuser,  luy  demanda,  très  felon- 
neusement,  s'il  luy  avoit  amené  le  conte  de  Dou- 
glas ;  à  quoy  messire  Thomas  respondy  que  non ,  et 
qu'il  estoit  son  prisonnier,  en  son  pays  :  à  laquele  pa- 
rolle  le  roy  se  couroucha  et  donna  audit  de  Persy  ung 
grant  soufflet ,  lequel  recheu  par  messire  Thomas  ,  se 
party  de  là,  sans  congié  prendre,  monta  à  cheval,  et 
retourna  en  sa  maison.  Et  de  ceste  villonnie  se  com- 
plaindy  à  son  père,  [le  conte  de  Northumberland],  et 
à  son  frère,  messire  Jehan  de  Persy ',  et  messire  Henry  '" 
de  Persy,  conte  d'Excestre  ,  son  oncle,  et  à  ses  autres 
amis,  eulz  priant  qu'ilz  le  voulsissent  aidier  à  vengier  : 
lesquelz,  tous  ensamble,  luy  promisrent  ayde  et  con- 
fort ,  disant  (jue ,  comme  ilz  avoient  esté   cause   de 

t.  Voyez  ci-dessus,  n'^  830. 

2.  Le  manuscrit  ci-dessus  mentionné  met  Henrj . 

3.  Ralph  (tt  non  Jean)  Percy  était  frère  de  Henri  Hotsjjur.  (Di'g^" 
dale,  I,  278). 

4-.  «  Thomas,  comte  d'Orseslrr-  (  Worcesler.  )  «  (Ms.  fonds  Sor- 
honne,  n"  i?>2). 


[1403]        QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  i-ii.  179 

eslever  le  roy  Henry,  ils  renderoient  paine  de  le  priver 
et  débouter  du  roiaulme. 

858.  Comment   le  roy   Heury    d'Engleterre    desconfiz    en 
battaiile  les  seigneurs  de  Persy  et  leurs  alyez.  Il 

Geste  conclusion  prinse  entre  ceulz  de  Persy,  ilz 
mandèrent  tous  leurs  amis  et  alyez ,  par  tous  lieux  où 
ilz  cuidoient  estre  amez,  pour  les  servir  à  leur  besoing  ; 
puis  s'en  allèrent  ou  pays  de  Galles,  sans  monstrer 
samblant  de  ce  qu'ilz  pensoient;  et  là,  trouvèrent 
aucuns  grans  seigneurs  du  pays  ,  lesquelz  ilz  scavoient 
estre  de  la  partie  du  roy  Richard ,  pour  le  tempz  qu'il 
estoit  en  vie,  et  que  très  fort  avoient  prins  en  hayne 
le  roy  Henry,  disant  à  yceulz  seigneurs  que  ,  se  ilz 
voulloient ,  leur  aideroient  à  boutter  hors  de  Galles 
tous  ceulz  quy  estoient  es  chasteaulz  et  villes  de  par 
ledit  roy  Henrv,  et  à  remettre  leur  droit  héritier  de  la* 
princhaulté  de  Galles  en  possession  ,  et  les  autres  sei 
gneurs  en  leurs  patrimones ,  lesquelz  en  avoient  jadis 
esté  déboutez  par  le  roy  Edouard  H  *  de  ce  nom,  qui 
les  avoit  déshéritez  ,  et  apliquié  le  pays  de  Galles  à  la 
couronne  d'Engleterre. 

Ces  seigneurs  de  Galles ,  oians  ces  Persias  ainsi 
parler,  furent  moult  joieux  ;  car,  à  la  vérité  dire  , 
oncques  les  Gallois  n'amerent  naturelement  les  An- 
glois  ;  car  ilz  se  dient  entreulz  estre  plus  nobles  de 
progéniture  que  les  Anglois ,  pour  ce  qu'ilz  sont  issus 
et  extrais  des  anchiens  Bretons,  lesquelz  jadis  tindrent 
toute  la  grant  Bretaigne  que  maintenant  occupent  les 
Anglois;  laquele,  comme  en  ceste  histore  est  cy  devant 

1,   Edouard  l,  et  non  Edouard  II.  Voy.  Carte,  II,  195. 


i80  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1403] 

contenu  ou  premier  volume,  ung  grant  prince,  nommé 
Englist ,  concquesta  sur  les  Bretons  ,  si  le  repeupla  de 
diverses  nations  ;  c'est  à  scavoir  de  Saxons,  d'Alle- 
mans,  Flamens,  Picars,  Northmans  et  autres  peuples. 
Si  fut  le  pays  nommé  Engleterre  ,  pour  Englist,  lequel 
nom  luy  a  duré  jusques  aujourd'huy. 

Or  donc,  pour  retourner  à  nostre  propos  ,  ceulz  de 
Galles,  moult  joieuz  de  l'aliance  faite  et  enconvenen- 
cilié  au  conte  de  Northumberland,  et  aux  seigneurs  de 
Persy,  requirent  que  de  ceste  aliance  lettres  feussent 
faites ,  escriptes  et  scellées  des  seaulz  des  deux  parties. 
Et,  avec  ce,  pour  plus  fermement  entretenir  celle 
alyance,  jurèrent  et  promisrent,  sur  le  corpus  Domiiii, 
d'icelles  convenences  entretenir  jusques  à  mort  souf- 
frir. 

Les  choses  ainsi  passées,  chascun,desa partie,  manda 
gens,  amis  et  alyez  endroit  soy.  Et  Us  seigneurs  de  la 
princbauté  de  Galles  assemblèrent  leur  povoir,  prin- 
drent  jour,  lieu  et  place  pour  eulz  tous  assambler  en 
ung  ost,  adfui  d'entrer  en  pays. 

Le  conte  de  Northumberland*,  messire  Thomas  de 
Persy  et  messire  Henry  tyrerent  en  leur  marche,  et  en- 
volèrent en  Escoche  devers  le  conte  de  Douglas,  pour 
cause  duquel ,  comme  oy  avez ,  estoit  venu  ce  mal- 
lalent,  quy  paieillement  manda  tous  ses  amis,  lesquelz 
vindrent  en  grant  nombre  ;  car  lesdis  seigneurs  de 
Persy  l'avoient  délivré  de  prison,  quitant  sa  raenchon 
pour  estre  de  luy  aydiés.  Si  s'assamblerent  finable- 
mcnt  tous  ces  seigneurs  ou  pays  de  INorthumljerland , 
où  ilz  se  trouvèrent  bien  xxiv  m.  archiers  de  bonne 

1.  Il  resta  malade  à  Berwick  et  n'assista  pas  à  la  hntaine  dont  il  va  être 
question  (Carte,  II,  6b8). 


[1403]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  ii.  181 

estofïe ,  et  deux  mille  lanclies,  qui  tousjours  multi- 
plioient  et  croissoient  :  lesquelz ,  tous  ensamble  et  en 
très  bonne  ordonnance,  entrèrent  en  pays,  où  ilz  com- 
mencèrent à  bouter  les  feux  et  mettre  à  l'espee  tous 
ceulz  qu'ilz  scavoient  estre  à  eulz  contraires,  quv  de 
ce  ne  se  donnoient  garde  ;  car  leur  entreprinse  fut  si 
subite,  et  tenue  si  secrète,  que,  se  le  roy  Henry  n'y 
eust  eu  aulcuns  amis  couvers  quy  l'en  advertirent  se- 
crètement, la  chose  feust  mal  allée  pour  luy,  et  n'y 
eust  peu  ou  sceu  mettre  remède,  que  il  n'eust  esté 
du  tout  deffait  et  débouté  de  son  roiaulme  ,  ou  esté 
prins  ou  mort.  Mais  tantost  que  yceulz  seigneurs  de 
Persy,  Gallois  et  Escochois,  tous  ensamble  se  furent 
jointz  et  entrez  en  pays,  messages  vindrent  à  Lon- 
dres ,  de  tous  costez ,  et  racontèrent  au  roy  Henry  les 
grans  maulz  et  dommages  que  jà  avoient  fait ,  et  con- 
tinuoient  de  faire  les  dis  seigneurs  de  Persy  et  leurs 
alyez. 

Alors  le  roy  Henry,  moult  troublé  de  ceste  adven- 
ture  ,  manda  ses  consaulz .  ouquel  comparurent  tous 
les  ducz ,  contes  ,  barons ,  evesques  ,  abbez  et  prelatz 
quy  à  Londres  estoient;  lesquelz,  tous  ensamble,  d'une 
voix  commune ,  dirent  au  roy  :  «  Sire,  longz  consaulz 
n'ont  cy  mestier,  mais  convient  de  fait  pourveir  à  la 
chose  plus  nécessaire.  Mandez  et  faites  publier  de 
toutes  pars  que  chascun  se  mette  sus  en  armes,  et 
viengnent  par  devers  vous,  et,  vous  mesmes,  tyrez  auz 
champs,  adfin  que  chascun  vous  ensieve.  Si,  comman- 
dez à  tous  connestables  et  maressaulx  qu'ilz  entendent 
<Ie  ces  nouvelles  faire  publier  dilligamment,  par  toutes 
les  villes  et  citez  de  vostre  roiaulme,  que  chascun, 
endroit  soy,  vous  sieve  garny  de  vivres  et  artillerie , 


Î8'2  CR0NICQUP:S  D'ENGLETERRE.  [U03| 

comme  en  tel  cas  apartient ,  et  que  jour  et  nuit  vous 
sievent  et  viengnent  où  vous  serez. 

Ce  conseil  tenu  ainsi  comme  il  fut  dit  et  exécuté, 
le  roy  Henry,  et  les  princes  quy  avec  luy  estoient,  se 
préparèrent  et  misrent  en  armes.  Si  se  party  le  roy  et 
eulz,  les  Londriens  en  sa  compaignie  ;  puis,  quant  le 
roy  se  trouva  aux  chainpz ,  il  fist  son  ordonnance 
d'avant  garde  ,  battaille  et  arrière  garde  ,  lesqueles  il 
bailla  à  conduire  à  ceulz  qu'il  scavoit  estre  à  ce  [pro- 
pices et  dignes  de]  ce  faire.  Luy  en  personne  conduisi 
la  battaille ,  le  duc  d'Yorc ,  son  oncle  ',  avec  luy,  et 
le  jenne  duc  de  Clocestre  ^,  le  conte  d'Arondei  ',  le 
conte  de  Rosteland  ^  et  plusieurs  autres  grans  sei- 
gneurs. En  l'avant  garde  estoient  le  conte  de  Ware- 
wic*,  le  conte  d'Excestre**,  le  conte  de  Sombreset  ^,  le 
seigneur  de  Ros*  et  plusieurs  autres  haulz  barons;  et 
en  l'arriére  garde  estoit  le  jenne  duc  de  Sudrien,  avec 
luy  plusieurs  sages  et  notables  cbevalliers.  Puis,  quant 

i .  Le  duc  d'York  n'assista  pas  non  plus  à  cette  bataille  :  il  était  mort 
dès  le  1"  août  1402.  Voy.  ci-dessus,  p,  io9  ,  note  5 ,  où ,  par  erreur, 
nous  avons  mis  1401 . 

2.  Humphrey,  le  plus  jeune  des  fils  de  Henri  IV.  Il  ne  fut  créé  duc  de 
Glocester  que  la  première  année  du  règne  de  Henri  V.  Mort  le  28  fé- 
vrier 1447  (Dugdale,  m,  198-199). 

3.  Thomas,  comte  d'Arundel,  mort  le  13  octobre  1415  (Dugdale,  I, 
320-321). 

4.  Edouard,  comte  de  Ilulland,  fils  du  duc  d'York,  tué  en  1415  a  la 
bataille  d'Azincourt  (Dugdale,  II,  156-157). 

5.  Richard  Beaucliamp,  comte  de  Warvick,  né  le  28  janvier  1381  ; 
mort  à  Rouen  ,  le  30  avril  1439  (Dugdale,  I,  242-247). 

G.  Thomas  Beaufort  ne  fut  créé  (lue  d'Excester  que  la  quatrième  année 
du  règne  de  Henri  V.  Mort  le  27  décembre  1426  (Dugdale, 11, 125-126). 

7.  John  Ikaufort,  coiiUe  (U' Som;'rsi  t ,  mort  en  lilO  (Dugdale,  II, 
121-122). 

8.  William  Ros  de  Hamlake  ,  mort  le  1"^' septembre  1414  (Dugdale.  1. 
551  552). 


[U03]  QUATRIÈME  PARTIR,  LIVRE  VI,   a.  483 

tous  furent  assaniblez ,  ilz  se  nombrerenl  bien  à 
XXVI  m.  arcbiers  et  trois  mille  liommes  d'armes;  mais 
enfin  furent  plus  de  lx  m.  bommes. 

Lors  le  roy  Henry ,  se  \  oiant  estre  prest  et  si  puis- 
sant, commanda  auz  maressaulz  de  son  ost  et  à  son 
connestable  qu'ilz  se  feissent  apresterpour  marcbier, 
comme  ilz  firent.  Si  eut,  à  ceste  beure,  illec,  si  grant 
l)ruit  et  noise  des  trompettes,  clarons  et  bannisse- 
mens  de  cbevaulz,  que  grant  borreur  esloit  à  oyr,  car 
les  montaignes  en  retentissoient  par  tel  facbon  que  on 
n'eust  oy  Dieu  tonner.  Tant  estoient  les  cbemins  cou- 
vers  de  gens,  cbariotz  et  cbevaulz,  que,  plus  de  deux 
lieues  loingz,  on  oioit  le  bruit  et  tombissement  :  tant 
que  c'estoit  cbose  espouventable. 

Finablement,  tant  exploitèrent,  le  roy  et  son  armée, 
de  cbevaulcbier,  que  ilz  aprocberent  leurs  annemis  à 
demye  journée  près  [l'un  de  l'autre]. 

Quant  les  seigneurs  de  Persy  sceurent  la  venue  du 
loy  Henry  estre  si  procbaine  ,  ilz  ordonnèrent  leur 
battaille;  puis,  quant  ilz  furent  aprestez,  marcberenl 
avant  pour  rencontrer  leurs  annemis.  Si  adviserent 
place  la  plus  propice  et  plus  advantageuse  pour  eulz 
qu'ilz  peurent  :  ce  fut  auprès  de  Cbyrosbury  *  où  ilz 
conclurrent  atendre  leurs  adversaires,  comme  ilz 
firent. 

Quant  tous  furent  prestz  et  ordonnez  pour  combatre, 
le  conte  de  Nortbumbreland ',  messire  Tbomas  de 
Persy  et  messire  Henry,  allèrent  de  battaille  à  autre 


1.  A  liaiilefleld,  environ  une  lieue  de  Siuewsbury  (Carte,  II,  659). 

2.  Le  coiHic  de  Nortiiuuiberland    ne  faisait  point   partie  de  l'cxpédi- 
tion,  comme  nous  l'avou!,  dit  ci-dessus,  p.   180,  note  1. 


1S4  CRO^'ICQUES  D'ENGLETERRE.  [1403] 

j)our  leurs  gens  enhorter  à  bien  faire ,  en  leur  faisant 
plusieurs  belles  reoionstrances,  en  ceste  manière  :  (c  Sei- 
gneurs, se  à  vous  ne  tient,  aujourd'huy  l'ancbien  nom 
britonicque  que  jadis  eurent  vos  predicesseurs ,  sera 
par  vous  recouvré  et  remis  sus ,  et  en  seront  boutez 
dehors  celle  mauldite  nation  Englisse  et  Henry  de 
Lanclastre,  quy  de  nouvel  a  usurpé  ce  noble  roiaulme 
et  fait  morir  le  roy  Richard,  avec  maint  vaillant  che- 
vallier, dont  c'est  grant  pitié  et  dommage.  » 

Ainsi,  comme  vous  pouvez  oyr  ,  admonnesterent 
leurs  gens  au  bien  faire  ceulx  de  Persy,  et  telement 
les  encoragerent ,  qu'il  n'y  avoit  cellui  qui  n'eust  le 
corage  si  haultain  que  advis  leur  estoit  que  nulz ,  fors 
Dieu,  ne  les  povoit  nuyre;  et,  à  la  vérité,  comme  j'ay 
esté  informé  par  gens  notables,  quy  disoient  avoir  veu 
chevalliers  et  gens  d'auctorité  qui  ceste  chose  cer- 
tiffioient  avoir  veue ,  ce  fut  la  besongne  non  pareille 
qu'on  ait  oy  en  histore. 

Or  doncques  le  roy  Henry,  qui ,  la  nuit  par  devant, 
avoit  envoie  ses  espies  et  coureurs  pour  scavoir  le 
convenant  de  ses  annemis  ,  lesquelz  coureurs ,  à  part , 
luy  dirent  et  raporterent  que  pour  certain  ilz  l'alen- 
doient  de  pié  coy  en  ime  moult  belle  plaine  ,  mais  la 
voye  à  y  entrer  estoit  moult  difficile  pour  luy  et  ses 
gens,  et  très  advantageuse  pour  ses  annemis,  quy 
estoient  en  nombre  plus  de  iiii"  mille ,  où  estoient 
grant  foison  Escochois  et  Gallois.  Lequel  raport  oiant, 
le  roy  Henry,  sans  plus  guère  tarder,  commanda  (jue 
chascun  se  meist  à  chemin  ])ar  ordonnance  de  bat- 
taille  ,  coîimie  ilz  firent,  jus(ja(!s  à  ce  (['le  ilz  furent  ii 
une  lieue  près  de  leurs  annemis ,  où  ilz  se  logèrent 
celle  nuit,  jusques  au  point  du  j(HU',  que  \v  roy  Hem  y 


[1403]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  ir.  J85 

fist  chanter  la  messe,  armez  de  toutes  piecbes  :  puis,  la 
messe  oye ,  prinst  une  souppe  en  vin  ,  monta  à  che- 
val ,  si  ordonna  ses  battailles  et  les  admonnesta  de 
bien  combatre ,  allant  de  rencq  en  rencq,  disant,  pour 
eulz  encoragier,  comment  justement,  à  bonne  cause  et 
pour  le  commun  pourfit  de  tout  le  roiaulme  ,  il  em- 
prendoil  ceste  querelle,  laquele  il  tenoit  juste  et  lealle, 
et  que  chascun  se  disposast  pour  deffendre  son  prin- 
cipal droit.  Puis  fist  desploier  ses  banieres;  à  scavoir, 
la  baniere  Saint  George  et  la  baniere  Saint  Edouard , 
puis  sa  baniere  esquartelee  de  France  et  d'Engleterre  : 
puis  commanda  à  son  connestable  que,  en  rhonneur 
de  Dieu  et  de  Saint  George,  il  fesist  marcher  son  ad- 
vantgarde  :  si  en  fut  fait ,  ainsi  qu'il  l'avoit  com- 
mandé. 

Et  de  l'autre  part ,  les  seigneurs  de  Pers} ,  advertis 
de  la  venue  de  leurs  annemis ,  firent  marchier  leur 
advant  garde,  laquele  conduisoit  le  conte  de  Douglas  . 
puis,  quant  ilz  se  furent  choisis  de  loingz,  les  archiers 
descendirent  à  pie  ,  gectant  ung  grant  et  horiible  cry, 
qui  fut  à  oyr  espouventable  ;  puis  le  grant  pas  com- 
mencèrent de  marchier,  en  belle  ordonnance,  l'un 
contre  l'autre  ,  et  les  archiers  de  tyrer  si  dru  et  si 
espes,  qu'il  estoit  advis  auz  regardans  que  ce  feust 
une  espesse  nuée  ;  car  le  solleil ,  quy  lors  estoit  bel  et 
cler,  à  ceste  heure  en  perdy  sa  lueur,  tant  estoit  le 
trait  espes  :  et  ad  ce  aidoit  aussi  la  pouldre  quy  volloil 
contremont,  avec  l'allaine  des  hommes  qui  se  com- 
menchoient  à  eschauffer,  tant  que  l'air  en  estoit  tout 
obscurcy.  Apres  que  le  trait  fut  faiily,  ilz  misrent  les 
mains  auz  espees  et  haches  ,  dont  ilz  commencèrent  à 
eulz  entre  occire;  el  les  conducteurs  des  avant  gardes 


186         ..  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1403] 

ferirenl  clievaulz  des  esporons,  et,  les  lances  baissiés, 
s'enlreferirent  les  iingz  les  autres,  et  là,  s'entre  oc- 
cioient  hommes  et  chevaulz  ,  telement  que  pitié  estoit 
à  les  veoir.  ISul  n'espargnoit  son  compaignon ,  ne 
miséricorde  n'y  avoit  lieu  :  chascun  ne  tendoit  que  à 
escbaper  et  soy  mettre  au  dessus  de  sa  partie  ;  ne  là 
n  avoit  amy  ne  parent ,  ains  pensoient  tous  pour  eulz 
mesmes.  Telement  et  en  tele  égalité  d'aigreur  se  com- 
batirent ,  qu'il  fut  longue  espace  avant  que  l'en  sceusl 
extimer  à  quy  en  demourroit  la  journée  et  victore  ; 
mais  enfin ,  par  la  vaillance  du  conte  de  Douglas  et 
ses  compaignons,  l'avant  garde  du  roy  lut  ruée  jus  et 
tant  que,  à  grant  paine ,  les  contes  de  Rosteland  et  de 
Warwic  peurent  avoir  loisir,  lieu  ne  espace  d'eiilz 
retraire  vers  la  battai41e  du  roy,  qui  venoit,  cbevaul- 
cbant  le  grant  pas,  pour  secourir  son  advantgarde, 
qu'il  veoit  bransîer  et  desconfir. 

D'autre  part ,  venoient  le  conte  de  Nortbumberland 
et  les  autres  Persy,  joieux  et  resbaudis  de  l'aparant  de 
leur  victore.  Si  assambîerent  les  battailles,  où  les  cris 
et  noises  se  multiplièrent  de  tous  lez  ;  trompettes  et 
clarons  menèrent  si  grant  bruit  que  merveilles,  et 
c' estoit  grant  horreur  à  oyr  les  lamentacions  des  navrez 
quy  finoient  leurs  jours  misérablement  entre  les  piedz 
des  chevaulz.  Là  y  eut  si  grant  occision  d'hommes, 
dont  les  corps  gisoient  sans  ame ,  que  la  pareille  ne 
fut  veue  de  longtempz  en  Engleterre,  et  ceulz  quy 
vivansestoient,  mettoient  paine,  de  tout  leurpovoir,  à 
l'un  l'autre  occire;  sicque  horrible  et  espouventable 
chose  estoit  à  veoir,  ne  il  n'y  avoit  si  hardy,  quy  ne 
Iremist  de  bide  et  paour  ;  car,  comme  j'ay  oy  raconter 
pai  bouche  el  |>ar  cscripl ,  on  ne  treuve  en  nul  livre 


[1403]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  ii.  487 

de  cesle  croniccjue,  depuis  la  concquesle  du  duc  Guil- 
laume ,  [que]  il  eust  ou  roiaulme  d'Angleterre  une  sy 
horrible  batlaille  *  ne  tant  de  sang  crestien  respandu 
comme  en  ceste  dont  nous  parlons,  qui  fut  chose 
pitoiable  ;  [car  la  bataille  dura  longuement  avant  ce 
que  on  seust  perchevoir  à  quy  Dieu  ottroieroit  la  vic- 
toire] ,  car  chascune  des  parties  contendoit  et  desiroit 
fort  à  vaincre  ses  annemis. 

Le  roy  Henry,  à  quy  la  chose  touchoit  plus  que  à 
nul  autre,  troublé  du  deffait  de  son  advantgarde,  qui 
estoit  ainsi  perdue ,  commença,  à  haulte  voix ,  de  ad- 
monnester  ses  gens  au  bien  faire ,  puis  se  fery  en 
la  battaille,  où  il  fist  mainte  belle  aparlise  d'armes, 
tant  que,  des  deux  costez ,  il  fut  tenu  le  plus  vaillant 
chevallier  ;  et  fut  raporté  pour  certain  que,  ce  jour,  de 
sa  propre  main,  il  occistxxx  hommes  de  ses  annemis  : 
et ,  à  vérité  dire  ,  par  le  sens ,  vaillance  et  l)onne  con- 
duite de  luy,  fut  la  battaille  guaignié  et  les  annemis 
desconfis.  Mais,  anchois,  fut  il  trois  fois  porté  par  terre 
du  conte  de  Douglas ,  et  à  le  rescourre  y  eut  maint 
homme  mort  et  rué  jus ,  quy  oncques  ne  se  relevè- 
rent. Si  est  à  croire  que  les  seigneurs  de  Persy,  qui, 
nagueres,  avoient  eu  la  première  victore,  furent  moult 
esbahy  ;  car  se  ilz  eussent  poursievy  leur  première 
fortune,  ilz  estoient  au  dessus  de  leur  emprinse,  de 
laquele  les  Anglois  avoient  fort  fremy,  et  à  grant  paine 
les  avoit  le  roy  Henry  fait  marcliier  avant ,  pour  la 
desconfiture  de  l'avant  garde. 

Finablement,  le  roy  obtint  la  victore,  et  mist  ses 
annemis  en  fuite  et  plaine  desconfiture.  Si  y  furent 

1.  Cetle  bataille  se  domia  le  21  juillet  1403  (Carte,  II,  G59). 


ISS  CRO^ICQUES  D'ENGLETERRE.  [1W3J 

prins  le  conle  de  Douglas*,  messire  Thomas  de  Persy, 
conte  de  Nortbumbellaiid*,  et  messire  Henry,  son  nep- 
veu,  auquel  le  roy  fist  prestement  copper  la  teste.  Et 
si  y  furent  prins ,  pareillement ,  plusieurs  estranges 
chevalliers  et  escuiers  d'Escoce  et  de  Galles  ,  dont  les 
aulcuns  furent  décollez,  et  les  autres  mis  à  raenchon. 

Âpres  ceste  desconfiture ,  le  roy  Henry  regracia 
INostre  Seigneur  de  sa  bonne  adventure ,  puis  se 
party  du  champ,  à  grant  joye  et  leesse  ;  mais,  première- 
ment ,  ordonna  de  l'enterrement  des  mors  et  visita- 
cion  des  navrez  ;  et ,  ce  fait ,  envoia  gens  d'armes  et 
archiers  en  Galles,  pour  assegier  une  ville  qui  se 
tenoit  pour  ceulz  de  Persy  ;  laquele  fut  tantost  prinse 
et  remise  en  son  obéissance.  Lesqueles  choses  ainsi 
faites  et  achevées ,  et  qu'il  eut  mis  son  roiaulme  en 
bon  estât,  et  pugny  les  rebelles,  il  se  mist  h  chemin 
pour  venir  à  Londres,  où  il  donna  congié  à  toutes 
manières  de  gens  d'armes  ,  adfin  que  le  pays  ne  feust 
foullé  ne  mengié,  et  ne  retint  avec  luy  que  les  princes 
et  son  estai. 

Quant  le  roy  aprocha  Londres  à  une  bonne  lieue 
Englesse  ,  le  maisre  dudit  Londres  et  aucuns  des  plus 
notables  de  la  ville  luy  vindrent  au  devant  ;  si  le  bien- 
vin  gnerent,  puis  il  entra  dedens  la  cité ,  où  les  rues 
esloient  encourtinees  en  son  passage.  Evesques,  abbez 
et  prelatz  d'église  luy  vindrent  au  devant ,  à  manière 
de  procession,  chantans  7e?  Deiini  laudamus ^  et  le 
peuple ,  à  voix  haultaine,  alloit  criant  :  «  Bien  viengne 

1 .  Le  roi  lui  rendit  la  liberté  à  cause  de  sa  vaillance  (Holinslied  ,  lî  , 
b:23).  Il  était  encore  prisonnier  le  8  mars  1-iOu  (Ryiner,  IV,  première 
partie,  78). 

2.  Comic  de  Worccsler.  Vov.  ci-dessus,  p.  176,  note  2. 


[1403]         QUATRIÈÎME  PARTIE,  LIVRE  VI,  ii-iv.  189 

le  noble  roy  Henry,  et  Dieu  beneye  monseigneur  le 
prince  son  filzM»  Puis  ,  quant  il  vint  devant  le  portail 
de  l'église  Saint  Pol ,  il  mist  pie  à  terre ,  entra  en 
l'église ,  et  là  fist  son  oraison  ,  bien  et  dévotement  ; 
puis,  quant  il  eut  fait  son  offrande,  se  party,  et  monta 
sur  la  barge  quy  luy  estoit  apareillié.  Si  s'en  alla  des- 
cendre au  bavre  de  Westmoustre  ,  où  il  tint  moult 
belle  court  et  bonnourable ,  où  souvent  luy  venoient 
ambaxades  de  divers  princes  ,  lesqueles  il  recepvoit 
bonnourablement  et  les  faisoit  festoier  par  ses  gens  , 
comme  en  tel  cas  apartient  de  faire;  et,  au  partir,  leur 
faisoit  de  beaux  riches  presens. 

La  renommée  de  luy,  de  son  sens  et  de  sa  prudence 
s'estendoit  en  plusieurs  pays  et  diverses  régions  ;  il 
maintenoit  et  amoit  justice  sur  toutes  riens  ,  et,  avec 
ce,  estoit  moult  bel  prince,  sachant  et  éloquent,  cour- 
tois ,  vaillant  et  hardi  aux  armes  :  et ,  au  brief  dire , 
estoit  raemply  de  toutes  vertus  autant  que  paravant 
son  tempz  eussent  esté  nulz  de  ses  predicesseurs ,  des- 
quelz,  quant  à  présent,  lairons  un  peu  de  parler,  tant 
que  heure  soit  d'y  retourner. 

859.  S'ensieult  la  copie  de  la  lettre  que  Loys,  duc  dOrliens, 
frère  germain  du  roi  Charles  de  France,  envoia  au  roy 
Henry  d'Engleterre  pour  faire  armes.  HI. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  ix. 

860.  La  responce  que  fist  le  roy  Henry  auz  lettres  du  duc 
d'Orliens.  -  IV. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  IX. 

1.  HïTirl  V,  né  en  1388,  couronné  le  9  avril  1413;  marié  à  Ciitlie- 
rine,  fille  de  Charles  VI;  mort,  au  bois  de  Vinceiiaes,  le  31  août  1422 
(y/rf  de  vérifier  les  dates,  I,  814). 


iOO  CROMCQUES  D'ENGLETERRE.  [U03-05] 

801.  La  copie  de  la  lettre  d'aliancc  que  le  duc  dOilicns 
avoit  faite  au  roy  Henry  d'Engleterre,  pour  le  tempz 
qu'il  estoit  eu  France.  V. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  IX. 

802.  Seconde  lettre  en  responce  que  fist  le  duc  d'Orliens 
au  roy  Henry  d'Engleterre.  \1. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  IX. 

803.  La  seconde  lettre  et  darraine  responce  que  fist  le  roy 
Henry  au  duc  d'Orliens.  VH, 

Cf.  Monst.,  t.  I,  cil.  IX. 

801.  Comment  le  conte  Waleran  de  Saint  Pol  cnvoia  ses 
lettres  de  deffiancc  au  roy  Henry  d'Engleterre.       \H1. 
Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  X 

805.  Comment  messire  Jaques  de  Bourbon,  conte  de  la 
Marche,  alla,  à  puissance  de  gens  d'armes,  par  mer,  en 
Engleterrc,  et  de  ce  quy  luy  en  advint.  IX. 

Cf.  Monst  ,  t.  I,  ch.  XI. 

800.  Comment  Tadmiral  de  Bretaigne  et  autres  seigneurs 
desconfirent  les  x\nglois  sur  mer.  X. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XI  bis,  et  xiv. 

807.  Comment  le  marissal  de  France  et  le  maistrc  des  ar- 
ballestiers  allèrent  en  Engleterre  en  l'ayde  de  ceulz  de 
Galles.  Xf, 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XV. 

808.  Delà  mort  du  duc  Phelippe  de  Bourgoigne  :  et  com- 
ment le  conte  de  Saint  Pol  alla,  à  grant  puissance,  en 
l'isle  de  Wic  pour  faire  la  guerre  au  roy  d'Engleterre, 
où  il  fist  peu  de  son  pourfit.  XH. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XMii-xix. 

809.  Comment  le  conte  de  Saint  Pol  mena  son  armée  de- 
vant le  cliastel  de  Mcrcq,  cl  fut  dcsconfy  p;ir  les  Anglois 
de  la  «garnison  del^idlnix.  XIH. 

o 

Cf.  Monst.,  t.  I,  cil.  XXIV. 


[1403-07]     QUATRIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  v-\ix.         191 

870.  Comment  le  conte  de  Saint  Pol  (ist  grans  amas  de 
gens  d'armes  pour  venir,  de  rechief ,  guerroier  les  An- 
glois  sur  les  frontières  de  Callaix ,  et  ailleurs.  XIV. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XXIV. 

871.  Comment  le  duc  Jehan  de  Bourgoigne  eut  le  gouver- 
nement de  Picardie.  De  rambaxade  d'Engleterre  ;  et 
de  Testât  messirc  Clugnet  de  Brabant.  XV, 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  xxvi  et  xxvi  bis. 

872.  Comment  le  duc  d  Orlyens  assega  les  villes  de  Blaincs 
et  de  Burgie.  XVI. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  xxviii. 

873.  Comment  le  duc  Jehan  de  Bourgoigne  traita  tant, 
devers  le  roy  de  France  et  son  grant  conseil,  qu'il  eut 
licence  d'assegier  Callaix.    .  XVII. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XXIX. 

874.  Comment  les  Lyegois  se  rebellèrent  contre  Jehan  de 
Bavière,  leur  evesque,  et  la  cause  pourquoy,         XVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XXXI. 

875.  Comment  Loys,  duc  d'Orlyens,  fut  piteusement  occis 
au   commandement    du    duc    Jehan    de    Boursoinone. 

XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  I,  ch.  XXXVI. 

Le  récit  du  meurtre  du  duc  d'Orléans,  tracé  d'après  Monstrelet, 
est  précédé  d'une  récapitulation  des  griefs  qui  portèrent  le  duc  de 
Bourgogne  à  faire  assassiner  son  cousin.  Le  motif  qui,  selon  Wa- 
vrin ,  mit  Raoulet  d'Auquetonville  au  nombre  des  assassins  fut  le 
désir  de  se  venger  du  duc  d'Orléans  qui,  non  content  de  lui  avoir 
enlevé  sa  femme ,  lui  fit  ôter  IVtffice  de  général  de  Normendie. 
Voici  le  texte  de  Wavrin  : 

Et  la  cause  si  fut,  pour  ce  que  lors  on  disoit  com- 
munément que  ce  duc  d'Orlyens'  tenoit  la  femme  du 

1.  Louis  de  France,  duc  d'Orléans,  fils  de  Charles  V  ,  assassiné  le 
23  novemhrc  1407  (Anselme  ,  I,  205-200). 


102  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1407-08] 

dit  Rollet,  en  faisant  d'ycelle  sa  voiilenté.  Et  pour  ce 
que  ledit  Rollet  s'en  estoit  aucunement  aparceu  et  en 
a\  oit  parlé ,  fist  tant  ledit  duc ,  par  devers  le  Roy  et 
son  conseil ,  que  cette  office  de  gênerai  fut  donnée  à 
un  autre  personne.  Dequoy  ledit  Rollet  prinst  en  soy 
ung  moult  grant  desplaisir,  et  non  sans  cause. 

876.  Des  trêves  acordees,  à  durer  m  ans,   entre  les  deux 
royz  et  roialmes  de  France  et  d'Kngleterre.  XX. 

Assez  tost  après  ces  choses  advenues,  le  roy  Charles 
de  France  '  eut  conseil  d'envoier  aucuns  seigneurs  et 
prelatz  en  Engleterre  devers  le  roy  Henry -pour  ob- 
tenir unes  trêves  ^  entre  les  deux  roiaulmes ,  à  durer 
trois  ans  ,  lesqueles  furent  acordees,  quoy  que  feust , 
puis  s'en  retournèrent  les  aml^axadeurs  en  France. 

Le  roy  Henry  d'Engleterre,  qui  estoit  sage  et  con- 
gnoissant  en  toutes  choses ,  assambla  en  ce  tempz 
grant  conseil  en  son  pallaix  de  Wesmoustre,  ouquel 
furent  plusieurs  arclievesques  et  evesques ,  ducz , 
contes,  barons  et  chevalliers,  qui  retournèrent  maint 
article  touchant  les  nouvelles  advenues  de  France.  Si 
leur  fut  bien  advis  que  pour  la  mort  du  duc  d'Orlyens 
se  causeroient  de  grans  destructions  entre  les  Fran- 
çois, les  ungz  contre  les  autres,  à  scavoir  pour  les  deux 
parties,  Bourgoigne  et  Orlyens.  Si  fist  lors  le  roy 
Henry  deffence  à  tous  ceulz  qui  hantoient  l'excercite 
des  armes,  tenans  son  parti,  tant  es  frontières  de  Cal- 

1.  Cliarics  VI. 

2.  Henri  IV. 

3.  Elles  sont  datées  du  10  iuin  1408.  Le  roi  de  France  les  jatiGa  !e 
Ij  octobre  suivant  (Rvnier,  t.  IV,  j)arlio  I,  133). 


[U08]  QUATRIÈME  PARTIE,  LIVTIE  VI,  xx.  193 

laix  comme  en  Guienne ,  en  Bordelois  et  autrepart, 
à  tous  ses  capittaines  que  du  débat  desdites  deux  par- 
ties nulz  d'iceulz  ne  se  meslast,  ne  n'alast  avder  ou 
favorisier  l'une  ou  l'autre,  en  cjuelque  manière  que  ce 
feust,  souIdz  encourre  son  indignation  ,  et  que  assez 
gens  estoient  les  François,  pour  l'un  l'autre  destruire, 
sans  ce  que  on  les  aydast;  et  que,  tout  à  tempz,  porroit 
on  recouvrer  de  les  guerroier,  et  qu'on  atendist  pour 
veoir  à  quel  fin  la  chose  volroit  tourner.  A  ceste  con- 
clusion s'acorderent  assez  bien  tous  ceulz  d'Engle- 
terre  :  si  se  reposèrent  un  petit,  en  escoutant  comment 
les  besongnes  se  porteroienî.  Durant  lequel  temps 
qu'ilz  avoient  trêves  auz  François ,  vindrent  à  Lon- 
dres, devers  le  roy  Henry,  aulcuns  députez  de  par  le 
conseil  de  la  cité  de  Lyege  luy  faire  requeste  d'avoir 
certain  nombre  d'arcliiers  pour  les  aidier  contre  Jehan 
de  Daviere ,  quy  se  disoit  estre  leur  evesque'. 

Quant  le  roy  oy  les  Lyegois  ainsi  parler  et  à  lui 
raconter  la  cause  de  leur  guerre ,  il  luy  sambla ,  et 
vray  estoit,  que  bien  y  povoit  envoler  pour  servir  les 
Lyegois  aucun  petit  nombre  de  sauldars  archiers,  avec 
eulz  ung  gentil  homme  pour  les  conduire,  tous  auz  des- 
pens  desdis  Lyegois  ;  lesquelz  ,  avant  qu'ilz  partissent 
d'Engleterre,  furent  payez  pour  trois  mois  de  bel  or  et 
bon  argent.  Si  en  y  avoit  assez  quy  eussent  bien  voulu 
que  le  plaisir  du  roy  eust  esté  de  les  laissier  aller  au 
service  des  Lyegois,    pour   le    bon   payement   qu'ilz 

\.  Jean  de  Bavière,  élu  évéque  de  Liège  le  14  novembre  1389,  à 
peine  âgé  de  dix-sept  ans;  il  prit  possession  du  siège  ,  par  coniniissaire, 
le  9  mai  1390,  et  fit  son  entrée  publique  à  Liège  ,  le  10  juillet  suivant. 
Mort  empoisonné  le  6  janvier  142i  (Voy.  Histoire  et  chronicque  de  Liège, 
foL  149  verso  ,  Bibl.  imp.,  ms.  n"  8380';  et  Loyens,  102  et  suiv.).  Il 
avait  épouse  Elisabeth  de  Gorlitz. 

I  <3 


494  CROMCQUES  DE>TtLETERSE  'J-lO^HJ 

veoieiit  et  le  îTas  pays  qu'iiz  scav oient  estre  en  Lyege  : 
mais  le  rov  n  en  vcolt  coogier  que  deu:s  cens,  si  con- 
vint que  les  autres  demouraissent.  Les  Lyegois,  donc- 
ques  .  aians  l'ottroy  du  roy  de  deux  cens  archiers,  luy 
demandèrent  cons:ié.  Si  se  partirent  de  Londres  avec 
les  deux  cens  archiers .  et  chevaulchereot  jusques  à 
Sanduich.  ou  ilz  montèrent  sur  mer  et  tant  nagèrent 
qu'ilz  furent  entrez  ou  Rin  :  et  exploitèrent  telement 
que.  sans  nul  encombrier.  ilz  vindrent  en  la  cité  de 
Lvege.  où  ilz  furent  joieusement  recheus. 

S* 7.  Comment  Jehan  de  Bariere,  asiegié  à  Ltreth  par  les 
LTesoLj,  envoia  devers  le  duc  de  Eourgoin^e,  son  beau 
trere.  pom*  avoir  secours.  XXL 

Cl.  Moniî.,  t.  n,  cil,  IL, 

S? S.  Du  srant  conieil  que  le  roy  de  Franc-e  tint  à  Pari». 
pour  avoir  advii  comment  on  prcicederoit  e-ontre  le  due 
de  Boursoinsne .  touchant  la  mort  du  duc   d'Oriveos. 

xxu. 

Œ.  Monit-,  t.  U.  ci.  u. 
>^9.  D'aulcunes  chose?  qui  advindrent  en  Tan  mil  inr  ix. 

xxni. 

CI.  Mo-JÎ   .  t.  U.    Ch.  LTT.   IT.    ix.  1X3. 

S?0.  Cv  parle  d'un  conseil  que  le  roy  Charles  tint  à  Paris» 
ou  il  fut  delîhere  de  faire  guerre  au  roy  Henry  d*Ln^îe- 
tene.  XXLv'. 

Q'.  Mijoit..  t.  IL  ck.  LXT.  i.\rni.  ti-ia.  iJxsrT. 

551.  Commeat  le  duc  de  Bourgoigne  prinst  la  ville  et  le 
pont  de  Saint  Clou,  où  estoient  en  çaroison  les  Orlvea- 
uoL^.  ^  XXV. 

Q'.  Monst..  r.  n,  cil.  L.'ccT^>L-Ti3:Tii. 

5 52.  Comment  le  duc  de  Bour-^oi^e  envoia  ses  ambaxades 
en  Eii^îleterre  :  et  de  la  délivrance  du  sei^eur  de  Croy 
et  des  enfans  de  k  duc^sét  de  Bourbon.  XX^  L 

Ci.  Mouit. .  t.  II.  ch.  icn. 


[1412-13]  QUATRIEME  PARTIE,  LEVRE  M,  xxi-xxii.       195 

883.  Comment  les  ducs  de  Berrr  et  dOrlvens,  et  autres  de 
leur  alyances.  enrôlèrent  devers  le  tôt  Henrv  d'En^le- 
terre    leurs   ambaxadetirs ,    et    de    ce    cjui    en    advint. 

xxvu. 

Cf.  Monst..  t.  II.  ch.  xon-xcT. 

884.  Comment  le  roy  de  France  se  parti  de  Paris  pour 
aller  assegier  Bourges.  De  la  prinse  de  Boulinghuem  : 
et  des  lettres  du  roy  d  Enoleterre.  XXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  n,  ch.  xcn-xcrii. 

S85.  Conunent  le  roy  Charles  oy  certaines  nouvelles  que 
ses  adversaires  estoient  alvez  au  roy  d" Ençrle  terre ,  et 
du    connestable    de    Jrrance    quy   alla    en    Boullenoi?. 

XXIX. 

Cf.  SIoDst.,  t.  n,  ch.  xcTin-ciT,  et  t.  lit,  ch.  cnn  iis-cxiu. 

886.  Sensieut  la  copie  de  la  lettre  daliance  que  firent  le 
roy  d"Engleterre  et  ses  enfans ,  d'une  part ,  et  les  ducz 
de  Beiry,  Bourbon,  Orlvens  et  leurs  alyez.  XXX. 

Cf.  Monst.,  t.  n.  ch.  CT. 

887.  Cy  fait  mencion  de  la  mort  de  ce  rov  Henrv  d'Enjle- 
terre,  quart  de  ce  nom.  XXXI. 

Cf.  Monst.,  t.  n,  ch.  crm. 

Jjes  deux  chroniquears ,  dont  le  r^it  est  presque  partout  sem- 
blable ,  différent  seulement  sur  le  Heu  de  la  sépulture  du  roi 
Henri  IV,  que  iîonstrelet  dit  enterre  à  Westminster.  Voici  la  ver- 
sion ,  plus  exacte ,  de  Wavrin  : 

Puis  fiit  mené  Je  corps  parung  batel  sur  la  rivière 
de  Thamise  jusques  à  Gravesende  -,  et  là  fut  porté  sur 
une  litière  à  Cantorbie  ^,  où  il  fut  mis  en  une  moult 
riche  sépulture  de  letton,  près  de  la  fiertre  Saint  Tho- 
mas. Et  de  Tautre  costé  gist  le  noble  prince  de  Galles, 

i .  Gravesend  ,  dans  le  comté  de  Kent .  a  sept  heaes  <le  Loadres,  $mr 
nn  terrain  éleré.  à  la  droite  de  la  Tamise. 
2.   Cantorberv. 


196  CRONICOUES  D'ENGLETERRE.  [14!  3] 

son  oncle,  quy  fut  père  au  roy  Richard,  duquel  il  avoit 
usurpé  le  rengne  ,  ainsi  qu'il  a  esté  cy  dessus  narré. 


Et  atant  fine  le  quart  volume  de  ces  cronicqnes  d'Engletcrre.  Si 
commencerons  le  V^  au  couronnement  du  roy  Henry,  son  filz  , 
V^  de  ce  nom  ,  en  poursievant  jusqucs  à  l'an  lxxii  ,  que  rengne 
triumphamment  Edouard  le  Ftehonnaire. 

Explicit. 


ANCHIENNES 

CRONICQUES  D'ENGLETERRE. 


CINQUIÈME   PARTIE 

LIVRE   PREMIER. 

888.  Cy  commence  le  V*^  volume  des  Chronlcques  d'Engle- 
terre,  lequel  contient  en  soy  vi  livres  particuliers,  cbas- 
cun  garni  de  chapittres  parciaulx,  dont  le  premier  con- 
tient xxxiiii  *  chapittres  :  ou  premier  desquelz  il  parle  du 
couronnement  du  /oy  Henry,  V*  de  ce  nom,  et  de  son 
ambaxade  qu'il  envoia  en  Constance.  Cliap.  I. 

Cf.  Monst.,  t.  II,  ch.  cvin,  et  t.  III,  ch.  cxxxvm. 

889.  Comment  le  roy  Henry  d'Engleterre  envoya  son  am- 
baxade devers  le  roy  Charles  de  France.  H. 

Cf.  Monsl.,  t.  III,  ch.  cxL,  cxli,  cxlv. 

Le  roi  d'Angleterre  ayant  assemblé  son  conseil  pour  délibérer 
sur  les  affaires  du  royaume ,  la  guerre  contre  la  France  y  fut  dé- 
cidée, disent  IMonstrelet  et  Wavrin  ;  mais,  ajoute  ce  dernier, 

Avant  ce  qu'ilz  feusseiit  venus  on  assamblez,  le  roy 
Henry,  quy  estoit  le  plus  vertueuz  et  prudent  de  tous 
les  princes  crestiens  regnans  en  son  temps  ,  adfin  de 
acquiter  et  descbargier  l'aine  de  son  feu  père,  fist  faire 
ung  cliarriot  couvert  de  noir,  puis  envoia  quérir  le 

1.   Le  manuscrit  porte  LXHT. 


198  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [14Î5J 

corps  mort  du  roy  Richard  que  le  roy  Henry  son  père 
avoit  [fait]  enterrer  en  une  petite  église  assez  près  de 
Pontfret.  Si  le  fist  amener  à  Londres,  adcompaignié 
d'e\  esques,  abbez  ,  chevaliers  et  escuiers ,  atout  grant 
foison  torses  allummees,  et  passèrent  parmy  Londres 
jusques  à  l'église  de  Saint  Pol ,  où,  celle  propre  nuit , 
reposa  jusques  à  lendemain  qu'il  fut  mené  à  West- 
moustre  :  et  là,  en  grant  sollempnité,  après  son  service 
adcomply,  fut  mis  en  son  sarcus  qu'il  avoit  fait  faire 
pour  luy  et  la  royne,  sa  première  femme,  [qui],  en  son 
vivant,  avoit  esté  fille  du  roy  de  Behaigne\  • 

890.  D'une  grant  armée  que  fist  le  roy  d'Engleterre  en  iu- 
tencion  de  passer  en  France  ;  et  de  l'ambaxade  que  le 
roy  des  François  envoia  en  Engleterre.  IIl. 

Cf.  Monst.,  t.  III,  ch.  cxLv. 

891.  De  la  réplique  de  l'archevesque  de  Bourges;  et  des 
lettres  que  le  roy  d'Engleterre  envoia  au  roy  de  France. 

Cf.  Monst.,  t.  III,  ch.  cxLV-cxLvii. 

892.  Comment  le  roy  d'Engleterre  faisant  son  assamblee  à 
Hantonne,  aulcuns  princes  machinèrent  contre  luy,  dont 
il  prinst  vengance.  De  la  prinse  de  Harfleu,  et  d'autres 
besongnes.  V. 

Cf.  Mémoires  de  SaintRemy,  t.  VII,  ch.  lv-lvi. 

893.  Du  grant  mendemeut  que  fist  le  roy  de  France  parmy 
son  royauhîie  pour  obvier  auz  entreprinses  du  roy  d  En- 
gleterre, son  adversaire.  VL 

Cf.  Monst.,  t.  HT,  ch.  cl. 

894.  Comment  le  roy  d'Engleterre  entra  à  Harfleu  :  com- 

i.   Anne  de  Luxembourg,  fille  de  Charles  IV,  empereur  et   loi  de 
Bohème.  Morte  en  139i  (Moréri,  1,  U). 


[1415]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  iii-xi.  199 

ment  il  alla  vers  Callaiz,  et  de  ce  qiiy  luy  advint  en 

chemin.  VU. 

Cf.  Saint-Remy,  t    VII,  ch.  i.vii-lix;  et  Monst.,  t.  III,  ch.  cli. 

Wavrin  emprunte  tour  à  tour  le  récit  de  ces  deux  chroniqueurs  ; 
il  ajoute  cependant  à  la  narration  du  premier  les  noms  de  mcssirc 
Guichart  Daidphin  *  et  du  mareschal  de  Bouchicault*^  qui  gar- 
daient, avec  d'autres  seigneurs  et  six  mille  hommes,  le  passage  de 
la  Blanche-Tache. 

895.  Comment  les  François  conclurent  de  combatre  le  roy 
d'Engleterre;  et  comment  le  roy  de  France  envoia  de- 
vers le  conte  de  Charolois ,  seul  filz  du  duc  Jehan  de 
Bourgoigne  ,  adfin  qu'il  feust  à  la  journée.  VIII. 

Cf.  Monst.,  t.  III,  ch.  CLii. 

896.  Comment  le  roy  d'Engleterre  se  gouverna  depuis  qu'il 
fut  passé  la  rivieie  de  Somme,  et  comment  il  vint  logier 
à  Maisoncelles  ,  auprès  d'Azincourt.  IX. 

Cf.  Monst.,  t.  III,  ch.  CLU;  et  Saint-Remy,  t.  VII,  ch.  lx. 

897.  Comment  le  connestable  de  France  et  les  princes  fran- 
cois  ordonnèrent  leurs  battailles  le  vendredy  au  matin. 

X. 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  ch.  lxi-lxii. 

898.  Comment  le  roy  d'Engleterre  commença  de  marchier 
avant;  et  du  parlement  quy  se  fist  entre  les  deux  ostz 
avant  qu'ilz  assandjlassent.  XI. 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  ch.  lxu. 

Avant  la  bataille  d'Azincourt  il  y  eut  des  propositions  de  paix 
entre  les  Français  et  les  Anglais  ;  mais  ils  ne  purent  s'entendre  et 

1.  Guichard  Dauphin,  II  du  nom,  seigneur  de  Jahgny  et  de  la  Ferté- 
Chauderon,  en  Nivernois,  gouverneur  du  Dauphiné,  conseiller  et  cliam- 
hellan  du  Roi,  souverain  maître  de  son  Hôtel,  tué  à  la  bataille  d'Azin- 
court (Anselme,  VIII,  346). 

2.  Jean  le  Meingrc,  II  du  nom,  dit  Boucicault,  commandait  l'avant- 
garde  de  l'armée  française  à  la  bataille  d'Azincourt ,  et  il  fut  fait  prison- 
nier.  Mort  en  Angleterre  en  1421  (Anselme,  VI,  702). 


200  CRONICQUES  D  ENGLETERRE.  [1415] 

se  préparèrent  alors  au  combat.  Wavrin  ,  qui  copie  Kdèlement 
Saint-Remy  dans  la  relation  qu'il  donne  de  cette  journée ,  ajoute 
le  passage  suivant  : 

Or  est  vray  que  aulciuis  de  par  de  clia  ont  mis  hors 
à  scavoir  que  le  roy  d'Engleterre  offry  auz  François 
que,  se  ilz  voulloient  laissier  passer  paisiblement  luy 
et  son  ost  jusques  à  Callayx  ,  et  livrer  vivres  en  les 
paiant,  par  raison,  courtoisement,  qu'il  renderoit  la 
ville  de  Harfleu  avec  les  dommages  et  interestz  que 
fais  avoit  au  moyen  de  ladite  conqueste  et  voiage  ; 
mais,  desplaise  à  ceulz  quy  le  recordent ,  ce  fut  chose 
controuvee;  car  oncques  le  roy  d'Engleterre  ne  se 
restraigny  lors  oultre  la  demande  devant  ditte. 

899.  De  lamortele  baUaillc  d'Azincourt,  où  le  roy  d'Engle- 
terre desconfy  les  François.  XII. 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  cli.  lxii-lxiu;  et  Monst.,  t.  III,  ch.  clui. 

900.  Comment  le  roy  Henry  vint  à  Callaix  ,  et,  de  là,  passa 
en  Engleterre  ,  où  il  fut  reclieu  à  grant  leesse.  XIII. 

Cf.  Saint-Remy,  t.  Mil,  ch.  lxhi-lxiv. 

901.  Gy  fait  mention  des  ducz,  contes,  barons  et  cheval- 
liers, et  nobles  quy  morurent  à  la  battaille  d'Azincourt, 
et  de  ceulz  quy  y  furent  prisonniers.  XIV, 

Cf.  Saint-Rem;\,  t.  VIII,  ch.  lxiv-lxv. 

Après  avoir  donné  la  liste  des  noms  de  ceux  qui  inoururent  à 
Azincourt ,  Wavrin  ,  qui  jusque-là  copie  exactement  Saint-Remy, 
ajoute  : 

Tant  de  nobles  honmies  et  gentilz  escuiers  y  moru- 
rent que  pitié  estoit,  comme  je ,  acteur  de  ceste  euvre  ^ 
vej-  à  mes  jeux  ^  avec  ce  que  j'en  ay  enquis  aux  offi- 
ciers d'armes  et  autres,  eslans  es  deux  ostz,  (|ue  j'ay 
bien  este  adverlv  de  la  vérité  de  tout  ce  quy  là  fui  fait 


[1415-17]    CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  xii-xviii.         20i 

du  party  des  Ânglois  comme  des  François  :  et  mesme- 
ment  en  fus  largement  infourmé  par  messire  Hues  de 
Lannoy  *  et  Guilbert ,  son  frère  ',  lequel  messire  Hues 
y  fut  prins  prisonnier,  mais  il  escbappa  la  nuytié. 

Nous  ferons  remarquer  que  Saint-Remy  annonce,  comme  le  fait 
Wavrin,  qu'il  tient  des  sires  Hues  et  Guilbert  de  Lannoy  les  par- 
ticularités relatives  à  cette  bataille. 

902.  Du  grant  dueil  quy  fut  parmy  le  roiauline  de  France, 
espcciallement  à  la  court  du  roy,  pour  la  perte  d'Azin- 
court  :  et  comment  le  roy  des  Rommains  vint  en  France 
et  passa  en  Engleterre.  ^'^• 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  cli.  lxvi  et  lxix. 

903.  Comment  l'Empereur  se  party  d'Engleterre  sans  riens 
besonguer   touchant   la   foy   de  France.  XVL 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  eh.  lxix. 

904.  Comment  le  roy  d'Engleterre  envoya  le  duc  de  Cla- 
rence,  son  frerc,  atout  une  puissant  armée,  pour  lever 
le  siège  de  devant  Harfleu.  X vil. 

Cf.  Saint-Remy,  t.  VIII,  ch.  lxx-lxxi. 

905.  Comment  le  conte  Durset,  à  quatre  mille  combatans, 
alla  courre  devant  Rouen  et  ou  pays  de  Chaux,  et  de 
ce  qu'il  luy  en  advint.  Avili. 

Cf.  Monst.,  t.  III,  ch.  CLXXi. 

906.  Comment  le  roy  d'Engleterre,  atout  grant  puissance 
de    gens  d'armes ,   vint  prendre  terre  à  Toucque  ,   en 

i.  Hugues  de  Lannoy,  seigneur  de  Santé,  chevalier,  conseiller  et 
chambellan  de  Charles  VI  et  du  duc  de  Bourgogne ,  maître  des  arba- 
lestrlers  du  roi  en  li2l.  Mort  le  1"  mal  U56,  âgé  de  soixante  et  douze 
ans  (Anselme,  VIII,  72). 

2.  Gnillebert  ou  Gilbert  de  Lannoy,  stigncur  de  Villerval.  Mort  le 
22  avril  1462  (Auselmc,  VIII,  77). 


202  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1417-19] 

Nortmaudie,  où  on  lui  rendy,  à  sa  venue,   le  cliastel 

par  Iraitié.  XIX. 

Cf.  Saint-Remy,  t,  VIII,  cli.  xc;  Monst.,  t.  IV,  ch.  clxxix. 

Au  nombre  des  seigneurs  qui  accompagnèrent  le  roi  d'Angle- 
terre, Wavrin  comprend  les  comtes  de  Northumberland  \  d'Arun- 
del  *,  et  messire  Jean  ,  fils  du  seigneur  de  Cornouailles  ^,  dont  les 
noms  manquent  à  la  liste  donnée  par  Saint-Remy. 

907.  Cy  fait  mcncion   du  grand  exploit  que  fist  lors  le  roy 
d'Engleterre  ou  pays  de  Northmandie.  XX. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cxciv,  cxcv,  cxcix,  cLxxxrx. 

908.  Comment  le  roy  de  France  envoia  une  grosse  garni- 
son à  Rouen  ,  pour  garder  la  ville  contre   les  Anglois. 

XXI. 
Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cci,  cxcix. 

909.  Conunent  le  roy  d'Engleterre  mist  le  siège  devant  la 
bonne  ville  de  Rouen.  XXll. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccri,  ccvi;  et  Saint-Remy,  t.  VIII,  ch.  xci. 

910.  Des  choses  quy  se  fn-ent  et  advindrent  devant  le  siège 
de  Rouen.  XXIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccmi. 

911.  De  la  manière  comment  la  bonne  ville  de  Rouen  se 
rendy  au  roy  d'Engleterre.  XXIV. 

Cf.  Monst.,  ch.  ccvnt-ccix. 

912.  D'un  parlement  quy  fut  tenu  entre  les  deux  roys  de 
France  et  d  Engleterre  et  leurs  consaulx.  XXV. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccx-ccxni. 

913.  Comment  le  Dauphin   et  le  duc  de  Rourgoigne  s'as- 

^.  Henri  Percy,  comte  de  Northumberland,  fils  de  Hotspur,  tué  à  la 
bataille  de  Saint-Alban  ,  en  H^o  (Dugdale,  I,  280-281). 

2.  John  Filz-Alan  ,  comte  d'Aruudel.  Mort  le  29  avril  1431  (Dugdale, 
I,  321-322). 

3.  John  de  Coruwalls,  depuis  lord  Stanhope.  Mort  le  1"  décembre 
1443  ,  ne  laissant  pour  héritiers  que  deux  fils  bâtards  :  l'un  nommé 
John,   l'autre  Thomas  ^Dugdale,  III,  212-213). 


[1419-20]      CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  I,  xix-xxix.        "IHi 

samblerent,  sur  fourme  de  paix,  auprès  de  Meluu,  et 

prindrent  jour  d'ycelle  paix   conclure  à  Monstreau  où 
fault  Yonne.  XXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  th.  ccxin-ccxv. 

914.  Comment  la  ville  de  Ponthoise  fut  prinse  par  les  An- 
glois.  XXVII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxvi. 

915.  Comment  le  roy  d'Engleterre  envoia  son  frère,  le  duc 
de  Clarence ,  assegier  la  ville  de  Gisors ,  qiiy  se  rendy 
en  l'obéissance  du  roy  d'Engleterre.  XXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxvii. 

916.  Comment  le  Ghastel  Gaillart  et  la  Roche  Guyon  fu- 
rent rendus  au  roy  d'Engleterre  :  et  de  la  piteuse  et 
trahiteuse  mort  du  duc  Jehan  de  Bourgoigne.     XXIX. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxvm-ccxxiii  ;  et  Saint-Remy,  t.  VIII, 
ch.  xcvn. 

Lorsque  la  nouvelle  de  l'assassinat  du  duc  de  Bourgogne  par- 
vint jusqu'à  la  cour,  elle  en  fut  toute  troublée,  disent  Saint-Reniy 
et  Wavrin;  ce  dernier  ajoute  : 

D'autrepart ,  quant  le  roy  d'Engleterre  fut  de  ce 
adverty,  à  scavoir  ung  jour  après  la  chose  advenue  : 
«  Grant  dommage,  dist  il ,  est  du  duc  de  Bourgoi- 
gne* ;  il  fut  bon  et  leal  chevallier,  et  prince  d'honneur  ; 
mais,  par  sa  mort,  à  l'ayde  de  Dieu  et  de  Saint  George, 
sommes  au  dessus  de  nostre  désir.  Si  aurons,  malgré 
tous  François,  dame  Katherine  *,  que  tant  avons  dé- 
sirée. » 

917.  Comment  le  duc  Phelippe  de  Bourgoigne  envoia  sou 

1.  Jean,  duc  de  Bourgogne  ,  surnommé  Sam  peur.  Assassiné  sur  le 
pont  de  Montereau,  le  10  septembre  1419  (Anselme,  I,  239). 

2.  Catherine  de  France,  011c  de  Charles  VI;  mariée  à  Henri  V,  rc 
d'Angleterre.  Morlc  en  1438  (Anselme,  I,  H5). 


204  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1420] 

ambaxade  devers  le  roy  d'Engleterre  :  et  comment  il 
s'emploia  à  la  vengance  de  la  mort  du  duc  son 
père.  XXX. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,   ch.   ccxxiv-ccxxv  ;  et  Saint-Remy,  t.  VIII , 
ch.  xcvin. 

918.  Comment  François,  Anglois  et  Bourguignons  commen- 
cèrent à  guerroyer  les  Dauphinois.  XXXI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxvii-ccxxviii. 

919.  De  la  venue  du   duc  de  Bourgoigne  à  Troyes ,  et  de 
ce  que  les  Anglois  y  firent.  XXXII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxix-ccxxx. 

920.  Comment  le  Daulphin  envoia   grosses  garnisons  par 
toutes  les  bonnes  villes  et  chasteaux  tenans  son  party. 

XXXIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxx-ccxxxii. 

921.  De  la  venue  du  roy  d'Engleterre  à  Troies  ,  et  du  ma 

France 

XXXIV 


riage    de   lui   et    de   madame   Katherine    de    France. 


Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxxiii, 

Cv  prent  fin  le  premier  Uvre  de  ce  chinquiesme  volume. 


[1420]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  t-ii. 


20Ï 


LIVRE    ÏI. 


922.  Cy  commence  le  IlMivre,  lequel  contient  xxx  chappit- 
tres.  Ou  premier  il  est  dist  comme  les  rois  de  France  et 
d'Engleterre,  après  cest  acord  fait,  se  joindirent  ensam- 
ble ,  avec  eulz  le  duc  de  Bourgoigne ,  tant  pour  recon- 
quérir le  royaulme,  comme  pour  vengier  la  mort  du  duc 
Jehan.  Chapitre  I. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxxiv-ccxxxv. 

923.  D'une  grant  armée  quy  se  fist  en  Behaigne  sur  les 
Praguois,  que  pour  lors  on  disoit  les  HouIa.  II. 

Cf.  Saint-Retny,  t.  VIII,  ch.  cm. 

Wavrin ,  qui  fit  partie  tle  cette  expédition  ,  copie  néanmoins 
mol  pour  mot  Saint-Remy,  en  intercalant  dans  le  récit  les  pas- 
sages que  nous  imprimons  en  caractères  italiqiies. 

En  1420  le  pape  ordonna  une  croisade  contre 
les  Pragois  «  de  laquelle  estoient  conducteiu^s,  avec 
grant  foison  princes  d'Allemagne  ,  l'evesque  de  Coul- 
longne  \    l'arclievesque    de    Trêves',    l'evesque    de 

i .  Tliicrrl  II  de  Meurs  ,  archevêque  de  Cologne,  prit  la  croix  en  1422 
pour  aller  faire  la  guerre  aux  Hussites  en  Lolième,  mais  il  ne  rapporta 
de  cette  expédition  que  la  honte  d'avoir  été  liattu  et  mis  en  fuite  (  .fit  de 
vérifier  les  dates,  III ,  278  ). 

2.  Otton  de  Jlcgeuhayn,  archev(*que  de  Trêves.  En  H20,  ayant  pris 
les  armes  contre  les  Hussites,  à  la  prière  du  pape  Martin  V,  il  partit  avec 


206  CRO?sICQUES  D'ENGLETERRE.  [H20] 

Lvege ',  l'evesque  de  Maience^,  le  duc  Loys  en  Ba- 
vière ^  duc  de  Heldeberg,  le  marquis  de  Nuisse*,  et 
autres,  lesquelz  tous  ensanible  estoient  xlii,  que  ducz, 
que  comtes  ou  marquis.  Et  rnojy  acteur  de  ceste  euvre, 
estoîe  en  ceste  armée  avec  les  Savoiens,  desquelz  estoit 
chief  le  seigneur  Days  ^,  avec  luy  le  seigneur  de  Varen- 
bon  ^,  le  seigneur  de  GroUee  '',  Pierre  de  Menton  \  mes- 

une  armée  considérable  pour  la  Boliême,  où  il  se  joignit  au  duc  de  Saxe 
qui  commandait  ses  troupes,  et  au  marquis  de  Brandebourg,  ayant  celles 
de  Franconie  sous  ses  ordres.  Ces  trois  princes  marchèrent  de  concert 
pour  faire  le  siège  de  Meyssen  ;  mais  une  irruption  subite  des  ennemis 
jeta  une  telle  épouvante  dans  le  camp,  qu'ils  prirent  honteusement  la 
fuite.  Avant  rassemblé  de  nouvelles  forces  pour  réparer  cet  échec,  ils  en 
essuvèrent  un  second  ,  non  moins  ignominieux  ,  dans  le  cours  de  la 
même  année  (Id.,  ib.^  p.  30b). 

1 .  Jean  VU  de  Heiusberg,  évcque  de  Liège.  Il  reçut  à  Liège,  le  23  juin 
1421,  le  cardinal  Branda,  légat  du  saint-siége,  qui  venait  pour  y  prêcher 
la  croisade  contre  les  Hussites.  L'évèque  prit  la  croix  le  \"  août  et  se 
mit  en  route,  le  même  jour,  pour  la  Bohême,  avec  la  fleur  de  la  no- 
blesse du  pays.  Cette  expédition  fut  de  trois  mois  ,  sans  aucun  avantage 
marqué  (Id.,  ib.^  lo2). 

2.  Conrad  III,  archevêque  de  Mavence  (Id.,  ib.,  245).  Nous  ne 
voyons  nulle  autre  part  qu'il  ait  été  a  cette  guerre. 

3.  Monstrclet  (ch.  ccxxw)  le  désigne  ainsi  :  Le  comte  Louis  du  Rliin. 
Louis  III,  dit  le  Barbu,  fils  aîné  de  Robert  III,  succéda  en  1410  à  l'Elec- 
torat.  Il  présida,  en  1415,  à  la  condamnation  de  Jean  Hus,  et,  en  1416, 
à  celle  de  Jérôme  de  Prague.  Mort,  à  Heidelberg ,  le  29  décembre  1436 
(Art  de  vérifier  les  dates,  III,  324). 

4.  Frédéric  le  Belliqueux,  marquis  de  IMisnie,  battit  les  Hussites  à 
Brixcn  ,  en  1421.  Slgismond  ,  pour  le  récompenser,  lui  accorda  l'élec- 
torat  de  Saxe  le  6  juin  1423.  Mort  le  4  janvier  1428  (Id.,  ib.,  414). 

5.  Humbert  de  Sevssel,  seigneur  d'Aix  (Guichenon,  Histoire  de  Savoie^ 
I,462j. 

6.  François  de  La  Palu  ,  chevalier  de  l'Ordre  du  collier  de  Savoie, 
seigneur  de  Varembon  ,  fit  son  testament  le  6  novembre  1456  et  mourut 
cette  même  année  (Guichenon,  Histoire  de  Bresse  et  de  Bugej,  etc.,  suite 
de  la  IP  partie,  p.  292-295). 

7.  Antoine,  seigneur  dcGiolée,  chevalier  de  l'Ordre  du  collier  de 
Savoie,  assista  aux  réunions  dudit  Ordre  tenues  de  1410  à  1434  (Guiche- 
non, Id.,  ib.,  suite  de  la  III*  partie,  p.  114). 

8.  Pierre  de  Menthon,  chevalier,  se  igneur  de  Montrotier,  assistait  aux 


[1420]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  ii.  207 

sire  Ame  de  Challan  \  Jehan  de  Coin  pois*,  et  pluiseurs 
autres  desoubz  :  et ,  en  la  compaignie  du  duc  de  Hel- 
deberg  ,  venismes  par  Neremberg  et  par  Aigre^,  qui 
est  la  première  ville  de  Behaigne ,  oii  nous  trouvasmes 
grant  foison  des  Princes  atendans.  Puis  passâmes  la 
fores t ,  et  lors  entra  toute  la  puissance  ou  plain  pays 
de  Behaigne,  quy  moult  est  bel  et  plentureuz  de  tous 
biens,  plain  de  \illes,  villages  et  chasteaulx.  Si  y  met- 
toit  on  tout  à  destruction,  par  feu  et  par  espee,  hommes, 
femmes  et  enfans,  sans  en  prendre  quelque  mercj. 
Et ,  à  la  vérité ,  comme  pluiseurs  notables  personnes 
racontoient,  et  aussi  selon  ce  que  je  povoie  veoir  et 
ymagiv.er^  quant  nous  venismes  en  une  grant  plaine  , 
assez  près  de  la  ville  de  Souch  *,  où  on  mist  le  siège,  la 
puissance  des  gens  armez  à  cheval  fut  exstimee  à  cent 
et  chinquante  mille  personnes ,  sans  les  gens  de  pyé , 
chartons  ,  marchans ,  vivendiers  ,  gens  de  mestiers  et 
pjons,  quy  furent  bien  exstimez  à  lx".  Laquele  puis- 
sante armée  fut  à  siège  environ  un  g  mois  devant  ceste 
ville  ;  mais  une  envye  et  convoitise  se  bouta  et  esleva 
entre  les  princes  :  parquoy  ceste  belle  armée  se  rompy 

funérailles  de  Philippe  de  Savoie  ,  en  1452,  et  portait  le  timbre  des 
armes  de  ce  prince  (Guicheiion,  Id.,  /é.,  suite  de  la  II''  partie ,  p.  2o6]. 

1 .  Amé  de  Clialant ,  chevalier,  seigneur  de  Varey,  fut  un  des  dé- 
putés envoyés  par  Louis  de  Savoie  ,  prince  d'Achaye,  pour  conclure  la 
paix  entre  lui  et  le  marquis  de  Montferrant,  en  1410.  Il  fit  son  testament 
le  10  décembre  1476  (Guichenon,  Id.,  ^7^,  suite  de  la  IIP  partie,  p.  74). 

2.  Jean  de  Compeys,  seigneur  de  Gruffv  (Guichenon  ,  Histoire  de  Sa- 
voie ,  I  ,  464).  Il  fut  un  des  ambassadeurs  du  duc  de  Savoie,  Amé  VII, 
qui,  en  1432,  allèrent  demander  en  mariage,  pour  Louis,  depuis  duc 
de  Savoie  ,  Anne  de  Lusignan.  Ils  l'amenèrent  à  Chambéry,  où  les 
noces  furent  célébrées  en  1433  (Guichenou,  Hist.  de  Bresse  et  de  Bu^ey, 
partie  I ,  p.  82  ). 

3.  Eger,  Egra. 

4.  Schlau  ? 


208  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1420] 

soubittement,  sans  gueres  prouffiter,  et  aussi ,  la  nuit 
avant  le  partement,  vindrent  en  l'ost  nouvelles  de  par 
t  Empereur ^  lequel  mandoit  auz  princes  que  ce  n  estait 
pas  bien  son  plaisir  quilz  estaient  là  ainsj  venus,  et 
que  plus  avant  ne  procédassent  ou  allassent  avant  en 
cest  exploit ,  et  luy  semblait  bien  quilz  avaient grant 
tort,  veu  que  assez  scavoient  comment  le  rojaulme 
d' Angle  ou  Behaigne  estait  sien,  Pourquoy  Hz  furent 
tant  plus  prests  de  partir^  et  telemeiit  que,  à  les  veoir 
partir  de  leur  siège,  sembloit  qu'ilz  feussent  chassies 
de  leurs  annemis.  En  celle  armée  estoit  le  cardinal 
d'Escestre  \  qui  estoit  d'Engleterre,  quy  disoit  par  grant 
desplaisir,  voiant  ce  desroy,  que  s'il  eust  eu,  ce  jour, 
x"'  arcliiers  d'Engleterre,  il  euist ,  tout  aise,  rué  jus 
toutes  les  compaignies  qui  là  estoient  :  et  vray  disoit , 
car  l'un  n'atendoit  l'autre.  Si  fut  bien  merveille  que  mal 
n'en  advint,  comme  il  eust  fait  se  les  annemis  eussent 
esté  gens  demprinse.  Ainsi,  comme  vous  oez ,  se  de- 
parti  ceste  grosse  armée ,  sans  gueres  prouffiter  :  des- 
queles  choses  me  passe  ,  atant ,  pour  rentrer  en  ma 
matere.  » 

924.  Comment  les  roys  de  France  et  d'Engleterre  ,  et  le 
duc  de  Bom-goigne,  assegerent  la   bonne  ville  de  Me- 

lun.  m. 

Cf.  Moust.,  t.  IV,  ch.  ccxxxvi. 

925.  Cy  après  fait  mencion  de  pluiseurs  places  qui  se  ren- 
dirent, durant  le  siège  de  Melun.,  auz  roys  de  France  et 
d'Engleterre,  et  de  la  venue  du  roy  d'Escoce.  IV. 

Cf.  Moust.,  t.  IV,  ch.  ccxxxvii-ccxxxvni. 


1.   Ifenri   Beaiifort,   évtque ,    puis  cardinal   de    Jf'inchestcr^  frère    de 
Henri  IV  (Rapin  Tlioyras,  IV,  188,  240,  523). 


[1420]  CINQUIÈME  PARTIE,  LWRE  II,  iv.  209 

Wavrin  commence  son  chapitre  par  le  récit  d'un  fait  omis  par 
Monstrelet.  Le  voici  : 

En  ce  mesmes  tempz,  le  (roi)  estant  devant  Melan  , 
le  roy  d'Escocbe*  fut  amené  d'Engleterre  en  France 
devers  le  roy  Henry,  où  il  fut  honnourablement  recheu 
des  deux  roys  de  France  et  d'Engleterre ,  et  du  duc 
de  Bourgoigne.  Icellui  roy  d'Escoche,  dont  à  présent 
faisons  mencion,  estoit  prisonnier  du  roy  Henry;  et  la 
manière  de  sa  prinse,  je  le  vous  diray  comme  j'ay  esté 
depuis  informé  par  deux  chevalliers  notables ,  natifz 
du  royaulme  d'Engleterre,  lesquelz  me  racontèrent 
que  le  roy  David  d'Escoche  avoit  un  filz  ,  nommé 
James,  lequel  grandement  desiroit  de  faire  le  saint 
voyage  de  Jherusalem  ;  si  fut  conseillié ,  pour  seure- 
ment  adcomplir  son  desirier,  qu'il  avoit  besoing 
d'avoir  ung  sauf  conduit  du  roy  Henry,  lequel  il  ob- 
tint pour  luy,  \x^  de  genlilz  hommes ,  puis  fist  ses 
aprestes  et  prinst  congié  du  roy  son  père.  Si  s'en  vint 
en  Engleterre,  où  il  fut  honnourablement  festoie  et 
grandement  recheu  du  duc  de  Clocestre,  frère  du  roy, 

1 .  Jacques  I,  Cls  de  Robert  III ,  fut  envoyé  en  France  par  son  père , 
afin  de  lui  éviter  le  sort  de  son  frère  aîné  qui  venait  d'être  la  victime  de 
l'ambition  de  son  oncle,  le  duc  d'Albanie.  Ce  prince,  voulant  s'emparer 
de  la  couronne  d'Ecosse  ,  commençait,  pour  aplanir  les  difficultés,  par 
se  défaire  de  ses  neveux.  Le  roi  d'Ecosse ,  trop  faible  pour  oser  venger 
la  mort  de  son  fils,  mais  voulant  préserver  Jacques  du  même  sort ,  en- 
voya ce  jeune  prince  en  France.  Le  vaisseau  ayant  relâché  sur  les  côtes 
d'Angleterre,  Jacques  y  fut  retenu  prisonnier  par  Henri  IV  (1406)  et 
enfermé  à  la  tour  de  Londres  où  il  resta  dix-sept  ans  (Rapin  ïhoyras, 
IV,  53  ).  Il  ne  passa  en  France  qu'après  s'être  engagé  envers  Henri  V  de 
demeurer  avec  lui  jusqu'à  la  fin  de  la  guerre,  le  but  du  roi  d'Angleterre 
étant  de  faire  intervenir  l'autorité  de  Jacques  (alors  roi  d'Ecosse),  pour 
obliger  les  Écossais,  qui  servaient  le  dauphin  contre  Henri  V,  à  retour- 
ner dans  leurs  pays.  C(  tte  convention  porte  la  date  du  31  mai  1421 
(Rymer,  IV,  partie  IV,  p.  107). 

1  il* 


210  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [142n] 

et  des  autres  grans  seigneurs  ,  dames  et  damoiselles. 
Or  advint  que,  luy  ancores  illec  séjournant,  il  fut 
adverty  d'une  griefve  malladie  prinse  au  roy  son  père, 
de  laquele  il  morut,  dont  il  fut  grandement  doullent, 
quant  il  en  sceut  la  vérité  par  les  princes  et  grans  sei- 
gneurs du  royaulme  d'Escocbe  quy  luy  nuncherent, 
comme  au  seul  filz  et  héritier  de  la  couronne ,  en  luy 
signifiant  qu'il  venist  prendre  la  possession  de  ses 
terres  et  seignouries.  Le  duc  de  Clocestre ,  adverty 
de  la  mort  du  roy  d'Escoche ,  le  fist  diiligamment 
scavoir  au  roy  Henry,  son  frère  ;  lequel  luy  manda 
qu'on  detenist  ledit  James,  en  prenant  sa  foy,  et  luy 
amenast  on  devant  la  ville  de  Melun  où  il  se  tenoit  : 
disant  qu'il  n'avoit  point  donné  saulfconduit  au  loy 
d'Escocbe  ,  mais  au  filz  du  roy  d'Escoche,  lequel  estoit 
des  lors  tenu  pour  roy  d'Escoche,  par  la  mort  du  roy 
David  son  père.  Finablement ,  il  demoura  prisonnier 
et  fut  mené  en  France  devers  le  roy  Henry  au  siège 
devant  Melun. 

926.  Comment  la  ville  et  chastel  de  Melun  furent  rendus 
en  l'obéissance  des  roys  de  France  et  d'Engleterre,  et 
d'avitres  matières.  V . 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxxxix. 

927.  Gomment  les  roys  et  roynes  de  France  et  d'Engleterre, 
avec  eulz  le  duc  de  Bourgoigne ,  entrèrent  dedens  Pa- 
ris à  grant  sollempnité.  VI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  cil.  ccxL. 

928.  Des  liaulz  et  somptueux  estas  que  tiaidrent  les  deux 
roys  par  ung  jour  de  Noël,  chascun  en  leurs  hotelz  à 
Paris,  especialement  le  roy  d'Engleterre.  VH. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch,  ccxLi-ccxLii. 


[1421]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  v-xvi.  2H 

929.  Comment  le  roy  Henry,  la  royiie  sa  femme  et  le  roy 
d'Escoche  passèrent  en  Engleterre,  où  ilz  furent  recheus 
en  très  grant  honneur  et  revei^ence.  YlII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxLni-ccxLiv. 

930.  Comment  le  Dauphin  fut  bauny  de  France,  et  com- 
ment le  seigneur  de  Lilladam  fut  emprisonné  en  la  Bas- 
tille Saint  Anthoine  à  Paris.  IX. 

Cf.  Monst,,  t.  IV,  ch.  ccxLvir. 

931.  De  la  battaille  de  Baugy,  en  Angiers,  ou  les  Anglois 
furent  desconfis,  et  le  duc  de  Clarence  mort  :  et  com- 
ment le  conte  de  Salisbery  y  sourvint,  qui  reboutta  les 
Dauphinois.  X. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccxLvni. 

932.  Comment  les  Daulphinois  assegerent  Alenchon  :  et 
du  conte  de  Salisbery  quy  le  cuida  lever.  XI. 

Cf.  Monst,,  t.  IV,  ch.  ccxiix. 

933.  Comment  le  roy  d'Engleterre  passa  la  mer  à  grant 
puissance  de  gens  d'armes  et  de  trait  :  et  comment  le 
Daulphin  assega  la  ville  de  Chartres.  XII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLi. 

934.  Comment  le  roy  d'Engleterre  se  party  de  Gallaix  pour 
aller  lever  le  siège  de  devant  la  cité  de  Chartres.     XIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLii. 

935.  Cy  fait  mention  comment  le  duc  de  Bourgoigne  mist 
le  siège  devant  Saint  Riquier.  XIV. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLUi-ccLV. 

936.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  victoria  et  desconfy 
les  Daulphinois.  XV. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLvi. 

937.  Cy  fait  mencion  de  ceulz  quy  demeurèrent,  ce  jour, 
avec  le  duc  de  Bourgoigne  :  et  de  ceulz  quy  le  laissè- 
rent et  s'enfuyrent.  XVI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccL\n, 


212  CROMCQUES  D'ENGLETERRE.  [1421-22] 

938.  Comment  le  roy  d'Engleterre  prinst  la  ville  de  Dreues  : 
comment,  atoute  sa  puissance,  il  pou^sie^7  le  Daulphm 
pour  le  combattre;  et  comment  il  mist  le  siège  devant 
la  ville  et  marchié  de  Meaulx.  XVII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclix-cclx. 

939.  Cy  fait  mencion  d'un  rencontre  où  les  Anglois  eurent 
la  victore  alencontre  de  messire  Jaques   de  Harcourt. 

V    III. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxn-ccLxiii. 

940.  Comment  le  roy  d'Engleterre  oy  nouvelles  que  la 
royne  sa  femme  estoit  acoucliyé  d'un  beau  filz,  et  de  la 
venue  messire  Jean  de  Luxembourg  et  de  Aitus  de 
Bretaigne,  conte  de  Richemont.  XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxiv. 

941.  Gomment  le  seigneur  d'Offemonl  vint  pour  cuidier 
entrer  dedens  Meaulz  ;  mais  il  fut  prlns  et  menez  au  roy, 
quy  estoit  logié  en  l'abbaye  de  Saint  Pharon.  XX. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxv. 

942.  Gomment,  durant  le  siège  de  Meaulx,  messire  Jeban 
de  Luxembourg  prinst  pluiseurs  cbasteaulx  et  forteresses 
tenans  la  partie  du  Daulpbin.  XXI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxvi-ccLXvii. 

943.  Gomment  messire  Jehan  de  Luxembourg  prinst  Arai- 
nes.  XXII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxvin. 

944.  Gomment  ceulx  du  marcliié  de  Meaulz  se  rendirent 
au  rov  d'Engleterre  ;  et  du  marchié  ou  traitié  qu'ilz 
eurent.  XXIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxix. 

945.  Gomment,  après  la  prinse  de  Meaulz,  pluiseurs  villes, 
chasteaux  et  fors  se  rendirent  et  misrent  en  Tobeissance 
des  roys  de  France  et  d'Engleterre.  XXIV. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxx. 


[1422]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  II,  xvii-xxx.         213 

946.  Gomment  la  royne  d'Engleterre  vint  à  Paris  où  elle 
fut  recheue  du  roi  de  France,  son  père,  de  la  royne,  sa 
mère,  et  du  roy,  son  mary,  moult  joyeusement.     XXV. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxxi. 

947.  Comment  les  villes  de  Gamaches  et  de  Compiengne, 
avec  pluiseurs  autres  villes,  chasteaulz  et  forteresses  fu- 
rent rendues  aux  rois  de  France  et  d'Engleterre.  XXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxxn. 

948.  Comment  le  roy  Henry  s'en  retourna  hastivement  à 
Paris.  De  la  prinse  de  Saint  Digier,  en  Parthois,  et  d'au- 
tres matières.  XXVII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  ccLxxm. 

949.  Comment  le  duc  de  Thouraine,  Daulphin,  atout  grant 
puissance  de  gens  d'armes,  alla  mettre  le  siège  devant  la 
ville  de  Coyne,  et  de  ce  qu'il  en  advint.  XXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxxiv. 

960.   Cy  fait  mencion  de  la  mort  du  roy  Henry  d'Engle- 
terre. XXIX. 
Cf.  Monst.,  t.  IV,  ch.  cclxxiv. 

951.  Cy  fait  mention  du  trespas  de  madame  Michielle  de 
France,  femme  au  duc  Phelippe  de  Bourgoigne,  el  de 
la  mort  du  roy  Charles,  son  père.  XXX. 

Cf.  Monst,,  t.  IV,  ch.  cclxxv-cclxxvi.  ^ 

Cv  fine  le  second  livre  de  ce  V«  volume,  et  s'ensleult  le  tiers. 


214  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1422-23] 


LIVRE    IIL 


952.  Cy  commence  le  Ilh  Livre,  lequel  contient  en  soy 
chinquaute  et  ung  chapittres.  Ou  premier,  il  declaire 
comment  les  nouvelles  du  trespas  du  roy  Charles  le  Bien 
Ame  furent  portées  au  duc  de  Thouraine,  Daulphin,  son 
seul  filz.  Chapitre  I. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  i-n. 

953.  Comment  les  Parisiens  envoierent  leur  ambaxade  en 
Engleterre  devers  le  jeune  roy  Henry  et  son  conseil.  II. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  m. 

Au  nombre  des  ambassadeurs  envoyés  en  Angleterre  par  les 
Parisiens ,  Wavrin  mentionne  Guillaume  Sauguin  ',  dont  le  nom 
est  omis  par  Monstrelet. 

954.  La  prinse  du  pont  de  Meulen  par  les  François.       IIL 
Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  m. 

955.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent  de  France,  mist  le 
siège  devant  le  pont  de  Meulent.  IV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  m-iv. 

i.  Guillaume  Sanguin,  conseiller  et  maître  d'hôtel  de  Philippe,  duc 
de  Bourgogne.  «  Il  est  rapporté,  dans  un  registre  de  la  chandjre  cotté-|-, 
que  l'on  lui  payeroit  la  somme  de  quinze  mille  vint  francs ,  deux  sols  ,  six 
deniers,  à  lui  deue  par  monseigneur  le  duc,  à  trois  termes,  par  les  maîtres 
des  monnoyes  ,  de  quatre  mois  en  quatre  mois  ,  sans  préjudice  de  ses  pré- 
tentions sur  le  pris  des  monnoyes,  au  temps  qu'il  preslu  ladilte  somme. 
23  mai  1422.  »  (Laliarre,  II,  222  et 223,  note.) 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  i-xi.  215 

956.  Comment  les  assegiés  du  pont  de  Meulen  firent  leur 
traitié  au  duc  de  Bethfort,  régent  de  France.  V. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  V. 

957.  Comment  pluiseurs  forteresses  furent  rendues  en  la 
main  du  duc  de  Bethfort,  régent,  par  le  moyen  du  traitié 
cy  dessus  déclaré.  VI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  v-^i. 

958.  Comment  le  duc  de  Clocestre,  frère  du  duc  de  Beth- 
fort ,  régent ,  prinst  en  mariage  la  ducesse  Jaqueline  de 
Bavière,  contesse  de  Henault.  VII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  v-\i. 

959.  Comment  le  seigneur  de  la  Poulie  et  sire  Thomas  Bout- 
try  assamblerent,  en  Northmandie,grant  nombre  d'An- 
glois,  pour  faire  une  course,  VIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  vi. 

960.  Comment  les  alyances  furent  faites  en  la  cité  d'Ami(  ns 
entre  les  ducz  de  Bethfort,  de  Bourgoigne  et  de  Bre- 
taigne.  IX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  vn. 

961.  Comment  le  duc  de  Bethfort  alla  à  Troyes,  en  Cham- 
paigne,  espouser  Anne,  seur  au  duc  de  Bourgoigne*.  X. 

Cf.  Monst.,  t,  V,  ch.  VII  et  ix. 

962.  Comment  ceulz  de  Rouen  et  de  Caulz  allèrent  soub- 
dainement  assegier  Noyelle  sur  la  mer  ^ .       ,  XI, 

En  ceste  meisme  année,  par  ung  mouvement  soiib- 
dain,  ceulz  de  Rouen  et  du  pays  de  Caulz  se  misrent 

i .  Waviùn  pariant,  flans  ce  chapitre,  de  la  prise  ;le  la  forteresse  d'Or- 
say, y  signale  la  présence  du  comte  de  Salishnry,  non  mentionnée  par 
Monstrclet. 

2.  Ce  chapitre  concerne  et  le  siège  de  Noyelles  et  celui  du  Crotoy. 
AVavrin  copie  à  peu  près  Monstrelet  (V,  chap.  rx)  dans  le  récit  très- 
succinct  du  premier  de  ces  sièges;  quant  au  second  ,  il  donne  des  détails 
omis  par  ce  chroniqueur. 

*  Thomas  (le  Montacute,  comle  de  S.ili.^lnuy,  tué  au  sicge  d'OrlcaïUî  en  H2fi 
(Dugdale,  1,  661-653). 


216  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [U23] 

ensamble  :  cest  à  scavoir  tous  les  Aiiglois  avec  les 
communaultez  du  pays  d'entour  Rouen  et  d'autre 
part,  dont  estoit  cliief  le  bailly  de  Caulz;  et  povoient 
estre  les  Anglois  environ  VIII  "  bons  combatans,  sans 
les  communes  :  lesquelz  furent  menez  passer  parmy 
Abbeville,  et  là,  passez  l'eaue  en  très  bonne  ordon- 
nance, vindrent  mettre  leur  siège  devant  le  cliastel  de 
Noyelle  sus  la  mer,  apartenant  à  messire  Jaques  de 
Harcourt'.  Lesquelz  assegiez,  non  ayans  espérance 
d'avoir  secours,  firent  le  plutost  qu'ilz  peurent  traictié 
avec  les  Angiois,  et  rendirent  la  place  moyennant 
d'avoir  leurs  corpz  et  biens  saulves.  Alors  messire 
Jaques  de  Harcourt,  sacliant  la  prinse  de  Noyelle  par 
les  Angiois,  luy  estant  à  ceste  beure  au  Crotoy,  manda 
hastivement  ses  gens  qui  estoient  à  Rue;  lesquelz 
vindrent  en  délaissant  la  ville  esgaree ,  sans  quele- 
concque  ordonnance,  et  babandonnee  auz  annemis, 
sans  queleconcque  provision.  Laquelle  despartie  sa- 
cliant les  Angiois,  sans  faire  long  séjour  vindrent  à 
Rue  baslivement,  où  ilz  firent  moult  de  maulz,  et  tra- 
veillerent  largement  les  povres  gens  quy  y  estoient 
demourez.  Si  misrent  dedens  la  ville  de  Rue  une 
forte  garnison ,  pour  obvier  et  résister  alencontre  de 
ceulz  que  messire  Jaques  de  Harcourt  avoit  laissiez  au 
Crotoy;  et  fut  ladicte  ville  de  Rue  par  les  Angiois 
très  bien  avitaillié  et  pourveue  de  tous  babillemens  de 
guerre.  Puis  encommencerent  Angiois  et  François  de 
courre,  cbascun  jour,  l'un  sur  l'autre,  ou  maintes 
saillies  et  escarmouches  entre  ceulz  de  Rue  et  du  Cro- 

1.  Jacques  de  Harcourt,  chevalier,  baron  de  Montgommery.  Mort 
en  1423.  (Monstrelet,  Vjchap.  xit.)  C'est  à  tort  que  le  P.  Anselme  (V,  137), 
sur  la  foi  de  Berry  (375),  le  fait  mourir  eu  1428. 


[1423]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  m,  xi.  217 

tov  ;  oiiquel  lieu  du  Crotoy  messire  Jaques  de  Har- 
court  se  vint  logier  pour  le  deffendre  et  garder  comme 
il  y  estoit  ;  car  il  tenoit  la  ville  à  sienne.  Ces  deux 
garnisons  de  Noyelle  et  de  Rue  ainsi  assises ,  le  bailly 
de  Caulz  s'en  retourna  à  Rouen,  ouquel  lieu  luy  venu, 
avec  messire  Raoul  le  Bouttillier',  ilz  eurent  ensamble 
pluiseurs  consaulz  sur  le  faict  de  la  forteresse  du  Cro- 
toy :  et  sambloit  au  bailly  de  Caulz  qu'il  estoit  heure 
de  le  concquerre  mieulz  que  oncques  mais,  pource 
que  ,  pour  ce  tempz,  le  roy  Charles^  estoit  bien  loingz 
de  là ,  parquoy  il  lui  seroit  difficille  baillier  secours , 
ayde  ne  comfort  à  messire  Jacques  de  Harcourt.  Adonc 
messire  Raoul  Bouttillier  oyant  ainsi  parler  le  bailly 
de  Caulz,  il  luy  sambla,  aux  raisons  qu'il  remonstroit, 
estre  vérité  ce  qu'il  disoit.  Si  conclurent  d'aller 
hastivement,  eulz  deux  ensamble,  devers  monseigneur 
le  Régent',  estant  à  Paris,  pour  conclurre  par  son 
advis  de  celle  besongne ,  comme  ilz  firent  très  dilli- 
gamment.  Lesquelz  venus  à  Paris,  et  la  chose  mise 
en  termes  devant  le  Régent,  et  ceulz  du  grant  conseil 
du  roy  de   France  et  d'En^leterre  *,  la  matière  fut 


1.  Raoul  Bouteiller,  chevalier,  bachelier,  chamljellaQ  du  régent,  duc 
deBedfort.  Il  était  capitaine  d'Arqués  en  142-4  (Bibl.imp.,  niss.n°9436®, 
fol.  141);  qualifié  seigneur  de  Sudelej,  trésorier  d'Arigleterre,  en  novem- 
bre 1445  ;  grand  sénéchal  de  l'hôtel  du  roi  en  juillet  1449.  (Rymer,  V, 
partie  I,  IbO,  152;  partie  II,  10.) 

2.  Charles  VII,  fils  de  Charles  VI  et  d'Isabelle  de  Bavière,  né  le  22  fé- 
vrier 1402;  marié  à  Marie  d'Anjou  en  1422.  Mort  le  22  juillet  1461. 
(Anselme,  I,  113.) 

3.  Jean  de  Lancastre,  duc  de  Bedford ,  nommé  régent  du  royaume 
de  France  à  la  mort  de  son  frère  Henri  V.  Mort  à  Rouen  le  14  septem- 
bre 1435  (Dugdale,  III,  200-202),  ou  le  14  décembre.  {Art  de  vérifier 
les  dates  ^  I,  815.) 

4.  Henri  VI,  fils  de  Henri  V  et  de  Catherine  de  France,  né  le  6  dé- 


218  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

debatiie  et  pourparlee.  Finablement,  fut  il  conclu  que 
devant  la  ville  et  cliastel  du  Crotoy  le  siège  seroit 
mis  *,  et  en  fut  par  le  duc  de  Bethfort ,  régent,  baillié 
la  charge  à  messire  Raoul  le  Boutillier.  Si  lui  fut 
délivré  argent,  gens  et  artillerie,  avec  vivres  et  toutes 
choses  nécessaires  à  ceste  emprinse  furnir.  Puis  se 
party  de  Paris  et  s'en  alla  en  Northmandie ,  où  il  fist 
grans  amas  de  gens  d'armes.  Et,  droit  environ  la  Saint 
Jan,  vint  assegier  par  mer  et  par  terre  la  ville  et  cliastel 
du  Crotoy,  où,  à  très  grant  dilligence,  en  briefz  jours, 
ferma  son  ost  et  environna  la  place  tout  entour  ;  si  se 
loga,  luy  et  ses  gens,  très  advantageusement  au  grant 
dommage  de  ceulz  de  la  ville  et  du  cliastel.  Alors 
messire  Jaques  de  Harcourt,  se  voyant  ainsi  enclos 
moult  rigoreusement ,  se  prépara  et  mist  en  ordre 
deffensible,  pour  garder  de  villonnie  son  corpz,  sa 
ville ,  son  chastel  et  ses  subgetz  ;  si  fist  aprester  plui- 
seurs  canons  et  autres  engiens  de  guerre  pour  soy 
deffendre  et  grever  ses  annemis;  adfin  que,  par  force 
de  trait  à  pouldre  et  gros  arballestres,  il  leur  deffendist 
à  faire  leurs  aprocbes  et  que  de  plus  prez  ne  peussent 
aprochier  la  muraille.  Nonobstant  toutes  ces  choses, 
messire  Raoul,  à  très  grant  dilligence,  fist  ses  aproches 
et  fortiffia  son  logis  tout  atour,  au  mieulz  qu'il  peuit. 
Pluiseurs  saillies  et  escarmouches  se  firent ,  durant 
le  siège,  entre  les  assegiés  et  les  assegans,  et  mettoit 


cembre  1-421  ;  couronné  à  Londres,  le  6  novembre  1429;  sacré  à  Paris, 
comme  roi  de  France,  le  17  décembre  1431  [Art  de  vérifier  les  claies ,  I, 
817.)  Mort  le  23  mai  1471.  (llolinsbed,  II,  690.) 

1.  «  Environ  la  saint  Jean  Baptiste  (24  juin  1423)  fut  assiégée,  par 
mer  et  par  terre,  la  ville  et  forteresse  du  Ciotoy,  par  les  Anglois.  » 
(Monstrdet,  V,  chap.  ix.) 


[1423]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xi.  219 

chascun  paine,  en  son  endroit,  de  comfondre  son  an- 
nemy  :  maintes  belles  apartisesy  furent  faites  en  armes, 
des  deux  parties.  Duquel  siège  estant  ainsi  devant  le 
Crotoy,  furent  moult  joyeux  ceulz  du  pays  d'environ  , 
esperans  estre  vengiés  et  affrancis  des  grans  et  inhu- 
mains maulz  que  leur  souUoient  faire  les  assegiés 
journelement ,  et  pour  le  grant  désir  qu'ilz  avoient 
d'en  estre  délivrés.  Tout  le  comfort,  ayde  et  secours 
qu'ilz  povoient  ilz  faisoient  auz  Angiois  tenans  ce 
siège,  tant  en  vivres  comme  en  autres  choses  à  eulz 
nécessaires.  Messire  Jaques  de  Harcourt,  qui  dcdens  la 
place  estoit ,  voiant  la  grant  dilligence  que  faisoit  le 
dit  messire  Raoul  Boutillier  de  le  nuire  et  grever,  con- 
sidérant que  impossible  luy  seroit ,  à  longueur  de 
lempz,  tenir  la  place  alencontre  des  Angiois,  ses  anne- 
mis ,  sans  avoir  secours ,  se  conclud  de  faire  une 
saillie,  adfin  de  mettre  hors  deux  de  ses  gens,  et  yceuiz 
envoyer  conter  son  cas  au  roy  Charles  de  France.  Et 
ainsi  en  fist;  car,  environ  l'heure  de  mienuit,  il  mist 
dehors  chinquante  compaignons  de  guerre,  apers  et 
habilles  ,  entre  les(juelz  estoient  deux  gentilz  hommes 
de  son  hostei ,  à  quy  il  bailla  lettres  de  credence  con- 
tenans  la  nécessité  en  quoy  il  estoit ,  requérant  au  roy 
de  avoir  secours.  Or  advint  que  celle  nuit  estoit  moult 
obscure  et  thenebreuse,  et  plouvoit  un  pou  ;  si  saillirent 
yceuiz  compaignons  dehors,  tout  de  pie,  excepté  les 
deux  quy  debvoient  aller  pour  quérir  le  secours ,  qui 
estoient  de  cheval  ;  lesquelz,  quant  ilz  se  trouvèrent 
auz  champz  avec  les  autres ,  eulz  qui  scavoient  le  pays 
et  les  chemins  advantageux  ,  se  tyrerent  à  part  arrière 
des  autres,  et  tout  coyement  passèrent  par  l'un  des 
deboutz  des  logis  auz  Angiois-,  puis,  quant  ilz  se  trou- 


220  CROrslCQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

verent  au  large,  ferirent  chevaulz  des  esporons,  et,  sans 
tenir  voie  ne  sentier,  cheminèrent  jusques  au  cler  jour  : 
et  tant  firent  par  leur  dilligence  et  soubtillité ,  que, 
sans  nul  encombrier,  ilz  arrivèrent  en  la  cité  de  Bourges 
en  Berry,  où  ilz  trouvèrent  le  roy  Charles  devers  le- 
quel ilz  estoient  envolez  de  par  messire  Jaques  de 
Harcourt.  Si  luy  baillèrent  leurs  lettres  de  credence  et 
exposèrent  au  Roy,  bien  au  long,  la  charge  qu'ilz 
avoient  de  leur  maistre  ,  tout  par  la  manière  que  en- 
joinct  et  commandé  leur  estoit  de  dire  au  Roy  et  à 
son  conseil.  Sur  ces  lettres  et  requestes  que  faisoient 
lesdis  escuyers,  tint  le  Roy  parlement  avec  ses  plus 
principaulz  conseilliers,  adfni  d'avoir  advis  qu'il  avoit 
sur  ce  à  faire,  et  en  conclurre  pour  le  mieulx.  Mais, 
en  ceste  instant,  sourvindrent  moult  d'autres  pesans 
besongnes  quy  grandement  touchoient ,  et  plus  reque- 
roient  délibération  que  la  matière  dudit  messire 
Jaques  de  Harcourt  ;  pourquoy  gueres  n'en  fut  tou- 
chié,  sinon  que  dit  fut  ausdis  escuyers  qu'ilz  s'en 
retournassent  arrière  devers  messire  Jaques  de  Har- 
court, leur  maistre,  si  luy  dissent  que  brief  auroit 
secours.  Pour  laquele  fois  les  dis  escuyers  ne  peurent 
avoir  autre  apointement,  si  s'en  retournèrent  atout 
ceste  responce. 

Or  vous  lairons  ung  petit  ester*  desdiz  messages,  et 
vous  dirons  de  ce  que  firent  ceulz  quy,  avec  eulz, 
estoient  yssus  du  Crotoy  ;  lesquelz,  quant  ilz  sceurent 
de  vérité  leurs  deux  compaignons  estre  passez  saul- 
vement  sans  quelque  encombrier,  ilz  se  ferirent  sur 


^.   Laisser  ester   une  chose,    la   quitter    pour   parler   d'autre    chose. 
(Roquefort.) 


[1423]      CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xi-xii.  221 

ceulx  quy  pour  celle  nuit ,  faisoient  le  guet  auprez  de 
l'artillerie  ;  et  là  ,  firent  ung  grant  effroy,  en  criant  : 
«  Nostre  Dame  Saint  Denis  !  Harcourt  à  la  rescousse  !  » 
Si  encommencerent  de  copper  cordes  et  trefs,  et  faire 
tresbuschier  tentes  et  pavillons,  et  occir  et  detrenchier 
ceulz  qu'ilz  povoient  aconsievir*  :  mais  gueres  n'y  prouf- 
fiterent  ou  arresterent;  car  Tost  s'estourmy^  et  accou- 
rurent les  plutost  prestz  celle  part,  moult  liastivement. 
Si  leur  fut  force  de  tantost  eulz  retraire  et  rentrer 
dedens  le  Crotoy,  en  grant  haste;  mais  quant  laians 
furent  rentrez  et  ilz  sceurent  leurs  messages  estre  pas- 
sez sans  nul  danger,  du  demourant  ne  challut  gueres  : 
si  se  fortiffierent  et  tindrent  au  mieulx  qu'ilz  peurent, 
en  espérance  d'avoir  brief  secours  ^  Et  pareillement 
messire  Raoul  le  Boutillier,  et  les  Anglois  quy  avec  luy 
estoient,  s'efforclioient  chascun  jour  de  les  grever  et 
leur  porter  dommage,  adftn  d'iceulz  mettre  en  l'obéis- 
sance du  roy  de  France  et  d'Engleterre.  Si  vous  lai- 
rons  le  parler  d'eulz  pour  une  espace,  tant  que  heure 
soit  d'y  retourner,  et  dirons  par  quel  accident  le  roy 
Charles  ne  polt  secourir  ceulz  du  Crotoy  ;  car  autres 
plus  grans  affaires,  et  quy  de  plus  prez  touchoient,  luy 
sourvindrent  ;  parquoy  il  fut  constraint  de  pourveyr 
auz  choses  plus  nécessaires  premiers. 

963.  Comment  le  bastard  de  la  Baume,  Savoie n ,  quy  tout 
son  tempz  avoit  tenu  le  party  du  duc  de  Bourgoigne  se 
tourna  François ,  et  pluiseurs  autres  compaignons  de 
guerre  avec  luy.  XII. 

1.  Acconsïeure,  atteindre,  rejoindre.  (Roquefort.) 

2.  Estoimir^  alarmer,  émouvoir,  troubler.  (Roquefort.) 

3.  On  parlementa,  vers  la  fin  d'octobre  1423  ,  et  l'on  promit  de  .se 
reudre  le  3  mars  suivant.  (Monstrelet,  V,  chap.  xii.) 


222  CRONICQUES  D'ENGLETERHE.  [1423] 

En  cest  an  et  tempore  que  ie  siège  estoit  devant  la 
ville  et  chastel  du  Crotoy,  advint  que  le  bastard  de  la 
Baume  ^,  Savoien,  qui  tout  son  tempz  avoit  tenu  la 


1 .  Guillaume,  bâtard  de  la  Baume,  seigneur  de  la  Charme ,  marié  à 
Gillette  de  Dortans,  laquelle  était  veuve  de  lui  en  1430.  (Anselme,  YII, 
44.)  Il  aurait  été  tué,  selon  Saint-Remy  (VIII,  233),  à  la  bataille  de  Gra- 
vent, donnée  en  juillet  1423  :  «Le  bastard  de  la  Baulme  et  autres  plui- 
seurs  dauphinois  furent  occhis  en  ceste  bataille.  »  L'édition  de  ce 
chroniqueur  publiée  par  M.  Buchon,  porte  :  «  le  bastard  de  la  Baultie  s  ; 
mais  cVàt  une  faute  que  nous  avons  rectiliée  d'après  le  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  impériale  n"  9869'  qui  lui  a  servi  de  leçon.  Holinshed 
(II,  587)  fait,  cependant,  apparaître  ce  seigneur  sur  le  théâtre  delà 
guerre ,  six  mois  environ  après  la  susdite  bataille.  Il  raconte  que  le 
bâtard  de  la  Baulme,  avec  d'autres  capitaines  français,  faisant  une  excur- 
sion dans  le  Maçonnais,  rencontrèrent  Mathieu  Gough,  Anglais,  et  sa 
troupe,  qui  de  leur  côté  couraient  aussi  le  pays.  Un  engagement  s'en- 
suivit, où  les  Français  eurent  le  dessous  :  tous  furent  tués  ou  faits  prison- 
niers. Le  bâtard  de  la  Baulme,  bien  monté,  chercha  vainement  à  fuir  ; 
poursuivi  par  Mathieu  Gough,  il  tomba  en  la  puissance  de  son  ennemi. 
Cette  action  fut  beaucouj)  louée  par  le  comte  de  Salisbury,  auquel  Ma- 
thieu présenta  son  prisonnier:  ce  seigneur  non-seulement  lui  paya  la 
rançon  du  bâtard,  mais  il  lui  fit  présent  d'un  superbe  cheval. 

Le  document  qui  va  suivre  prouve  que  le  fait  rapporté  ci-dessus  est 
conforme  à  la  vérité  :  c'est  une  lettre  du  capitaine  de  Saint-Brie  adressée 
aux  autorités  de  la  ville  de  Noyers. 

«  Mes  très  chers  seigneurs,  je  me  recommande  à  vous,  et  vous  plaise 
savoir  que  les  ennemis  de  mon  très  redoubté  seigneur,  monsieur  le  duc 
de  Bourgogne  ,  sont  sur  les  champs  au  nombre  de  vi  ou  vm"  hommes 
d'armes  pour  venir  contre  le  pays  de  mon  dit  seigneur  et  de  ses  alliez  es 
parties  de  par  delà,  et  bouler  tout  à  feu  et  à  flame,   comme  il  a   esté 

sceii  par  la  voix  d'un  grant  seigneur ,  et  aussi  ont  esté  sceues  les  dites 

nouvelles  par  la  bouche  du  iruiste  bastard  de  la  Baulme,  lequel  est  bien 
pugni,  loué  en  soit  noslre  Seigneur  Jesuschrist  que  je  certiffie  qiiil  est  en 
la  tour  de  Saizy  en  diiix  paires  de  fer,  en  la  main  des  Angloiz.  Si  veuillez 
avoir  vostre  bon  advis  sur  ce,  et  estre  sur  vostre  garde....  Escript  à 
grant  hasle,  à  Saint  Brie,  le  xv''  jour  de  février  (1423,  v.  s.J.  Vostre  capi- 
taine de  Saint  Brie.  »  (Salazar,  IV,  Preuves,  xxxvni.)  Il  paraît  que  le 
susdit  bâtard  parvint  à  sortir  de  prison;  car  on  le  revoit  en  1426  dans 
le  parti  de  Charles  VII.  «  Les  troupes  du  roy  Charles  ne  faisoient  que 
reculer  la  paix,  en  donnant  sans  cesse  de  nouveaux  mécontentements  au 
duc  de  Bourgogne.  Thibaut  de  Termes ,  Denis  de  Chally  et  le  bâtard  de 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  TII,  xii.  223 

partye  de  Bourgoigiie  et  estoit  bien  amé  de  tous  les 
favourans  à  ycelluy  party  ;  car  messire  Glande  de 
Cliastelus  ^  et  le  Veau  de  Bar  ^,  quy  estoient  deux  che- 
valliers bien  renommez,  soustenoient  et  entretenoient 
ycellui  bastard,  pour  sa  vaillance;  mesmement  luy 
bailloient  souvent  la  conduite  de  leurs  gens ,  par  la 
grant  comfidence  qu'ilz  avoient  en  luy.  En  tel  manière 
que,  s'il  eust  bien  [voulu],  il  les  eust  peu  prendre  pri- 
sonniers et  emmener  avec  luy  où  mieulx  leur  eust 
pieu,  et,  avec  ce,  atribuer  à  luy  les  places  de  leurs 
résidences,  comme  celluy  qui  estoit  cru  partout;  et 
très  souvent  se  tenoit  avec  eulz  en  tel  manière  que 
s'il  eust  esté  leur  filz ,  tant  le  creoient  et  amoient.  Le 
plus  du  tempz,  se  tenoit  en  Ausserrois,  sur  les  fron- 
tières des  annemis  du  roy  de  France  et  d'Engleterre 
et  du  duc  de  Bourgoigne;  mais,  en  ce  tempz,  furent 
unes  trêves  prinses  et  accordées  entre  les  parties, 
par  le  consentement  du  duc  de  Betlifort ,  régent  ^  et 


la  Tsaume  ayant  amassé  4  à  500  hommes ,  s'emparèrent  de  Mailly-Ie- 
Chàtel  daus  l'Auxerrois,  dont  Jean  de  Digoine  et  le  sire  de  Cliastelus 
avoient  la  garde,  s)  L'imprudente  démarclie  du  bâtard  fut  blâmée  par 
son  parti,  et  Charles  VII  fît  offrir  la  restituiwon  de  la  place  et  un  nou- 
veau traité  de  trêve  au  duc  de  Bovirgogne.  (Id.,  pages  116,  117.)  En 
1403,  1414  et  1418  il  figurait  dans  des  montres  en  qualité  d'écuyer, 
(Bibl.  imp.,  mss.;  Fonds  de  la  Villevieille,  Montres  de  1358  à  1439.) 

1.  Claude  de  Beauvoir,  seigneur  de  Cliastelus,  chambellan  du  duc  de 
Bourgogne,  créé  maréchal  de  France  le  2  juin  1418,  fut  démis  de  cette 
charge  le  22  janvier  1421.  Mort  le  12  mars  1453.  (Anselme,  VU,  1.) 

2.  Guy  de  Bar,  nommé  aussi  le  Feau  par  Monstrelet  (IV,  cliap.  xn) 
et  le  Beau  par  l'auteur  du  journal  d'un  bourgeois  de  Paris  (XV,  252) , 
chevalier,  seigneur  de  Praelle.  Il  obtint  l'office  de  bailli  d'Auxois  le 
22  avril  (après  Pâques)  1411 ,  et  fut  remplacé  dans  ces  fonctions,  par  Jean 
de  Cussigny,  le  8  juillet  1418.  (La  Barre,  II,  163.)  Nommé  garde  de  la 
prévôté  de  Paris  le  29  juin  1418  (Bibl.  imp.,  mss..  Fonds  Gaigniires 
n'ill,  fol.  81).  Vivait  encore  en  1431  (La  Barre,  II,  214.) 


224  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

du  duc  Plielippe  de  Bourgoigiie,  à  la  requeste  du  roy 
Charles.  Durant  lesqueles  ledit  bastard  de  la  Baume, 
qui  ne  desiroit  que  les  armes,  luy  estant  assez  près  de 
Vezelay  et  du  Vaulz,  de  Mailly  le  Chastel,  oucjuel 
quartier  avoit  aussi  des  places  francoises  esqueles 
avoit  divers  cappitaines  gascons  et  autres.  Parquoy,  en 
ces  trêves,  sur  certaines  asseurances  qu'ilz  faisoient  les 
ungz  avec  les  autres ,  lesdis  cappitaines  se  trouvoient 
souvent  ensamble  avec  ce  bastard  de  la  Baume  ;  si 
firent  tant  par  devers  luy  que,  tout  secrètement,  le  me- 
nèrent à  Bourges  devers  le  roy  Charles,  quy  le  recheut 
moult  lyement  et  luy  fist  aulcuns  dons,  avec  grans 
promesses  ,  moiennant  qu'il  voulsist  tenir  son  party, 
en  lui  faisant  serment  de  le  loyaulment  servir  envers 
et  contre  tous,  renonchant  totalement  au  service  du 
duc  de  Bourgoigne  ;  promettant  de  le  guerroyer  dores- 
enavant  et  tous  ceulz  tenans  son  party  ;  et  de  ce  faire 
fist  le  serment ,  dont  le  roy  Charles  et  ceulz  de  sa 
partie  furent  moult  joyeulz. 

Aprez  ce  serment  fait,  ycelluy  bastard  de  la  Baume 
se  party  du  roy  Charles,  et  s'en  retourna  sur  les  fron- 
tières d'Ausserois,  où  il  avoit  laissié  ses  gens  ;  ouquel 
lieu  luy  venu  secrètement,  manda  les  cappitaines  de 
celle  frontière  tenans  le  party  du  roy  Charles,  lesquelz 
l'avoient  autreffois  provoqiiié  et  vouUu  alraire  au  ser- 
vice d'ycellui  roy.  Et  quant  ilz  furent  tous  venus  à  son 
mand,  il  leur  déclara  sa  voullenté,  disant  comment 
il  avoit  desja  fait  serment  au  Roy  et  qu'il  se  voulloit 
monstrer  désirant  de  le  servir.  Adont  dist  le  bastard 
auz  capittaines  :  «  Seigneurs,  adfin  que  vous  sachiés 
la  cause  pourquoy  je  vous  ay  mandez,  je  vous  descou- 
vrirai ycy  mon  corage  que  j'ay  de  tenir  le  party  du 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xii.  22Î) 

roy  Charles ,  pour  lequel  expérimenter,  vous  esclar- 
chirai  une  entreprinse  que  j'ay  sur  la  main  ,  laquele 
m'est  venue  ceste  nuit  audevant  d'entreprendre  sur 
le  party  du  duc  de  Bourgoigne.  Si  est  la  chose  né- 
cessaire d'estre  tenue  secrète;  car  se  gueres  atendoie 
de  l'exécuter,  jamais  n'y  pourroie  parvenir.  Si  est 
tempz  et  heure  propice  de  y  besongnier,  avant  qu'il 
viengne  à  congnoissance  de  moy  estre  tourné  de  la 
partie  du  roy  de  France  et  deiaissié  celle  du  duc  de 
Bourgoigne  :  c'est  adfin  que  je  face  chose  vaillable 
et  de  grant  entreprinse  à  l'honneur  et  prouffit  du  roy 
et  de  sa  querelle.  J'ay  advisé  que  la  ville  de  Crèvent  ', 
qui  nous  est  assez  prochaine,  puissons  prendre  et 
mectre  en  l'obéissance  du  roy,  nostre  sire;  et  adfin 
que  la  chose  ne  soit  sceue,  il  nous  convient  hastive- 
ment,  atout  ce  que  finer  porrons  de  gens  d'armes  et 
de  trait,  transporter  devant  la  ville  de  Crevant,  l'entrée 
de  laquele  ne  nous  sera  pas  refusée  ;  car  moy  et  mes 
gens,  quy  sommes  congneuz,  nous  metterons  devant, 
et  tout  premièrement  envoieray  trois  de  mes  gentilz 
hommes  devant  la  porte  signifier  ma  venue  à  ceulz  de 
layans,  disant  que  celle  nuit  ay  intencion  et  voullenté 
d'entrer  en  la  ville,  pour  ce  que  je  suis  adverty  que 
aulcuns  cappitaines  francois  se  sont  mis  sus  pour  faire 
une  course  devant  la  bonne  ville  d'Ansoirre  *,  et  ce , 
pour  obvier  au  dangier  quy  par  ce  pourroit  advenir, 
se  garde  n'y  estoit  prins.  » 

Les  capittaines  tenans  le  party  du  roy  Charles,  oyans 
ledit  bastard  ainsi  parler,  luy  loerent  grandement  ceste 


1 .  Cramant. 

2.  Auxerre. 


226  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

son  emprinse  ;  mais  ses  gens,"  comme  ceulz  quy  tout 
leur  tempz  avoient  tenu  le  party  de  Bourgoigne ,  en 
furent  moult  doullentz  et  courouchiés,  et  vouUentiers 
s'en  feussent  départis,  se  ilz  eussent  ozé  ;  mais  tant 
cremoient  la  fureur  dudit  bastard,  que  oncques  ne 
l'ozerent  laissier  ou  habandonner,  et,  mesmement, 
pour  ce  que  les  tenans  le  party  du  roy  Charles  estoient 
de  beaucoup  plus  grant  nombre  que  eulz  :  si  leur 
convint  souffrir  et  estre,  par  samblant,  contentz  d'eulz 
incliner  à  la  voullenté  de  leur  capittaine ,  sans  en  ce 
monstrer  quelque  manière  de  refus.  Si  s'armèrent  et 
ordonnèrent  pour  aller  avec  leur  dit  maistre,  quant  il 
volroit  partir  avec  les  François. 

964.  Comment  le  bastard  de  la  Baume,  atout  environ  viii" 
combatans,  prinst  la  ville  jie  Crèvent;  et  comment  elle 
fut  reprinse  sur  luy  par  le  seigneur  de  Chastelus.  XIII. 

Quant  le  bastard  de  la  Baume  eut  auz  dis  François 
exposé  sa  voullenté,  et  tout  au  long  déclaré  comment 
il  avoit  intencion  de  faire ,  ilz  en  furent  moult  joyeulz, 
car  il  les  soulloit  plus  grever  seul  que  tous  ceulz  de 
ladite  marche.  Geste  conclusion  prinse,  en  la  manière 
que  cy  dessus  avez  oy,  luy,  atout  ses  gens  et  aulcuns 
desdis  cappitaines  tenans  le  party  du  roy  Charles ,  se 
deslogerent  de  Mailly  le  Chastel.  Si  povoient  estre 
environ  vni  cens  combatans,  tous  gens  de  frontière; 
lesquelz  tousensamble  se  misrent  à  chemin,  tyrant  vers 
Crevant.  Et  quant  ilz  parvindrent  jusques  à  une  lieue 
prez ,  le  bastard  ,  ainsi  comme  paravant  avoit  déli- 
béré de  faire,  envoia  trois  ou  quatre  gentilz  hommes 
de  sa  compaignie  devant,  jusques  à  Crevant,  pour  à 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xiir.  227 

ceulz  de  la  -ville  nunchier  sa  \enue ,  et  la  cause  qui  le 
mouvoit  de  là  venir  à  ceste  heure  ,  tout  par  la  manière 
qu'il  estoit  aincliois  conclu ,  ainqui  que  vous  avez  ov 
ou  cliapittre  précèdent.  Comme  il  fut  dit,  il  fut  fait; 
car  yceulz  gentilz  hommes,  là  venus,  firent  leur  mes- 
sage à  ceulz  de  la  ville  ,  ainsi  qu'ilz  estoient  chargiés  ; 
lesquelz  très  voullentiers  les  escouterent,  puis  respon- 
dirent  que  le  hastard  feust  le  bien  venu  et  tous  ceulz 
de  sa  compaignie.  Hz  n'eurent  gueres  parlementé 
quant  le  bastard  et  sa  routte  arrivèrent  devant  la 
porte,  laquele  incontinent  fut  ouverte.  Si  entrèrent 
dedens  la  ville  sans  nul  contredit  :  si  s'aprocherent 
tost  aprez  les  capittaines  francois,  pour  aussi  entrer 
dedens.  Mais  quant  ceulz  de  la  ville  percheurent  les- 
dis  Francois,  en  si  grant  nombre,  aprochier  leurs  bar- 
rières, ilz  commencèrent  de  cryer  alarme  :  et,  droit  en 
cel  instant,  ledit  bastard  de  la  Baume  et  ses  gens, 
sachans  l'apointement  devant  dit ,  adfin  de  furnir  leur 
emprinse,  se  vindrent  saisir  de  la  porte  et  du  pont,  en 
cryant  :  «  Vive  le  Roy,  ville  guaigniee!  » 

Les  bourgois  et  manans  de  la  ville,  parchevant 
qu'ilz  estoient  trahis  et  decheus,  au  plus  covement 
qu'ilz  peurent  se  retyrerent  en  leurs  hostelz,  mouli 
doullentz  et  courouchiés  de  leur  malle  fortune ,  dont 
gueres  ne  challoit  audit  bastard,  ne  à  ceulz  de  son 
armée;  ains,  quant  ilz  furent  entrez  dedens  la  ville, 
couroient  chà  et  là,  fourragant  les  meilleures  maisons 
et  prenant  des  plus  notables  prisonniers  ;  lesquelz  ilz 
menèrent  en  une  tour  quarree,  par  laquele  on  povoit 
bien  saillir  auz  champz;  car  c'estoil  conune  le  donjon 
et  maistresse  tour  de  la  ville.  Et  la  première  chose 
qu'ilz  firent,  eulz  entrez  dedens  la  ville,  fut  de  pren- 


228  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

dre  saisine  de  ladite  tour,  comme  ceulz  quy  bien  sca- 
voient  que,  sans  ycelle  tour  avoir,  ne  povoit  on  tota- 
lement maistrier  la  ville.  En  une  fosse  moult  parfonde, 
quy  estoit  dedens  celle  tour,  misrent  ilz  tous  leurs 
prisonniers  ;  laquele  tour  fut  baillié  en  garde  à  trois 
gentilz  compaignons  de  guerre,  et  tous  les  autres  se 
logèrent  parmy  la  ville  au  mieulz  qu'ilz  peurent,  en 
faisant  moult  de  destorcions  auz  bourgois  et  manans, 
et  à  leurs  femmes  de  grans  oultrages,  et  à  leurs  filles, 
qui  estoit  chose  pitoiable  et  dure  à  souffrir  ;  mais 
autre  chose  n'en  po voient  faire. 

Layans  estoient  avec  ledit  bastard  de  la  Baume  trois 
gentilz  hommes,  dont  les  deux  estoient  du  pays  de 
Rochelois,  et  le  tierc  da  pays  de  Gatinois  ;  lesquelz, 
tout  leur  tampz,  avoient  servy  le  seigneur  de  Chaslelus, 
qui  les  avoit  bailliés  audit  bastard  de  la  Baume.  Ceulz 
cy,  voians  ledit  bastard  estre  tourné  de  la  partie  fran- 
coise ,  furent  moult  doullentz  et  tristes  de  ce  que 
ainsi  se  trouvoient  decheus;  si  conclurent  ensamble, 
secrètement,  de  ceste  advenue  hastivement  faire  sca- 
voir  audit  seigneur  de  Chastelus ,  leur  maistre ,  avec 
le  désir  qu'ilz  avoient  du  recouvrement  et  reprinse  de 
ladite  ville  de  Cre%ent.  Si  esleurentl'un  d'eulz,  nommé 
Collechon  de  Thir,  auquel  ilz  chargèrent  expres- 
sément que,  tost  et  sans  delay,  se  transportast  devers 
le  seigneur  de  Chastelus  luy  dire  et  exposer  la  manière 
de  la  prinse  de  Crèvent;  et  que,  s'il  avoit  voullenté 
de  le  recouvrer,  qu'il  assamblast  puissance  de  gens 
d'armes;  et  que,  à  ung  jour  qu'ilz  mandoient  audit 
seigneur  de  Chastelus,  il  feust  au  chastel  du  Vaulz, 
lequel  pour  lors  tenoit  ledit  seigneur  de  Chastelus, 
séant  à  deux  lieues  prez  de  Crèvent  ;  et  que,  tantost 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE   III,  xiii.  229 

qu'ilz  seroient  venus,  ilz  feissent  aiilcun  signe  par  feu  ; 
et  que,  quant  ilz  auroient  ce  fait,  eussent  leur  regard 
sur  la  ville  de  Crèvent;  puis,  prestement  qu'ilz  parche- 
veroient  ung  signe  qu'ilz  baillèrent ,  s'aprochassent 
vers  la  grosse  tour  de  ladite  ville  de  Crèvent,  qui  leur 
seroit  ouverte.  Icelluy  CoUechon  de  Thir,  aiant  oy  la 
conclusion  et  voullenté  de  ses  compaignons,  trouva 
ses  manières  secrètes  de  soy  partir  hors  de  Crèvent  ; 
et  tant  il  se  exploita  que,  sans  quelque  fortune  avoir, 
vint  à  Chastelus,  où  il  trouva  le  seigneur  dudit  lieu. 
Duquel  lieu  estoient,  en  celle  propre  nuit,  arrivez 
deux  gentilz  capittaines  bourguignons,  qui  jà  estoient 
advertis  de  la  prinse  de  ladite  ville  de  Crèvent  par 
le  moyen  du  bastard  de  la  Baume,  qui  s'estoit  tourné 
francois,  dont  l'un  desdis  capittaines  estoit  le  Veau 
de  Bar ,  et  l'autre ,  le  seigneur  de  Varembon  '  ;  les- 
quelz  tous  trois  ensamble  se  devisoient  de  ceste  ma- 
tière droit  à  l'heure  que  ledit  Collechon  de  Thir 
entra  layans,  et  sallua  lesdis  seigneurs,  qui  luy  firent 
très  bonne  chiere.  Lors  messire  Glaude  de  Chastelus, 
à  quy  l'escuyer  estoit,  lui  demanda  de  ses  nouvelles, 
et  il  raconta  illec,  tout  au  long,  la  prinse  de  la  ville 
de  Crèvent  ;  et  sy  exposa  son  message  tout  ainsi  que 
par  ses  compaignons  luy  avoit  esté  chargié,  en  décla- 
rant la  manière  comment  ladite  ville  pourroit  eslre 
recouvrée,  selon  que  cy  dessus  avez  oy. 

1.  Il  était  capitaine  de  Pontoise,  en  1436,  lorsque  les  Anglais  surpri- 
rent cette  ville,  a.  Les  seigneurs  de  l'Isle-Adani,  de  Varembon  et  de  Ros- 
tellain  s'v  portèrent  lasclienient,  dit  Berry  (394)  :  car  sitost  que  les  guets 
et  les  gens  de  la  ville  crièrent  à  l'arme,  ledit  seigneur  de  JVarembon,  qui 
estoit  capitaine,  et  ledit  de  Rostellain et  leurs  gens  d'armes,  en  sor- 
tirent et  s'enfuirent,  en  abandonnant  ladite  ville,  sans  y  faire  aucune 
résidence  ny  résistance.  »  Voy.  ci-dessus,  p.  206,  note  6. 


»     • 


230  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

965.  Comment  le  seigneur  de  Chastelus,  le  Veau  de  Bar  et 
le  seigneur  de  Varenbon  assamblerent  puissance  de  gens 
d'armes,  et  recouvrèrent  la  ville  de  Grevant  sur  le  bas- 
tard  de  la  Baume.  XIV. 

Quant  le  seigneur  de  Chastelus  et  les  deux  autres 
dessus  nommez  entendirent  ledit  CoUechon  de  Thir, 
et  qu'ilz  l'eurent  bien  examiné,  ilz  furent  moult  joieulz 
de  ce  qu'il  leur  disoit.  Si  escrip\irent  lettres  partout 
où  ilz  pensoient  recouvrer  ayde  hastivement ,  et  tant 
firent  qu'ilz  eurent,  en  assez  peu  de  tempz,  de  v  à  vi"* 
combatans  de  bonne  estoffe,  expers  et  babilles  en  fait 
de  guerre.  Si  assignèrent  leur  assamblee  auprez  d' An- 
tilion ';  puis,  quant  ilz  furent  prestz,  à  estandars  des- 
ploiez  se  misrent  à  chemin,  tyrant  vers  le  Vaulz,  oii 
ilz  arrivèrent   ainsi  comme   à  heure   de  mienuit,  le 
plus  secrètement  qu'ilz  peurent,  où  ilz  repeiirent  eulz 
et  leurs  chevaux,  et  reposèrent  jusques  prez  du  jour, 
aiant  adnonchié  leur  venue  à  leurs  adherens  de  Crè- 
vent ;  et  firent  aussi  aulcun  monter  en  hault  sur  le 
sommet  d'une  escharguette  %  dont  on  povoit  clere- 
ment  choisir^  la  grosse  tour  de  Crèvent-,  et,  pareille- 
ment, ceulz  quy  en  ladite  tour  estoient  les  povoient 
bien  parchevoir  en  ladite  escharguette.  Quant  il  fut 
environ  vu  heures  du  matin,  ledit  seigneur  de  Chas- 
telus, voyant  le  tempz  bel  et  cler,  car  c'estoit  ou  mois 
de  juillet,  fist  faire  le  signe  de  sa  venue  auz  compai- 


1.  Avallon. 

2.  Tour  ou  petit  bâtiment  construit  sur  le  sommet  des  châteaux  et  for- 
teresses ,  où  se  plaçaient  les  sentinelles  pour  observer  ce  qui  se  passait 
au  dehors.  -*' 

3.  Choisir,  coisir,  appercevoir.  (Roquefort.)  |^X 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xiv.  231 

gnons  dudit  Colleclion  de  Thir  estans  en  la  ville  de 
Crèvent,  qui,  daventure,  ceste  nuit,  avoient  fait  le 
guet,  et  n'estoient  ancores  descendus  à  çeste  heure  de 
la  muraille.  Lequel  signe  à  eulz  fait  aparcheu,  tout 
par  la  manière  que  ordonné  l'avoient  audit  Colle- 
clion, ilz  en  furent  moult  joieux  :  si  pensèrent  un  peu 
eulz  deux  ensamble ,  puis  conclurent  de  trouver  ma- 
nière d'entrer  en  la  tour. 

L'un  de  ces  compaignons  avoit  nom  Jaques  de  Catry , 
dit  le  Velu,  et  Tautre  Estienne  Deville,  dit  Sauve  le 
Demourant,  lesquelz  lors  descendirent  de  la  muraille  : 
et,  au  descendre  qu'ilz  firent,  ledit  Saulve  le  Demou- 
rant s'escrya  auz  compaignons  de  la  tour,  et  leur  dist 
qu'il  venroit  disner  avec  eulz ,  car  il  estoit  samedy,  si 
leur  aporteroit  une  tarte,  la  meilleure  que  jamais  ilz 
mengaissent  :  à  quoy  les  compaignons  de  la  tour  res- 
pondirent  que  bien  feust  il  venu.  Puis  vindrent  en  leur 
logis,  oii  ilz  firent  faire  à  l'ostesse  une  tarte  la  meil- 
leure dont  ilz  se  peurent  adviser;  et,  quant  il  fut  envi- 
ron X  heures,  le  Velu  et  Sauve  le  Demourant  vin- 
drent, atout  leur  tarte,  vers  la  tour  quy  estoit  fermée, 
si  buscherent  à  l'huys  en  nommant  leurs  noms;  et, 
alors,  l'un  des  trois  compaignons  qui  avoient  ladite 
tour  en  garde  se  leva  de  la  table,  où  jà  estoient  assis 
au  mengier  ;  si  leur  vint  ouvrir  l'huis,  et  Saulve  le 
Demourant,  en  portant  la  tarte,  entra  dedens,  di- 
sant :  a  Dieu  gard  la  compaignie!  »  Si  la  mist  sur 
la  table.  Avec  eulz  estoient  deux  fillettes ,  leurs 
amies  :  puis  Saulve  le  Demourant,  attendant  le  Velu, 
qui  ancores  n'estoit  entré  dedens ,  regarda  une  hache 
qui  auprez  de  là  estoit  apuyee  ,  laquele  il  prinst  en  sa 
main.  Si  vint  devant  la  table,  pammoiant  ladite  hache 


232  CRONICQUES  D'ENGLEïERRE.  [1423] 

et  regardant  les  compaignons  l'un  assis  au  bout  et  les 
deux  l'un  devant  l'autre  :  puis  dist  :  «  D'entre  vous 
trois  en  a  il  nul  qui  sache  faire  les  trois  copz  de  la 
hache?  »  lesquelz  luy  respondirent  qu'il  leur  monstrat, 
s'il  les  scavoit  faire.  Lors  ledit  Saulve  le  Demourant, 
qui  estoil  ung  compaignon  très  expert  et  habille  en 
armes,  en  pammoiantla  hache,  le  haulcha  contremont  : 
sy  en  fery  cellui  qui  estoit  assis  au  plus  prez  de  lui 
ung  si  grant  cop  sur  la  teste  qu'il  lui  abatty  la  cervelle 
sur  le  pavement,  et  l'autre,  de  la  pointe  de  la  hache, 
fery  tant  ruddement  qu'il  l'abatty  jus  de  la  selle  sur 
quoy  il  seoit ,  et  l'autre  qui  estoit  assis  au  coing  de  la 
table  poulsa  du  debout  d'embas  de  la  hache  en  la  poi- 
trine si  ferme  qu'il  l'estendy  tout  plat  sur  le  pavis, 
les  piedz  contremont ,  par  tel  force  qu'il  fut  plus  de 
deux  heures  sans  parler.  Lors  le  Velu,  qui  escoutoit  le 
convenant  au  pie  de  la  montée  par  où  on  montoit 
amont  sur  la  tour,  voiant  que  tempz  estoit ,  monta  en 
hault  et  mist  hors  une  enseigne  blance ,  puis  fist  une 
grande  fummee  au  sommet  de  la  tour,  adfin  que  mes- 
sire  Claude  de  Chastelus  et  ceulz  de  sa  compaignie 
parcheussent  qu'il  estoit  de  faire,  comme  ilz  firent; 
car  tantost  et  sans  delay,  autant  que  chevaulz  peurent 
galloper,  se  misrent  à  chemin  vers  Crèvent.  Et  d'au- 
trepart,  Saulve  le  Demourant,   en  poursievant  son 
entreprinse,  encommenca  de  ferir  sur  les  deux  amies 
des  compaignons  mors  ;  lesqueles  luy  donnèrent  moult 
à  faire,  et  commencèrent  à  crier  moult  hault,  en  le 
esgratinant  parmy  le  visage;  mais  du  bois  de  la  hace 
leur  donna  tant  de  copz,  disant  que  se  toutes  coyes  ne 
se  taisoient,  il  les  occiroit,  qu'elles  s'apaisèrent  aulcu- 
nement.  Le  Velu,  qui  avoit  esté  amont  sur  la  tour, 


[1423]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xiv.  233 

faire ,  comme  dit  est ,  le  signe  au  secours  qui  leur 
devoit  venir,  oii  il  avoit  tousjours  l'ueil ,  laissant  son 
compaignon  Saulve  le  Demourant  besongnier  en  bas, 
en  gectant  son  regard  vers  le  Vaulz  vey  eslever  une 
moult  grant  pouldriere,  parquoy  il  congneut  que  les 
Bourguignons  venoient.  Si  descendy  aval,  où  il  trouva 
son  compaignon  fort  lassé  et  esgratiné  le  visage  et  les 
mains,  voiant  aussi  les  deux  bommes  mors  auprez  de 
luy,   et  l'autre  quy  ne  valloit  gueres  mieulz,  dont  il 
fut  grandement  esmerveillié,  et  luy  demanda  s'il  estoit 
navré  ;  lequel  luy  respondy  que  non,  disant  qu'il  de- 
vallast  en  bas,  en  ung  parfont  cellier  quy  estoit  de- 
soubz  eulz,  si  meist  au  délivre  tous  les  prisonniers  qu'il 
y  trouveroit,  les  amenant  amont,  et  ainsi  le  fist;  puis 
tyra  la  plancette  aprez  luy.  ïost  aprez,  les  compai- 
gnons,  regardans  vers  la  ville,  percbeurent  le  bastard 
de  la  Baume,  atout  grant  foison  de  gens  d'armes  et  de 
trait,  les  aproclîier  et  amener  devant  eulz  canons,  veu- 
guelaires  et  courtauz.  Si  aportoient  les  gens  d'armes, 
cbascun  ,  buys  ou  fenestre  pour  lui  targier,  et  com- 
mencèrent prestement  de  livrer  à  la  tour  ung  grant 
assault  ;  mais  le  Velu,  Sauve  le  Demourant,  et  ceulz 
que  de  prison   avoient  délivrez,   se   deffendirent  au 
mieulz  qu'ilz  peurent.  Si  prindrent  les  deux  bommes 
mors,  lesquelz  ilz  gecterent  debors  sur  les  assaillans, 
parmy  les  fenestres  de  la  tour  ;  mais  les  François  les 
assaillirent  si  vivement,  que,  se  leur  secours  feust  de 
gueres  alargié,  force  eust  esté   d'eulz  rendre  en  la 
mercy  de  leurs  annemis;  et  eulz,  quy  estoient  de  grant 
courage,  sacbans  leur  ayde  aprochier,   monstroient 
que  bien  peu   les  doubtoient;  car  vigoreusement  se 
deffendoient.  Au  plus  pesant  de  l'assault,  le  Velu,  qui 


234  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

souvent  avoit  l'œil  auz  champz,  clioisy  les  trois  estan- 
dars  quy  moult  se  hastoient  de  venir  et  estoient  jà 
bien  pretz.  Pourquoy  luy  et  trois  des  prisonniers  des- 
cendirent à  cop  en  bas,  et  avallerent  le  pont  :  si  ouvri- 
rent la  porte  des  champs,  de  quoy  les  François  estans 
dedans  la  ville  furent  advertis  par  la  guette  estant  sur 
la  porte,  qui,  en  très  grant  effroy,  commença  de  cryer 
alarme;  et,  d'autrepart,  les  Bourguignons  sehasterent 
d'aprocliier.  Si  trouvèrent,  à  leur  venue,  le  pont  avallé 
et  la  porte  toute  ample  ouverte  :  si  entrèrent  dedens 
la  tour,  puis  montèrent  amont,  et  choisirent  les  Fran- 
çois qui  de  grant  courage  l'assailloient  par  embas. 
Lors  les  Bourguignons ,  voians  ceste  manière  de  faire 
de  leurs  annemis,  moult  hastivement  descendirent  de 
la  tour  et  vindrent  en  la  basse  court,  pardevant  laquele 
y  avoit  ung  grant  paliis  de  bois  :  si  ouvrirent  la  porte 
quy  sailloit  en  la  ville ,  puis  issirent  contre  les  Fran- 
çois, en  cryant  :  «  Nostre-Dame,  Bourgoigne  !  »  les  lan- 
ces baissiés ,  et  se  ferirent  entreulx  par  si  grant  fiereté 
que,  par  vive  force  d'armes,  les  firent  sortir  arrière 
et  perdre  place.  Et  adont  aulcuns  des  Bourguignons  , 
environ  cent  d'une  compaignie ,  tost  et  hastivement 
coururent  à  la  porte  du  Pont,  qu'ilz  trouvèrent  ou- 
verte :  si  se  ferirent  dedens  où  ilz  en  occirent  et  na- 
vrèrent aulcuns,  et  le  demourant  s'enfuyrent  en  la  ville. 
Puis,  quant  ceulz  Bourguignons  eurent  concqiiis  ladite 
porte  du  Pont ,  ilz  le  gardèrent  tant  que  leurs  gens 
furent  assamblez;  et,  ce  fait,  entrèrent  tous  ensamble 
dedens  la  rue,  en  cryant  haultement  :  «  Nostre-Dame, 
Bourgoigne  !  »  Si  démenèrent  si  grant  bruit,  à  l'en- 
trer dedens,  de  trompettes  et  de  clarons,  que  le  bastard 
de  la  Baume  et  ses  compaignons,  qui  ancores  se  com- 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xiv.  235 

batoienl ,  voians  que  par  force  ne  pourroient  tenir  la 
ville  ,  montèrent  sur  leurs  chevaulz  mieulx  que  ceulx 
qui  eurent  le  loisir  de  ce  faire  :  si  s'en  coururent  vers 
les  vignes,  à  la  porte  d'amont,  sans  conroy  ne  ordon- 
nance, laquele  porte  ilz  guaignerent  ;  et  quant  dehors 
la  porte  se  trouvèrent,  ceulz  quy  avoient  leurs  che- 
vaulx  s'esquiperent;  mais  ceulz  qui  les  leurs  ne 
peurent  recouvrer  furent  en  dangier  :  toutesfois  s'en 
saulverent  aulcuns  le  mieulx  qu'ilz  peurent ,  ende- 
mentiers  que  les  Bourguignons  couroient  de  toutes 
pars ,  au  long  de  la  ville ,  où  ilz  occioient  et  pren- 
doient  prisonniers  ceulz  quy  n' avoient  pas  eu  loisir 
ou  heur  d'eulz  povoir  sauver.  Lors  furent  les  Bour- 
guignons, ainsi  comme  vous  oez,  dutout  maistres  de 
la  ville  ^  Or  vous  laisserons  ung  petit  ester  de  ceulz 

1.  Un  seul  chroniqueur  (Berry,  369)  parle  de  cette  prise  de  Crevant, 
en  ces  termes  :  le  connétable  d'Ecosse  et  autres  seigneurs  se  dis- 
posaient à  passer  la  rivière  à  Gien-sur-Loire  ;  a  là  où  vinrent  nouvelles 
audit  connestable  qu'aucuns  des  serviteurs  et  coureurs  du  bastard  de  la 
Baume,  qui  avait  esté  Bourguignon,  avoient  mis  dedans  la  ville  de  Crevant 
le  sire  de  Chastelus,  messire  Jean  de  Digone,  messire  Guy  de  Bar  et  plu- 
sieurs autres,  à  un  matin,  lesquels  avoient  pris  les  gens  d'armes  qui  estoient 
dedans  ladite  ville  pour  le  Roy,  et  les  avoient  mis,  liez  et  garrotez  de  fers, 
en  fosses.  Ces  nouvelles  estans  scènes,  le  connestable  d'Escosseen  appro- 
cha, parce  qu'on  luy  fît  entendre  que  la  tour  tcnoit  encore  pour  les 
François,  mais  il  fut  decevi  :  car  dès  qu'ils  eurent  pris  ladite  ville,  icelle 
tour  fut  aussi  par  eux  prise  et  gagnée.  Donc  incontinent,  par  ledit  donné 
à  entendre,  s'en  vint  de  belle  tire,  ledit  connestable,  mettre  le  siège  de- 
vant ladite  ville  de  Crevant  :  il  v  fut  fort  longuement,  pour  ce  qu'il 
voyoit  que  ladite  ville  estoit  foible,  et  envoya,  cependant,  plusieurs  fois 
devers  le  Roy,  afin  qu'on  luy  envovast  des  canons  et  des  bombardes, 
dont  on  ne  fit  rien,  pour  ce  que  l'on  luy  avoit  commandé  qu'il  s'en  allast 
en  Champagne.  Et  toutesfois  contre  les  ordres  qu'il  avoit,  il  partit  de 
ladite  ville  de  Gien ,  pour  aller  mettre  le  siège  à  Crevant  ;  ce  qui  ne  luy 
avoit  pas  esté  ny  enchargé  ny  commandé.  Le  Roy  ouyt  nouvelles  que  les 
Anglois  et  les  Bourguignons  venoient  pour  faire  lever  ce  siège  :  cela  fit 
qu'il  envoya  pour  les  reconforter  le  seigneur  de  Severac ,  mareschal  de 


236  CRONICQUES  D'E^JGLETERRE.  [1423] 

qiiy  layans  demoiirerent  ;  si  vous  racomterons  des 
François  quy  s'en  partirent,  et  que  devint  le  bastard 
de  la  Baume. 

966.  Comment  le  bastard  de  la  Baume  et  ses  complices, 
aprez  la  perte  de  Crèvent,  le  nuncherent  au  roy  Charles  ; 
et  du  siège  quy  y  fut  mis.  XV. 

Quant  le  bastard  de  la  Baume  et  ceulz  quy  s'estoient 
sauvez  avec  luy  bors  de  la  ville  de  Crèvent,  par  la 
manière  narrée  au  cbapittre  précèdent,  se  veyrent  au 
délivre  de  leurs  corps,  très  grandement  troublez  de  la 
perte  qu'ilz  avoient  fait ,  ne  cessèrent  de  cbevaulcbier 
dilligamment,  tant  qu'ilz  se  trouvèrent  hors  des  mar- 
ches de  la  frontière  tenant  la  partie  de  Bourgoigne. 
Si  passa  la  rivière  de  Loirre  et  exploita  telement  ledit 
bastard,  et  sa  routte,  qu'ilz  vindrent  à  Bourges,  en 


France,  avec  quatre  cent  hommes  d'armes,  espagnols  et  routiers.  Les  nou- 
velles vinrent  donc  en  1  hostel  du  Roy,  des  frontières  de  devers  le  Mans, 
que  les  Anglois  alloient  pour  faire  lever  ledit  siège  de  devant  Crevant. 
Si  vinrent  au  secours  des  François  et  Escossois.  le  comte  de  Ventadour, 
le  sire  de  Fontaine,  le  sire  de  IJellay  et  le  sire  de  Gamaclies.  Ceux  de 
dedans  la  place  commençoient  à  mourir  de  faim,  et  desja  mangeoient 
leurs  chevaux.  Si  vinrent  le  comte  de  Salisbery  et  le  comte  de  Suffolc, 
Anglois,  messire  Jean  de  Thoulongeon ,  mareschal  de  Bourgongne,  les 
sire  de  Villeby  et  de  Scales  et  plusieurs  antres  grands  seigneurs  des  pays 
de  Bourgongne  :  et  approchèrent  lesdits  Anglois  et  Bourguignons  devant 
ladite  ville,  du  costé  de  Gastinois,  et  gagnèrent  la  rivière  d'Yonne,  et 
frappèrent  sur  les  François,  tellement  qu'ils  gagnèrent  la  journée  :  là 
furent  pris  ledit  connestable  d'Escosse,  le  comte  de  Ventadour,  le  sire 
de  Bellay,  le  sire  de  Gamaclies  et  plusieurs  autres;  et  y  demeurèrent 
morts,  le  sire  de  Fontaine,  messire  Guillaume  de  Hamilton,  et  plusieurs 
autres,  jusques  au  nombre  de  huit  cent  à  mille  combatans.  Le  mareschal 
de  Severac  et  messire  Richard  de  Leire,  et  plusieurs  autres  capitaines 
François,  escossois  et  espagnols,  s'enfuirent,  et  laissèrent  les  autres  vail- 
lans  mourir.  » 


[1423]  CINQUIÈME  PAPvTIE ,  LIVRE  III,  xv.  237 

Berry,  où  estoit  le  roy  Charles ,  auquel  il  raconta  de 
ses  nouvelles  et  ce  quy  lui  estoit  advenu  à  Crèvent,  où 
il  avoit  estétraliy  par  trois  de  ses  compaignons,  esquelz 
il  avoit  grant  comfidence.  Adont  le  roy,   et  tous  ses 
barons  et  capiltaines,  oians  ces  nouvelles  raconter  en 
furent  moult  desplaisans.  Si  demanda  le  roy  au  bastard 
quelz  gens  et  quelz  capittaines  ilz  estoient  à  ce  faire. 
Et  le  bastard  respondy  :  «  Sire ,  le  seigneur  de  Cbas- 
telus,  le   Veau  de  Bar  et  le  seigneur  de  Varenbon  , 
atout  environ  vnf'combatans,  tous  gens  d'eslite.  Mais, 
Sire,  dist  le  bastard,  se  vous  estiés  conseilliés  de  voul- 
loir  recouvrer  ceste  place ,  legierement  le  polriés  re- 
concquerre  ;  car  layans  n'a  bledz  ne  farines ,  chars , 
ne  autres  vivres  dont  ilz  se  peussent  substenter  ou 
alimenter  ung  mois  entier,   se  là   en   dedens,    n'es- 
toient  secourus,  ce  que  je  ne  double  pas  ;  car  laians 
sont  les  principaulz   capittaines   des  frontières ,  les- 
quelz  ont  comme  tous  leurs  gens  avec  eulz.  Et  aussi, 
anchois  que   le  marissal  de    Bourgoigne  '  et  les  sei- 
gneurs du  pays  se  feussent  assamblez ,  vous  auriés  la 
ville  et  tous  ceulz  quy  dedens  sont  :  et,  d'autre  part , 
le  duc  de  Bourgoigne  est  en  son  pays  de  Flandres,  et 
les  Anglois  sont  sur  les  marches  de  Korthmandie  et 
autre  part,  où  ilz  ont  assez  à  faire ,  et  mesmes  grant 
partie   d'eulz  sont   présentement  au  siège  devant  le 
Crotoy,  qui  est  une  ville  moult  forte  et  bien  tenable. 
Parquoy  messire  Jaques  de  Harcourt  porra  bien  atendre 

1.  Jean  de  Toulongeon,  chevalier  banneret ,  seigneur  de  Sencey, 
conseiller  et  chambellan  de  Charles  VI  et  du  duc  Jean  (La  Barre,  II, 
106),  fut  fait  maréchal  de  Bourgonge  en  1422.  Mort  le  9  ou  10  juillet 
1427  (Id.,  ib.,  202).  Monstrelet  (III,  ch,  cxxvni)  le  nomme  le  borgne  de 
Toulongeon, 


238  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1423] 

une  espace  jiisques  à  ce  (|ue  ayez  recouvré  cette  ville 
de  Crèvent,  par  laquele  avoir  de  vostre  partie  polriés 
legierement  ratraire  Ansoirre,  voire  toutes  les  villes  et 
chasteaux  quy  sont  jusques  vers  Digon  en  Bourgoigne. 
Si  metterez  toute  la  marche  en  vostre  obéissance,  sans 
nul  contredit,  et  donrez  tant  à  faire  auz  Bourguignons 
qu'ilz  ne  scauront  de  quel  pie  danser.  » 

Quant  le  roy  Charles  et  son  conseil  eurent  bien  en- 
tendu ledit  bastard  de  la  Baume  ainsi  parler,  le  roy  com- 
manca  un  peu  à  penser  ;  puis  fist  retraire  ledit  bastard 
et  demanda  à  ses  conseilliers  leurs  opinions  et  advis  sur 
la  proposition  d'ycellui  bastard  ;  et  là  estoient,  à  ceste 
heure,  la  pluspart  de  tous  ses  capittaines ,  au  moins 
des  principaux,  surquoy,  aprez  grans  debas,  tout  consi- 
déré ,  conclurent  ensamble  delibereement  que,  à  très 
grant  puissance  de  gens,  hastivement  on  yroit  poser  et 
mettre  le  siège  devant  la  ville  de  Crèvent.  Aprez  ceste 
conclusion  prinse  des  François  en  la  chambre  du  roy 
Charles,  et  qu'ilz  eurent  délibéré  quel  nombre  de  gens 
yroient,  et  quelz  capittaines  les  conduiroient,  et  que 
on  eut  fait  chargier  vivres  et  artillerie,  ceulz  quy  à  ce 
faire  furent  establis  prindrent  congié  du  roy  Charles. 
Si  s'en  départirent  pour  aller  furnir  leur  voyage  :  de 
laquele  compaignie  fut  souverain  capittaine  et  conduc- 
teur le  connestable  d'Escoche*,  très  vaillant  chevallier 

1.  Jean  Stuart,  connétable  de.  l'armée  d'Ecosse  (Du  Tillet,  II,  234-], 
mort  à  la  bataille  de  Rouvrav,  le  13  février  1428  (v.  s.).  (Monslrelet,  Y, 
cliap.  Lvi).  Rapin-Thoyras  (IV,  190)  dit  que  les  Français  lui  donnèrent 
le  litre  de  coiuiélable  d'Ecosse,  mais  qu'on  ne  voit  pas  qu'il  soit  qualifié 
de  même  par  les  historiens  de  sa  nation.  Il  conjecture  de  là  que  l'erreur 
des  Français  est  provenue  de  leur  ignorance  de  la  langue  angloise  ou 
écossoise,  dans  lesquelles  le  titre  de  connétable  se  peut  donner  à  tout  chef 
qui  commando  un  corps  de  troupes,  sans  que  pour  cela  il  soit  connétable 
du  royaume. 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xv.  239 

et  expert  en  armes,  avec  lui  le  conte  de  Ventadour^  et 
pluiseurs  autres  capittaines  de  ce  party  ;  lesquelz  tous 
ensamble,  en  très  belle  ordonnance,  droit  ou  mois  de 
juillet ,  passèrent  la  rivière  de  Loirre;  puis  aprez,  de- 
dens  peu  de  jours,  arrivèrent  devant  la  ville  de  Crè- 
vent, où  ilz  misrent  le  siège  tout  entour.  Mais,  avant 
ce  qu  ilz  peussent  estre  tous  assegiés  et  mis  en  ordre, 
ceulz  de  dedens  saillirent  pluiseurs  fois,  où  maintes 
belles  apartises  d'armes  furent  faites  ;  se  toutes  lesqueles 
voulloie  raconter,  tant  des  assegiés  comme  des  asse- 
gans,  trop  y  pourroie  mettre.  Mais,  pour  venir  au  fait 
d'ycelle  besongne,  la  ville  fut  de  si  prez  assegié  ,  que 
par  quelconque  manière  nul  n'y  povoit  entrer  ne  en 
issir,  se  ce  n'estoit  par  escarmuchier  auz  portes  et 
barrières  ;  et  ancores ,  quant  là  venoit  que  ceulz  de  la 
ville  voulloient  saillir,  c'estoit  à  moult  grant  dangier, 
pour  la  force  du  trait  des  arcbiers  qui  estoient  si  espez 
que,  sans  grant  dommage  de  leurs  gens,  ne  povoient 
bonnement  faire  chose  qui  gueres  leur  prouffitast.  Et 
si  estoient  leurs  tours  et  murailles  telement  traveilliés 
des  bombardes  et  canons,  qu'ilz  avoient  beaucop  à 
faire  à  y  pourveir  et  remédier  alencontre.  Et  ancores  y 
avoit  chose  qny  pis  leur  faisoit ,  car  laians  vivres  leur 
commencoient  à  faillir  ;  tant  qu'en  fin  furent  telement 
oppressez  de  famine  qu'ilz  mengoient  leurs  chevaulz 
et  saignoient  pour  avoir  du  sang.  Layans  n'avoit  chat, 
ne  chien,  ratte ,  ne  soris  que  tout  ne  mangassent. 

La  nécessité  que  les  assegiés  de  Crèvent  avoient  fut 
bien  sceue  en  Bourgoigne,  par  pages  et  varletz  qu'ilz 


1.  Le  comte  de  Ventadour  tué  à  la  bataille  de  Verneuil.  (Anselme, 
IV,  29.) 


240  CRONICQUES  D'E?s^GLETERRE.  [1423] 

mettoient  dehors,  quant  ilz  veoient  leur  point  de  ce 
faire  ;  et  est  bien  à  entendre  que,  se  brief  ilz  n'eussent 
este  secourus,  qu'ilz  ne  povoient  plus  longuement 
durer  alencontre  de  celle  grant  puissance  qui  devant 
eulz  esloit  logié  ,  et  les  euist  convenu  estre  tous  mors 
et  péris  du  tout,  du  moins  eulz  rendre  simplement  à 
la  voullenté  et  arbitraige  de  leurs  annemis. 

967.  Comment  les  Anolois  et  les  Bourofuiofnons  s'assamble- 
rent  à  Aussoirre  pour  secourir  la  ville  de  Crèvent  *.  XVI. 

Tantost  furent  portées  les  nouvelles  en  Flandres,  en 
Bourgoigne  et  en  Artois,  du  siège  que  les  François 
avoient  mis  et  lenoient  devant  Crèvent  ;  et  bien  estoit 
renommée  du  grant  dangier  et  nécessité  en  quoy  ilz 
estoient  oppressez.  Le  duc  de  Bethfort ,  régent  de 
France,  quy  en  ces  jours  estoit  à  Paris  très  desplaisant 
de  ces  nouvelles ,  pour  doubtes  que  assez  tost  ne  les 
peust  secourir,  il  manda  bastivement  quérir  de  ses 
cappitaines,  lelz  que  le  conte  de  Salsebery,  le  sei- 
gneur de  Wilbic  ^,  conte  de  Suffort  ^  et  pluisieurs  au- 
tres chevalliers  et  escuiers  anglois,  ensamble  leurs 
archiers.  Si  furent  environ  quatre  mille  combatans , 
tous  gens  d'eslite;  lesquelz  tous  ensamble  ,  aprez  le 
congié  du  régent,  se  misrent  à  chemin  pour  venir  à 

1.  Ce  chapitre  et  le  suivant  sont,  pour  la  plus  grande  partie,  inédits; 
mais  nous  avons  conservé  des  passages  empruntés  à  Monstrelet  (V,  ch.  x), 
afin  de  ne  pas  rompre  le  fil  d'une  narration  de  faits  qui  se  doivent  suivre. 

2.  Robert  de  Willougliby,  comte  de  Vendôme,  capitaine  des  villes  et 
chastel  de  Rouen,  en  novembre  1-424.  (Bibl.  inip.,  mss.,  n°  9436**, 
fol.  111.)  Mort  le  30  avril  1452.  (Dugdale ,  II,  84-8o.} 

3.  Guillaume  de  La  Pôle,  comte  de  Suffolk  et  de  Dreux,  capitaine  du 
pays  des  basses  marches  de  Normandie  es  bailliage  de  Caen  et  Cousten- 
tin  en  1425.  iBibl.  imp.,  mss.,  n»  9436*5,  fgi  209.)  Décapité  le  2  mai 
1450.  (Dugdale,  II,  186-189.) 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xvt.  241 

Ausoirre;  et  d'autre  part,  la  ducesse  de  Bour- 
goigne,  mère  '  du  duc  Phelippe,  quy  pour  lors  se 
tenoit  ou  pays,  advertie  de  ceste  besoigne ,  adfin 
aussi  de  baillier  secours  aux  assegiés  dedens  Crè- 
vent, manda  hastivement  venir  devers  elle  les  plus 
grans  seigneurs  de  Bourgoingne ,  ausquelz  elle  re- 
quist  très  instamment ,  pour  et  ou  nom  du  duc  Phe- 
lippe son  filz,  qu'ilz  assamblassent  leurs  gens  dil- 
ligamment  pour  donner  secours  aux  assegiés  dedens 
la  ville  de  Crèvent.  Lesquelz  seigneurs,  au  plus 
tost  qu'ilz  peurent,  assamblerent  de  toutes  pays 
où  ilz  en  peurent  finer,  tant  parmy  la  contée  de 
Bourgoingne  que  en  la  ducé  :  mesmement  y  furent 
aulcuns  Savoiens ,  telz  que  messire  Aymé  de  Verrv  ^ 
le  seigneur  de  Salemonne  %  et  pluiseurs  autres  gentilz 
hommes  en  leurs  compaignies,  quy  se  vindrent  tous 
joindre  et  mettre  avec  le  marissal  de  Bourgoingne 
que  pour  lors  on  nommoit  le  seigneur  de  Tholongon, 
dit  le  Borgne  ;  lesquelz  tous  ensamble ,  à  grant  puis- 
sance, se  misrent  à  chemin  en  tyrant  vers  Aussoirre, 
pour  ce  qu'ilz  furent  advertis  quant  les  Anglois  y  dé- 
voient entrer.  Mais  les  Bourguignons  y  vindrent  les 
premiers  :  puis,  quant  ilz  sceurent  les  Anglois  aprochier, 
pour  les  honnourer  allèrent  au  devant  d'eulx  le  conte 


1.  Marguerite  de  Bavière,  fille  d'Albert  de  Bavière.  Morte  le  23  jan- 
vier 1423.  (Anselme,  I,  239.) 

2.  Amé  III  de  Viry  fut  nommé  par  Louis  de  Savoie,  en  1453,  prési- 
dent des  assises  générales  du  duché,  convoquées  à  Genève  pour  juger  le 
chancelier  Bolomer.  (Grillet,  III,  440.) 

3.  Guigne,  seigneur  de  Salenove,  écuyer,  conseiller  et  chambellan  de 
Jean,  duc  de  Bourgogne.  (La  Barre,  II,  107.)  En  1422,*le  seigneur  de 
Rochebaron  avait  dans  sa  compagnie  un  Savoisien,  nommé  le  seigneur 
de  Salenove.  (Histoire  de  Charles  VII,  481 .) 

I  16 


242  CROINICQUES  D'EÎNGLETERRE.  [i423] 

de  JoignyS  le  borgne  de  ïholongon,  marissal  de 
Bourgoingne,  le  seigneur  de  Vergy  ^  messire  Guil- 
laume ^  et  messire  Jehan  de  Vienne  \  le  seigneur  de 
Coches',  Athy  de  Bauffremont ',  messire  Régnier  Pot  \ 
les  seigneurs  de  Bv)chefort^  de  Tinteville  \  de  Villers  *" 
et  pluiseurs  autres  notables  seigneurs  ;  lesquelz,  à  ren- 
contrer, firent  de  grans  révérences  et  honneurs  les 
ungz  aux  autres ,  à  scavoir  Bourguignons  à  Anglois  et 


1 .  Guy  de  la  Tremoille,  comte  de  Joigny.  Mort  eu  1438.  (  Anselme  , 
IV,  180.) 

2.  Antoine  de  Vergy,  comte  de  Dampmartiu,  seigneur  de  Champlite, 
institué  maréchal  de  France  le  22  janvier  U21 ,  Mort  le  29  octobre  1439. 
(Anselme,  VII,  31.) 

3.  Guillaume  de  Vienne.  Mort  en  1456.  (Anselme,  VII,  800.) 

4.  Jean  de  Vienne,  seigneur  de  Bussy.  Vivait  encore  en  1463  (An- 
selme, VII,  801.) 

5.  .lean  de  Montagu  II  du  nom,  seigneur  de  Conches.  Vivait  encore 
le  13  juillet  1435.  (Anselme,  I,  561.) 

6.  W^avrin  se  trompe;  c'est  Pierre  de  Beaufremont.  [T'ie  de  Guil- 
laume de  Gamache,  p.  26.)  Pierre  de  Beaufremont,  chambellan  du 
duc  de  Bourgogne ,  seigneur  et  comte  de  Charny ,  par  lettres  de 
Charles  VII  en  date  du  29  janvier  1435;  créé  chevalier  de  la  Toison 
d'or  à  la  formation  de  cet  Ordre.  (Anselme,  I,  242.)  Son  nom  figure 
sur  le  tableau  des  chevaliers  défunts  au  douzième  chapitre  tenu  en  1473. 
(Reiffenberg,  65.) 

7.  Régnier  Pot  ,  seigneur  de  la  Roche,  de  Nolay,  conseiller  et  cham- 
bellan de  Philippe,  duc  de  Bourgogne,  chevalier  delà  Toison  d'or. 
(La  Barre,  II,  210.)  Mort  en   1432.   (Saint-Remy,  VIII,  427.) 

8.  Guillaume  de  Rochefort,  chevalier,  était  retenu,  le  10  septembre 
1428,  par  le  comte  de  Salisbury,  pour  servir  Henri  VI,  en  France. 
(Bibl.  inip.,  mss.,  n"  9436^- "•,  fol.  129  verso.)  «  Messire  Guillaume  de 
Rochefort,  chevalier  de  Nivernois,  lequel  tenoit  le  party  des  Anglois, 
estoit  pai-ent  du  seigneur  de  la  Tremoille.  j  (Berry,  376.)  Marié  à  Anne 
de  la  Tremoille.  Créé  chancelier  de  France  le  12  mai  1483.  Mort  le 
12  août  1492.  (Anselme,  VI,  414.) 

9.  Jean  de  DinteviUe,  seigneur  des  Chenets,  ordonné  bailli  de  Troye 
le  26  septembre  1420,  l'était  encore  en  1438.  (Anselme,  VIII,  719.) 

10.  Jean  de  Villiers ,  seigneur  de  Lisle-Adam,  créé  maréchal  de 
France  le  2  mai  1432.  Mort  le  22  mai  1437.  (Anselme,  VII,  10.) 


1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xvi.  243 

Anglois  à  Bourguignons;  puis,  aprez  les  apartiens  ainsi 
faiz,  chevaulclierent  les  seigneurs,  clevisans  ensamble, 
par  belle  ordonnance  jusques  à  la  viiie,  et  fut  logié  le 
conte  de  Salsebery  en  l'hostel  de  l'evesque.  Puis,  tost 
aprez  qu'ilz  furent  un  peu  refectionnez  de  boire  et  de 
mengier,  s'assamblerent  les  seigneurs,  tant  Anglois 
comme  Bourguignons,  à  conseil,  en  l'église  catbedral 
de  la  ville,  où  ilz  prindrent  ensamble  leurs  conclu- 
sions, telles  qu'elles  seront  cy  aprez  déclarées  au  lieu 
servant.  Et  quant  le  conseil  fut  fine,  ilz  se  délibérèrent 
de  lendemain  partir,  comme  ilz  firent.  Si  se  misrent  en 
moult  belle  ordonnance,  et  prindrent  leur  cliemin  vers 
Crèvent  pour  combatre  les  annemis  quy  de  leurs  adve- 
nement  estoient  assez  advertis,  et  aussi  les  povoient 
bien  clioisir  venir  de  loingz.  Alors,  par  le  commande- 
ment des  capiltaines  Anglois  et  Bourguignons,  venus 
environ  à  ung  quart  de  lieue  prez  de  leurs  annemis, 
descendirent  tous  à  pie.  Si  faisoit  ce  jour  moult  cbault, 
parquoy  ilz  furent  grandement  Iraveilliés  d'aller  à  pie, 
tant  pour  la  pesanteur  de  leurs  armeures ,  comme 
pour  l'apperte  cbaileur  du  soleil  ;  telement  que  plui- 
seurs  furent  constrains,  par  destresse  de  challeur,  eulz 
couchier  le  visaige  contre  terre  pour  eulz  un  peu  ras- 
frescbir.  Et,  en  ce  propre  jour,  furent  fais  cbevalliers 
de  la  partye  des  Bourguignons,  Guillaume  de  Vienne  , 
filz  du  seigneur  de  Saint  George  *,  Jeban,  seigneur 


1.  Guillaume  de  Vienne,  seigneur  de  Saint-Georges,  mort  sur  la  fin 
de  l'année  14:34,  ayant  fait  son  testament  le  14  mars  précédent  (Anselme, 
VIÎI,  800).  Cette  dernière  date  est  juste;  mais  le  P.  Anselme  se  trompe 
quant  à  celle  de  la  mort  :  le  seigneur  de  Saint- Georges  mourut  en  1444, 
et  son  testament  lut  publié  l'an  1443.  Voy.  Faict  du  procez  et  instance  de 
proposition  d'erreur  pendant  au  grand  conseil  du  roy  entre  messire  Marc  de 


244  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

d'AnnayS  Phelippe,  seigneur  de  Teriiant ',  Copin  de 
la  V'iesville^,  et  aulciins  autres  dont  je  ne  scay  les 
noms. 

968.  De  rordonnance  que   firent  les  Anglois  et  Bourgui- 
gnons pour  combatre  leurs  annemis.  XVII. 

Premièrement ,  il  est  à  scavoir  que  les  Anglois  et 
Bourguignons  se  partirent  de  la  cité  d'Ausoirre  par 
ung  vendredy,  ainsi  comme  à  x  heures  du  matin,  pour 
tyrer  vers  Crèvent.  Si  ordonnèrent  deux  marissaulx  de 
l'ost,  cliascun  pour  avoir  regard  sur  sa  portion  de  gens, 
à  scavoir  :  de  la  partie  des  Bourguignons,  le  seigneur 
de  V'ergy,  et,  pour  les  Anglois ,  messire  Guillebert  de 
Hallesal  \  Puis  fut  cryé  et  publié  parmy  l'ost  que  les 
Anglois  et  Bourguignons  feussent  bons  amis  ensamble, 
par  bonne  amour  et  union,  sans  esmouvon^  tenchon  " 
ne  rumeur  l'un  contre  l'autre,  sur  paine  d'estre  pugnis 

Fienne,  chevalier,  sieur  de  Clervant  et  Vauvillars,  demandeur  en  proposition 
d'erreur,...  contre  messire  Anthoine  de  Daufremont,  sieur  de  Lislenois,  et 
consors.  (Bibl.  imp.  ,  Mss.  ,  Coll.  Dupiiy,  n"  660 ,  fol.  264-273). 
Cette  pièce  est  imprimée,  ainsi  que  le  testament  de  G.  de  Vienne  ,  qu'on 
tiouve  aux  fol.  282-288  du  même  volume. 

1.  Jean  d'Auuay,  chevalier,  maître  d'hôtel  du  duc  et  de  la  duchesse 
de  Bourgogne  en  1407  (La  Barre,  II,  134),  était  dans  la  ville  de  Meaux  , 
en  1422,  lors  du  siège  de  cette  ville.  (Chastellain,  103.) 

2.  Philippe,  seigneur  de  Ternant,  conseiller  du  roi  et  garde  de  la 
prévôté  de  Paris  eu  1436.  [Journal  d'un  bourgeois  de  Paris .^  170.) 
Au  chapitre  de  la  Toison  d'or,  tenu  le  22  mai  14^6,  il  était  sur  la  liste 
des  chevaliers  trespassés.  (Bibl.  imp,,  Mss.,  Fonds  Sorbonnc,  n°  438.) 

3.  Gauvain  de  la  Viesville ,  conseiller,  chambellan  de  Philippe  le 
Bon.  (La  Barre,  II,  181.) 

4.  Guillebert  de  Halsalf,  chevalier,  banneret,  capitaine  d'Evreux  en 
octobre  1424.  (Bibl.  imp.,  Mss.,  n°  9436«,  fol.  121.)  Tué  au  siège  d'Or- 
léans. 

5.  Dispute,  querelle  (Roquefort.) 


[4423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xvii.  245 

à  lavoiilenté  des  capittaines.  Âprez,  fut  ordonné  qu'ilz 
chevaulcheroient  tous  ensamble  en  ung  seul  ost ,  et  y 
avoient  vi^''  hommes  d'armes  :  c'est  à  scavoir  lx   Ân- 
glois  et  LX  Bourguignons,  autant  d'archiers  qu'il  apar- 
tenoit  pour  descouvrir  devant.  Ancores  fut  ordonné 
que,  quant  on  venroit  auprez  du  lieu  où  l'en  devroit 
combatre ,  que  incontinent  qu'il  seroit  dit  et  publié 
chascun  descendre  à  pié ,   que  ceulz  qui  en  feroient 
refus  feussent  mis  à  mort.  Et,  avec  ce ,  fut  ordonné 
que  les  chevaulz  feussent  prestement  menez  arrière 
ime    demye   lieue,    et   ceulz   quy    seroient    trouvez 
plus  prez   seroient  prins  comme  confiquiés.   Ancores 
fut  ordonné  que  cliascun  archier  feist  ung  peuclion 
aiguisié  à  deux  boutz,  pour  fichier  devant  luy  quant 
besoing   seroit.    Oultre    plus   fut  ordonné   que   nul , 
de  quelque  estât  qu'il  feust ,  ne  s'enhardist  de  pren- 
dre prisonnier  au  jour  de  la  bataille  ,   tant  que    on 
verroit   tout  plainement  que  le  champ   seroit  guai- 
gnié  ;  et,  se  on  en  treuve  aulcim  ,  il  soit  prestement 
occis  avec  cellui  qui  l'aura  prins,   s'il  en  parle  ou 
fait  aulcun  refus.  Ancores  fut  ordonné,  de   rechief, 
que    chascun    feust   pourveu   de  vyande  pour  deux 
jours,   et  aussi  que  ceulx  de  la  ville  d'Ausoirre  en- 
voiassent    vivres   aprez    i'ost ,   autant    que  finer   en 
porroient ,   et  qu'ilz  en  seroient  bien  paiez.  Oultre , 
ancores  fut  ordonné  que  nulz  ne  chevaulchast,  devant 
ou    derrière,   sans  ordonnance  des   capittaines ,   sur 
paine  capital ,  ains  se  tiengne  chascun  en  l'ordre  où 
il  seroit  mis.  Les  poins  et  ordonnances  dessus  décla- 
rées par   la   délibération    des   capittaines  Anglois  et 
Bourguignons  furent,  ce  mesmes  jour,  proclamées  et 
publiées  en  la  ville  d'Ausoirre,  à  son  de  trompe,  par 


246  CRONICQUES  DENGLETERRE.  [1423] 

les  quarfours,  avant  leur  partenieiit  ;  et  lendemaiiî, 
aprez  qii'ilz  eurent  oy  messe,  cliascun  à  sa  devocion, 
et  beu  ung  cop,  se  misr  iit  auz  cbampz  en  grant  fra- 
ternité :  et  s'en  allèrent  logier  tons  ensamble  en  la  ville 
de  Yaucelles^,  à  une  lieue  prez  de  leurs  annemis.  Et 
lendemain,  qu'il  fut  samedy,  environ  à  x  lieures  du 
matin ,  se  deslogerent  et  allèrent  en  belle  ordonnance 
devant  leurs  annemis  ;  lesquelz  sans  faulte  ilz  trouvè- 
rent tous  apareilliés  comme  pour  les  recepvoir  en 
belle  et  grande  compaignie,  et  avoient  prins  place  sur 
une  montaignette  devant  ladite  ville  de  Crèvent,  où 
ilz  s'estoient  ja  tenus,  jour  et  nuit,  atendant  leurs 
annemis  ;  et  toutesfois  avoient  laissié  leur  siège  garny 
de  gens. 

Les  Anglois  et  Bourguignons,  voians  l'appareil  de 
leurs  annemis,  s'en  allèrent  passer  par  l'autre  lez  de 
la  rivière  d'Yonne,  vers  CouUanges  lez  Vineuses^  :  et 
adonc  descendirent  les  Franc(îis  de  leur  monlaigne 
contre  leurs  annemis,  en  mon>lrant  grant  samblant  de 
bardiesse;  sise  misrent  en  battaillel'un  contre  l'autre, 
où  ilz  furent  bien  trois  beures  sans  autre  cbose  faire  , 
et  estoit  la  rivière  entre  les  deux  ostz.  Quant  ilz  se 
furent  ainsi  tenus ,  comme  vous  avez  oy,  Anglois  et 
Bourguignons,  qui  moult  beoient  les  François,  voians 
qu'ilz  ne  faisoienl  quelque  samblant  de  les  envabir, 
soubdainement  s'advancberent  par  aigreur  de  félon 
couraige  et  commencèrent  arcbiers  de  tyrer  moult 
onniement,  et  gens  d'armes  à  entrer  en  l'eaue  vive- 
ment, pour  courir  sus  à  leurs  annemis,  dont  les  ungz 


1 .  Vîncelles. 

2.  Coulauges-la- Vineuse. 


[14i23]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xvii.  247 

en  avoient  jusques  auz  genoulz  et  les  autres  jusques 
deseure  la  chainture.  Lors  le  conte  de  Salsebery,  ad- 
monestant ses  gens  de  bien  faire  en  escriant  :  u  Saint 
George  !  »  sa  bannière  devant  luy,  passa  l'eaue  et  vint 
aborder  à  ses  annemis.  Et,  d'autre  part,  sur  costiere, 
vers  le  pont,  le  seigneur  de  Wilbic  fist  tant,  que,  atout 
sa  bannière,  il  gaigna  le  pont;  lequel  il  passa  à  force 
d'armes,  tresperchant  Escotz  et  François  par  poulsis 
de  lances  ,  de  lialclies  et  d'espees.  Si  ne  sceurent  tant 
faire  les  deffendeurs  de  l'eaue  que  Anglois  et  Bourgui- 
gnons, leurs  annemis,  ne  les  déboutassent  dudit  lieu  ; 
mais,  avant  ce  achevé,  y  eut  maintes  belles  appartises 
darmes  faites  tant  d'un  costé  comme  de  l'autre. 
Adonc,  ceulz  de  la  ville  de  Crèvent,  c'est  à  scavoir  le 
seigneur  de  Chaslelus  et  les  autres  de  la  garnyson  , 
dont  il  estoit  le  chief,  voyans  leur  secours  si  faitement 
besongnier,  moult  joyeulx  et  de  grantcorage  saillirent 
dehors;  si  s'en  vindrent  par  derrière  ferir  contre  leurs 
annemis,  ja  feussent  ilz  tant  foibles  et  amatis  de  fa- 
mine ,  que  à  grant  paine  se  povoient  ilz  soustenir  sur 
pies.  Toutesfois,  le  grant  désir  et  joye  qu'ilz  avoient 
d'eulz  veoir  ainsi  estre  secourus ,  desirans  estre  déli- 
vrez du  présent  dangier,  leur  rendy  coraige  ;  parquoy 
se  esvertuerent  en  eulz  force  et  hardement,  en  tele 
manière  que,  de  plaine  venue,  en  escriant  leurs  cris, 
occirent  et  decoperent  leurs  annemis  tant  impétueuse- 
ment ,  que  hoiTeur  estoit  à  regarder.  Dequoy  les  dis 
annemis,  se  voians  ainsi  estre  felonneusement  assaillis 
de  toutes  pars,  s'en  effraierent  grandement;  car  ,  à 
toute  dilligence,  Anglois  et  Bourguignons  s'efforcoient 
de  vaincre  chascun  son  quartier.  Adonc  de  toutes  pars 
encouimencereut  à  combatre  l'un  contre  l'autre  ;  mais. 


248  CROiMCQIJ.ES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

en  conclusion,  par  la  vigueur,  force  et  vaillance  des 
Ant^lois  et  Bourguignons,  ainsi  fraternelement  con- 
joincte  ensamble ,  ilz  obtindrent  la  victore.  Si  furent 
les  François  et  Escochois ,  à  ceste  heure ,  tournez  en 
fuite,  où  il  y  eut  pluiseurs  mors  et  navrez,  qui  estoit 
pitoiable  chose  à  veoir.  En  ceste  battaille  furent  occis 
la  plus  part  des  Escochois,  car  ilz  estoient  au  front 
devant,  à  scavoir  environ  nu",  et  le  connestable  d'Es- 
coche  prins  par  ung  gentil -homme  du  seigneur  de 
Chastelus  ;  et  y  eut  ledit  connestable  ung  oeil  crevé  : 
les  autres  Escochois    se  saulverent  au  mieulz  qu'ilz 
peurent.  Pareillement,  de  la  compaignie  des  François, 
y  furent  prins  prisonniers  le  conte  de  Yentadour,  le 
seigneur  de  Gamaches  \  quy  aussi  y  perdy  un  oeil  , 
Estienne  de  Famieres  %   et  pluiseurs  autres    nobles 
hommes ,  jusques  au  nombre  de  trois  à  quatre  cens  : 
et  des  mors  sur  la  place ,  messire  Thomas  Siccon  ', 
AndrieuHambon,  messire  G uillammeHambon^  Jehan 
Pillet,    capittaine   Escochois.    Ung  bastard  du  roy, 
avec  pluiseurs  autres,  furent  aussi  trouvez  mors  sur 

1.  Guillaume,  seigneur  de  Gamaches,  nommé  grand-maîlre  et  souve- 
rain reformateur  des  eaux  et  forêts  du  royaume  de  France  en  1 424  , 
exerçait  encore  cette  charge  en  1418  (Anselme,  VIII,  690).  Tuéau  siège 
de  Pontoise  en   1441.  (  Fie  de  Guillaume  de   Ganiache ^  p.  94.) 

2.  Estienne  et  Jean  de  Farsmeres,  chevaliers  escossois.  (Monstrelet,  V, 
chap.  X.) 

3.  «  Thomas  de  Seton,  escuier  du  pays  d'Escosse,  reçoit,  le  10  octo- 
bre 1419,  de  Jean  Ragtiier,  receveur  des  finances,  la  somme  de  1146  liv. 
pour  lui,  ses  estendars  et  trompettes,  et  la  paye  de  22  escuiers  et  de  92  ar- 
cliiers.  »  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Fonds  Gaignières,  n°  781,  fol.  123.) 

4.  William  Hamilton  et  son  fils  (Holinshed,  II,  586).  Cependant  on 
voit  figurer  sur  la  liste  des  capitaines  et  chevaliers  servant  Charles  VII 
au  siège  d'Orléans,  un  Guillaume  Hamilton.  [Le  fait  de  l'advitaillement  et 
secours  sur  les  Anglois  de  la  ville  d'Orléans.  Bib.  Imp.,  Mss.,  Suppl.  franc., 
n»  2342,  fol.  79  verso.) 


[1423]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xvu.  240 

l'une  des  hesles,  jusques  au  nombre  de  douze  cens  ou 
environ. 

Apres  ceste  victore  ,  les  Anglois  et  Bourguignons  , 
bien  garnis  de  prisonniers  et  de  grans  proyes ,  se  ras- 
samblerent  :  et  là ,  les  capittaines ,  en  grant  union  ra- 
lyant  leurs  gens,  entrèrent  en  la  ville  de  Crèvent, 
regraciant  le  Créateur  de  leur  belle  victore,  où  ilz  fu- 
rent très  joieusement  reclieus  des  manans;  et  leurs 
gens  se  logèrent  là  entour,  es  logis  des  François. 
Toutesfois,  ung  capittaine  Bourguignon ,  nommé  Per- 
renet  *,  et  aulcuns  autres  adventuriers ,  poursieuvyrent 
assez  longuement  leurs  annemis ,  si  en  prindrent  et 
occirent  à  largesse.  Le  lundy  ensieuvant,  aprez  qu'ilz 
eurent  regarny  de  nouvelles  gens  la  ville  de  Crèvent, 
ilz  prindrent  congië  l'un  de  l'autre,  et  s'en  allèrent  les 
Bourguignons  en  leurs  propres  lieux ,  et  les  contes  de 
Salsebery,  de  Suffort  et  de  Wilbicq  retournèrent  au 
siège  devant  Montaguillon ,  dont  ilz  s'estoient  partis , 


1 .  Perrenet  Grasset ,  éculer,  panetier  de  Philippe  le  Bon ,  capitaine 
général  des  pays  de  Nivernais,  Donzois  et  de  la  Charité- sur-Loire  (La 
Barre,  II,  228).  Voici  ce  que  Wavrin  ajoute  (chap.  964),  concernant  ce 
personnage,  au  récit  qu'il  copie  dans  Monstrelet  (V,  chap.  xm).  a  Fut  sur 
les  gens  du  roy  Charles  prinse  la  ville  de  la  Charité  sur  Loire ,  par  ung 
capittaine  adventurier  appelé  Perrenot  Grasset,  tenant  la  partie  de  Bour- 
goigne,  lequel,  tant  comme  il  vesqui ,  mena  forte  guerre  au  roy  Charles 
plus  que  nul  autre  de  son  estât  ;  [car  il  estoit  sage ,  prudent  et  de  grant 
emprinse  ,  hien  se  sachant  conduire  en  tous  estas.  Et  moj  mesmes,  acteur 
de  ceste  présente  euvre ,  futz  avec  lui  en  pluiseurs  courses  et  entreprinses, 
dont  à  son  honneur  il  vint  à  chief.  Ne  oncques  en  son  tempz  ne  fut 
reprins  d'avoir  faulsé  son  sauf  conduit ,  ne  son  scelle  ;  ains  tenoit  reale- 
ment  ce  qu'il  promettoit.  Si  que ,  pour  les  nobles  vertus  quy  en  lui 
estoient ,  suis  je  constraint  d'en  autant  dire].  »  Il  prit  Montargis  sur  les 
PVançais  en  1433  {^Hist.  de  Charles  VU,  336).  Il  figure  dans  une  montre 
pa  sée  à  Dieppe,  le  29  mars  1473  (Bib.  inip.,  Mss.,  Fonds  Gaignières  , 
n»782*,  fol.  251). 


250  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

OÙ  ilz  avoient  laissié  partye  de  leurs  gens  pour  ledit 
siège  garder.  Et  est  vérité  que  le  jour  de  ceste  bat- 
taille*,  le  conte  de  Salsebery  fist,  de  sa  main,  quatre 
vings  nouveaulz  chevalliers  ou  plus.  Tantost  aprez 
l'exploit  de  ceste  battaille  de  Crevant,  le  conte  de 
Suffort  alla  assegier  le  cbasteau  de  Coussy,  qai  se 
rendv  à  lui  aprez  certains  jours  ensieuvant ,  et  d'illec 
s'en  alla  ou  pays  de  Masconnois,  où  il  mist  en  l'obéis- 
sance du  roy  Henry  de  France  et  d'Engleterre  plui- 
seurs  forteresses  que  y  tenoient  les  François  pour  le 
roy  :  en  laquelle  chevaulcbié  moy,  acteur  de  ceste 
euvre,  fuch  tout  au  long.  Et  si  envoia  ledit  conte  asse- 
gier, par  ung  sien  capittaine,  nommé  Classedas^,  le 
fort  cbastel  de  La  Roche  ;  lequel  se  rendy  par  traitié 
tel  que  se ,  endedens  ung  jour  qu'ilz  prindrent ,  n'es- 
toient  secourus  ,  ilz  laisseroient  les  Ânglois  dedens  la 
place.  Et  par  ainsi  eurent  trêves  les  assegiés  des  asse- 
gans ,  jusques  au  jour  prins  que  ceulx  du  cbastel 
esperoient  avoir  secours. 

En  ce  temps,  le  duc  Phelippe  de  Bourgoigne,  quy 
estoit  [à]  Dijon,  fut  adverty  par  ledit  Glasscdas  de 
l'apointement  et  traitié  qu'il  avoit  avec  ceulz  du 
cbastel  de  La  Rocbe  ;  à  scavoir  :  que  celluy  qui  se 
treuveroit  plus  fort,  à  ung  certain  jour  ndmmé,  de- 
vant  la   place  en   seroit  et  demourroit    seigneur  et 


1 .  Elle  se  donna  à  l'entrée  du  mois  de  juillet.  (Monstrelet,  V,  chap,  x.) 

2.  «  Glacidaz  demeura  cappitaine  des  tours  et  de  la  bastille  des  ponz 
après  la  mort  du  conte  de  Salsebery  » .  La  Pucelle  ayant  donné  l'assaut  à 
cette  bastille  (7  mai  1429)  a  ledit  Glacidas  et  autres  des  gens  de  la  place, 
quant  ils  veirent  que  eulx  estoient  prins,  pour  eulx  saulver.  Guidèrent 
recouvrer  une  des  tours  ;  mais  pour  la  presse  qui  fut  très  giande  sur  le 
pont  ,  le  pont  rompit  et  fut  ledit  Glacidas  et  plusieurs  autres  noyez.  » 
(Quicherat,  IV,  p.  8,  9  et  162   ) 


[1423]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  x\ii.  254 

maistre,  et  lui  seroit  délivrée  la  forteresse.  Alors  le 
duc  de  Bourgoigne ,  qui  pour  ce  temps  estoit  tenu 
le  plus  cheyallereux  prince  du  monde,  oyant  les 
nouvelles ,  et  aussi  c[u'il  fut  infourmé  ,  par  ledit  capit- 
taine  Glassedas,  comment  renommée  couroit  que  le 
duc  de  Bourbon  *  seroit  au  dit  jour  devant  le  chastel , 
à  puissance ,  pour  le  deffendre  et  combattre  Glassedas 
et  ses  aidans,  si  que,  pour  ce  que  c'estoit  la  cbose  que 
plus  desiroit  le  duc  Pbelippe  soy  trouver  en  armes, 
assembla  puissance  de  gens  d'armes  et  de  trait ,  et , 
pour  donner  ayde  à  Glassedas,  en  faveur  de  l'alyance 
qu'il  avoit  aux  Ânglois ,  vint  à  Mascon ,  où  il  prépara 
ses  besongnes  :  puis,  quant  il  fut  heure,  s'en  party  ung 
matin ,  aprez  boire ,  et  s'en  vint  logier,  atout  son 
armée ,  en  la  plaine  au  desoubz  dudit  chastel  de  La 
Roche ,  où  il  se  tint  en  belle  ordonnance,  atendant 
que  le  duc  de  Bourbon  y  venist  pour  lever  le  siège. 
Lequel,  quant  il  oy  dire  que  le  duc  de  Bourgoingne  y 
estoit  en  personne ,  luy  ne  homme  de  sa  compaignie 
ne  s'y  admonstra  :  et  y  atendy,  ledit  duc,  tout  le  jour 
en  battaille ,  tant  que  l'heure  fut  passée  ,  et  que  ceulz 
de  la  place  s'en  partirent,  ung  blancq  baston  en  la 
main,  rendus  audit  Glassedas  pour  et  au  nom  du  roy 
Henry  de  France  et  d'Engleterre. 

Celle  forteresse  de  La  Roche  ainsi  rendue ,  le  bon 
duc  Pbelippe  s'en  retourna  en  son  pays  de  Bour- 
goingne ,  où  il  séjourna  jusques  au  mois  de  febvrier 
ensievant ,  et  là   fist  les  espousailles  de  sa  seur  ^  au 

1.  Charles  I"  du  nom,  duc  de  Bourbon.  Mort  le  4  décembre  14o6 
(Anselme,  I,  305). 

2.  Marguerite  de   Bourgogne.  Morte   le   2    février  1441    (Anselme, 
I,  239). 


252  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1423] 

comte  de  Richemont',  quy  longtempz  paravant  l'avoit 
fyancee ,  comme  dit  a  esté  cy  dessus  ^ 

969.  Gomment  les  François  assegerent  Boham  et  comment 
ijz  s'en  partirent  soubdainement.  XVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.xi. 

Les  Anglais  qui  étaient  sur  les  marches  du  Laonnois ,  ayant  été 
avertis,  dit  Wavrin ,  que  les  gens  du  conte  de  Toulouse  [qui  tenait 
le  parti  du  roi  Charles)  s'assemblaient  contre  eux,  prirent  l'initia- 
tive et  les  repoussèrent  jusque  dans  une  forteresse ,  que  Wavrin 
nomme ,  la  forteresse  de  la  Follye. 

970.  Comment  le  marissal  de  Bourgoigne  fut  trahis  et 
prins  par  le  capittaine  de  la  Bussiere.  XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XI. 

A  la  prise,  par  Jean  de  Luxembourg,  de  la  forteresse  de  Proisy, 
Wavrin  ajoute  celle  de  Nouvion^  en  la  conté  de  Guise,  en  Terrasse, 
ce  dont  ne  parle  point  Monstrelet. 

97 1 .  Comment  messire  Jacques  de  Harcourt  et  messire 
Raoul  Boutillier  tindrent  parlement.  XX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xit, 

972.  Comment  messire  Jacques  de  Harcourt  se  party  du 
Crotoy  pour  aller  devers  le  roy  Charles.  XXI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xn. 

973.  Comment  les  Hennuyers  furent  eu  grant  effroy  pour 
leur  dame  qui  avoit  espousé  le  duc  de  Brabant,  et  si 
estoit  allée  en  Angleterre  espouser  le  duc  de  Clocestre, 

1.  Artus  de  Bretagne,  comte  de  Riclieniont,  marie  le  10  octobre  1423 
à  Marguerite  de  Bourgogne  ,  veuve  du  duc  de  Guyenne  ,  dauphin  de 
Viennois.  Créé  connétable  de  France  le  7  mars  1425.  Succéda  à  sou 
neveu  Pierre  II  au  duché  de  Bretagne  en  1457.  Mort  le  26  décembre 
1458  (Anselme,  I,  459;. 

2.  Wavrin,  qui  donne  ce  court  récit  d'après  Monstrelet  (V,  chap.  xi), 
a  parlé  de  ce  mariage  dans  son  chapitre  951,  qui  est  aussi  entièrement 
pris  dans  Monstrelet. 


[1424]      CINQUIEME  PARTIE,  LIVRE  III,  xviii-xxviii.      2r>3 

pour  laquele    adventure   ilz   doubtoient    avoir   guerre. 

XXII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xra. 

974.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  regeut,  fist  assegier 
Yvry  la  Chaussié  quy  se  rendy  par  traitié,  et  de  la 
prinse  de  Hem.  XXIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xm. 

975.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent,  alla  àMondidier 
et  ordonna  d'assegler  la  ville  de  Compiegne.        XXIV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xin-xiv. 

976.  Comment  le  duc  de  Bethfort  alla  à  Abbeville,  atout 
grant  puissance  de  gens  d'armes,  pour  la  rendition  du 
Crotoy.  XXV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xiv-xth. 

977.  Comment  messùe  Jehan  de  Luxembourg,  adcompai- 
gnié  de  Picars  et  Anglois,  alla  assegier  la  ville  et  chastel 
de  Guise.  XXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xvii. 

Au  nombre  des  seigneurs  qui  accompagnèrent  Jean  de  Luxem- 
bourg au  siège  de  Guise  ,  JMonstrelet  a  omis  de  mentionner  le 
hastard  d'Estamfort. 

978.  Comment  le  conte  de  Salsebery  assega  et  conequist  la 
ville  de  Sedune  en  Champaigne.  XXVII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xvn. 

979.  Comment  le  duc  de  Bethfort  assambla  gTant  puissance 
pour  estre  à  la  journée  de  la  rendition  du  chastel 
d'Yvry*.  XXVIII. 


i.  Au  chapitre  précédent,  copié  d'après  Monstrelel  (V,  chap.  xvn), 
il  a  été  dit  que  le  duc  de  Betfort  assiégea  la  ville  et  le  chastel  d'Yvry, 
que  la  ville  s'étant  rendue,  le  chastel  tint  encore  et  que  le  capitaine  pro- 
mit de  la  rendre  aux  Anglais  la  nuit  de  l'Assomption  Notre-Dame ,  en 
cas  qu'ils  ne  fut  pas  secouru  par  le  roi  Charles. 


254  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

Or  advint  \  assez  tost  aprez  que  les  Anglois  furent 
partis  de  devant  Yvry  et  qu'ilz  eurent  traitié  à  ceulz 
de  la  place  ,  et  prins  liostages  de  la  rendre  au  duc  de 
Betlifort,  pour  laquelle  sceureté  baillèrent  quatre  gen- 
tiiz  hommes  les  plus  renommez  de  la  garnison,  [que] le 
duc  de  Betlifort,  régent  de  France,  qui  estoit  prince  de 
moult  grant  virtu ,  sentant  le  jour  approchier  de  ladite 
rendition ,  manda  tous  ses  capittaines  en  la  bonne 
ville  de  Rouen  ,  ouquel  lieu  il  estoit  pour  lors.  Pre- 
mièrement ,  et  qui  n'estoit  mie  à  oublier,  y  vint  le 
preu  conte  de  Salsebery,  le  conte  de  Suffort ,  les  sei- 
gneurs de  Wilbic  et  des  Scalles  ',  et  plusieurs  autres 
barons  et  chevaliers  Anglois ,  avec  aussi  aulcuns  che- 
valiers et  escuiers  de  Norlhmandie,  tant  qu'ilz  povoient 
estre  en  nombre  bien  xviii"  hommes  d'armes  et  vni™ 
archiers  :  lesquelz  avec  le  régent  se  partirent  de  la 
ville  de  Rouen  et  de  là  entour,  et  tant  cheutinerent 
qu'ilz  vindrent  à  Evreux,  ouquel  lieu  arriva  le  seigneur 
de  Lilladam  venant  de  son  siège  de  Nelle  ,  qu'il  tenoit 
en  ce  tempz,  lequel  il  laissa  bien  garny  ;  et  pareille- 
ment Jehan  de  Noefchastel ,  seigneur  de  Montagu  ^, 
Bourguignon,  messire  Thiljaut  de  Montagu*,  son  filz 
bastard,  et  autres  nobles  hommes,  y  vindrent  à  belle 
compaignie ,  de  laquele  venue  fut  le  duc  de  Bethfort 
moult  joyeux,  et  ce  fut  raison  ;  car  tous  estoient  che- 
valliers de  grant  recommandation.  Là,  séjourna  le 

1 .  On  retrouve  parfois  dans  ce  chapitre  et  le  suivant,  quelques  frag- 
ments du  récit  de  Monstrelet  (V,  chap.  xix). 

2.  Thomas  Scales,  mort  le  25  juillet  1460  (Dugdale,  I,  618). 

3.  Jean  de  Neufchâtel  ,   seigneur  de   Montagu,  gmnd   bouteiller  de 
France.  Mort  vers  1433  (Anselme,  VIII,  576). 

4.  Thibault,  bâtard   de    Neufchâtel,    chambellan    du    duc  de  Bour- 
gogne, légitimé  en  1424.  Mort  en  1454  (Anselme,  VIII,  354j. 


[1424]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxviii.  255 

duc  tout  le  jour  Nostre  Dame ,  en  l'honneur  de  la  glo- 
rieuse Vierge ,  et  lendemain  ,  aprez  qu'il  eut  beu  ung 
cop,  se  departy  de  la  ville  d'Evreux,  et  tant  s'esploita 
de  cheyauchier  qu'il  eut  passé  les  bois  quy  sont  au- 
prez  d' Yvry  ;  puis ,  quant  il  se  trouva  auz  champs  et 
qu'il  deubt  aprochier  la  place,  il  fîst  tous  ses  gens 
mettre  en  très  belle  ordonnance  de  battaille  ;  et  ainsi 
chevaulcha,  tant  qu'il  vint  en  une  belle  plaine  au 
dessus  des  vingnes.  Tout  ce  voyage,  le  duc  de  Beth- 
fort,  chevaidchant  devant  ses  batlailles,  avoit  vestu 
une  robe  de  drap  de  veloux  asur,  et  par  dessus  avoit 
une  grande  croix  blance  par  deseure  laquele  avoit  une 
croix  vermeille  :  etmoj,  acteur  de  ceste  eiwre,  quy 
lors  estoie  au  dit  voyage  en  la  compaignie  du  conte 
de  Salisbery,  demanday  à  aulcuns  Anglois  à  quele 
cause  ledit  duc  de  Bethfort  portait  la  croix  blance  ;  et 
il  me  fut  respondu  que  c'estoit  à  cause  des  deux 
royaulmes ,  et  que  au  duc  de  Bethfort ,  régent ,  apar- 
tenoit  les  porter  et  à  nul  autre,  pour  ce  qu'il  estoit 
celluy  qui  representoit  la  personne  du  roy  de  France 
et  d'Engleterre  ;  et  ces  deux  croix  estoient  la  signi- 
fiance  desdis  deux  royaulmes.  Ainsy  doncques^,  le  duc 
de  Bethfort,  en  ceste  nuit,  se  loga  devant  Yvry,  espé- 
rant qu'il  seroit  combatu  lendemain  ;  si  fist  faire 
parmy  l'ost  bon  guet  et  ascoutes  pour  doubte  des 
surprinses,  comme  il  apartenoit  et  qu'il  est  acoustumé 
de  faire  en  pareil  cas  par  tous  bons  chiefz  de  guerre. 
Ceste  nuit  se  passa ,  et  lendemain  vint ,  quy  estoit  le 
jour  que  la  dite  place  d'Yvry  se  debvoit  rendre  en 
l'obéissance  du  roy  de  France  et  d'Engleterre.  Puis, 
environ  deux  heures  aprez  midy,  le  duc  de  Bethfort 
marcha,  en  battaille  bien  ordonnée,  jusques  devant  le 


256  CROMCQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

dit  chastel ,  en  atendant  la  rendition  de  la  forteresse. 
Or  advint  que,  droit  à  l'heure  quy  estoit  prinse  de  la 
place  rendre ,  issy  dehors  le  capittaine  ,  nommé  Gé- 
rard de  Paillieres ',  [qui],  voiant  le  terme  passé  qu'il 
avoit  promis  ycelle  livrer  auz  Anglois  en  faulte  de  se- 
cours, adfin  de  recouvrer  les  hostages  qu'il  avoit  bail- 
liés,  vint  devers  le  duc  de  Bethfort,  lequel  il  trouva 
en  belle  ordonnance  ,  atendant  Tadventure  de  bat- 
taille  et  fortune  tele  qu'il  plairoit  à  Dieu  de  lui  en- 
voler-, et  là,  luy  présenta  les  clefz  de  ladite  forteresse 
d'Yvry,  lui  requérant  saulfconduit  pour  en  aller  soy  et 
ses  gens,  selon  le  contenu  du  traitié;  lequel  lui  fi.it 
acordé,  comme  raison  estoit.  Et  lors  le  capittaine  tyra, 
en  la  présence  du  régent,  unes  lettres  hors  de  sa  gip- 
siere ,  laquele  il  lui  monstra,  en  disant  :  «  Or  voy  je 
bien  que,  aujourd'huy,  me  ont  failly  de  convenant 
xvni  grans  seigneurs  du  party  au  roy  Charles  de 
France  ,  quy  m'avoient  promis  donner  secours  »  ;  aus- 
queles  lettres  estoient  xvin  seaulz  pendans.  Alors  le 
duc  de  Bethfort  fist  au  dit  capittaine  rendre  ses  hos- 
tages, lequel  les  emmena  avec  lui  et  s'en  retourna 
vers  ses  gens  pour  les  faire  vuidier  ledit  chastel  d'Yvry  ; 
et  le  duc  envoya  ses  commis  en  prendre  la  possession, 
tousjours  soy  tenant  en  celle  ordonnance  :  si  allèrent 
pluiseurs  Anglois  veoir  le  partement  de  la  dite  garni- 
son francoise.  Si  advint,  droit  àceste  heure,  ung  moult 
grant  effroy  en  l'ost  des  Anglois  :  si  commencèrent  de 
sonner  trompettes  et  clarons  en  grant  nombre  ,  pour- 
quoy  ceulz  quy,  comme  dit  est ,  estoient  allez  veoir 
partir  la  garnison  d'Yvry,   en   très  giant  haste  s'en 

i/.  Girault  de  la  Palière  était  gascon  'Ilist.  de  Charles  Vil,  8  ). 


[1424]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxviii.  '^S7 

retournèrent  en  la  battaille  du  duc ,  quy  desja  estoit 
en  tant  bel  arroy  que  à  veoir  estoit  plaisance.  11  fist 
desployer  la  baniere  de  France,  d'azur  à  trois  fleurs  de 
lis  d'or,  laquele  il  fist  pour  ce  jour  baillier  à  porter  au 
seigneur  de  Lilladam  ;  puis  ,  fist  desploier  la  baniere 
de  Saint  George,  à  champ  d'argent,  à  une  grande  croix 
de  geulle;  puis  fist  il  desployer  la  baniere  Saint 
Edouard ,  d'azur  à  une  croix  ancrée  d'or,  à  chincq 
mailles  de  meismes;  puis,  fist  desploier  la  baniere 
esquartelee  de  France  et  d'Engleterre  ,  en  signifiance 
des  deux  royaulmes  conjoincls.  Et  aprez,  fut  desploiee 
la  baniere  du  duc  de  Bethfort,  régent;  toutes  lesqueles 
banieres  furent  bailliés  à  porter  à  chevalliers  de  grant 
renommée. 

Or  doncques ,  pour  vous  advertir  de  la  cause  pour- 
quoy  cest  effroy  et  alarme  s'esleva  en  l'ost  des  Angiois, 
la  raison  y  estoit  moult  grande  ;  car  les  François ,  ce 
jour,  se  trouvèrent  en  très  grant  nombre  aians  espé- 
rance et  vouUoir  de  combatre  le  régent  et  sa  puissance, 
comme  ilz  eussent  bien  peu  faire;  car  ilz  furent,  ce 
jour,  ensamble,  sur  le  point  de  xvni  à  xx"^  hommes  de 
bonne  estoffe,  soubz  la  conduite  du  ducd'Alenchon', 
des  contes  d'Aumarle',  de  Ventadour,  de  Tonnoirre^, 

1.  Jean  II,  duc  d'Alençon,  Condamné  à  mort  le  18  juillet  1474-, 
mourut  deux  ans  après  étant  sorti  de  la  prison  du  Louyre  (Anselme , 
I,  273).  C'est  ce  que  dit  aussi  la  Chronique  des  comtes  et  ducs  d^Alencon 
(fol.  136  recto).  La  sentence  de  mort  ne  fut  point  exécutée,  «  maiz  fut 
ledit  duc  délaissé  en  la  dite  prison  du  Louvre  ,  où,  après  aulcun  temps, 
il  rendit  finablement  son  esprit  à  Dieu ,  et  fut  inhumé  au  convent  des 
Jacobins  à  Paris,  en  l'église  dudit  lieu.  » 

2.  Jean  de  Harcourt ,  comte  d'Aumale  (Anselme,  V,  124).  Tué  à  la 
bataille  de  Verneuil,  le  17  août  1424. 

3.  Louis  de  Châlon  ,  comte  de  Tonnerre  ,  tue  à  ladite  bataille  de 
Verneuil. 

»  .  17 


258  CRONICOUES  D'EINGLETERRE.  [1424] 

de  Douglas',  de  Boucquant^  et  autres  seigneurs  Esco- 
cliois  ;  du  yisconte  de  Nerbonne',  du  seigneur  de  la 
Fayette  ^  et  pluiseurs  seigneurs  de  grant  renommée  de 
la  partye  du  roy  Charles  ,  lesquelz  venoient  cbevaul- 
chant  vers  Yvry,  en  belle  ordonnance,  et  s'arresterent 
environ  à  trois  lieues  prez ,  puis  envoyèrent  environ 
quarante  coureurs  des  plus  expers  et  mieulz  montez 
pour  explorer  la  contenance  de  leurs  annemis.  Les- 
quelz coureurs,  voyans  le  dit  duc  de  Betbfort  estre  en 
moult  belle  ordonnance,  retournèrent  à  leurs  gens  faire 
leur  raport.  Le  duc  de  Betbfort  avoit  ordonné  aulcun 
nombre  de  gens,  bien  montez  et  armez,  pour  cbevaul- 
cbier  autour  de  son  ost,  adfm  de  non  estre  sourprins; 
lesquelz,  quant  ilz  parcbeurent  les  coureurs  des  Fran- 
çois, vigoureusement  les  chassèrent  et  poursievyrent 
si  raddement  qu'ilz  en  prindrent  quatre ,  et  les  ame- 
nèrent devers  monseigneur  le  régent  ;  si  furent  exa- 
minez ,  et  ledit  régent  par  eulz  adverty  de  la  puissance 
des  François  ses  annemis.  Et,  d'autre  part,  ces  coureurs 
francois  quy,  pour  la  chasse  des  Anglois,  se  hasterent 
tant  plus,  reportèrent  à  ceulz  quy  les  avoient  envolez 
ce  que  veu  et  trouvé  avoient.  Alors  les  Francois,  non 
voyans  leur  avantage  de ,  à  ceste  fois ,  combatre  les 
Anglois  sans  adventure  de  grant  perte ,  considéré  le 
duc  de  Betbfort  estre  en  tel  triumphe  et  puissance,  les 
atendans  de  pié  coy,  tout  pourveu  de  son  fait  et  desja 

i .  Archambault,  comte  de  Douglas.  Voy.  ci-dessus,  page  1 76,  note  3. 

2.  Bucham,  fils  de  Robert,  duc  d'Albanie  ,  régent  d'Ecosse,  conné- 
table de  France,  tué  à  la  susdite  bataille  (Rapin  Tlioyras,  IV,  181). 

3.  Guillaume,  vicomte  deNarbonne,  «  lequel,  après  ce  qu'il  fut  trouvé 
mort  en  la  bataille,  fut  ecartelé  »  (Monstrelet,  V,  cliap.  xx). 

4.  Gilbert  Motier,  seigneur  de  La  Fayette,  créé  maréchal  de  France 
en  1421.  Mort  le  23  février  U62,  v.  s.  (Anselme,  VII,  56). 


[1424]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxviii.  259 

saisy  de  la  ville  et  chastel  d'Yvry  ;  pourquoy,  tout  veu 
et  entendu,  se  misrent  à  chemin  et  par  grant  exploit 
commencèrent  de  clievaulchier,  sans  eulz  arrester,  tant 
qu'ilz  vindrent  devant  la  ville  de  Verneul ,  où  ilz  fai- 
gnirent  qu'ilz  avoient  descomfy  les  Anglois*,  et  c[ue  le 
duc  de  Bethfort,  à  petite  compaignie,  s'estoit  mis  à 
saulveté. 

Quant  ceulz  de  la  ville  de  Verneul ,  qui  tenoient 
la  partye  du  roy  Henry,  oyrent  ces  nouvelles,  comme 
peu  sages,  en  grant  crainte  leur  firent  ouverture  et 
obéissance,  pour  et  ou  nom  du  roy  Charles.  Aprez 
laquele  rendition  ,  comme  le  traitié  le  contenoit ,  bail- 
lèrent saulfconduit  à  aulcuns  Anglois  quy  layans 
estoient  en  garnison  ;  lesquelz  ilz  envolèrent,  atout 
leurs  bagues,  devers  le  duc  de  Bethfort.  Aprez  ces 
choses  ainsi  faites,  y  eut  quatre  gentilz  hommes  des 


1.  «  Quant  ils  furent  près  de  Verneil,  dit  l'auteur  du  Journal  d'un 
Bourgeois  de  Paris  (98),  si  firent  une  grant  trayson;  car  ils  prindrent 
grant  foison  de  leurs  soudoyers  escossois  ,  qui  bien  scavoient  parler  le 
langage  de  l'Angleterre  ,  et  leur  lièrent  les  mains  et  les  mirent  aux 
queues  des  chevaulx,  et  les  touillèrent  de  sang  en  manière  de  playes  en 
mains,  en  bras  et  en  visalge  ;  et  ainsi  les  menèrent  devant  Verneil,  criant 
et  bralant  à  hault  cris,  en  langalge  d'Angloys  :  a  Mal  veismes  ceste  dou- 
ce loureuse  journée  ;  et  quant  nous  cessera  cette  douleur  !  »  Quant  les 
Anglois  ,  qui  dedens  la  -ville  estoient,  virent  la  douleur  contrefaitte  ,  si 
furent  moult  esbaliis,  et  fermèrent  leurs  portes,  et  ce  mirent  en  hault , 
pour  deffendre  leur  ville  ;  et  quant  les  Arminaz  virent  cecy,  leurs  mon- 
trèrent le  sire  de  Torcy,  l'ung  des  bons  et  vrays  chevaliers,  qui  s'estoit 
rendu  à  eulx  ,  qui  estolt  lié  comme  les  autres  ,  par  trayson,  qui  leur  dit 
que  toutte  la  chevalerie  d'Angleterre  estoit  morte  en  celluy  jour  devan  t 
Yvrv,  et  pour  néant  se  tandroient,  que  jamais  n'auroient  secours;  et  ce, 
tesmoignerent  les  autres  qui  bien  parloient  angloys,  et  jurèrent  par  leur 
serment  que  ainsi  estoit.  Si  ne  sceurent  comment  conseiller  ;  car  ils 
tenoient  le  sire  de  Torcy,  l'ung  des  bons  et  vrays  chevaliers  qui  fust 
avecques  le  Régent....  Si  s'accordèrent  que  ils  se  rendroient,  leurs  vies 
saulves.  » 


^260  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

gens  du  dit  Gérard ,  capitaine  d'Ivry,  quy  firent  ser- 
ment au  duc  de  Betbfort  de  toute  leur  yye  loyaument 
servir  le  roy  Henry  de  France  et  d'Engleterre.  Puis , 
aprez  ces  choses  passées,  que  le  dit  duc  de  Betlifort  eut 
fait  examiner  les  quatre  coureurs  devant  dis ,  prins 
ainsi  que  oy  avez,  et  que  par  eulz  il  fut  adverty  de  la 
puissance  de  ses  annemis ,  il  assambla  son  conseil  à 
scavoir  qu'il  estoit  de  faire  ;  où  il  fut  conclu  que  le 
dit  régent  se  deslogeroit  et  yroit  au  giste  à  Evreux  , 
pourveu  qu'il  estoit  adcerlené  ses  annemis  tyrer  vers 
Verneuil ,  et  que  le  conte  de  Salsebery  et  ses  gens 
yroient  logier  à  quatre  lieues  prez  des  annemis  ;  mais 
le  duc  de  Betlifort  avoit  envoie  le  conte  de  Sufforl, 
atout  XVI  *^  combatans ,  devant  pour  descouvrir  les 
embusches,  et  expérimenter  le  convenant  de  leurs  dis 
annemis,  et  il  s'en  alla  à  Damville  et  à  Baiseux  ',  à 
Bretueil  et  ou  Perche,  ainsi  comme  à  deux  lieues  de 
Verneul ,  où  estoient  lesdis  François  logiés,  connue  dit 
est,  à  toute  leur  puissance  ;  et  lendemain  au  matin,  le 
dit  conte  de  Suffort  nuncha  par  certain  message  à 
monseigneur  le  régent,  qui,  comme  oy  avez,  avoit 
ceste  nuit  geut  à  Evreux,  comment  les  François  avoient 
par  cautelle  séduit  Verneul,  et  si  estoient  logiés  là  en- 
tour  puissamment. 

980.  Comment  le   duc  de   Betlifort ,    régent   de    France  , 
combaty  et  vainquy  les  François  devant  Verneul .  XXIX . 

Quant  le  duc  de  Betlifort  fut  adverty  au  vray,  par 
ledit  conte  de  Suffort,  que  les  François  à  grant  puis- 
sance estoient  desant  la  ville  de  Verneul  et  là  environ, 

1 .  Piseux, 


[1424]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  261 

il  se  délibéra  avec  ses  gens  et  jura  Saint  George  de 
non  jamais  séjourner  ou  arrester  jusques  à  ce  qu'il 
auroit  combalu  ses  annemis,  s'ilz  ne  le  fuyoient  villai- 
nement,  et  fist  prestement  publier,  à  son  de  trompe, 
que  chascun  se  deslogast  et  disposast  pour  le  sievir; 
puis,  ordonna  au  seigneur  de  Lilladam  et  au  seigneur 
de  Montagu,  que,  eulz  et  leurs  gens,  s'en  retournassent 
à  leur  siège  de  Nelle,  dont  de  par  le  roy  Henry  ijz 
estoient  les  chiefz ,  et  qu'il  avoit  pour  obvier  auz 
emprinses  des  François ,  à  ceste  beure ,  gens  assez  ;  si 
se  povoit  bien  déporter  d'eulz.  Au  commandement 
du  régent  obeyrent  les  seigneurs  dessus  nommez ,  à 
scavoir  Lilladam  et  Montagu  :  ce  fut  raison ,  combien 
que  mieidz  amassent  demourer  d'emprez  luy  pour 
l'acompaignier  à  la  bataille,  jà  eussent  j^z  grant  be- 
soing  et  cause  très  legitisme  de  retourner  à  leur  dit 
siège  de  Nelle.  Si  prindrent  congié  du  dit  duc  régent 
et  s'en  allèrent  à  grant  regret  de  la  compaignie  ;  mais 
le  seigneur  de  Montagu  y  laissa  messire  Thybault  de 
INeuf  Cliastel,  son  filz  bastard,  cbevallier  moult  re- 
commandé ,  de  la  demeure  duquel  fut  le  régent  assez 
joyeulz.  Et  lors,  aprez  sa  messe  oye  et  qu'il  eut  beu 
ung  cop ,  fist  sonner  la  trompette  du  deslogement  ;  si 
monta  à  cheval  luy  et  ceulz  de  sa  compaignie,  quy 
estoit  belle,  grande  et  fort  à  craindre;  car  c'estoient 
tous  gens  d'eslite.  Si  se  party  de  ceste  ville  d'Evreux  et 
se  mist  auz  cbampz ,  en  prenant  le  droit  chemin  vers 
Verneul,  par  ung  merquedy,  xvi"  jour  d'aoust*,  et  là, 
en  chevauchant ,   fist   aux    seigneurs    et   capittaines 


1.   La  bataille   se  donna  ,  selon  Monstrelct  (V,  chap.  xix)  ,  un  jeudi 
17  août  1424. 


262  CRONICQUES  D'EINGLETERRE.  [1424] 

d'entoiir  luy  pluiseurs  belles  exhortacions  et  remon- 
strances  ,  en  les  admonnestant  du  bien  faire ,  aians 
souvenance  que  pour  le  service  du  rov,  leur  souve- 
rain seigneur,  avoient  delaissié  pays,  terres,  pères, 
mères,  femmes  et  enfans;  et  que  à  juste  et  leale 
cause  ilz  se  combatissent  liardiement  ;  car  France 
estoit  leur  vray  héritage ,  lequel  leur  occupoit  et 
empeschoit  Charles  de  Vallois,  à  présent  soy  disant 
roy  de  France.  Si  se  passa  ce  jour  en  teles  ou  sam- 
blables  exhortacions  ;  si  se  logèrent ,  ce  jour,  de 
bonne  heure,  adfin  de  mieulz  avoir  espace  de 
leurs  besongnes  aprester  pour  atendre  l'adventure 
de  la  battaile  désirée.  Si  se  disposèrent  de  leurs 
consciences  comme  tous  ce  soir  et  le  malin  ,  selon 
la  coustume^de  faire  auz  Anglois  quant  ilz  atendent 
terme  d'entrer  en  battaille;  car,  de  leur  propre  na- 
ture, ilz  sont  très  devotz,  devant  boire  especiale- 
ment. 

Lendemain  doncques,  quant  il  fut  heure,  le  duc  de 
Bethfort,  régent,  se  mist  auz  champz  en  moult  belle 
ordonnance,  et  tant  chevaulcha  qu'il  eut  passé  les 
bois  auprez  de  Verneul  ;  et  quant  il  se  trouva  en  la 
plaine,  il  choisy  la  ville  et  toute  la  puissance  des 
François  rengiés  et  mis  en  ordonnance  de  battaille , 
quv  estoit  moult  belle  chose  à  veoir;  car,  sans  faulte, 
mof^  acteur  de  ces  te  euvre^  n'avoie  jamais  veu  plus 
belle  compaignie,  ne  où  il  eust  autant  de  noblesse 
comme  il  avoit  là,  ne  mieulz  ordonnée,  ou  monstrant 
greigneur  samblant  ou  voullenté  de  soy  combattre. 
Je  vey  l'assamblee  d'Azincourt,  ou  beaucop  avoit 
plus  de  princes  et  de  gens,  et  aussi  celle  de  Crèvent, 
quv  fui  une  très  belle  besongne;  mais,  pour  certain, 


[1424]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  2G3 

celle  de  Verneul  fut  dutout  plus  à  redoubler  et  la 
mieulz  combatue.  • 

Or  doncques ,  pour  rentrer  en  nostre  matière ,  le 
duc  de  Betbfort  et  ses  princes ,  voians  leur  annemis 
quy  là  de  pie  coy  les  atendoient,  tous  ordonnez  en 
une  battailie,  ilz  chevaulch&rent  un  pou  avant;  puis, 
quant  ilz  furent  assez  près,  au  samblant  des  conduc- 
teurs de  la  besongne ,  il  fut  commandé  de  par  mon- 
seigneur le  régent,  sur  paine  de  mort,  que  chascun 
meist  pie  à  terre ,  et  que  tous  archiei  s  feussent  garnis 
de  peucbons  aguisiés  pour  mettre  devant  eulz ,  selon 
la  mode  Angloise,  quant  ce  venroit  à  l'aborder  et 
combattre.  Lequel  commandement  fut  adcomply  ainsy 
que  ordonné  estoit.  Puis  fut  publié,  de  par  le  roy  de 
France  et  d'Engleterre,  que  tous  les  cbevaulz  feussent 
acouplez  et  liez  ensamble ,  et  les  pages  et  variez 
dessus;  et  le  charroy  un  peu  sur  costiere,  nonobstant 
qu'il  n'en  y  eust  gueres ,  fors  ceulz  quy  estoient 
c-liargiés  de  vivres  et  aulcun  peu  d'artillerie.  Si  furent 
ordonnez  ,  pour  garder  les  bagues  et  cbevaulz ,  deux 
mille  arcbiers,  adfin  que  par  derrière  leur  battailie 
ne  feust  envaliye  ne  mise  en  aucun  desroy  :  puis, 
aprez  ces  ordonnances  ainsi  faites ,  les  Anglois ,  en 
gectant  ung  liault  cry ,  commencèrent  de  marcbier 
et  aller  avant  en  bonne  ordonnance ,  les  arcbiers  sur 
les  deux  besles.  Et,  d'autre  part,  les  François  advertis 
dès  le  soir  devant  que  lendemain  ilz  seroient  com- 
batus,  quant  le  jour  fut  venu  et  qu'ilz  sceurent  à  la 
vérité  que  les  Anglois  les  aprocboient,  îesquelz  de 
loingz ,  pour  la  pouklriere  des  gens  et  cbevaulz,  ils 
apercbeurent ,  et  aussi  par  leurs  espies  et  cbevaul- 
clieurs  qu'ilz  avoient  sur  les  cbampz  en  furent  ad- 


264  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

certenez ,  tantost  et  sans  delay  se  misrent  en  ordon- 
nance de  combatre,  sans  faire  avant  garde  ne  arrière 
garde  ;  mais  tous  ensamble  se  misrent  en  une  grosse 
bataille ,  fors  que  ilz  ordonnèrent  certain  nombre  de 
gens  à  cheval ,  dont  la  plus  part  estoient  Lombars ,  et 
les  autres  Gascons;  desquelz  estoient  les  guides  et 
conducteurs  le  borgne  Caquetant  messire  Tyande  de 
Villeperche^  et  aulcuns  autres  capittaines  gascons, 
comme  la  Hyre',  Potlion^  et  autres;  et  ce,  pour 
ferir  par  derrière  dedens  leurs  annemis,  ou  au  travers 
ou  autrement,  ainsi  comme  à  leur  plus  grant  advan- 
tage  leur  pourroient  porter  dommage  ;  et  le  sourplus 
tout  de  pie  se  rengerent,  comme  dist   est,  en  une 

1.  a  L'an  précèdent  (1423),  dit  Berry  (370),  estoient  arrivez  en 
France,  messire  Theaude  de  Valpergue  ,  messire  Borne  Caqueren,... 
lesquels  luy  ammenerent  (  au  roi  Charles  VII  ) ,  de  par  le  duc  de  Milan  , 
six  cent  lances  et  mille  hommes  à  pied  ».  Ce  dernier,  nommé  le  Borgne 
Caucun,  par  Monstrelet  (IV,  chap.  cclix),  aurait  assisté,  cependant,  en 
1421,  au  siège  de  Meaux. 

2.  Theaude  de  Valleperge  ,  préside  au  traité  d'Arras  en  1435,  en 
qualité  d'ambassadeur  de  Charles  VII  (Jean  Chartier,  70).  Il  était  bailly 
de  Lyon  dès  1442  (Id.,  421)  ;  conseiller  et  chambellan  du  roi,  bailli  de 
Maçon  ,  sénéchal  de  Lyon  ,  ordonné  garde  de  la  ville  et  château  de  Se- 
verac  ,  dans  la  sénéchaussée  de  Rhodes  ,  par  lettres  patentes  données  à 
Bourges  le  18  novembre  1447  (Bib.  imp.,  Mss.,  Fonds  Gaignières , 
n°  771,  toi.  107).  Guy  de  Blanchefort  le  remplaçait,  comme  bailh  de 
Maçon  et  sénéchal  de  Lyon,  le  3  janvier  1458  [Id.,  ib.,  fol.  132).  Il  est 
désigné  dans  une  montre,  faite  à  Bayonnele21  septembre  1460,  comme 
commandant  les  hommes  d'armes  qui  composaient  cette  montre  (  Bib. 
imp,,  Mss.,  montres  de  1400-1469,  t.  V^,  Cabinet  des  titres). 

3.  Etienne  de  Vignole,  seigneur  dé  Montmorillon,  connu  sous  le  nom 
de  La  Hire  ,  écuyer  d'écurie  du  roy  (Anselme,  I,  491).  «  La  Hire,  qui 
moult  avoit  esté  travaillé  en  icelui  voyage,  et  qui  desja  esloit  homme 
assez  âgé ,  alla  de  vie  à  trespas  au  chastel  de  Montauban  »  ,  1442  (  Mon- 
strelet, VII,  chap.  ccLxvi). 

4.  Jean,  dit  Poton ,  de  Xaintrailles,  créé  grand  maître  d'écurie  du 
roi,  le  27  juillet  1429,  et  maréchal  de  France  en  1454.  Mort  le  7  oc- 
tobre 1461  (Anselme,  Vil,  92), 


[1424]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  265 

seiille  compaignie.  Si  commencèrent  moult  fièrement 
à  marchier  alencontre  de  leurs  annemis,  les  lances 
baissiés;  laquele  contenance  voyans  les  Anglois,  moult 
vigoreusement  leur  coururent  sus.  A  l'assambler  y  eut 
grant  noise  et  grant  huée ,  avecques  bruit  tumultueux 
des  trompettes  et  clarons.  Les  ungz  cryoient  :  «  Saint 
Denis  !  »  et  les  autres  :  «  Saint  George  !  »  Si  estoit  la 
buée  tant  horrible,  qu'il  n'estoit  homme,  tant  feust 
hardy  ou  asseuré ,  quy  ne  doubtast  la  mort.  Hz  en- 
commencerent  à  fraper  de  haces  et  poulser  de  lances; 
puis  misrent  les  mains  auz  espees ,  dont  ilz  s'entre- 
donnerent  de  grans  copz  et  mortelz  horions.  Les 
arclîiers  d'Engleterre,  et  les  escotz,  quy  avec  les  Fran- 
çois estoient ,  encommencerent  de  traire  les  ungs 
alencontre  des  autres  sy  cruelement,  que  horreur 
estoit  à  les  regarder;  car  ilz  amenoient  la  mort  à 
ceulz  qu  ilz  ataingnoient  de  plain  cop.  Aprez  le  trait, 
les  partyes  moult  furieusement  abordèrent  ensamble 
main  à  main,  laquele  battaille  fut  par  ung  joedy 
xviii"  jour  d'aoust*,  ainsi  comme  à  deux  heures  aprez 
midy  commenchant.  Mais  sachiés  que ,  avant  l'abor- 
dement,  furent  fais  maintz  chevalliers  nouveaulz,  tant 
d'un  costé  comme  d'autre,  lesquelz  vaillamment  s'es- 
prouverent  ce  jour.  Mainte  prinse  et  mainte  rescousse 
y  furent  faites,  et  maintes  gouttes  de  sang  espandues, 
quy  estoit  grant  horreur  et  pitié  inreparable  de  ainsy 
veoir  crestiennelé  destruire  l'un  l'autre;  car,  durant 
ceste  pitoiable  et  mortele  battaille,  miséricorde  n'y 
avoit  lieu,  tant  heoient les  parties  l'un  l'autre.  Le  sang 
des  mors  estendus  sur  terre ,  et  des  navrez ,  couroit 

1 .  C'était  le  17.  Voy.  ci-dessus  p.  261 ,  note  1. 


266  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

par  grans  ruisseaulz  parmi  le  champ.  Geste  battaille 
dura  environ  les  trois  pars  d'une  heure,  moult  terrible 
et  ensanglentee ,  et  n'estoit  lors  en  memore  d'homme 
d'avoir  veu  deux,  si  puissantes  parties  par  tel  espace 
egallement  combatre,  sans  pouvoir  parchevoir  à  quy 
en  tourneroit  la  perte  ou  victoire.  Ainsi  doncques 
que  les  deux  parties  se  combatoient  au  plus  fort, 
chascun  contendant  à  victorier  son  annemi,  les  Fran- 
çois qui,  comme  j'ay  dit,  avoient  avant  la  battaille 
esté  ordonnez  de  cheval  pour  ferir  les  Anglois  par 
derrière,  ou  sur  le  costé,  adfm  de  les  rompre  et 
mettre  en  desroy ,  se  vindrent  adreschier  celle  part , 
cuidans  y  entrer  sans  deffense,  menant  très  grant 
bruit;  mais  ils  y  trouvèrent  barrières  et  resistence  : 
c'est  à  scavoir  les  chevaulz  et  charroy  de  leurs  an- 
nemis,  acoupiez  ensamble  par  les  hatreaulz  et  par  les 
queues;  et  si  y  trouvèrent  deux  mile  archiers  de  bonne 
estoffe  quy  les  recoeillerent  vigoureusement  et  misrent 
en  fuite.  Et  n'y  firent  les  dis  François  autre  prouffit 
que  de  haper  ce  qu'ilz  peurent  prendre,  comme  aul- 
cunes  bagues  et  chevaulz,  occiant  les  pages  et  variez 
quy  dessus  estoient  et  les  gardoient.  Droit  à  ceste 
heure,  la  battaille  estoit  moult  felle  et  cruelle  :  si  n'y 
avoit  celluy  quy  n'esprouvast  totalement  sa  vertu  et 
sa  force  ;  et  je ,  acteur,  scay  véritablement  que  cellui 
jour  le  conte  de  Salsebery  soustint  le  plus  grant  faix, 
nonobstant  qu'il  bransla  grandement,  et  eul^t  moult 
fort  à  faire  de  soy  entretenir.  Et  certainement,  sen'eust 
esté  le  sens  et  grant  vaillance  et  conduite  de  sa  seulle 
personne,  emmy  les  vaillans  hoiimies  quy  se  comba- 
toient desoubz  sa  baniere ,  à  son  exemple ,  moult  vi- 
goureusement ,  il  n'est  pas  doubte  que  la  chose  qui 


[1424]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  267 

estoit  en  grant  bransle  ne  feust  très  mal  allée  pour  les 
Anglois;  car  oncques  François,  en  toute  ceste  guerre, 
ne  se  combatirent  plus  vaillamment.  D'autre  part ,  le 
duc  de  Bethfort,  comme  je  oys  raconter,  car  je  ne 
povois  tout  veoyr  ne  comprendre,  comme  pour  moy 
mesmes  deffendre  je  feusse  assez  empescié ,  fist  ce 
jour  tant  d'armes  que  merveilles,  et  occist  maint 
homme;  car  d'une  hache  qu'il  tenoit  à  deux  mains 
n'ataindoit  nul  qu'il  ne  courouchast,  comme  celluy 
qui  estoit  grant  de  corpz  et  gros  de  membres ,  sage  et 
hardy  en  armes.  Si  fut  très  fort  oppressé  des  Esco- 
clîois,  especialement  du  conte  de  Douglas  et  sa  routte, 
en  tant  qu'on  ne  scavoit  que  penser  ne  ymaginer 
comment  la  besongne  termineroit  ;  car  les  François, 
quy  estoient  la  moitié  plus  de  gens  que  les  Anglois , 
ne  contendoient  que  à  vaincre  :  si  se  atachoient  vigo- 
reusement  à  la  besongne ,  et  croy  véritablement  que, 
se  n'eust  esté  l'imfortune  et  malle  adventure  que  leur 
debvoit  advenir,  les  Anglois  ne  les  eussent  peu  souste- 
nir  ou  endurer  sy  longuement.  Mais,  à  ce  que  je  peulz 
congnoistre ,  et  aussi  en  oy  depuis  pluiseurs  de  ceste 
oppinion,  les  deux  mille  archiers  d'Engleterre,  qui, 
comme  dit  est,  avoient  reboutté  les  François  à  cheval, 
dont  estoit  chief  le  borgne  Kaquestan ,  chevallier 
Lombart,  lesquelz  quant  ilz  veyrent  leurs  annemis 
fuyr,  coeillerent  vigueur,  furent  grant  cause  de  la  vie- 
tore;  car,  voians  le  débat  tant  estable,  ainsi  fres  et 
nouveaulz  qu'ilz  estoient,  en  gectant  ung  merveilleux 
cry  se  vindrent  en  tourpiant  mettre  au  front  devant  de 
leur  battaille ,  où ,  à  leur  venue  ,  encommencerent  à 
faire  grant  discipline  des  François,  quy  moult  estoient 
lassez  de  combatre;  pourquoy,  forment  esmerveillés 


^268  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

de  ceste  nouvelité ,  se  prindrent  un  pou  à  faindre  et 
reculler ,  et  au  contraire  les  Anglois ,  qu'il  en  estoit 
heure,  s'esvertuerent  tout  à  ung  faix  recoeillant  vi- 
gueur :  et  tant  firent  que,  en  pluiseurs  lieux,  ouvrirent 
la  baltaille  des  François  à  ceste  empainte  et  se  bou- 
tèrent dedens  en  cryant  «  Saint  George  !  »  liaultement, 
en  commencliant  de  occir  et  mettre  à  mort  cruèle- 
ment  tous  ceulz  qu'ilz  povoient  aconsievyr,  sans  avoir 
quelque  pitié  ;  laquele  chose  ne  se  fist  mye  sans  grant 
effusion  de  sang.  Lors  se  commencèrent  les  François 
à  descomforter  en  perdant  dutout  T espérance  de  vie- 
tore,  que  ung  peu  paravant  cuidoient  tenir  en  leur 
main;  ains  chascun  d'eulz  queroit  lieu  pour  soy  povoir 
sauver,  prendant  la  fuite  qui  mieulz  mieulz,  haban- 
donnant  le  demourant.  Les  ungs  tyroient  vers  la  ville, 
et  les  autres  prendoient  les  champz ,  et  les  Anglois , 
quy  à  grant  paine  les  poursievoient,  mettoient  à  mort 
especialement  ceulz  quy  s'acheminoient  vers  la  ville; 
car  les  François  dedens  estans ,  ne  volrent  ouvrir  la 
porte,  pouF  paour  qu'ilz  avoient  que  les  Anglois,  leurs 
annemis,  n'entrassent  dedens  avec  les  fuyans.  Sy  en  y 
ot  assez  quy,  pour  eulz  saulver,  se  gecterent  dedens 
les  fossez,  où  il  eut  grant  occision  de  ceulz  qui  se 
cuidoient  mettre  à  sauveté.  Final)lement ,  tant  pour- 
sievyrent  Anglois  les  François,  qu'ilz  obtindrent  plai- 
nement  la  victore  de  ceste  journée,  et  guaignerent 
la  battaille,  non  mie  sans  grant  effusion  de  leur 
sang.  Et  fut  sceu  véritablement  par  les  officiers  d'ar- 
mes ,  heraulz ,  pou rsie vans  et  autres  gens  dignes  de 
foy,  qu'il  y  morut  de  la  partye  des  François  plus  de 
VI'"  hommes,  et  la  pluspart  nobles  d'armes,  desquelz 
il  y  avoit  grant  quantité  d'Escochois,  et  environ  deux 


[1424]       CIINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  269 

cens  prisonniers.  Et ,  de  la  partie  des  Anglois  ,  y  mo- 
rurent  environ  xvi"  combatans,  tant  de  la  nation 
d'Engleterre  comme  de  Northmandie  ;  desquelz  furent 
les  principaulz  capittaines ,  Fmi  nommé  Dodelay  et 
l'autre  Cliarleton.  Et  du  costé  des  François  y  furent 
mors  de  gens  de  nom ,  ceulz  qui  s'ensievent  ^  : 


Aprez  cette  glorieuse  victore  que  obtindrent  les  An- 
glois alencontre  d'iceulz  François,  le  duc  de  Bethfort 
assambla  autour  de  luy  tous  ses  princes  et  barons; 
et,  en  grant  humilité,  remercya  son  Créateur,  les  yeulz 
contre  le  ciel  et  les  mains  joinctes,  de  la  bonne  adven- 
ture  qu'il  luy  avoit  envoyée.  Et  tantost  que  les  mors 
furent  despouilliés  par  les  variez  et  arcliiers,  quy  leur 
osterent  tout  ce  qu'ilz  avoient  de  bon,  monseigneur  le 
régent  s'en  alla  logier  pour  la  nuit  autour  de  la  ville 
de  Verneul.  Si  fist  moult  bien  guettier  son  ost  et  faire 
bonnes  ascoutes,  adfin  que  nul  inconvénient  n'y 
sourvenist  et  pour  obvier  à  ce  que  ses  annemis  ne  se 
recoeillassent  et  venissent  ferir  sur  le  logis  de  ses  gens 
à  despourveu,  pour  luy  porter  dommage.  Lendemain, 
ceulz  quy  paravant  estoient  logiés  en  la  ville  et  forte- 
resse de  Yerneul,  et  ceulz  quy  s'y  estoient  retrais  aprez 
la  descomfiture  de  la  battaille ,  furent  constrains  de 
grant  cremeur,  et  sommez  de  par  le  régent ,  de  rendre 
la  ville  et  forteresse  en   l'obéissance  du  roy  Henry; 

1.  Nous  renvoyons  au  t.  V,  chap.  xx ,  de  Monstrelet  pour  connaître 
les  noms  des  morts  et  prisonniers.  Nous  indiquerons  seulement  deux 
noms  omis  par  ce  chroniqueur,  Mondet  de  Nerbonne  et  Gabriel  de  Boscage. 
Le  paragraphe  qui  suit  l'énumération  de  ces  noms  ,  est  encore  copié 
d'après  Monstrelet  ;  mais  comme  il  y  a  quelques  faits  qu'on  ne  trouve 
pas  dans  son  récit,  nous  avons  cru  devoir  le  conserver. 


270  CRONICQUES  D'ENGLKTERRE.  [4424] 

lesquelz,  atains  de  paour  d'avoir  yen  la  grant  mortalité 
tournée  sur  les  gens  de  leur  party,  mesmement  sur 
les  princes  et  nobles  hommes ,  comme  sages  et  bien 
avisez  prindrent  traitié  avec  monseigneur  le  régent, 
en  luy  rendant  la  ville  et  forteresse  de  Yerneui,  par  tel 
condition  qu'ilz  s'en  yroient  saufz  corpz  et  biens,  et  y 
estoit  le  seigneur  de  Rambures\  Puis,  aprez  ce  que 
monseigneur  le  régent  ot  prins  la  possession  de  la 
ditte  ville  de  Verneul  et  ycelle  bien  regarny  de  nou- 
velles gens,  de  vivres  et  d'artillerie,  il  s'en  departy 
glorieux  et  à  très  grant  joye ,  et  s'en  retourna  ou  pays 
de  Northmandie  atout  ses  prisonniers,  tant  qu'il  vint 
au  Pont  de  Larche,  ouquel  lieu  le  bastard  d'Allen- 
chon  %  moult  fort  navré  ,  devint  grandement  agravé 
par  la  doulleur  de  ses  playes ,  rendy  l'ame  à  celluy 
qui  prestee  luy  avoit.  De  laquele  advenue  le  duc 
d'Allenchon  fut  moult  desplaisant  en  ceur;  car  parfai- 
tement l'amoit.  De  là,  se  misrent  le  duc  de  Betbfort, 
régent  de  France ,  à  chemin ,  avec  luy  la  plus  grant 
partie  de  tous  ses  princes  et  cappittaines,  par  le  plus 
droit  qu'ilz  porroient  aller  à  Rouen.  Mais,  anchois  que 
plus  avant  je  vous  die  du  fait  au  dit  duc  de  Betbfort, 
vous  raconteray  comment ,  la  propre  nuit  devant  la 
mortele  battaille  dessus  dite,  se  partirent  de  la  routte 
des  Anglois  et  de  leur  compaignie  aulcuns  lasces  che- 


1 .  André ,  seigneur  de  Rambiire ,  maître  des  eaux  et  forêts  de  Picar- 
die, testa  le  28  décembre  J-449  (Anselme,  VIII,  67). 

2.  «  Pierre  ,  bâtard  d'Alençon  ,  seigneur  de  Gallardon ,  donna  des 
preuves  de  son  courage  à  la  bataille  de  Verneuil,  en  142-4,  avec  le  duc 
d'Alençon ,  son  frère  ;  ils  y  furent  tous  deux  blessés  et  restèrent  parmi 
les  morts,  jusqu'à  ce  qu'on  vînt  les  en  retirer.  Il  est  nommé  au  contrat 
de  vente  de  la  baronie  de  Fougères,  faite  en  Bretagne  le  31  décembre 
1  428,  par  Jean  II  du  nom,  duc  d'Alençon  »  (Anselme,  I,  272). 


[1424]        CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix.  274 

valiiers  et  escuiers  de  Northmandie ,  avec  certain 
nombre  de  gens  qu'ilz  seduirent  et  emmenèrent;  les- 
quelz  chevalliers  et  escuiers  estoient  des  marches 
conquises  du  pays  de  Chaulz  et  là  environ ,  quy  au- 
trelfois  avoient  fait  serment  de  loyaulté  et  fidélité  au 
dit  duc  de  Bethfort ,  régent ,  pour  et  ou  nom  du  roy 
d'Engleterre.  Si  s'en  allèrent  rendre  en  l'ost  des  Fran- 
çois, esperans  qu'ils  guaigneroient  ceste  journée  de 
battaille,  pour  le  grant  nombre  qu'ilz  les  sentoient 
estre  au  regard  des  Anglois  :  pour  laquele  offence 
furent  les  aulcuns  d'iceulz  criminelement  pugnis  par 
le  dit  régent,  tant  de  pugnition  corporele ,  quant 
depuis  on  les  polt  tenir,  comme  de  leurs  terres  et 
autres  biens  meubles  quy  furent  prins  et  confisqués,  et 
mis  realement  en  la  main  du  roy  d'Engleterre,  pour 
aplicquier  à  son  domaine,  ou  baillier  en  recompence 
à  aulcuns  qui  l'auroient  mérité  par  leur  loyaulté  et 
bon  service  ;  entre  lesquelz  en  furent  le  seigneur  de 
Thorsy^  et  messire  Charles  de  LonguevaP,  seigneur 


i .  Jean  d'Estoutevllle ,  seigneur  de  Torcy,  n'avait  que  dix-sept  ans 
lorsqu'en  i  422  le  roi  d'Angleterre  lui  rendit ,  ainsi  qu'à  ses  frères ,  les 
biens  de  leur  père  confisqués  sur  lui  pour  avoir  tenu  la  partie  du  roi 
de  France.  Etant  rentré  depuis  au  service  de  Charles  VII ,  ce  prince 
l'établit,  en  1436,  à  la  garde  de  Fescamp.  Mort  le  H  septembre  1494 
(Anselme,  VIII,  87).  Voir  ci-dessus,  page  259,  note  1.  —  Son  père,  Guil- 
laume d'Estoutevllle ,  avait  été  fait  prisonnier  par  les  Anglais  à  la  prise 
deHarfleuret  conduit  en  Angleterre  en  1419.  Mort  le  19  novembre  1449 
(Anselme,  VIII,  878).  Il  était  encore  prisonnier  le  9  mai  1427  (Rymer, 
IV,  partie  IV,  p.  127). 

2.  Charles  de  Longueval  était,  en  1419  ,  l'un  des  capitaines  du  grand 
et  petit  Goulet  (Normandie)  lors  de  leur  reddition  aux  Anglais  (Rymer, 
IV,  partie  ITI ,  95).  Le  4  jnin  1436  ,  le  duc  de  Bourgogne  envoie  un 
chevaucheur  de  son  écurie  porter  des  lettres  a  à  messire  Charles  de  Lon- 
gueval, messire  Jean  de  Saucourt ,  messire  Hector  de  Flavy  et  plusieurs 
autres  chevaliers  et  escuiers  du  pais  d'Artois  » ,  afin  «c  qu'ils  se  mettent 


272  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1424] 

d'Augmont'.  Au  partir  que  fîst  le  duc  de  Bethfort  du 
Pont  de  Larche ,  il  donna  congié  à  aulcuns  de  ses 
capittaines  pour  eulz  retourner  es  garnisons  des 
villes ,  chasteaulz  et  forteresses  qu'ilz  avoient  en 
garde  ;  mais ,  luy  venu  à  Rouen ,  il  fut  de  madame  la 
régente,  sa  femme',  des  bourgois,  communaultez  et 
garnisons  de  la  ville  honnourablement  recheu  :  et 
mesmement  ceulz  du  clergié  lui  allèrent  reveram- 
ment  alencontre,  tous  revestus,  cbantans  à  manière 
de  procession.  Si  estoient  les  rues  tendues,  et,  par 

sus  et  soient  en  armes,  le  ix^  jour  de  ce  mois  de  juing,  entour  la  ville 
Saint  Omer,  pour  aller  devant  Calais»  (  Ai-ch.  gén.  du  Nord,  compte  de  la 
recepte  gen.  du  duc  de  Bourgogne ,  fol.  VIII"VII  ,  verso.  Communi- 
qué par  M.  le  baron  de  Melicocq). 

1.  «  Jacques,  seigneur  d'Auniont,  conseiller  et  chambellan  de  Philippe 
le  Bon  ,  mort  le  .  .  janvier  14-7.  .  .»  (Anselme,  IV,  873);  il  est  cité  par 
Berry  (383)  à  l'année  1431  :  a  La  ville  de  Chajipes,  dit-il,  à  quatre  ou 
cincq  lieues  de  la  ville  de  Troye,  appartenoit  à  un  tenant  le  parti  du  duc 
de  Bourgogne,  nommé  Jacques  d'Aumont  ».  En  novembre  1432  :  «  Les 
chasteaux  de  Bove  et  de  Pontderemi  estoient  deux  postes  extrême- 
ment importans  parleur  force,  mais  plus  encor  jDar  leur  position.  Pont- 
deremi tenoit  bouché  tout  ce  qui  pouvoit  venir  de  commoditez  d'Abbe- 
ville  à  Amiens  par  la  Somme.  Dove  en  faisoit  autant  pour  tout  ce  qui 
venoit  du  costé  de  Roie,  de  Montdidier  et  de  Noyon  ,  etc.,  par  terre  et 
par  la  petite  rivière  de  Moreuil.  Le  seigneur  d'Omont,  maistre  de  ces 
deux  postes,  avec  de  bonnes  garnisons,  à  ce  qu'il  paroist,  désoloit  infini- 
ment Amiens  :  il  en  faisoit  les  bourgeois  prisonniers ,  il  arrestoit  les 
vivres ,  les  marchandises  et  tout  ce  qui  estoit  nécessaire  dans  ceste  grande 
ville  ;  il  outrageoit  le  bailli,  maire  et  eschevins,  ensorte  qu'il  paroist  qu'on 
estoit  fort  piqué  de  ses  outrages.  Cela  détermina  à  envoler  à  Paris  des 
députés  au  régent  et  au  conseil  du  roi  pour  en  obtenir  du  secours  dans 
cette  extrémité  :  ces  députés,  qu'on  envoioit  alors  en  ambassadeurs,  par- 
tirent le  22  de  ce  mois,  d  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Dom  Grenier,  Picardie , 
XC,  81.) 

2.  Anne  de  Bourgogne,  sœur  de  Philippe  le  Bon  :  «  Elle  trtspassa  en 
rOstel  de  Bourbon,  eraprès  le  Louvre,  le  treiziesmc  jour  de  novembre 
1432,  deux  eures  après  mynuit,  entre  le  jeudy  et  le  vendredy. ...  Le 
sabmedy  ensuivant  elle  fut  enterrée  aux  Celestins,  et  son  cueur  fut  en- 
terré aux  Augustins  i»  '^Journal  d'un  Bourgeois  de  Paris,  153). 


[1424]      CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxix-xxxi.        273 

tous  les  quarfours  où  il  devoit  passer ,  estoient  hour- 
demens  ou  quarees  d'hystores  par  personnages;  et 
mesmes  allèrent  au  devant  de  lui  les  jeunes  gens  et 
enfans  de  la  cité,  par  manière  de  belles  compaignies, 
monstrant  grant  exaltation  de  joye  pour  sa  glorieuse 
et  belle  victore.  Quant  le  duc  vint  jusques  à  la  porte 
de  la  ville ,  il  descendy  jus  de  son  cheval  et  alla  tout 
de  pié  jusques  à  l'église  Nostre  Dame,  où  il  s'age- 
nouilla devant  l'autel  :  si  rendy  grâces  et  loenges  à 
son  benoit  Créateur,  et  à  la  glorieuse  vierge  Marie,  sa 
mère ,  de  la  bonne  adventure  qu'il  avoit  eue  alen- 
contre  des  François,  ses  annemis.  Puis,  aprez  ses  oroi- 
sons  et  offrandes  ainsi  faites  ;  s'en  alla  en  son  hostel 
où  il  fut  bienviengnié,  comme  à  son  copz  apartenoit  ; 
et  il  dist  à  madame  la  Régente,  sa  femme,  aprez  les 
salutacions  :  «  Ma  mie,  veez  ycy  vostre  cousin  d'Alen- 
cbon,  nostre  prisonnier.  »  Et  elle  lui  respondy  que 
bien  feust  il  venu,  si  l'embracha  et  baisa;  puis,  aprez 
aulcuns  jours  ensievans  passez,  fut  le  dit  duc  d'Alen- 
chon  menez  dedens  le  cliastel  du  Crotoy,  où  il  tint 
prison  une  espace  de  tempz. 

981 .  Gomment  les  nouvelles  de  la  bataille  de  Verneul  fuient 
portées  au  roy  Charles  de  France.  XXX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  xx-xxn. 

982.  Comment  les  ducz  de  Bethfort  et  de  Bourgoione 
allèrent  à  Paris  pour  appaisier  les  ducz  de  Clocestre  et 
de  Brabant.  XXXI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxiii-xxiv. 

983.  Comment  le  duc  de  Clocestre  et  sa  femme  allereiii  en 
Henault;   et  du  mandement   que  fist  le  duc  fie  Boiir- 


274  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [i425j 

goigne  pour  ayder  au    duc   de    Brabant,   son  cousin, 
contre  le  duc  de  Clocestre.  XXXII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxiv. 

984.  Comment  le  duc  de  Clocestre  fut  mal  content  quant 
il  sceut  que  les  gens  du  duc  de  Bourgoigne  estoient 
venus  en  layde  du  duc  de  Brabant  pour  luy  faire  guerre, 
et  des  lettres  qu'il  en  rescripvit  audit  duc  de  Bour- 
goigne. XXXIII. 

Cf.  Monst,,  t.  V,  ch.  xxv. 

985.  S'ensieut  la  coppie  des  premières  lettres  envolées  du 
duc  de  Bourffoiuue  au  duc  de  Clocestre.  XXXIV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxvi. 

986.  Copie  des  secondes  lettres  par  le  duc  de  Clocestre  au 
duc  de  Bourgoigne  envolées.  XXXV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxvii-xxviii. 

987.  S'ensieult  la  copye  des  secondes  lettres  du  duc  de 
Bourgoigne  envoyées  au  duc  de  Clocestre;  et  comment 
le  conte  de  Saint  PolassegaBrayne  en Henault.  XXXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxvra-xxix. 

Monstrelet  omet  le  nom  de  Dru  de  Humieres  *  qui  se  trouvait 
avec  le  comte  de  Saint-Pol  et  d'autres  seigneurs  au  siège  de 
Braine-le-Comte. 

988.  Comment  le  conte  de  Saint  Pol  et  ses  gens  se  deslo- 
gerent  de  devant  Brayne  le  Conte,  si  trouvèrent  les 
Anglois,  et  de  la  reddition  de  Guise.  XXX VU. 

Cf.  Moust.,  t.  V,  ch.  XXIX. 

989.  Comment  messire  Jehan  de  Luxembourg  et  messire 
Thomas  de  Rumeston  eurent  l'obéissance  de  la  ville  et 
chastel  de  Guise.  XXXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxix,  xxxi. 

1.  Drieu  de  Humieres,  de  Bouzincourt,  etc.,  (Ansehne,  viii ,  276), 
conseiller  et  chambellan  du  Roi,  était,  en  1481 ,  «  de  la  première  bande  des 
cent  gentilshommes  de  la  maison  »  de  ce  prince  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Siippl. 
Fr.,  n"  2343). 


[1425]     CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  III,  xxxii-xlvi.        275 

990.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent,  et  la  ducesse,  sa 
femme  ,  vindrent  de  Paris  à  Corbye.  XXXIX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxii. 

991.  Comment  le  duc  de  Clocestre,  oncle  du  roy  Henry, 
vint  en  Eugletene  quérir  secours  et  ayde  alencontre  des 
ducz  de  Bourgoigne  et  de  Brabant.  XL. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxn. 

992.  Des  aparaulz  et  habillemens  que  faisoit  faire  le  duc 
de  Bourgoigne  pour  combattre  le  duc  de  Clocestre.  XLI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  xxxrv. 

993.  Comment  le  conte  de  Salsebery  alla  assegier  le  chastel 
de  RambouUet,  et  puis  la  ville  du  Mans,  laquele  il  prinst 
et  mist  en  l'obéissance  du  roy  Henry  de  France  et 
d'Engleterre. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxiv. 

994.  Comment  la  ducesse  Jaqueline  se  party  de  la  ville  de 
Gand,  sans  le  sceu  de  ceulz  quy  l'avoient  en  garde  de 
par  le  duc  de  Bourgoigne.  XLIH. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XXXV. 

995.  Comment  le  duc  de  Bethfort  et  le  conseil  roy  al.  ordon- 
nèrent que  le  discord  d'entre  les  deux  ducz  de  Bour- 
goigne et  de  Clocestre  seroit  mis  à  néant.  XLIV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxvi. 

996.  Cy  parlerons  des  noepces  de  Charles  de  Bourbon  et 
Agnes ,  seur  du  duc  de  Bourgoigne ,  et  de  la  mort  de 
la  duchesse  sa  femme.  XLV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XXXVI. 

997.  Cy  fait  mention  du  discord  quy  s'esmeut  entie  le  duc 
de  Clocestre  et  son  oncle ,  le  cardinal  de  Wincestre. 

XLVI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxvi-xxxvn. 

ÎMonstrelet  omet  de  mentionner  ce  fait  :  avant  la  bataille  de 
Brauvershaven ,  Phelippe  de  Momorencj,  quy  estait  jeune  enfant  ^ 
fut  fait  chevalier  ^ 

\ .  Ce  nom  manque ,  dans  Anselme ,  à  la  généalogie  de  cette  famille. 


â7G  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1426] 

998.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  descomfy  les  Anglois 
et  Hollandois  à  Brousseban,  desquelz  estoit  chief  le 
seigneur  de  Filwatre,  Anglois.  XLVII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  xxxvn. 

999.  Comment  la  ducesse  Jaqueline  mist  le  siège  devant 
Herlem  ,  et  comment  messire  Jehan  de  Utequerque  fut 
rué  jus  ,  et  tous  ses  gens  mors  ou  prins.  XLVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxvn. 

1000.  Comment  le  conte  de  Salsebery,  par  l'ordonnance  du 
duc  de  Bethfort,  régent ,  assega  et  prinst  le  fort  chastel 
de  Mammer.  XLIX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxvn. 

1001.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  eust  pluiseurs  par- 
lemens  avec  le  duc  de  Brabant,  son  cousin  ;  et  comment 
il  s'en  retourna  en  Hollande.  L. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  xxxvii-xxxvm. 

1002.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent,  retourna  d'En- 
gleterre  en  France ,  atout  certain  nombre  de  gens 
d'armes  et  de  trait;  et  comment  le  duc  de  Clocestre 
assambla  gens  de  guerre  pour  secourir  et  ayder  la  du- 
cesse Jaqueline  ,  sa  femme,  ou  pays  de  Hollande.      LI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xxxviii,  xl,  xli, 

Cy  prent  fin  le  troisième  livre   de  ce  V'   volume,   et  s'ensieul 
le  quart. 


[1427-28]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  i-iv.  277 


LIVRE    IV. 


1003.  Cy  commence  le  quatriesme  livre,  lequel  contient 

XXXIV  chapittres.  Ou  premier  est  faite  mention  de  la 

mort  du   duc    de   Brabant,   et    comment    le    duc    de 

Bourgoigne   commist    de  par  luy  officiers  en  Henault. 

Chapitre  I. 
Cf,  Monst.,  t.  V,  ch.  xu-xlii. 

1004.  Comment  le  Régent  envoia  mettre  le  siège  devant 
Pontorson  :  et  comment  il  envoya  en  Bretagne  pour 
courir  le  pays  autom^  de  Rennes.  ,  II. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XLTi-xLvi. 

1005.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  retourna  en  Hol- 
lande pour  prendre  conclusion  et  fin  de  sa  guerre.  III. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XLVi,  xiviii,  xjlxx. 

Wavrin,  qui  abrège  Monstrelet,  dit,  dans  ce  chapitre,  qu'il  ne 
rendra  pas  compte  de  toutes  les  courses ,  escarmouches  ,  as- 
sauts, etc.,  qui  se  firent  dans  cette  guerre  de  Hollande.  «  Com- 
bien que  à  tous  yceulx ,  inoy,  acteur  de  cestc  cavre,  estoie  en  la 
compaignie  de  monseigneur  le  Borgne  Thoulongon ,  pour  lors 
marissal  de  Bourgoigne'.  » 

1006.  De  la  prinse  de  pluiseurs  places  parles  Anglois  ou 
royaulme  de  France.  IV. 

'  Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xtix-Li. 

1.  Voy.  ci-dessus,  p.  237,  note  1. 


278  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1428-29] 

1007.  Comment  le  conte  de  Salisbery  assega  Orlyens.     V. 
Cf.  Monst.  t.  V,  ch.  lh. 

1008.  Comment  le  roy  Charles  de  France  fist  grant  assam- 
blee  de  gens  d'armes  pour  secourir  la  cité  d'Orlyens.  VI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  Lir-LV. 

1009.  Comment  le  duc  de  Bethfort ,  régent ,  fist  gi-ant  assam- 
blee  de  gens  pour  envoler  au  siège  d'Orlyens.  VII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.Lvi. 

Monstrelet  omet  de  dire  :  1°  que  le  seigneur  de  Fascot,  outre 
qu'il  était  grand  maître  d'hôlel  du  duc  de  Betliford,  avait  encore 
le  titre  de  son  premier  chambellan;  2"  Qu'  Yvotjet  de  Clichon  fut  aussi 
un  des  seigneurs  faits  chevaliers  avant  la  hataille  de  Rouvray. 

1010.  Comment  Jehanne  la  Pucelle  vint  devers  le  roy  de 
France,  àChynon,  en  povre  estât;  et  de  son  abus.  VIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  i-xii  '. 

1011.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  alla  à  Paris  devers 
son  beau  frerc  le  Regeut.  IX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch,  Lvm. 

1012.  Comment  Jehanne  la  Pucelle  fut  cause  du  siège  levé 
de  devant  Orlyens  ;  et  des  bastilles  qui  forent  prinses 
par  les  François  ^ .  ^  X. 

Finablement,  environ  le  my  may,  cjue  le  siège  avoit 
esté  levé  de  devantlacité  d'Orlyens  à  l'entrée  d'ycelluy 

1.  M.  Qiiicherat  ayant  relevé,  dans  son  travail  sur  la  Pucelle  (  IV, 
]).  406-411),  les  différentes  additions  de  Wavrin  aux  chapitres  Lvn  et 
Lviii  de  Monstrelet ,  nous  nous  abstenons  de   les  indiquer  ici. 

2.  Ce  chapitre  et  les  suivants  qui  concernent  la  Pucelle  d'Orléans  ne 
sont  plus  inédits ,  M.  Quicherat  les  ayant  publiés  dans  son  excellent 
travail  sur  Jeanne  d'Arc  :  nous  croyons ,  néanmoins ,  ne  pouvoir  sup- 
primer cette  partie  de  l'œuvre  de  notre  chroniqueur.  Nous  ne  donnons 
ici,  de  ce  chapitre,  que  le  paragraphe  qui  appartient  en  propre  à  Wa- 
vrin, le  récit  delà  lovée  du  siège  d'Orléans  n'étant  qu'une  copie  presque 
textuelle  des  chapitres  iix  et  lx  du  tome  V  de  Monstrelet. 


[4  429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIYRE  IV,  v-x.  279 

mois,  les  François  se  misrent  auz  champz  environ  de 
V  à  vi"  bons  combatans,  tous  gens  esleiiz,  très  expertz 
et  duitz  en  fait  de  guerre  ;  lesquelz  tous  ansamble 
tyrerent  vers  Baugensy,  séant  à  deux  lieues  de  Meun 
sur  Loirre  ;  si  y  misrent  le  sieuge.  En  laquele  place 
estoient  en  garnison  ung  Anglois  gascon,  nommé  Ma- 
thago^,  messire  Richard  Guettin^  et  ung  autre  an- 
chien  chevallier  anglois.  Si  povoient  estre  illec  gens  de 
garnison  environ  v  ou  vi*^^  hommes  anglois,  lesquelz 
se  laissèrent  laians  assegier  et  enclorre  :  où  ilz  furent 
forment  moUestez ,  et  leurs  murs  durement  batus  de 
canons  et  engiens  à  pierre,  quy,  nuit  et  jour,  ne 
cessoient  de  bondir.  Et  pareillement  estoient  ilz  servis 
d'autres  divers  engiens  de  guerre  et  habillemens  soub- 
tilz,  lelemcnt  que  impossible  leur  estoit  de  longue- 
ment durer  sans  avoir  secours.  Si  boutèrent  hors  de 
la  place,  à  une  saillie  qu'ilz  firent  sur  leurs  annemiz , 
ung  messagier,  lequel,  par  grant  dilligence  de  che- 
vaulchier,  fist  tant  qu'il  vint  devers  le  seigneur  de 
Thalbot',  auquel  il  portoit  lettre  de  credence.  Siluy 

i .  Mathieu  Gough,  communément  nommé  Matagon  ,  «  capitaine  gal- 
lois »  (Berry,  427).  Il  est  désigné  dans  une  montre  passée  en  la  ville  de 
Baieux ,  le  1"  juin  1443,  ainsi  qu'il  suit  :  ce  Noble  homme,  Mathieu 
Goth,  escuier,  capitaine  de  ladite  place  »  (Bib.  imp.,  Mss.,  Monstres. 
Originaux,  t.  II,  G-H,  cabinet  des  titres).  Mort  en  1450.  Voy.  ci-après, 
au  tome  II,  le  chapitre  vii  du  livre  III  de  la  VP  partie,  n°  1169. 

2,  «  Richard  Ghetin,  escuier,  capitaine  de  Exmes,  fait  ses  premières 
monstres  le  xv  octobre  1424».  (Bib.  imp.,  Mss.,  n°  9436%  fol.  Ibi.)  Il 
figure  dans  une  autre  montre,  passée  à  Mante  le  2  janvier  1432  (v.  s.), 
conduisant  des  hommes  d'armes  «  establiz  soubz  noble  homme,  messire 
Richard  Gucthin,  chevalier,  bailU  et  cappitaine  de  Mante,  à  lui  ordonnez 
pour  sa  seurté  et  exercite  de  son  dit  office  de  bailli,  v  (Bib.  imp.,  Mss., 
Monstres  de  1400-1469,  t.  III,  cabinet  des  titres.) 

3.  Jean,  sire  Talbot  et  deFournival,  créé  comte  de  Shrewbury,  le  20 
mars  1442.  Tué  à  la  bataille  de  Châtillon  le  20  juillet  1433  (Dugdale,  I, 
328-330). 


280  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429] 

exposa  la  charge  qu'il  avoit  de  par  les  assegiés.  Le- 
quel, oyaiit  le  messagier  parler,  lui  dist  qu'il  y  pour- 
verroit  le  plus  brief  que  faire  porroit  et  qu'il  le  re- 
commandast  auz  compaignons  qui  l'envoioieut  ;  disant 
qu'ilz  feissent  bonne  cbiere  et  bon  debvoir  d'eulz  def- 
fendre ,  et  qu'ils  orroient  brieftnent  bonnes  nouvelles 
de  luy,  car  à  la  vérité  il  desiroit  moult  de  les  secourre, 
ainsi  que  bien  estooit  raison ,  comme  ilz  feussent  de 
ses  gens. 

Le  seigneur  de  Tballebotb  doncques,  tout  le  plutost 
qu'il  peult,  noncba  ces  nouvelles  au  duc  de  Bethfort, 
régent ,  qui  prestement  fist  gens  appareillier  es  parties 
tenans  la  querelle  du  roy  Henry.  Si  y  vindrent  ceulz 
quy  mandez  y  furent.  Et  moy  niesmes,  acteur  dessus 
dit,  quy  pour  ce  tempz  estoie  nouvellement  retournez 
a\ec  Philippe  d'Aigreville^  des  marches  d'Orlyennois, 
où,  par  le  commandement  du  Régent,  estions  allez 
adfin  de  destourner  vivres  à  ceulz  d'Orlyens,  que  le 
duc  de  bourbon  et  le  seigneur  de  la  Fayette  leur 
voulloient  mener  durant  le  siège  que  les  Anglois  y 
tenoient  :  ou  quel  voyage  feismes  assez  petit  exploit , 
par  les  communaultez  du  pays  qui  s'esleverent  contre 
nous  pour  nous  destourner  les  passages.  Si  nous  con- 

1 .  Philippe  d'Esgreville,  capitaine  de  Cliâteau-Landon  dès  le  26  no- 
vembre 1426  (Bib.  imp. ,  Mss. ,  n°  9-i36^-  ^- ,  fol.  1 55  verso) .  nommé  par 
Henri  VI,  le  26  août  1428,  à  la  garde  de  la  ville  et  chastel  de  Moret 
(Id.,  ib.,  164),  écuyer,  institué  de  nouveau  dans  l'office  de  maître  des 
eaux  et  forêts  de  France ,  Champagne  et  Brie ,  au  lieu  de  sire  Guy  de 
Pontaillier,  par  lettres  de  Charles  VII,  en  date  du  13  février  1431,  v. 
s.  (Bib.  imp.,  Mss.,  fonds  Gaignicres ,  n°  11  i,  fol.  97)  était  capitaine 
de-  Nemours  et  servait  dans  l'armée  de  Charles  Vil,  au  siège  de  Rouen, 
eu  1449,  où  il  fut  fait  chevaher  (CVi/vw/V/Kc  Je  la  Pucellc,  t.  X,  187,  190). 
Capitaine  de  IMontargis  en  1461  [Chronique  scandaleuse.  Voy.  Lenglet, 
11,7.) 


[1429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  x.  281 

vint  retourner  sans  rien  faire,  et  alasmes,  moj  et  le 
seigneur  d'Aigreville,  à  Nemour,  dont  il  estoit  capit- 
taine,  et  de  là  m'en  \ins  à  Paris  devers  le  Régent,  atout 
environ  vi''''  combatans  ;  lequel  me  retint  lors  de  tous 
poins  au  service  du  roy  Henry,  desoubz  messire  Jehan 
Fastre*,  grant  maistre  d'hostel  dudit  Régent,  auquel 
il  ordonna  aller  ou  pays  de  Beausse  pour  baillier  se- 
cours aux  dessusdis  assegiés  dedens  Baugensy. 

Et  partismes  en  la  compaignie  du  dit  Fastre  à  cette 
fois,  environ  \™  combatans,  aussi  bien  prinsc[ue  j'eusse 
oncques  veu  ou  pays  de  France.  En  laquelle  brigade 
estoient  messire  Thomas  de  Rameston%  Anglois,  et 
pluiseurs  autres  chevalliers  et  escuiers  natifz  du 
royaulme  d'Engleterre,  qui  tous  ensamble  partismes 
de  Paris  et  allasmes  gésir  à  Estampes,  où  nous  feusmes 
trois  jours;  puis  partismes  au  ini"  jour;  et  chemi- 
nasmes  parmy  la  Beausse,  tant,  que  nous  vinsmes  à 
Jenville,  qui  est  assez  bonne  petite  ville,  où,  par  de- 
dens ,  a  une  grosse  tour  à  manière  de  donjon  ;  laquelle 
tour,  n'avait  gueres  de  tempz,  avoit  esté  prinse  par  le 
conte  de  Salisbery^  Dedens  laquele  ville  feusmes 
cjuatre  jours  atendans  ancores  plus  grant  puissance 
quy  par  le  duc  de  Betlifort  nous  devoit  estre  envoiee , 
car  en  Angleterre,  en  Northmandie,  et  à  tous  costez, 


1 .  John  Fastoff ,  chevalier ,  banneret ,  gouverneur  du  Maine  et  de 
l'Anjou.  Capitaine  tris-renommé  sous  les  rois  Henri  IV,  V  et  VI,  Mort 
le  6  novembre  14b9  [Biograpkia  Britannica,  III,  1899-1909).  C'est  une 
biogi-aphie  complète  de  ce  personnage. 

2.  Thomas  Rampston  ,  chevalier,  capitaine  d'Argentan  dès  1424  (Bib 
imp.,  Mss.,  n"  9430*^,  fol.  155).  Fait  prisonnier  au  siège  de  Saint-Sever, 
en  1442  (Monstrekt,   vu,  199).  Était  tncorc  détenu  par  Raoul  de  Gau- 
court  le  i"^  mars  1447  (La  Thaumassière,  p.  588). 

3.  Le  29  août  1428. 


282  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429] 

il  avoit  mandé  secours  et  ayde.  Or,  dirons  aussi  un 
peu  de  Testât  des  François  quy  tenoient  le  dit  siège 
devant  Baugensy. 

1013.  Comment  le  connestable  de  France,  le  duc  d'Allen- 
chon  et  la  Pucelle  prindrent  Ghergeauz*.  XI. 

Il  est  vérité  que,  es  propres  jours  que  ces  seigneurs 
anglois,  c'est  à  scavoir  messire  Jehan  Fastre ,  messire 
Thomas  de  Rameston  et  leur  puissance,  estoient  se- 
journans  dedens  Jenville ,  le  connestable  de  France , 
le  duc  d'Allenchon,  Jeanne  la  Pucelle  et  les  autres 
capittaines  François,  estans  tous  ensamble,  comme  dit 
est,  devant  Baugensy,  leur  siège  bien  garny,  s'en  par- 
tirent environ  de  v  à  vi™  combatans ,  tous  gens  d'es- 
toffe  ;  si  se  misrent  au  chemin,  tyrant  vers  Ghergeauz 
où  ilz  parvindrent.  En  laquele  ville  tenoit  garnison 
le  conte  de  Suffort  atout  de  trois  à  quatre  cens  An- 
glois natifz  d'Engleterre,  avec  les  manans  de  la  ville, 
qui  prestement,  à  toute  dilligence,  se  ordonnèrent  à 
deffence  quant  ilz  veyrent  les  François  qui  tantost 
les  eurent  avironnez  de  toutes  pars.  Si  les  commen- 
cèrent très  aigrement  à  envahir  et  assaillir  en  plui- 
seurs  lieux  ;  lequel  assault  dura  bonne  espace  en  le 
continuant  merveilleusement,  et  tant  firent  les  dis 
François,  par  grant  dilligence  et  traveil,  que,  maulgré 
les  Anglois,  leurs  annemis,  ilz  entrèrent  en  la  ville 
par  force  d'armes;  à  laquele  prinse  furent  environ 
trois  cens  Anglois  occis,  dont  il  y  mourut  ung  frère  " 

1.  Quoique  ce  chapitre  soit  emprunté  à  Monstrelet  (V,  chap.  lxi)  , 
nous  croyons  devoir  le  donner  en  entier,  vu  son  peu  d'étendue,  afin  de 
ne  pas  rompre  le  fil  des  événements. 

2.  Alexandre  de  La  Pôle. 


[1429]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xi-xii.  283 

au  conte  de  Suffort,  lequel  conte  avec  ung  sien  autre 
frère  %  nommé  le  seigneur  de  la  Poulie,  furent  consti- 
tuez prisonniers,  et  de  leurs  gens  jusques  à  lx  ou  au 
dessus.  Ainsi  doncques  fut  ceste  ville  et  forteresse  de 
Ghergeauz  prinse  par  les  François,  où  ilz  rafreschirent; 
puis  tyrerent  à  Meun,  quy  tantost  leur  fist  obéissance. 
Laquelle  chose  sachant,  les  Anglois  qui  tenoient  la 
Fraité^  se  trayrent  tous  ensemble  à  Baugensy,  haban- 
donnant  la  dite  Fraité  Hubert,  jusques  auquel  lieu  ilz 
furent  des  François  poursievis,  tousjours  Jehanne  la 
Pucelle  au  front  devant,  atout  son  estandart,  et  n'estoit 
lors,  par  toutes  les  marches  de  là  environ,  si  grant  bruit 
que  de  sa  renommée.  Si  furent  lors  dedens  Baugensy 
jusques  au  nombre  de  viii^*  combatans,  gens  de  bonne 
estoffe. 

1014.  Comment  les  Anglois  estans  à  Jenvilie  furent  ad- 
vertis  de  la  prinse  de  Ghergeauz  et  de  Meun ,  et  de  la 
venue  du  seigneur  de  Thalbot.  XII. 

Les  capittaines  anglois  dessus  nommez  estans  à 
Jenvilie,  furent  advertis  que  nouvellement  les  Fran- 
chois  à  grant  puissance  d'armes  avoient  prins  d'assault 
la  ville  de  Ghergeauz,  ainsi  comme  il  a  esté  dit  ou 
chapittre  précèdent,  et  mis  en  leur  obéissance  la  ville 
de  Meun,  tenant  tousjours  leur  siège  devant  Baugensy. 
Lesqueles  U'Ouvelles  leur  furent  en  moult  grant  des- 
plaisance ,  mais  amender  ne  le  peurent  quant  au  pré- 
sent. Si  se  misrent  en  conseil  pour  avoir  advis  tous 
ensamble  sur  ce  qu'ilz  avoient  h  faire.  Et  ainsi  comme 


1 .  John. 

3.  La  Ferté- Hubert. 


284  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429] 

ilz  estoient  en  ce  conseil ,  entra  en  la  ville  le  seigneur 
de  Thalboth ,  atout  environ  quarante  lanches  et  deux 
cens  arcliiers  ;  de  la  venue  duquel  furent  les  Anglois 
moult  joyeulz.  Ce  fut  raison,  car  on  le  tenoit,  pour  ce 
tempz,  estre  le  plus  sage  et  vaillant  chevallier  du 
royaulme  d'Engleterre. 

Quant  le  dit  seigneur  de  Thalbot  fut  descendu  en 
son  lîostel ,  messire  Jehan  Fastre ,   messire  Thomas 
Rameston   et  les  autres  seigneurs  Anglois   l'allerent 
bienviengnier  et  reverender,  luy  demandant  de  ses 
nouvelles;  lequel  leur  en  dist  ce  qu'il  en  estoit,  puis 
s'en  allèrent  disner  tous  ensamble.  Et  quant  les  tables 
furent  ostees,  ilz  entrèrent  en  une  chambre  à  conseil, 
où  maintes  choses  furent  ataintes  et  debatues;  car 
messire  Jehan  Fastre,  que  l'on  tenoit  moult  sage  et 
vaillant  chevallier,  fist  maintes  remonstrances  au  sei- 
gneur de  Thalbot  et  auz  autres,  disant  comment  ilz 
scavoient  bien  la  perte  de  leurs  gens  de  devant  Or- 
hens,   de  Ghergeauz  et  autres  lieux;  pour  lesqueles 
choses  estoient  ceulz  de  leur  parti  moult  amatis  et 
effraez,  et  leurs  annemis,  au  contraire,  moult  fort 
s'en  esjouissoient,  exaltoient  et  resviguoroient  ;  pour- 
quoy  il  conseilloit  de  non  aller  plus  avant  et  laissier 
faire  auz  assegiés  de  Baugensy,  en  prendant  le  meilleur 
traitié  qu'ilz  pourroient  avoir  auz  François;  sisetyras- 
sent  entreulz  es  villes,  cliasteaulz  et  forteresses  tenans 
leur  party,  et  qu'ilz  ne  combatissent  point  leurs  an- 
nemys  si  en  haste  jusques  à  ce  que  ilz  feussent  plus 
asseurez,  et  aussi  que  leurs  gens  feussent  à  eulz  venus, 
que  le  duc  de  Bethfort,  régent,  leur  debvoit  envoier. 
Lesqueles  remonstrances  faites  en  ycelluy  conseil 
par  ledit  messire  Jehan  Fastre,  ne  furent  pas  bien 


[1429]         CINQUIEME  PARTIE,  LIVRE  IV,  XII.  28B 

agréables  à  aulcuns  des  aultres  capittaines  ;  en  especial 
au  seigneur  de  Thalbot,  lequel  dist  que  s'il  n'avoit 
que  sa  gent  et  ceulz  qui  le  volroient  ensievir,  si  les 
yroit  il  combatre  à  l'ayde  de  Dieu  et  de  monseigneur 
Saint  George.  ^ 

Lors  messire  Jehan  Fastre ,  voyant  que  nulle  excu- 
sation  ou  remonstrances  n'y  valloit,  ne  ses  parolles 
n'y  avoient  lieu,  il  se  leva  du  conseil.  Aussi  firent 
tous  les  autres,  et  s'en  allèrent  cbascun  en  son  logis. 
Si  fut  commandé  auz  capittaines  et  chiefz  d'escadres 
que  lendemain  au  matin ,  feussent  tous  pretz  pour 
eulz  mettre  sur  les  champz,  et  aller  où  leurs  souverains 
leur  ordonneroient.  Et  ainsi  se  passa  ceste  nuit;  puis, 
au  matin,  issirent  tous  de  la  porte,  et  se  misrent  auz 
plains  champs  estandars,  penons  et  guidons.  Et  lors, 
aprez  que  tous  furent  en  ordonriance  issus  de  la  ditte 
ville,  tous  les  capittaines  se  tyrerent  de  rechief  en- 
samble  en  ung  tropel  emmy  le  champ,  et  illec  parla 
ancores  à  eulz  messire  Jehan  Fastre,  disant  et  remon- 
strant  pluiseurs  raisons  tendans  à  fin  de  non  passer 
plus  avant;  mettant  au  devant  de  leurs  entendemens 
tous  les  doubtes  des  dangereux  perilz  qu'ilz  povoient 
bien  encourre ,  selon  son  ymagination  ;  et  aussi  ilz 
n'estoient  que  une  poignié  de  gens  au  regard  des 
François ,  certiffîant  que,  se  la  fortune  tournoit  maul- 
vaise  sur  eulz,  tout  ce  que  le  feu  roy  Henry  avoit  conc- 
quis  en  France ,  à  grant  labeur  et  long  terme  ,  seroit 
en  voye  de  perdition  :  pourquoy  il  voulroit  mieulz  lui 
peu  soy  reffraindre ,  et  atendre  leur  puissance  estre 
renforcée. 

Ces  remonstrances  ne  furent  pas  ancores  agréables 
au   seigneur  de  Thalbot,   ne  aussi  à  aulcuns  autres 


286  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429] 

chiefz  de  la  dite  armée.  Pourquoy  messire  Jehan 
Fastre,  voiant  que  nulle  quelconcque  remonstrance 
qu'il  sceust  faire ,  ne  povoit  prouffiter  à  ses  dis  com- 
paignons  retraire  de  leur  emprinse  volloir  parsievir,  il 
commanda  auz  estandars  qu'ilz  prensissent  le  droit 
chemin  vers  Meun.  Si  veissiés  de  toutes  pars  parmy 
celle  Beausse,  qui  est  ample  et  large,  les  Anglois  che- 
vaulchier  en  très  belle  ordonnance  ;  puis  ,  quant  ilz 
parvindrent  ainsi  comme  à  une  lieue  prez  de  Meun,  et 
assez  près  de  Baugensi,  les  François,  advertis  de  leurs 
venue,  eulz  environ  vi""  combatans,  dont  estoient  les 
chiefz  Jehanne  la  Pucelle,  le  duc  d'Alenchon,  le  bas- 
tard  d'Orlyens*,  le  marissal  de  la  Fayette,  la  Hyre, 
Pothon  et  autres  capittaines,  se  rengerent  et  misrent 
en  battaille  sur  une  petite  montaignette,  pour  mieulz 
veoir,  et  véritablement  la  contenance  des  Anglois.  Les- 
quelz,  plainement  parchevans  que  Franchois  estoient 
rengiés  par  manière  de  battaille,  cuidans  que  de  fait 
les  deussent  venir  combattre,  prestement  fut  fait  com- 
mandement exprès,  de  par  le  roy  Henry  d'Engleterre, 
que  chascun  se  meist  à  pie,  et  que  tous  archiers  eussent 
leurs  penchons  estoquiez  ^  devant  eulz,  ainsi  comme 
ilz  ont  coustume  de  faire  quant  ilz  cuident  estre 
combatus.  Puis  envoierent  deux  heraulz  devers  lesdis 
François,  quant  ilz  veyrent  qu'ilz  ne  se  mouvoient  de 
leurs  lieux,  disans  qu'ils  estoient  trois  chevalliers  quy 
les  combatroient  se  ilz  avoient  hardement  de  descendre 


1.  Jean  d'Orléans,  comte  de  Dunois,  fils  naturel  de  Louis  de  France 
et  de  Mariette  d'Enghien,  femme  d'Aubert  le  Flamenc,  seigneur  de  Cany. 
Mort  le  24  novembre  1468  (Anselme,  I,  212). 

2.  C'est-à-dire  leurs  pieux  en  arrêt,  présentant  la  pointe  à  l'ennemi. 
[Note  de  M.  Quicherat.) 


[1429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xiii.  287 

le  mont  et  venir  vers  eiilz.  Ausquelz  responce  fut  faite 
de  par  les  gens  de  la  Pucelle  :  «  Allez  vous  logier  pour 
maisliuy,  car  il  est  assez  tard;  mais  demain,  au  plaisir 
de  Dieu  et  de  Nostre  Dame,  nous  vous  verrons  de 
plus  prez.  » 

Alors  les  seigneurs  anglois,  voians  qu'ilz  ne  ser- 
roient  point  combatus,  se  partirent  de  celle  place, 
et  clievaulcherent  vers  Meun ,  où  ils  se  logèrent  celle 
nuit,  car  ilz  ne  trouvèrent  nulle  resistence  en  la 
ville,  fors  tant  seullement  que  le  pont  se  tenoit  pour 
les  François.  Si  fut  conclu  illec  par  les  capittaines 
anglois  qu'ilz  feroient  celle  nuit  battre  ledit  pont  par 
leurs  engiens,  canons  et  veuguelaires ,  adfm  d'avoir 
passage  de  l'autre  costé  de  la  rivière.  Et  ainsi  le  firent 
les  Anglois  qu'ilz  l'avoient  proposé  ceste  nuit,  laquele 
ilz  geurent  à  Meun  jusques  à  lendemain. 

Or,  retournerons  auz  François  quy  estoient  devant 
Baugensy  ;  et  dirons  des  Anglois  quant  lieu  et  tempz 
sera. 

1015.  Comment  les  François  eurent  par  composition  le 
chastel  de  Baugensi,  que  tenoient  les  Anglois,  et  de  la 
journée  que  les  Anglois  perdirent  à  Pathai  contre  les 
François*.  XIII. 

Comme  vous  avez  oy,  les  Anglois  estoient  logiez  à 
Meun,  et  les  François  devant  Baugensy  à  siège,  où 
ilz  constraignoient  moult  fort  la  garnison  de  dedens, 
en  leur  faisant  entendre  que  le  secours  qu'ilz  aten- 
doient  (ne  vendroit  pas);  leur  faisant  entendre  aussi 

1 .  Les  passages  de  ce  chapitre  qui  concernent  l'armée  française  sont 
empruntés  à  Monstrelet  (V.,  cha p.  Lxi;. 


288  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429] 

qu'ilz  s'en  estoient  retournez  ^ers  Paris.  Laquele  chose 
voiant  et  oiant  lesdis  assegiés,  avec  autres  pluiseurs 
samblables  parolles  que  leur  disoient  les  François, 
ne  sceurent  pas  bonnement  en  quel  parti  de  conseil 
eulz  arrester  pour  le  meilleur  et  plus  prouffitable  ;  con- 
sidérant que  par  la  renommée  de  Jebanne  la  Pucelle , 
les  courages  anglois  estoient  fort  altérez  et  faillis.  Et 
veoient ,  ce  leur  sambloit ,  fortune  tourner  sa  roe  ru- 
dement à  leur  contraire,  car  ilz  avoient  desjà  perdu 
pluiseurs  villes  et  forteresses  qui  s'estoient  remises  en 
l'obéissance  du  roy  de  France,  principalement  par 
les  entreprinses  de  la  dite  Pucelle,  les  ungz  par  force, 
les  autres  par  traitië;  si  veoient  leurs  gens  amatis, 
et  ne  les  trouvoient  pas  maintenant  de  tel  ou  si  ferme 
propos  de  prudence  qu'ilz  avoient  acouslumé;  ains 
estoient  tous,  ce  leur  sambloit,  très  desirans  d'eulz 
retraire  sur  les  marches  de  Northmandie,  habandon- 
nant  ce  qu'ilz  tenoient  en  l'Isle  de  France  et  là  en- 
viron. 

Toutes  ces  choses  considérées,  et  autres  pluiseurs 
qui  sourvenoient  en  leurs  ymaginations ,  ilz  ne  sca- 
voient  quel  conseil  eslire,  car  ilz  n'estoient  pas  adcer- 
tenez  d'avoir  brief  secours;  mais  se  ilz  eussent  sceu 
qu'il  estoit  si  prez  d'eulz,  ilz  ne  se  feussent  pas  sitost 
rendus.  Touteffois  finablement,  toutes  considérées  les 
doubtes  que  ilz  admetoient  en  leur  fait,  firent  traitié 
aux  François  au  mieulx  qu'ils  peurent,  par  condition 
que  sauivement  s'en  yroient  et  emmenroient  tous  leurs 
biens,  et  la  place  demourroit  en  l'obéissance  du  roy 
Charles  et  de  ses  commis. 

Lequel  traitié  ainsi  fait ,  le  samedy  au  matin  se 
départirent  les  Anglois ,  prenant  le  chemin  vers  Paris, 


[1429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xiii.  289 

tout  parmy  la  Beausse ,  et  les  François  entrèrent 
dedens  Baugensy.  Puis  prindrent  conclusion ,  par 
l'enbort  de  la  Pucelle  Jehanne,  que  lors  yroient  que- 
rant  les  Anglois  jusques  à  ce  qu'ilz  les  auroient  trou- 
vez en  plaine  Beausse ,  à  leur  avantage,  et  que  là  les 
combaleroient  ;  car  il  n'estoit  pas  doubte  que  les 
Anglois,  quant  ilz  scauroient  la  reddition  de  Bau- 
gensi,  ne  s'en  retournassent  parmy  la  Beausse  vers 
Paris,  oi^i  il  leur  sambloit  qu'ilz  en  auroient  bon 
marcbié. 

Or  doncques  lesdis  François,  pour  parvenir  à  leur 
emprinse,  se  misrent  auz  plains  cbampz.  Si  leur 
aplouvoient  et  venoient  cbascun  jour  gens  nouveaulz 
de  lieux  divers.  Si  furent  adont  ordonnez  le  connes- 
table  de  France,  le  marissal  de  Bousac',  la  Hire, 
Potlion  et  autres  capittaines ,  à  faire  l'avantgarde;  et 
le  sourplus,  comme  le  duc  d'Alencbon  ,  le  bastard 
d'Orlyens,  le  marissal  de  Bays',  estoient  les  conduc- 
teurs de  la  battaille  et  sievoient  assez  de  prez  ladite 
avantgarde.  Si  povoient  estre  yceulz  François  en  tout 
de  XII  à  xini'"  combatans.  Si  fut  lors  demandé  (à  la 
Pucelle)  par  aulcuns  des  Princes  et  principaulz  capit- 
taines là  estans,  quel  chose  il  lui  sambloit  de  présent 
bonne  à  faire.  Laijuele  respondy  qu'elle  estoit  cer- 
taine et  scavoit  verital^lement  que  les  Anglois,  leurs 
annemis,  les  atendoient  pour  les  combatre  ;  disant 
oultre  que,  ou  nom  de  Dieu ,  on  clievaiilchast  avant 


^ .  Jean  de  la  Brosse,  seigneur  de  Sainte-Sevère,  de  }3oussac,  fut  pourvu 
de  l'ofûce  de  maréchal  de  France  le  26  mai  1423.  Mort  en  H3',\  (An- 
selme, VII,  71), 

2.  André  de  Laval,  seigneur  de  Loheac  et  de  Rais,  ainiial  et  maréchal 
de  France.  Mort  en  1-486  (Anselme,  VII,  72). 

I  19 


290  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [U29] 

coPilre  eulx,  et  qu'iiz  seroieiit  vaincus.  Aulciins  luy 
demandèrent  où  on  les  UouYeroit  :  aiisquelz  elle  fist 
response  qu'on  che\aulcliast  sceurement  et  que  l'en 
auroit  bon  conduit.  Si  se  misrent  les  battailles  des 
François  à  chemin  en  bonne  ordonnance,  aiant  les 
plus  experts,  montez  sur  fleurs  de  chevaulz  jusques  à 
Lx  ou  nn"  hommes ,  mis  devant  pour  descouvrir.  Et 
ainsi  par  lonsçue  espace  chevaulchant  ce  samedy,  es- 
loient  assez  prez  de  leurs  anoemis  les  Anglois,  comme 
cy  aprez  porrez  oyr. 

Quant  doncques  les  Anglois  qui  s'estoient  logiés  à 

Meun,  ainsi  comme  il  a  esté  dit  cy  dessus,  en  inten- 

cion    de   guaignier  le  pont,   adfui  de   rafreschir   de 

vivres  la  garnison  de  Baugensy  qui  dès  le  soir  devant 

s'estoient  rendus  aux  François  (dont  lesdis  Anglois  ne 

scavoient  rien,  car  ce  samedy,  environ  vin  heures  du 

matin  que  les  capittaines  eurent  oy  messe,  il  fut  cryé 

et  publié  parmy  l'ost  ([ue  chascun  se  preparast  et  mist 

en  point,  garnis  de  pavaix,  huys  et  fenestres,  avoec 

autres  habillemens    nécessaires,    pour  assaillir   ledit 

pont  qui  la  nuit  paravant  avoit  esté  rudement  battu 

de  nos  engiens),  si  advint,  ainsi  comme  tous  estions 

garnis  de  ce  que  besoing  nous  estoit  pour  l'assault  et 

prestz  à  partir  pour  commencier,  que,  droit  à  ceste 

heure,  arriva  ung  poursievant,  lequel  venoittout  droit 

de  Baugensy.  Si  dist  aux  seigneurs,  nos  capittaines, 

que  ladite  ville  et  chastel  de  Baugensy  estoient  en  la 

main  des  François  et  que,  dès  qu'il  party,  ilz  se  met- 

toient  auz  cliampz  pour  les  venir  combattre. 

Alors  lut  prestement  commandé  en  tous  les  quar- 
tiers par  les  capittaines  anglois,  que  toutes  manières 
de  gens  laissassent  l'assault  ;  sy  se  tyrast  on  auz  champz  ; 


[1429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE   IV,   xiii.  29i 

et  que,  à  mesure  que  on  isteroit  auz  cliampz  hors  de 
la  ville,  chascun  en  droit  soy  se  meist  en  ordonnance 
de  belle  battaille.  Laquele  chose  fut  faite  moult 
agreement.  L'advangarde  se  mist  premiers  à  chemin , 
laquele  conduissoit  ung  chevallier  anglois  quy  portoit 
ung  estendart  blancq  ;  puis  mist  on  entre  l'advangarde 
et  la  battaille,  l'artillerie,  vivres  et  marchans  de  tous 
estas.  Aprez  venoit  la  battaille,  dont  estoient  conduc- 
teurs messire  Jehan  Fastre,  le  seigneur  de  Thalbot, 
messire  Thomas  Rameston  et  autres.  Puis  chevaul- 
clîoit  l'arrieregarde,  quy  estoit  de  purains  anglois. 

Quant  ceste  compaignie  fut  auz  plains  champz ,  on 
prinst  le  chemin,  chevaulchant  en  belle  ordonnance, 
vers  Pathay,  tant  que  l'en  vint  à  une  lieue  prez  ;  et 
illec  s'arresterent ,  car  ilz  furent  advei-tis  à  la  vérité 
par  les  coureurs  de  leur  arrieregarde ,  qu'ilz  avoient 
veu  venir  grans  gens  aprez  eulz,  lesquelz  ilz  espe- 
roient  estre  François.  Et  lors,  pour  en  scavoir  la  vé- 
rité, les  seigneurs  anglois  les  envolèrent  chevaulchier 
aulcuns  de  leurs  gens;  lesquelz  tantost  retournèrent, 
et  firent  relation  ausdis  seigneurs  que  les  François 
venoient  aprez  eulz  raddement  chevaulchant ,  une 
moult  grosse  puissance  :  comme  assez  tost  aprez  on 
les  vey  venir.  Si  fut  ordonné  par  nos  capittaines  que 
ceulz  de  l'advangarde ,  les  marchans,  vitailles  et  artil- 
lerie yroient  devant  prendre  place  tout  au  long  des 
haies  qui  estoient  auprez  de  Pathay.  Laquele  chose  fut 
ainsi  faite.  Puis  marcha  la  battaille  tant  que  on  vint 
entre  deux  fortes  hayes  par  où  il  convenoit  les  Fran- 
çois passer.  Et  adont  le  seigneur  de  Thalbot,  voiant 
ledit  lieu  assez  advantageuz,  dist  qu'il  descenderoit  à 
pié  atout  v"  archieis  d'eslite,  et  que  là  se  tendroit, 


292  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [U29] 

gardant  le  passage  contre  les  François,  jusques  à  tant 
que  la  baltaille  et  l'arrieregarde  serroient  joinctes.  Et 
prinst  le  dit  Tlialbot  place  auz  hayes  de  Patbay,  avec 
l'avantgarde  quy  là  les  atendoit.  Et  ainsi  le  seigneur 
de  Thalbot,  gardant  cest  estroit  passage  alencontre  des 
annemis,  esperoit  de  soy  revenir  joindre  avec  la  bat- 
taille  en  costoiant  lesdites  bayes,  voulsissent  ou  non 
les  François;  mais  il  en  fut  tout  autrement. 

Moult  radement  venoient  les  François  aprez  leurs 
annemis,  lesquelz  ancores  ilz  ne  povoientpas  cboisir, 
ne  ne  scavoient  le  lieu  où  ilz  estoient,  tant  que 
d'avanture  les  avant  coureurs  veyrent  ung  clierf  partir 
bors  des  bois,  lequel  prinst  son  cbemin  vers  Patbay 
et  s'en  alla  ferir  parmy  la  l)attaille  des  Anglois  :  par- 
quoy  ilz  esleverent  ung  moult  liault  cry,  non  sachant 
que  leurs  annemis  feussent  si  prez  d'eulz.  Oyant  lequel 
cry  les  dessus  dis  coureurs  François ,  ilz  furent  adcer- 
tenez  que  c'estoient  les  Anglois ,  et  aussi  les  veyrent 
tost  aprez  tout  plainement.  Si  envolèrent  aulcuns 
compaignons  noncbier  à  leurs  capittaines  ce  qu'ilz 
avoient  veu  et  trouvé,  en  leur  faisant  scavoir  que  par 
bonne  ordonnance  ilz  cbevaulcbassent  avant ,  et  (ju'il 
esloit  beure  de  besongnier.  Lesquelz  promptement 
se  préparèrent  de  tous  poins  et  cbevaulcberent  tant 
qu'ilz  veyrent  tout  plainement  iceulz  Anglois. 

Quant  doncques  les  dis  Anglois  veyrent  les  François 
eulz  approcbier  de  si  prez,  ilz  se  basterent  le  plus 
qu'ilz  peurent,  adfin  de  eulz  joindre  auz  bayes  avant 
leur  venue;  mais  tant  ne  seurent  exploitier  que,  avant 
ce  que  ilz  feussent  ensamble  joinclz  esdites  bayes  à 
leur  avangarde,  les  François  s'estoient  feruz  à  l'estroit 
passage  où  estoit  le  seigneur  de'Fbalbot.  Et  alors  mes- 


[1429]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xm.  293 

sire  Jehan  Faste  tyraiit  et  chevaulcliant  vers  l'avan- 
^avde  pour  se  joindre  avec  eulz,  ceulz  de  ladite  avan- 
garde  cuiderent  que  tout  fust  perdu  et  que  les  batlailles 
fuissent.  Pourquoy  ledit  capittaine  de  l'avangarde , 
cuidant  pour  vérité  que  ainsi  Teust,  atout  son  estentlart 
blancq,  luy  et  ses  gens  prindrent  la  fuite  et  liabandon- 
nerent  la  baye, 

Adont  messire  Jelian  Fastre ,  voiant  le  dangier  de 
la  fuite,  cognoissant  tout  très  mal  aller,  eut  conseil  de 
soy  sauver.  Et  luy  fut  dit,  moj.,  acteur,  estant  présent, 
qu'il  prensist  garde  à  sa  personne,  car  la  battaille 
estoit  perdue  pour  eulz.  Lequel  à  toutes  fins  voulloit 
rentrer  en  la  battaille^  et  illec  actendre  l'adventure  tele 
que  Nostre  Seigneur  luy  volroit  envoier;  disant  que 
mieulz  amoit  estre  mors  ou  prins  que  bonteusement 
fuyr  et  ainsi  ses  gens  babandonner.  Et  anchois  qu'il 
se  volsist  partir,  avoient  les  François  rué  jus  le  sei- 
gneur de  Tbalbot ,  lui  prins  prisonnier'  et  tous  ses 
gens  mors.  Et  si  estoient  desjà  lesdis  François  si  avant 
en  la  battaille  que  ilz  povoient,  à  leur  vouUenté, 
prendre  ou  occire  ceulz  que  bon  leur  sembloit.  Et 
finablement  les  Anglois  y  furent  desconfis  à  peu  de 
perte  des  François.  Si  y  morut  de  la  partie  desdis 
Anglois  bien  deux  mille  hommes,  et  deux  cens  pri- 
sonniers. 

Ainsi  comme  vous  oez  alla  ceste  besongne.  Laquele 
chose  voiant  messire  Jehan  Fastre,  s'en  party  moult 
envis,  à  moult  petite  compaignie ,  démenant  le  plus 
grant  duel  que  jamais  veisse  faire  à  homme.  Et  pour 


1 .   Il  fut  échangé,  quatre  ans  après,  contre  Anibroiso  de  Lore  (Oug- 
dale,  1,329). 


294  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1420] 

vérité,  se  léust  reboulté  en  la  iDattaille,  se  n'eussent 
esté  ceulz  qiiy  avec  liiy  estoient,  especialement  mes- 
sire  Jehan,  l}astard  de  Tliian^,  et  autres,  quy  l'en  des- 
tourberent^  Si  prinst  son  chemin  vers  Estampes,  et 
moj^  je  le  sievis  comme  mon  capittaine ,  auquel  le 
duc  de  Betfort  m'avoit  commandé  obeyr  et  mesmes 
servir  sa  personne.   Si  venismes,  environ   heure  de 

1 .  Jean  de  Thien  ,  dit  le  Eàtard  ,  fait  elievalier  au  siège  de  Meaux 
en  1422  ,  «  qui  autrefois  avoit  esté  grant  capitaine  avec  les  rcgeus 
des  compagnies  ,  sous  le  duc  Jcîian  de  Bourgogne.  »  (Monstrelet,  IV, 
cbap.  ccLxix).  Etait  capitaine  de  Senlis  dès  1428  (BIb.  inip.,  Mss., 
n°  9-436  ^'  ^*,  fol.  17  verso).  Par  lettres  datées  de  Rouen  le  19  octobre  1430, 
il  est  désigné  comme  étant  no  w  elle  nient  bailli  de  Senlis  (Eib.  imp.,  Mss., 
Fonds  Gaignières ,  n°771,  p.  97).  Eait  prisonnier  par  les  Anglais  au 
siège  de  Meaux,  en  juillet  1439,  il  fut  aussitôt  décapité  (Monstrelet,  VII, 
cbap.  ccxxxix). 

2.  Voici  comme  ce  fait  tst  raconté  par  Monstrelet  (V,  cbap.  lxI;  :  a  A 
la  journée  de  la  bataille  de  Patay,  avaiU  que  les  Anglois  sussent  la  venue 
de  leurs  ennemis,  messire  Jean  Fascot,  qui  cstoit  un  des  principaux  ca- 
pitaines..., s'assembla  en  conseil  avecque  les  autres,  et  fît  plusieurs  re- 
montrances :  c'est  à  savoir,  comment  ils  savoient  la  perte  de  leurs  gens 
que  les  François  avoient  fait  devant  Orléans  et  Jargeau,  et  en  aucuns  au- 
tres lieux,  pour  lesquelles  ils  avoient  du  pire  ;  et  estoient  leurs  gens  moult 
ébabis  et  effrayés,  et  leurs  ennemis ,  au  contraire,  estoient  moult  enor- 
gueillis et  résignés.  Pourquoi  il  conseilla  qu'ils  se  retrabissent  aux  cbasteaux 
et  lieux  tenant  sonuarti  àl'environ,  et  qu'ils  ne  combattissent  point  leurs 
ennemis  si  en  baste,  jusques  à  ce  qu'ils  fussent  mieux  rassurés  ;  et  aussi  que 
leurs  gens  fussent  venus  d'Angleterre,  que  le  régent  devoit  envoyer  briève- 
ment. Lesquelles  remontrances  ne  furent  point  bien  agréables  à  aucuns  des 
capitaines,  et  par  especial  à  messire  Jean  de  Talbot  ;  et  dit,  que  si  les  en- 
nemis venoient,  qu'il  les  combattroit.  Et  par  esjoecial,  comme  le  dit  Fas- 
cot  s'enfuit  de  la  bataille  sans  coup  férir,  pour  cette  cause  grandement 
lui  fut  reprocbé  quand  il  vint  devers  le  duc  de  Bedfort,  son  seigneur  ;  et 
en  conclusion,  lui  fut  osté  l'Ordre  du  blanc  jarretier,  qu'il  portait  entour 
la  jambe.  Mais  depuis,  tant  en  partie  comme  pour  les  dessusdites  remon- 
trances qu'il  avoit  faites,  qui  sembloient  assez  raisonnables ,  comme  pour 
plusieurs  autres  excusances  qu'il  mit  avant,  lui  fut,  par  sentence  de  pro- 
cès, rebaillée  ladite  Ordre  de  la   Jarretière ,  jà  soit  ce  qu'il  en  sourdit 
grant  débat,  depuis,  entre  icelui  Fascot  et  sire  Jean  de  Talbot,  quant  il 
fut  retourné  d'eslre  prisonnier  de  la  bataille  dessusditc.  s 


[1429]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  IV,  xiii.  '2\):i 

myenuit,  à  Estampes,  où  nous  geusmes,  et  lendemain 
à  Corboeil. 

Ainsi,  comme  vous  oez,  oblindrent  François  la  vie- 
tore  au  dit  lieu  de  Patliai,  où  ilz  geurent  ceste  imit, 
regraciant  Nostre  Seigneur  de  leur  belle  adventure 
advenue.  Et  lendemain  se  deslogerent  dudit  lieu  de 
Patbai,  qui  sied  à  deux  lieues  de  Jen ville;  pour  la- 
quele  place  ainsi  appelée ,  ceste  battaille  portera  per- 
petuelement  nom,  la  Journée  de  Pathay.  Et  de  là  s'en 
allèrent,  atout  leur  proye  et  prisonniers,  à  Orlyens,  où 
ilz  furent  généralement  de  tout  le  peuple  conjoys  :  et 
par  especial  sur  tous  autres,  Jebanne  la  Pucelle  ac- 
quist  en  ycelles  besongnes  si  grant  loenge  et  renommée 
qu'il  sembloit  véritablement  à  toutes  gens  que  les  an- 
nemis  du  roy  Cbarles  n'eussent  puissance  de  résister 
en  quelque  lieu  où  elle  feust  présente ,  et  que  brief- 
ment ,  par  son  moyen ,  le  dit  roy  dut  estre  remis  en 
son  royaulme,  maulgré  tous  ceux  ceulz  quy  y  volroienl 
contredire. 

Aprez  ceste  belle  victore,  s'en  allèrent  tous  les 
capittaines  francois  qui  là  estoient,  avec  eulz  Jebanne 
la  Pucelle,  devers  le  roy  Cbarles,  qui  mouilles  conjoy 
et  grandement  remercya  de  leur  bon  service  et  dilli- 
gence.  Lesquelz  lui  dirent  que,  sur  tous,  en  devoit 
scavoir  gré  à  ladite  Pucelle,  qui  dès  ceste  beure  fut 
retenue  du  privé  conseil  du  roy.  Et  là  fut  il  conclut! 
d'assambler  le  plus  grand  nombre  de  gens  de  guerre 
que  l'en  porroit  finer  parmy  les  pays  au  dit  roy  obéis- 
sans,  adfin  qu'il  se  peusl  bouler  avant  en  pays,  et  ses 
annemis  poursievir. 


296  CROJNICQUES  D'ENGLETERRE.  [1429-30] 

1016.  Gomment  les  nouvelles  vindrent  au  duc  de  Betlifoit 
de  la  perte  de  ses  gens.  XIIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  lxi-lxh. 

1017.  Comment  Charles  de  France  envola  de  ses  meilleurs 
gens  en  la  ville  d'Orlyens.  XV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  cil.  LXiii. 

1018.  Comment  ceulx  de  Challons,  de  Rains  et  autres 
forteresses  se  retournèrent  et  firent  obéissance  au  roy 
Charles.  XVI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxiv. 

1019.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent,  vint  à  Mons- 
treau  fault  Yonne  pour  combatre  le  roy  Charles ,  et  les 
lettres  qu'il  luy  envoya.  XVIJ. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxv. 

1020.  Comment  le  duc  de  Bethfort  retourna  en  Tlsle  de 
France  et  le  sievy  le  roi  Charles.  XVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxvi. 

1021.  Comment  le  roy  Charles  envoya  ses  ambaxadeurs  à 
Arras  devers  le  duc  de  Bourgoigne.  XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  lxvii. 

Les  ambassadeurs  du  roi   Charles   VII  logèrent  à  Arras,  dit 
Wavrin  ,  sur  le  grant  marchié^  à  l'enseigne  de  la  Clef. 

1022.  Cy  fait  mention  en  brief  de  aulcunes  places  prinses 
par  les  François  sur  ceulz  tenans  la  partie  du  roy  d'En- 
gleterre.  '  XX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  lxvhi-lxix. 

1023.  Comment  le  roy  Charles  s'en  retourna  de  Compien- 
gne  à  Senlis  et  en  Tlsle  de  France,  et  comment  il  fist 
assaillir  Paris.  XXI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxx-Lxxni. 

1024.  Comment  le  duc  de  Bethfort,  régent,  fist  assegier  et 
reconcquerre  le  ChasteauGaillart.  XXII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxxiv-Lxxvi. 


[1430]     CINQUIÈME  PARTIE ,  LIVRE  IV,  xiv-xxxii.         297 

Le  chastel  de  Trosi  était ,  ajoute  Wavrin ,   scant  ou  pays   de 
Chaiilz. 

1025.  Comment  messire  Thomas  Quirel  alla  courre  en 
Beauvoisis ,  ou  quel  voyage  il  fut  assailly  des  François, 
lesquelz  furent  par  luy  et  ses  gens  reboulez.  XXllJ. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  lxxm-lxxxhi. 

1026.  Comment  Jehanne  la  Pucelle  fut  prinse.  XXIV. 
Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  lxxxti. 

1027.  Comment  le  jenne  roy  Henry  d'Engleterre  vint  à 
Callaix,  et  de  là  en  France.  XXV. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  LxxxYH. 

1028.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  et  ses  gens  se  logè- 
rent devant  Compiengne.  XXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  Lxxxvni. 

1029.  Comment  le  conte  de  Hontiton  vint  devant  Com- 
piengne en  l'ayde  du  duc  de  Bourgoigne.  XXVII. 

Cf.  Monst.,  t.V,  ch.  xci,  xcni. 

1030.  Comment  messire  Jehan  de  Luxembourg  eut  la 
charge    et    gouvernement    du    siège    de    Compiengne. 

XXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xciv. 

1031.  Comment  le  duc  de  Norfort,  anglois,  régna  lors  en 
ITsle  de  France.  XXIX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  XCIV. 

1032.  Comment  les  François  vindrent  devant  Compiengne, 
où  le  siesfe  fut  levé.  XXX. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xcvr. 

1033.  Comment  les  François  de  Compiengne  se  gouvernè- 
rent depuis  cest  heure.  XXXI. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  xcvi,  xcvn,  xcix. 

1034.  Comment  Pothon  de  Sainte  Treille  et  messire  Loys 
de  Vancourt  furent  prins  des  Anglois.  XXXII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  CI. 


298  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1431] 

1035.  Gomment  le  seigneur  de  Barbasan  mist  le  siège 
devant  le  chastel  d'Englure  que  tenoient  les  Bourgui- 
gnons. XXXJII. 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  crv. 

1036.  Comment  Jehanne  la  Pucelle  fut  condempnee  à  estre 
arse  en  la  ville  de  Rouen,  avec  la  teneur  des  lettres 
que  le  jenne  roi  d'Engleterre  rescripvit  au  duc  Plielippe 
de  Boui'goiffne.  XXXIV, 

Cf.  Monst.,  t.  V,  ch.  cv. 


Cy  prent  fin  le  quatriesme  livre  de  ce  V*  volume^  et  s'ensievia 
le  V'  livre. 


[1431-32]     CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  i  vi,  299 


LIVRE    V. 


1037.  Cy  commence  le  Y^  livre,  lequel  contient  en  soy 
XLv  chapittres.  Ou  premier  desquelz  il  commence  à 
parler  de  la  venue  du  jeune  roy  Henry  d'Engleterre  à 
Paris,  où  il  fut  couronné  à  roy  de  France.  I. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cix. 

1038.  Comment  le  seigneur  de  Lilladan  fut  restitué  maris- 
sal  de  France  de  par  le  roy  Henry  :  et  comment  les 
François  cuiderent  prendre  le  cliastel  de  Rouen.  II. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxi-cxiii. 

1039.  Comment  messire  Thomas  Quiiel  estoit  commis 
capittaine  du  chastel  de  Clermont  apartenant  à  Charles, 
duc  de  Bourbon.  Hl. 

Cf.  Monst.,  t.  yi,  ch.  cxv,  cxvn-cxvni. 

1040.  Comment  le  bolleverl  de  Laigny  sur  Marne  fut  prins 
des  Anglois.  IILI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxix. 

1041.  Comment  le  gouverneur  de  Thonnoirc  et  le  sei- 
gneur d'Aumont  allèrent  servir  le  duc  de  Bethfort,  par 
l'ordonnance  du  duc  de  Bourgoigne.  V. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch,  cxx. 
Wavrin  donne  au  lx\tard  de  Dampierre  le  pienom  de  Jehan. 

1042.  Comment  le  duc  de  Bethfort  assambla  grant  puis- 
sance pour  mettre  le  siège  devant  Laigny.  VI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxxi,  cxxiv,  cxxvi. 


300  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1432-33] 

1043.  Comment  Anne,  ducesse  de  Betlifort,  seur  au  duc 
Phelippe  de  Bourgoigna ,  irespassa  en  la  ville  de 
Paris.  VII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxxvni. 

1044.  Comment  le  duc  de  Bethfort  espousa  la  fille  au  conte 
de  Saint  Pol.  VHI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxxxvi-cxxx\n. 

1045.  Comment  le  cardinal  d'Engleterre,  et  les  ducz  de 
Bethfort  et  de  Bourgoigne,  vindrent  à  Saint  Orner.  IX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxxxvm. 

1046.  Comment,  en  cest  année,  fut  tenu  le  concilie  de 
Balle,  où  estoit  l'Empereur  Sigismond  d'AUemaigue,  roy 
d'AUemans  et  Rommains,  et  pluiseurs  autres  grans  sei- 
gneurs de  diverses  nations.  X. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cli, 

1047.  Comment  la  ville  et  cbasteau  de  Prouvins,  en  Brye, 
furent  prins  des  Anglois  et  Bourguignons.  XI. 

Cf.  Monst.,  t.  Vt,  ch.  clii. 

1048.  Comment  le  seigneur  de  Thalboth  retourna  d'En- 
gleterre  en  France,  où  il  prinst  pluiseurs  forteresses  te- 
nans  le  parti  du  roy  Charles.  XII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  clvii-clviii. 

1049.  Comment  le  seigneur  de  Wilbic  et  Matago,  adcom- 
paigniés  d'environ  mil  combatans ,  assegerent  Saint 
Sellerin.  XIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cLxm. 

1050.  Comment  les  communes  de  Norlhmandie  s'esle- 
verent  contre  les  Anglois,  et  comment  ilz  en  furent 
pugnis.  XIIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXV-CLX\Ti. 

1051.  Comment  les  communes  de  Northmandie  s'assam- 
blerent  de  rechief  et  allèrent  devant  Kaen.  XV. 

Cf.  Monst.,  l.  VI,  ch.  ctxix. 


[1435]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  vii-xxiv.  301 

1052.  Comment  le  duc  de  Bourg-oigne  retourna  en  sou 
pays  d'Artois  aprez  qu'il  eut  auculnement  pacifié  la 
marche  des  Bourguignons.  •  XVI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  clxx-clxxi. 

1053.  Comment  les  François  descomfirent  les  AnMois  de- 

o 

vaut  le  cliastel  de  Gerberoy.  XVII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXxn, 

1054.  Comment  les  François  prindrent,  en  ce  temps,  la  ville 
de  Saint  Denis.  ^  XVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  cil.  CLXxiv. 

1055.  Des  grans  seigneurs  qui  viudrent  à  Arras  pour  ostrc 
à  la  journée  du  Parlement.  XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXxvi-ci.xxix. 

1056.  Comment  ambaxadeurs,  en  grant  nombre,  vindient 
à  Arras  pour  estre  auz  parlemens  de  par  le  roy  Charles 
de  France.  XX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXXx-CLXxxi. 

1057<,  Comment  les  François  et  Bourguignons  allèrent,  le 
jour  de  Noslre  Dame  my  aoust,  l'un  avec  l'autre  en 
grant  concorde  à  l'église.  XXI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXXxii. 

1058.  Comment  le  cardinal  de  Wlncestre  vint  à  Arras, 
grandement  adcompaignié,  pour  estre  à  la  dite  conven- 
tion illec  assamblee.  XXII. 

^  Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cLxxxin-CLXxxvi. 

1059.  Comment  la  paix  fut  confermee  entre  le  roy  Charles 
de  France  et  le  duc  de  Bourgoigne ,  en  la  ville  d'Arras, 
aprez  le  partement  des  Anglois.  XXIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  CLXXxvii. 

1060.  Comment  les  François  furent  assegiés  dedens  la  ville 
de  Saint  Denis  par  les  Anglois  et  Bourguignons.   XXIV. 

Cf.  Monst.,  t.  Vï,  fh.  ciAxxviit-ci.xxxix. 


302  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [143S-36] 

1061.  Comment  le  duc  de  Bomgoigne  envoya,  aprez  la 
paix  d'Anas,  devers  le  roy  d'Engleterre  et  son  con- 
seil. XXV. 

Cf.  Mcnst.,  t.  VI,  cil.  cxci. 

1062.  Comment  le  roy  Charles  eut  grant  leesse  quant  il 
sceut  que  le  duc  de  Bourgoigne  s'estoit  reconciliez 
avec  luy.  XXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  YI,  ch.  cxcin. 

1063.  Comment,  aprez  le  département  de  la  convencion 
d'Arras,  et  par  quel  manière  les  François  se  gouver- 
nèrent ou  pays  de  Nortlimandie.  XXVIl. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxciu. 

1064.  Comment  les  Anglois  se  recommencèrent  à  doubter 
des  Bourguignons  aprez  la  paix  d'Arras  et  ne  volrent 
plus  avoir  repair  avec  eulz.  XXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxciv. 

1065.  Comment  le  roy  d'Engleterre  envoioit  ses  ambaxa- 
deurs  devers  l'empereur  d'x\llemaigne  ,  lesquelz  furent 
arrestez  ou  pays  de  Brabant.  XXIX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  eh.  cxciv. 

1066.  Comment  le  roy  Henry  d'Engleterre  escripvy  ses 
lettres  ou  pays  de  Hollande  pour  attraire  les  babitans  à 
sa  partye.  XXX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxcv. 

1067.  Comment  on  voult  traiticr  que  le  roy  d'Engleterre 
et  le  duc  de  Bourgoigne  demourassent  sans  faire  guerre 
l'un  contre  l'autre.  XXXI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxcvi, 

1068.  Comment  le  duc  de  Bourgoigne  tint  plulscurs  con- 
saulz  en  la  ville  de  Bruxelles,  en  Brabant,  sur  le  fait  de 
la  euerre  des  Anglois.  XXXIl. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxcvii. 


[i43G]      CINQUIEME  PARTIE,   LIVRE  V,  xxv-xxxv.  303 

1069.  Comment  la  ville  de  Paris  fut  rendue  en  l'obéissance 
du  roy  Charles.  XXXIll. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cxcvin. 

1070.  Comment  les  Anglois  de  Callaix  vindrcnt  courie  de- 
vant BouUongne  et  en  la  marche  de  là  environ.  XXXIV. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  cl),  ccn. 

1071.  Comment  messire  Jehan  de  Croy,  bailly  de  Henanlt, 
fist  assamblcr  grant  gent  en  Boullenois  pour  aller  courre 
devant  la  ville  de  Callaix.  XXXV. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  cciv. 

Wavrin  ayant  copié  exactement,  dans  ce  cliapitre,  celui  dcMon- 
strelet,  ajoute  cependant,  à  la  fin,  le  passage  suivant  :  «  Aprcz 
cesle  destrousse  faite  par  les  Anglois ,  en  la  manière  dessus  dé- 
clarée, les  Picardz  se  retrayrent  et  rassamblercnt  vers  Saint  Omer; 
et  de  là,prendaTit  congié  l'un  à  l'autre,  s'en  retournèrent  en  leurs 
hostelz,  moult  doullentz  et  courouchics,  et  honteux  de  leur  mal- 
heureuse fortune.  Mais  le  seigneur  de  Wavrin  ',  qui  autour  de 
Saint  Omer  avoit  laissic  son  cstandart  avec  partye  de  ses  gens, 
se  tyra  vers  Gravelingues,  où  il  fui  en  garnison  par  l'ordonnance 
du  duc  Phelippe  de  Bourgoigne ,  et  pluiseurs  autres  seigneurs  et 
capittaines  ,  connue  le  seigneur  de  Savcuses  ^,  messire  Syuinu  de 
Lalain  ',  avec  eulz  autres  nobles  houuues,  où  ilz  se  tindrenl  en 
frontière  jusques  à  la  venue  du  duc  de  Bourgoigne  et  qu'il  amena 
sa  puissance ,  adfin  de  parfurnir  son  emprinse.  a 

1.  Walleran.  Voyez  ci-dessus,  page  1,  note  1. 

2.  Philippe  de  Savcuses,  longtemps  capitaine  d'Amiens  et  de  l'Aitois 
(La  Morlière,  16b),  fut  déposé  en  1463,  par  Louis  XI,  «  de  sa  capi- 
tainerie d'Amiens,  de  la  cité  d'Arras  et  de  la  ville  dcDoulens.»  (Dticlercq, 
XIV,  306.)  Il  était  hgé  de  soixante  et  douze  ans,  lorsqu'en  l-lGo,  le 
duc  de  Bourgogne  lui  «  envoya  ung  mendemcnt  par  lequel  il  le  commet- 
toit  capitaine  général  d'Artois.  »  (Id.,  XV,  36  et  38.)  Mort  le  28  mars 
1467  (v.  s.),  en  la  ville  d'Amiens,  agc  de  soixante  et  dix-huit  ans  (Voir 
VP  partie,  V*  livre,  xxxiv*  chapitre  (n"  1280)  des  présentes  Chroniques). 

3.  Simon  de  Lalain ,  chevalier,  seigneur  de  Montigny,  conseiller  et 
chambellan  du  duc  Philippe  de  Bourgogne,  et  gouverneur  de  l'Ecluse 
[Compte  de  Jean  Fisen,  «'c  1454.  La  Barre,  11,217).  Mort  le  15  mars  1476 
(Brassart,  Histoire  et  généalo<:;ic  des  comtes  de  Lalaing,  p.  17.1  a  Le  dernier 


3Q4  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1436] 

1072.  Gomment  le  duc  Phelippe  de  Bourgoigne  alla  à  Gand 
et  autres  villes  de  la  Conté  de  Flandres,  pour  veoir  la 
monstre  et  parlement  des  Flamens.  XXXVI. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  cil.  ccv-ccvi. 

Voici  quelques  additions  faites  par  Wavrin  au  texte  de  Mon- 
strelet.  Les  Flamands  voulant  tuer  les  seigneurs  de  Croy,  Bauldot 
de  Noyelle ,  et  Jehan  de  Brimeu ,  bailly  d'Amiens,  qui  avaient 
conseillé  au  duc  de  Bourgogne  le  siège  de  Calais ,  ces  trois  sei- 
gneurs «  se  partirent  de  l'ost  à  privée  maisnie.  Et  convint,  pour 
plus  sceurement  passer  l'armée  des  Flamens,  que  le  seigneur  de 
Croy*,  adfin  de  non  estre  congneu,  affullast  une  barrette  vermeille 
que  le  seigneur  de  Wavrin  luy  bailla  avec  une  haquenee  grise  sur 
laquele  il  monta  :  si  fut  convoie  jusques  au  dehors  de  Tost  des 
Gantois  par  ledit  seigneur  de  Wavrin;  car  se,  au  passer  illec,  eut 
esté  congneu,  jamais  sans  mort  n'en  feust  eschapé.  Et  aussi  le 
conduisy  Thoison  d'Or  '  jusques  au  logis  de  messire  Jehan  de 
Croy,  seigneur  de  Cymay^,  son  frère,  qui  pour  lors  tenoit  le  siège 
devant  Guynes.  » 

Les  Gantois  abandonnèrent  le  siège  de  Calais  et  s'en  allèrent  en 
désordre  vers  Gravelines  :  «  Et,  d'autre  part,  quant  ceulz  deBruges, 

jour  d'octobre  U75,  Simon  de  La  Laing,  seigneur  de  Montigny  »  ,  cède 
sa  place  de  chambellan  du  duc  de  Bourgogne  à  son  fils ,  Josse  de  La 
Laing  {Etat  de  la  maison  de  Charles,  dernier  duc  de  Bourgogne;  Bib.  imp., 
Mss.,n°  8430'). 

1.  Antohip,  sire  de  Croy,  comte  de  Porcean,  premier  chambellan  de 
Philippe  le  Bon,  chevalier  de  la  Toison  d'or,  devint  grand  maître  d'hôtel 
de  Louis  XI,  à  l'avènement  de  ce  prince  au  trône.  Il  était  fils  de  Jean  de 
Croy  et  de  Marguerite  de  Craon.  Mort  en  1475  (Anselme,  V,  637). 

2.  Jean  Lefebvre,  seigneur  de  Saint-Remy,  de  la  Vacquerle,  d'Avfs- 
nés,  etc.,  dit  Toison  d'or,  conseiller,  roi  d'armes  et  chancelier  de  Phi- 
lippe le  Bon.  Mort  en  1468.  Sur  ce  chroniqueur,  voy.  Bulletin  de  la 
Société  de  riiistoire  de  France,  1"  partie,  tome  I,  p.  1-26. 

3.  Jean  de  Croy,  seigneur  de  La  Tour-sur-Marne,  comte  de  Chimay, 
chevalier  de  la  Toison  d'or,  grand  bailli  de  Hainaut;  marié  à  Marie  de 
Lallain,  dame  de  Quiévrain.  Mort  à  Valenciennes  en  1472  (Anselme,  V, 
651).  Il  fut  créé  comte  de  Chimay  le  14  janvier  1472  (v.  s.)  (Lenglel, 
II,  204).  «  Jehan  de  Croy,  premier  compte  de  Chimay,  trespassa,  à  la 
Nostre  Dame,  en  March  ensicuvant  (1472),  et  ne  vesqui,  estant  conte, 
que  44  à  45  jours.  »  [Mémoires  de  Jean  de  Hajnin,  II,  212). 


[143G]     CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  xxxvi-xxxvii.      305 

quy  estoient  logiés  vers  Saint  Pierre ,  oyrenl  le  bruit  et  desloge- 
ment  que  faisoient  les  Gantois,  de  leur  costé  force  leur  fut  de  des- 
logier  comme  les  autres;  car  il  convenoit  bien,  à  bon  gré  ou 
maulvais,  puisque  lesdis  de  Gand  se  partoient,  qu'il/  les  sievissent. 
Si  estoit  avec  eulz ,  pour  les  conduire,  le  seigneur  de  Wavrin  le 
seigneur  de  Saveuses  et  raessire  Simon  de  Lalain  ;  si  boutèrent  pa- 
reillement les  feux  en  leurs  logis,  moult  doullentz  et  couroucbiés 
d'un  tel  parlement  :  et  pour  tant  que  ilz  n'avoient  point,  ce  jour , 
leurs  chevaulx  pour  remener  les  gros  engiens  qu'ilz  avoient  illec 
amenez,  ilz  en  chargèrent  aulcuns  des  meilleurs  sur  chars  et  char- 
rettes, et,  à  force  et  puissance  de  gens,  les  trainerent  jusques  à 
Gravelingues.  » 

Le  duc  de  Bourgogne  ayant  commis  plusieurs  seigneurs  à  la 
garde  de  Gravelines ,  Wavrin  y  comprend  le  seigneur  de  IFavrin 
omis  par  Monstrelet, 

1073.  Comment  le  duc  de  Glocestre  vint,  nagant  par  mer, 
à  Gallaix  atout  grant  nombre  de  combatans  an^lois*. 

XXXVII. 
Vous  avez  bien  oy,  par  cy  devant,  comment  le  duc 
de  Bourgoigne  estant  à  siège  devant  la  ville  de 
Callaix ,  Humfroy,  duc  de  Glocestre^,  oncle  du  roy 
Henry  d'Engleterre,  luy  avoit  mandé  par  Pennebrocq, 
ung  sien  herault  d'armes,  que  s'il  le  voulloit  illec 
Etendre,  il  le  venroit  comhatre  en  ce  mesmes  lieu,  ou 
aultrepart  en  ses  ])ays.  Or,  doncques,  ledit  gentil  duc, 
adfin  d'entretenir  sa  promesse ,  quant  il  (ut  prest  et 
vey  vent  propice,  se  mist  en  mer  atout  grant  puissance 
de  gens  d'armes  et  de  trait,  voire  gens  d'eslite ,  tous 
natifz  du  royaulme  d'Engleterre  ;  lequel ,  atout  son 
excercite ,   arriva  au  bavre  de  Callaix  dedens  briefz 

1.  Monstrelet  (VI,  chap.  ccvit)  raconte  différemment  et  très-succinc- 
temént  l'arrivée  du  duc  de  Glocester  à  Calais. 

2.  Humphrey,  duc  de  Glocester.  Voy.  ci-dessus,  p.  182,  uote  2. 
C'est  au  chapitre  précédent,  copié  d'après  Monstrelet,  qu'il  a  été  ques- 
tion de  ce  fait. 

1  20 


306  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1436] 

jours  aprez  que  ]e  duc  de  Bourgoigne  et  les  Flameus 
se  furent  deslogiés.    Si  avoit  en  sa   compaignie  dix 
mille  bons  combatans  atout  lesquelz  il  cuidoit  com- 
batre  ledit  duc  de  Bourgoigne  et  son  armée ,  se  là  les 
euist   trouvez.   Et  pourtant  ledit   duc   de   Clocestre, 
sachant   que  ses  dis  annemis  s'estoient  partis,  il  se 
mist  à  chemin  vers  Gravelinghes;  dequoy  les  seigneurs 
qui  laians  estoient  en  garnison  de  par  le  duc  de  Bour- 
goigne,   cuidans   que  ycelluy  duc    de  Clocestre  les 
deust  assegier  ou  assaillir ,  se  ordonnèrent  à  deffence 
et  préparèrent  leurs  besongnes  pour  eulz  et  la  ville 
garder.  Mais  de  les  envahir  ne  firent  Anglois  quelque 
samblant,  ains  se  logèrent  là  entour,  pour  celle  nuit, 
jusques  à  lendemain  bien  matin,  qu'ilz  s'en  partirent 
et    s'acheminèrent    vers   le    pays    de    Flandres  ,    en 
costoiant  la  grave  de  la  mer,  pour  ce  que  leur  navire 
les  sievoit  et  costoioit,  ouquel  n'avoit  d'hommes  part 
que  les  mariniers ,  atout  le  baguage  ;  lesquelz  marin- 
niers,  sachans  ledit  duc  de  Clocestre  estre  bien  avant  ou 
pays  de  Flandres,  se  retyrerent  pour  sceureté  dedens 
le  havre  de  Callaix ,  et  ledit  duc  et  ses  Anglois  prin- 
drent  le  chemin  vers  Bailleul  :  durant  lequel  tempzles 
seigneurs  de  Crequy  '  et  de  Wavrin,  avec  eulz  pluiseurs 
hommes  de  Flandres,  se  partirent  de  Gravelinghes,  où 
ilz  estoient  en  garnison  ;  et  moj^  acteur  de  ceste  histore, 
estoie  avec  la  compaignie.  Et  chevaulchasmes  jusques 
à  Drinkam-,  où  nous  iogasmes  celle  nuit  dedens  le  chas- 
tel,  lequel  nous  trouvasmes  sans  garde,  ouquel  le  sei- 
gneur de  Crequy,  à  nostre  partement,  laissa  de  ses  gens 


1.  Jean,  seigneur  de  Crequy.  Mort  en  1474.  (Anselme,  VI,  782. j 

2.  Drinokani. 


[1436]        CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  xxxvn.  30T 

pour le  garder;  et,  ce  fait,  cheYaulcliasmes  aprez  les  An- 
glois,  cuidans  trouver  aulcuiie  adventure  en  la  queue 
de  l'ost.  Mais  le  duc  de  Clocestre  et  ses  capittaiiies  che- 
minèrent par  si  bonne  ordonnance ,  que  nul  dom- 
mage ne  lui  peusmes  porter  :  pourquoy  nous,  voians 
ceste  manière  de  faire,  retournasmes  en  nostre  dite 
garnison  de  Gravelingues  dont  nous  estiemes  partis, 
sans  autre  chose  faire  dont  on  doie  tenir  compte.  Et 
le  duc  de  Clocestre  s'en  alla,  tout  ardant  et  exillant 
devant  luy,  par  feu  et  par  fer,  les  villes  et  villages  où 
il  passoit,  pour  aller  à  Bailleul.  Et  quant  il  y  vint,  il  se 
loga  à  l'abaye  Saint  Anthonne,  et  ses  gens,'  où  mieulz 
peurent,  parmy  la  ville,  laquele  ilz  ardirent,  pillèrent 
et  destruisirent  toute  ;  mais  on  ne  meffist  rien  à  ladite 
abaye  de  monseigneur  Saint  Anthonne ,  où  ledit  duc 
s'estoit  logié  ;  puis,  quant  ilz  furent  rafreschis ,  et  que 
tout  fut  destruit  à  Bailleul  et  là  environ  ,  ilz  se  party- 
rent  et  s'en  allèrent  tyrant  vers  Poupringhe',  ardant 
et  exillant,  comme  dessus,  tout  ce  qu'ilz  povoient 
aconsievir  ou  rencontrer. 

Quant  les  Anglois  vindrent  à  Poupringue,  ilz  se 
logèrent  dedens  la  ville,  laquele  ilz  pilleretit ,  ardi- 
rent et  destruisirent;  puis,  au  partir  de  là,  aprez 
qu'ilz  eurent  eslevé  de  grant  butin  et  bons  prison- 
niers ,  prindrent  leur  chemin  vers  la  ville  de  Saint 
Omer,  et  faisoient  partout  011  ilz  pass(Ment  si  grans 
et  horribles  feux,  que  le  duc  Phelippe  de  Bourgoigne, 
quy  estoit  à  Lille,  les  povoit  plainement  veoir,  el 
mesmement  oioit  les  pleurs,  plains  et  cris  pitoiables 
que  faisoit  le  peuple  fugitif  du  pays  de  Flandres,  quy 


i .  Poperi ligues. 


308  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [I43GJ 

venoient  à  Lille  à  refuge  vers  leur  prince;  lequel  pour 
1  heure,  jà  en  eust  il  granl  pitié,  n'y  pouvoit  mettre 
aulcun  remède,  combien  qu'il  eust  fait  publier  parmy 
ses  pays  que  toutes  manières  de  gens  d'armes  venissent 
devers  luy.  Mais  ilz  ne  furent  mie  sitost  appreslez  et 
venus  pour  destourber  au  duc  de  Clocestre  de  par- 
furnir  son  emprinse,  lequel,  ainsi  comme  ^ous  oez, 
ardant  et  exillant  le  pays  de  Flandres,  s'en  alla  logier 
devant  la  \ille  de  Saint  Orner,  en  l'abaye  de  Blendec- 
que  et  son  ost  tout  au  loncg  de  celle  petite  rivierette 
quy  là  court;  car  tnojy  acteur  de  ceste  présente  euvre  , 
quy  lors  m'estoie  partis  de  Gravelingbues  la  nuit  Nostre 
Dame  septembre,  et  venu  à  Saint  Omer,  vey  le  loge- 
ment ,  et  trouvai  le  seigneur  de  Saveuses  qui,  celluy 
jour,  estoit  sailly  hors  de  Saint  Omer  pour  escarmucbier 
les  Anglois  ;  lesquelz  n'eslongerent  gueres  leurs  logis, 
sinon  auîcuns  arcbiers ,  trois  ou  quatre ,  quy  y  furent 
occis  par  les  gens  dudit  seigneur  de  Saveuses.  Sy  estoit, 
pour  lors,  messire  Jehan  de  Croy  dedens  le  chastel 
d'Anjues,  où  il  estoit  venus  de  la  ville  d'Ardre,  auquel 
lieu  il  se  tenoit  en  garnison,  pour  encquerre  etscavoir 
quel  train  yceulz  x^nglois  volroient  tenir,  et  aussi  [>our 
veoir  se  aulcuns  se  desrouleroient  ou  partiroient ,  par 
quelque  advcnture,  de  leur  compaignie,  adfm  que  s'il 
y  eust  auicuncment  veu  son  advanlage,  il  i'eust  peu 
i)rendre  à  la  perte  et  confusion  des  Anglois ,  lesquelz 
de  tout  son  povoir  il  desiroit.  grandement  à  grever. 
Mais  ledit  duc  de  Clocestre  et  ses  capiltaines  se  gou- 
vernèrent et  conduirenl  si  sagement,  qu'on  ne  les  sca- 
voit  par  quel  moyen  souprendre,  ainchois  se  gardoient 
si  diUigam nient  de  tous  perilz  que  ilz  en  acqueroient 
honneur  et   loenge. 


[143GJ         CINQUIÈME  Pv^RTIE,  LIVRK  V,  xxxvii.  30i) 

Lendemain,  qui  fut  le  jour  de  Nostre  (Dame?), 
Ires  matin  se  desloga  de  devant  Saint  Omer  le  duc 
de  Clocestre ,  aussi  fist  toute  son  armée ,  moult  sage- 
ment, pour  doubte  des  aguetz  ou  eml)uscbes  de  ses 
annemis,  lesquelz  il  scavoit  estre  bien  en  voullenh' 
de  le  nuyre  à  leur  povoir.   Si   prindrent  le  cliemin 
vers  Callaix ,  où  ilz  parvindrent  à  peu  de  perle  (ju'il 
eust  faite  en  celluy  voyage.  Mais  sacbiez  que  tout  ce 
qu'ilz  trouvèrent,  en  allant,  tenant  la  })artye  de  Bour- 
goigne,  ils  misrent  à  destruction  et  ruyne.  Et  quant 
ilz  parvindrent  à  Callaix ^  ledit  duc  de  Clocestre  y  fui 
recbeu  à  grant  joye  et  leesse  des  bourgois,  manans  et 
liabittans  de  la  ville  :  puis,  aprez  qu'il  se  fut  illec  reposé 
et  rafrescby  aulcuns  jours,  atout  le  gaaing  et  proyes 
que  luy  et  ses  gens  avoient  concquis  sur  le  pays  de 
Flandres,  excepté  les  prisonniers  qu'il  laissa  à  Callaix, 
s'en  retourna  en  Engleterre  atout  son  armée.  Si  donna 
congié  à   toutes   manières  de   gens  d'armes  de  soy 
retraire  cbascun  en  son  bostel  ;  et  luy  de  sa  personne, 
atout  son  estât,  s'en  alla  à  Londres  devers  le  jenne  roy 
Henry,   son   nepveu,   quy  Irez  bonnourablement  le 
recbeut  et  grandement  le  lionnoura  et  festoia.  Aussi 
firent,  cbascun  endroit  soy,   tous  les  princes  et  sei- 
gneurs de  la  court  royalle,  ausquelz  il  raconta  la  plus-, 
part  de  ses  adventures  ;  le  record  desqueles  donna 
Ires  grant  soullas  et  plaisir  auz  escoutans.  Lesqiieles 
cboses  il  n'est  besoing  de  reciter,  comme  elles  soient 
cy  dessus  aulcunement  escriptes  et  déclarées.  Si  lai- 
rons,  alant,  dudit  duc  de  Clocestre,  pour  trailier  aul- 
tres  matières  en  cest  endroit  escbeans  '. 

1.  La  fin  de  ce  chapitre    est  eiupniutee  à     MoiislnU  l   (VI,   elia}). 
ccix-ccx. ] 


1^10  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1436-38] 

1074-  Comment  le  conte  d'Autele,  escochois ,  mist  à  mort 
son  nepveu  le  roy  d'Escoche,  où  il  estoit  couchié  eu 
son  lit.  XXXVIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  cil.  ccxi. 

1075.  Comment  pluiseurs  capittaines  du  roy  Charles  de 
France  volrent  faire  emprinse  sur   la  ville  de  Rouen. 

XXXIX. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  ccxii. 
Monstrelet  omet  de  dire  que  le  village  de  Ris,  à  quatre  lieues 
de  Rouen,  tenait  à  la  furest  de  Lyons. 

1076.  Comment  le  roy  de  France  convoca  pluiseurs  gens 
de  guerre  à  venir  vers  luy  à  Gyon  sur  Loirre  pour  reconc- 
querre  pluiseurs  villes  que  tenoient  les  Anglois  ses  adver- 
saires. XL. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  ccxv. 

1077.  Comment  les  Anglois  misrent  le  siège  devant  Fes- 
camps,  en  Northmandie,  et  le  prindrent  par  continuation 
de  siège.  XLI. 

Cf.  Monst  ,  t.  VI,  ch.  ccxvii-ccxix. 

1078.  Comment  le  seigneur  d'Auxi ,  messire  Florimont  de 
Brimeu,  et  ung  chevallier  de  Rodes,  allèrent  assegier  le 
Crotoy.  XLII. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  ccxxi. 
^Vavrin  ajoute  que  le  seif^ncur  de  Chamr  fut  commis  à  la  garde 
de  la  \^lle  d'Hesdin. 

1079.  Comment  le  seigneur  de  Thalbot,  messire  Thomas 
Quirel,  et  autres  capittaines  Anglois,  misrent  siège  devant 
Longueville.  XLIIl. 

Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  ccxxvrn. 

1080.  Comment  les  villes  et  chasteaulz  de  Montargis  et 
Chevreuses  furent  mis  en  l'obéissance  du  roy  (Charles  de 
l'Vance  par  ses  gens.  XLIV. 

Cf    Monst.,  I.  VI,  ch.  ccxxx-ccxxxi. 


[1438]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  V,  xxxviii-xlv.      :M  i 

1081.  Gomment,    en   ce   meismes  tampz,   le  conte  d'Eu 
retourna  d'Engleterre  en  France ,  où  il  avoit  esté  pri- 
sonnier depuis  Van  mil  quatre  cens  et  quinze.        XLV. 
Cf.  Monst.,  t.  VI,  ch.  ccxxxii. 


Cy  prent   fin   le  V*  livre,  et  s'ensieult  le  VI'  el  darrenier  de  ce 
volume. 


312  CRONICQUES  D'ENGLEïERRE.  [1438-40J 


LIVRE    VI. 


1082.  Cy  commence  le  Vl'  livre  de  ce  v^  volume,  lequel 
contient  en  soy  vingt  cliapittres.  Ou  premier  desquelz  il 
traite  comment,  entre  Callaix  et  Gravelingues,  sassam- 
blerent  ceulz  qui  debvoient  tenir  les  convencions  d'entre 
le  cardinal  d'Engleterre ,  d'une  part,  et  la  ducessc  de 
Bourgoigne,  d'autre  part.  I. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ocxxxv. 

1083.  Comment  Arlus  de  Bretaigne,  conte  de  Richemont , 
connestable  de  France  ,  avec  luy  pluiseurs  capittaincs  du 
roy  Charles ,  alla  mettre  le  siège  devant  Meaulz  en 
Brye.  II. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch,  ccxxxix-ccxu. 

1084.  Comment  pluiseurs  notables  ambaxadeurs  s'assam- 
blcrent  de  rcchief ,  entre  Gravelingues  et  Callaix,  sur  le 
fait  du  parlement  qui  debvoit  estre  entre  les  deux  rois  de 
France  et  d'Engleterre.  III. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccxLin. 

1085.  Comment  le  conte  de  Sombreset,  le  seigneur  de 
Tlialboth,  et  autres  capittaincs  anglois,  vindrent  en  San- 
ters  et  assegerent  le  chastel  de  FoUeville.  IV. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccxLiv. 

108Ô.  (Comment  le  conte  de  Sombreset,  avec  lui  bon  nom- 
bre d'Anglois,  allèrent  assegier  Harfleu.  V. 

Cf.  Monst.,   t.   VII,  ch.   CCXLVII. 


[1440-41]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  i-xii.  313 

1087.  Incidence  quy  advint  en  ce  tempz  ou  pays  du  duc  de 
Bretaigne.  VI. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ccxLMii. 

1088.  Comment  Charles,  roy  de  France,  envoia  pluiseurs 
notables  ambaxadeurs  à  Saint  Orner  pour  traitier  de  paix 
avec  les  Anglois.  VII. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccl. 

1089.  Comment  le  duc  d'Orlyens  fut  délivré  des  mains  du 
roy  d'Engleterre  par  les  moyens  sequens.  VIII. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  cclii. 

1090.  Comment  les  Anglois  de  la  garnison  de  FoUeville 
oppressèrent  moult  fort  les  paysd'Amiennois,  Santers  et 
et  autres  d'environ.  '  IX. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccliv. 

1091.  Comment  le  roy  de  France  alla  assegier  Creil,  et  le 
concquist.  X. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ceux. 

1092.  Comment,  aprez  la  concqueste  de  Crcil,  le  roy  de 
France  s'en  alla  à  Ponthoise.  XI. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccLx. 

1093.  Comment  le  duc  d'Yorc  ,  chief ,  de  par  le  roy  d'En- 
gleterre,  en  France  et  en  Northmandie,  vint  pour  lever  le 
siège  que  tenoit  le  roy  Charles  devant  Ponthoise*.  XII. 

Si  faisoit  (le  roi  Charles  VII),  de  jour  en  jour,  conti- 
nuer très  dilligamment  les  ouvrages  de  son  emprinse, 
tant  de  faire  fortifficacions  etaprocbes,  comme  de  faire 
gecter  ses  gros  engiens  contre  les  portes,  tours  et  mu- 
railles ,  et  mesmes,   qui  estoit  inhumaine  desrision  , 

l.  Le  commencement  de  ce  chapitre  est  emprunté  à  Monstrelet  (VII, 
chap.  ccLXi);  les  deux  premiers  paragraphes  ri-dessous  ,  qui  ku  sont 
également  empruntés,  diffèrent  un  peu  dan:,  la  narration  :  quant  au  der-. 
nier  il  est  Inédit. 


314  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1441] 

alencontre  de  l'église  ,  murailles  et  forlifficacions  de 
l'église  Nostre  Dame,  au  dehors  de  ladite  ville,  que  les 
Anglois  avoient  longuement  tenue.  Si  fut  lors,  et  au- 
treffois,  par  les  francois  grandement  desrompue,  quy 
estoit  et  est  chose  forment  desnaturee,  de  guerroier 
Dieu  ,  sa  glorieuse  Mère  et  les  benoitz  Sains,  pour  le 
mesuz,  delict  et  outrage  des  humains. 

Telement,  doncques,  continua  le  roy  Charles  ses 
besongnes  en  dilligenceet  advancha  son  fait,  qu'il  fut 
conseillié,  tout  considéré,  de  faire  assaillir  la  dite  église 
de  Ponlhoise  le  xvf  jour  de  septembre  ensievant,  quy 
fut  par  uiig  samedy;  laquele  fut  en  briefve  espace 
concquise  d'assault ,  et  ceulz  de  layans  tous  mors  ou 
prisonniers.  Si  estoit  celle  église  moult  haulte  et  assez 
prez  de  la  ville,  sic.îue,  parla  tour  d'ycelle,  on  povoit 
veoir  grant  partye  du  gouvernement  de  layans  :  à 
scavoir  touchant  la  manière  des  engiens  et  fortiffica- 
cions  d'ycelle,  et  aussi  la  durement  Iravaillier  de  petis 
engiens,  hacquebutes,  coulleuvrines  et  gros  arbal- 
lestres,  fondes  et  autres  habillemens.  De  laquele  prinse 
de  ladite  église  furent  les  Anglois  moult  doullentz,  se 
voyans,  par  ce  moyen,  estre  grandement  affoiblis;  et  au 
contraire  les  Francois  resjouys ,  par  ce  qu'ilz  veoient 
aulcunement  leur  besongne  en  ce  embelUr.  Pourquoy 
ilz  conclurrent  et  délibérèrent  de  leurs  préparations 
faire  pour,  le  mardin  prochain  venant,  livrer  à  la  ville 
ung  assault  pesant,  comme  ilz  firent,  pour  expérimen- 
ter et  assaier  se  ilz  y  pourroient  jamais  riens  conc- 
(  pierre. 

Ainsi,  doncques,  qu'il  avoit  esté  délibéré  par  le  con- 
seil royal,  firent  tous  les  seigneurs  elles  capittaines  fran- 
cois armer  et  aprester  leurs  gens,  à  yceulx  enhortanlde 


[1441]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xu.  315 

bien  faire  chascun  son  debvoir  et  combattre  vaillam- 
ment. Si  fut  ordonné  que  Tassault  se  feroit  vers  la 
tour  du  Frice*,  quy  estoit  fort  batue,  entammee  et 
adommagié,  voire  du  roy  et  de  ses  gens;  mais  le  Daul- 
phin',  messire  Charles  d" Anjou'  et  leur  compaignie 
assauldroient  par  devers  Nostrc  Dame  .  le  (marissal) 
de  Lohiac  et  plusieurs  autres  assaiddroient  à  la  porte 
vers  Maidjuisson.  et  une  autre  compaignie  yroient  atout 
bateaulz  assaillir  par  la  riv  iere  :  lesquelz  assaidz,  com- 
menciés  par  la  manière  dite,  moult  durs  etaspres,  du- 
rèrent bien  par  l'espace  de  deux  heures.  Et.  pour  vray, 
se  les  François  assailloient  radement,  les  Ânglois  se 
deffendoient  aussi  moult  vaillamment  et  de  grant  cou- 
rage ;  si  ne  sambloit  pas ,  à  veoir  tant  les  assaillans 
comme  les  detfendans,  qu'ilz  eussent  quelque  paour 
ou  doubte  de  la  mort.  Durant  lequel  assaidt  y  eut  mig 
moidt  vaillant  et  hardy  homme,  quy  n'estoit  point  de 
noble  génération,  sinon  de  corage  ,  lequel  estoit  de  la 
compaignie  du  roy,  et  assailloit  à  la  tour  de  Friches,  où 
il  se  porta  si  puissamment,  jà  feissent  les  Anglois  moult 
grande  resistence  ,  qu'il  monta  à  force,  par  les  pierres 
et  romptures  que  avoient  fait  les  canons,  tout  au  plus 
haidt,  où  il  commença  à  gecter  desdites  pierres  sm-  les 
Anglois,  moult  ruddement.  qui  la  detTendoient ,  par- 
quoy  il  les  convint  t^Ter  arrière.  Et  adont  les  auti'es 


1.  «  La  tour  du  Friche,  qui  est  sur  le  bord  de  la  rivière  d'Oise,  du 
costé  devers  le  pont  de  Meulent  »  [Berrv,  415).  Ce  chroniqueur  raconte 
d'une  manière  différente  la  prise  de  cette  tour. 

i.  Louis  XI ,  fils  de  Charles  VII  et  de  Marie  d'.Vnjou ,  né  le  3  juillet 
1423.  sacré  et  couronné  le  lo  août  1461 .  Marié  :  1°  à  Marguerite  d'Ecosse; 
i"  à  Charlotte  de  Savoie.  Mort  le  30  août  1483.  (Anselme,  I,  i  19.) 

3.  Cliarles  d'Anjou,  premier  du  nom,  comte  du  Maine.  Né  le  14  oc- 
tobre 1414;  mort  le  10  avril  1472.  (Anselme,  I,  233.) 


310  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [ikki] 

François  s'aprocberent  et,  de  plus  en  plus,  se  boutèrent 
avant,  et,  à  l'exemple  de  cedit  vaillant  homme,  mon- 
tèrent amont,  en  cryant  à  haulte  voix  :  «  Saint  Denis, 
ville  guaigniéM  » 

1094.  Comment  le  duc  d'Yorc,  gouverneur  gênerai  de  la 
ducié  de  Nordmiandie,  fut  rapellé  en  Engleterre,  et  luy 
fut  ostee  son  office.  XIII. 

De  ceste  prinse  de  Ponthoise  fut  moult  desplaisant , 
mais  amender  ne  le  polt  quant  à  présent,  le  très  noble 
duc  d'Yorc^,  souverain  gouverneur  et  capittaine  gêne- 
rai de  la  ducié  de  ÎSortbmandie,  et  consequamment  de 
toute  la  concqueste,  à  ce  commis  par  le  roy  Henry 
d'Engleterre ,  III  de  ce  nom,  et  pere^  du  roy  Henry  le 
quart,  successeur*  du  noble  roy  Edouard,  présentement 

i.  La  suite  de  ce  chapitre  est  encore  empruntée  à  Monstrelet,  qui, 
bien  qu'il  n'ait  fait  aucune  mention  de  la  prise  de  la  tour  du  Friche,  ni 
du  courage  de  l'homme  qui  s'en  empara ,  parle  néanmoins  de  la  récom- 
pense dont  sa  valeur  fut  honorée  par  le  roi.  a  Et  quant  au  regard,  dit-il, 
de  celui  nui  monta  premier  sur  la  tour,  il  ftit  moult  autorisé  de  tous  les 
seigneurs  pour  sa  grant  vaillance;  si  le  ennoblit  le  roi,  et  ses  succes- 
seurs, etc.  3)  Cette  phrase,  reproduite  par  Wavrin  à  peu  près  dans  les 
mêmes  termes  ,  se  comprend  parfaitement  puisqu'il  vient  de  raconter 
le  fait  ;  mais  chez  Monstrelet  elle  accuse  l'absence  d'un  récit  évidemment 
omis  par  le  copiste.  En  consultant  les  divers  manuscrits  des  Chroniques 
de  Monstrelet  que  possède  la  Bibliothèque  impériale,  nous  en  avons,  en 
effet,  trouvé  un,  un  seul  {Ancien  fonds  fr.,  n°  8346),  qui  contient  le  pas- 
sage donné  par  Wavrin.  Ce  ne  sera  pas  l'unique  restitution  qu'il  nous 
permettra  de  faire  à  Monstrelet,  Nous  les  indiquerons  au  fur  et  à  mesure 
que  notre  chroniqueur  nous  en  offrira  l'occasion. 

2.  Richard,  duc  d'York  ,  tué  1^  24  décembre  1460.  (Dugdale,  II  , 
158-161.)  Il  fut  nommé  gouverneur  du  duché  de  Normandie  le  2  juil- 
let 1440.  (Rymer,  V,  partie  I,  85.) 

3.  Henri  III  ,  monté  sur  le  trône  en  1216,  ne  pouvait  guère  être  le 
père  de  Henri  IV,  qui  régnait  en  1399.  Il  faut  lire  Henri  Yl, petit- fds 
et  non  père  de  Henri  IV.  On  a  déjà  vu  dans  le  Prologue  de  Wavrin  que 
son  copiste  n'était  pas  fort  eu  chronologie. 

4.  Jncesscur^  prédécesseur,  plutôt. 


[1441]  CINQUIÈME  PARTIR,  LIVRE  VI,  xii-xiii.        317 

régnant',  à  la  garde  et  entretenement  d'ycellui  pays 
contre  les  François,  leurs  annemis;  lequel,  durant  le 
tempz  qu'il  en  eut  la  garde  et  administracion,  s'y  gou- 
verna moult  baultement  et  fist  moult  de  choses  hon- 
nourables  et  grandes  entreprinses  sur  les  François,  en 
plusieurs  lieux  et  diverses  manières,  conmie  cv  dessus 
a  esté  aulcunenient  toucliié  et  déclaré,  à  sa  srant 
recommandation,  et  principalement  à  l'honneur  et 
recommandation  de  la  couronne  d'Engleterre,  et  à 
l'exaltacion  du  roy  son  maistre ,  lequel  il  servoit  en 
toute  révérence  et  loyaulté,  comme  tout  noble  ceur 
doit  faire  son  souverain  seigneur.  Nonobstant  toutes 
lesqueles  choses,  Envye,  qui  jamais  ne  meurt,  annemic 
de  toute  vertu  et  noblesse,  se  bouta  entre  les  princes  et 
barons  du  royaulme  d'Engleterre  contre  ycelluy  duc 
d'Yorc,  pour  ce,  par  adventure,  qu'il  prosperoit  trop 
lionnourablement  au  voulloir  d'aulcunsquy  n'amoient 
pas  loiaument  le  bien  et  utillité  du  roy  et  royaulme , 
et,  en  especial,  à  l'esmouvement  du  duc  deSombreset^, 
quy  avoit  en  malle  grâce  ledit  duc  d'Yorc;  lequel 
trouva  son  moyen  devers  la  royne  d'Engleterre , 
nommée  Marguerite  de  Sezille^ ,  niepce  du  roy  de 
France,  laquele  procura  tant  devers  le  roy  Henry,  son 
espoux  ,  par  l'adveu  et  commun  acord  dudit  duc  de 
Sombreset,  et  de  aulcuns   autres   grans  seigneurs  et 

1 .  Edouard  IV,  fils  de  Richard,  duc  d'York  ,  1 1  de  Cécile  Nevill,  fille 
du  comte  de  Westmoreland,  (Dugdale,  II,  161 .)  Marié  à  Elisabctli  Wid- 
wille.  Mort  le  9  avril  1483.  [Art  de  vérifier  les  dates  ,  I  ,  81  G.) 

2.  Edmond  Beaufort,  duc  de  Somerset,  tué  à  la  bataille  de  Saiut- 
Alban,  1455.  (Dugdale,  II,  124.) 

3.  Marguerite  d'Anjou,  fille  de  René,  roi  de  Naplcs  et  de  Sicile,  et 
d'Isabelle  de  Lorraine.  Née  le  23  mars  1429;  mariée,  en  1444,  à 
Henri  VI,  roi  d'Angleterre.  Morte  le  25  août  1  482.  (Anselme,  I,  232.) 


318  CRONICQUES  rVENGLETERRE.  [1441] 

barons  de  sa  beiide  ou  alyance ,  que  ledit  duc  d'Yorc 
fut  rapellé  en  Engleterre',  et  luy  fut  totalement  sub- 
straite  la  gouvernance  et  puissance  sommiere  qu'il 
avoit  eu,  bonne  espace  ^,  en  la  ducié  de  Northmandie, 
et  généralement  par  toute  la  concqueste  des  Anglois 
parmy  le  royaulme  de  France.  Et  en  son  lieu  y  fut 
commis  le  duc  de  Sombreset,  par  le  pourchas  et  enhort 
de  ladite  royne,  et  d'aulcuns  des  barons  quy  pour  lors 
gouvernoient  entour  du  roy. 

Et  est  à  entendre  que  ceste  mutation  et  autres  advin- 
drent  oudit  royaulme  principalement  par  la  simplesse 
du  roy,  quy  n'estoit  mye  ydonne,  expert,  ou  assez  sen- 
sible pour  régir  ou  gouverner  ung  tel  royaulme  comme 
cellui  d'Engleterre,  ancores  amplié  et  augmenté  de 
ladite  concqueste  de  rSorthmandie ,  et  autres  portions 
parmy  le  royaulme  de  France.  Pour  ce  dist  bien  vray 
le  proverbe  que  la  Terre  est  inaiildite  dont  le  prince 
est  enfant^  ou  se  gouverne  comme  enfant;  car,  en  def- 
faulle  de  prince  prudent,  on  a  veu  de  grans  inconve- 
niens  et  plusieurs  royaulmes  et  provinces  ruyner,  et 
tourner  à  destruction  au  grant  regret  du  povre  peuple. 
Et,  certes,  ainssi  en  est  advenu  bien  prez  oudit 
royaulme  ;  car,  en  tel  cas ,  dissentions  y  sont  eslevees 
quy  prez  ont  à  ycelluy  amené  fin  de  toute  félicité. 

Pour  le  tempz  dont  nous  parlons,  y  avoit  oudit 
royaulme  d'Engleterre  deux  bendes,  dont  cbascune 

1.  Ce  chapitre  commence  ainsi,  dans  le  mss.  n°  432,  fonds  Sorhonne: 
<(  En  l'an  mil  iiii''  xl,  le  duc  d'Yorch  ,  gênerai  cappitaine  et  gouver- 
neur de  la  ducliYé    de  Normandie,  fu  rappelle  du   roy   Henry    pour 
retourner  en  En£;leterre;  et  y  fu  commis,  on  son  lieu,  le  conte  de  Som- 
bresset.  » 

2.  Il  fut  rappelé  après  avoir  p;ouverné  prudemment  le  pays  pondant 
cinq  ans.  (Carte,  II,  729.) 


[1441]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xiii.  319 

coiitendoit  à  gouverner,  et  avoir  l'adniinistracioii  du 
roy  et  de  la  chose  publicque  :  dont,  en  l'une  partye, 
estoient  le  duc  de  Clocestre ,  oncle  du  roy  Henry,  le 
duc  d'Yorc ,  et  plusieurs  autres  princes  et  notables  par- 
ties de  barons  ;  et,  de  l'autre  bende,  estoient  d'iuie 
alyance  les  ducz  de  Sombreset  et  de  Suffoch ,  le  sei- 
gneur de  Say',  l'evesque  de  Salsebery',  et  plusieurs 
autres  quy  ne  sont  pas  ycy  nommez.  Si  est  à  noter  que, 
pour  lors,  le  duc  de  Clocestre  avoit  le  souverain  gouver- 
nement du  roy,  son  nepveu,  et  du  royaulme  ;  et,  jusques 
au  tempz  d'adont,  avoit  bien  et  grandement  gouverné 
ou  régenté,  tant  à  l'onneur  du  roy,  comme  au  prouffit 
de  la  chose  publicque.  Adont  aussi  le  duc  de  Suffoch, 
quy  tenoit  la  bende  contraire,  estoit  principal  gouver- 
neur du  roy  et  bien  amé  de  la  royne,  par  le  moyen  de 
laquele ,  et  du  duc  de  Sombreset  et  leurs  autres  adhe- 
rens,  fut  manière  trouvée  de  parler  au  roy  à  part.  Si  luy 
remonstrerent  comment  le  pays  de  Norlhmandie  luy 
coustoit  beaucop  à  entretenir ,  tant  de  sauldees  auz 
gens  de  guerres  qu'il  entrelenoit  illec ,  soubz  la  con- 
duite  du  duc  d'Yorc,  alencontre  des  François,  comme 
en  divers  autres  despens  c[ui,  à  ceste  cause,  venoient 
journelement  audit  pays  d'Engleterre.  Si  luy  conseillè- 
rent qu'il  seroit  bon  que  ledit  pays  de  Northmandie 
feust  par  aulcune  fachon  rendu  ausdis  François,  pour 
éviter  yceulz  grans  despens.  A  ce  conseil  ne  furent  pas 
appelez  le  duc  de  Clocestre  ,  oncle  du  roy  et  princi- 
pal gouverneur  du  royaulme,  le  duc  d'Yorc,  ne  aultres 

1 .  William  Say,  tué  à  la  bataille  de  Barnet  le  1  i  avril  1-471.  (' Dugdale, 
III,  246.) 

2.  V\'^illiain  Aiscoth,  évéque  de  Salisbesry  [20  juillet  1438];  massacré 
par  ses  diocésains  le  29  juin  l-ioO  'Godwin,  350-3ol .) 


320  CRONICQIIES  D'ENGLETERRE.  [1441] 

^rans  seigneurs  de  leurs  bendes,  pour  ce  que  ceulz  qui 
ce  conseil  bailloient  scavoient  bien  que  jamais  ne  se 
feussent  à  ce  consentis  :  dont  se  ensievy  que  ledit  duc 
d'iorc  ,  gouverneur  et  régent  de  Northmandie  ,  fut 
rapelé,  comme  j'ay  jà  dit  cy  dessus,  et  le  duc  de  Clo- 
cestre  eslongié  du  privé  conseil  du  roy,  son  nepveu. 
Mais  un  pou  de  tempz  aprez  que  le  duc  d'Yorc  fut 
retourné  de  Northmandie  en  Engleterre,  par  la  manière 
que  oy  avez,  il  luy  advint  ancores  pis,  par  le  pourclias 
dudit  duc  de  Suffocb  et  ceulz  de  sa  bende  ;  car  il  fut 
dutout  expulsé  de  la  court  du  roy  et  envoie  en  Irlande, 
comme  en  exil.  Alors  le  duc  de  Sombreset  et  ses  adhe- 
rens ,  soy  voians  dutout  audessus  et  eslevez  en  la  gou- 
vernance du  roy ,  furent  moult  joyeulz  et  firent  tant 
que,  par  l'ordonnance  dudit  roy,  le  dessus  nommé 
duc  de  Sombreset  fut  commis  au  gouvernement  de  la 
duclîié  de  Northmandie  ;  laquelle  il  gouverna  si  negli- 
gammentque,  tantost  aprez,  par  deffaulte  de  conduite, 
tout  le  pays  fut  réduit  en  l'obéissance  du  roy  Charles, 
comme  cy  aprez  pourrez  oyr. 

1095.  Comment  le  comte  de  Hontitoa  avec  le  visconte 
Durset  assegerent  la  ville  de  Tartas,  apartenant  au  sel- 
oneur  de  Labrech*.  XIV. 

Endementiers  que  le  roy  Charles  de  France  se  oc- 
cupoit  devant  Ponthoise,  laquele  enfin  il  prinst  par 
force  d'armes,  en  la  manière  que  oy  avez  cy  dessus, 

1 .  Ce  cliapitre,  copié  d'après  Monstrelet,  manque  à  l'éclitlon  Buchoii 
et  ne  se  trouve  que  dans  le  manuscrit  déjà  cité  {Ane.  fonds  fr.,  n°  8346), 
au  fol.  ccxxii  rocto.  Il  éclaircit  des  faits  que  contient  le  cliapitre  cclxv 
de  l'iniprimc,  lesquels  font  allusion  à  des  événements  précédents  dont  il 
n'avait  été  fait  nulle  mention.  M.  Dacier,  dans  sa  notice  sur  Monstrelet 
(p.  24),  a  signalé  ces  omissions.  Ce  chapitre  inédit  doit  prendre  place 
après  le  cclxi'  de  l'imprimé. 


[1441]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xiv.  :J21 

sur  les  Anglois,  le  comte  de  Honliton\  le  visconte 
Durset^  et  messire  Thomas  Ramestoii,  senesclial  de 
Bordeaulz,  quy  avoient  la  charge  et  gouvernement  du 
pays  de  Guyenne,  de  par  le  roy  Henry  d'Engleterre, 
assamblerent  au  pays  de  Bordelois ,  et  en  la  marche 
d'envh^on,  de  v  à  vi""  combatans,  atout  lesquelz  ilz  s'en 
allèrent  mettre  le  siège  devant  la  ville  de  Tartas,  appar- 
tenant au  seigneur  de  Labrech%  devant  laquele  ilz 
furent  bien  ung  mois ,  ycelle  combatant  et  ©pressant 
par  plusieurs  assaulz  et  divers  engiens  :  et  telement  s'y 
emploierent  que  lesdis  assegiés  se  rendirent  par  tel 
condition  que  la  ville  demourroit  en  la  main  du  sei- 
gneur de  Conacq  *  et  d'un  filz  de  bourgois  de  Bayonne, 
appelé  Augerot  de  Saint  Per^,  quy  estoit  Anglois.  Et, 

\.  Jean  Holland,  comte  de  Huntington,  depuis  duc  d'Excestre,  mort 
le  b  août  1446  (Dugdale,  II,  80-81). 

:2.  Wavrin  veut  dire  comte.  Edmond  Beaufort,  petit-Cls  de  Jean  de 
Gant ,  duc  de  Lancastre  ,  fut  créé  comte  Dorset  le  28  août  1442,  duc  de 
Somerset  en  mars  1449.  Tué  le  22  mai  14bo  à  la  bataille  de  Saint-Al- 
bans.  (Dugdale,  II,  121  ,  122.)  La  date  de  celte  création  d'Edmond  au 
comté  Dorsel  paraît  être  fautive  ;  car  il  est  ainsi  qualifié  dans  les  actes  de 
Rymer  (V,  partie  I  ,  146),  dès  le  25  mars  1438.  Un  autre  document 
prouve,  d'ailleurs,  qu'il  portait  ce  titre  avant  1442.  C'est  un  mande- 
ment de  Henri  VI,  roi  d'Angleterre,  concernant  un  procès  entre  Edmond 
de  Beaufort^  comte  Dorset,  et  Jean  deRosessard,  en  date  du  6  juillet  1441 
(Bibl.  imp.,  Mss.,  Coll.  Bréq.,  vol.  bl). 

3.  Charles  II ,  seigneur  d'Albret  ;  mort  en   1471  (Anselme,  VI,  212). 

4.  Peut-être  Loys  de  Belleville ,  écuyer,  seigneur  de  Conac,  ainsi 
qualifié  dans  le  Deuxiesme  Compte  de  Jean  Briconnet ,  receveur  gênerai  des 
finances  es  pajs  de  Languedoil,  pour  Tannée  finie  en  septembre  1468  (Bibl. 
imp.,  Mss.,  Fonds  Guignières,  n"  772  %  p.  432).  Louis,  seigneur  de  Belle- 
ville ,  de  Montagu  en  Poitou  et  de  Cosnac.  Marguerite  de  Culant,  sa 
femme,  était  veuve  de  lui  en  1475  (Anselme,  VII,  82). 

5.  Grassian  Augeret  de  Sent  Per,  ainsi  nommé  dans  une  requête  pré- 
sentée à  Henri  VI  par  les  députés  dps  deux  états  de  la  sénéchaussée  des 
Landes  (  J.  Delpit,  Collection  générale  des  documents  français  qui  se  trou- 
vent en  Angleterre ,  I,  258). 

I  Î21 


322  CRONICQUÊS  D'ENGLETERRE.  [1441] 

avec  ce,  fut  baillié  en  hostage  le  maisné  filz  dudit 
seigneur  de  Labrech,  nommé  le  cadet  Charles^,  jus- 
ques  au  may  ensievant  de  Fan  mil  quatre  cens  xlii  , 
qu'ils  promisrent  de  la  rendre  à  celluy  qui  en  cellui 
tempz,  au  jour  nommé,  seroit  le  plus  fort  et  puissant 
des  deux  rois  de  France  et  d'Engleterre ,  devant;  el 
promisrent  oultre  yceulz  assegiés,  que,  se  les  Auglois 
y  estoient  les  plus  fors,  ladite  ville  de  Tartas  et  toutes 
les  autres  villes,  terres  et  seignouries  que  lesdis  Anglois 
tenoient  du  seigneur  de  Labrech,  seroient  bailliés  au- 
dit cadet  Charles  de  Labrech,  lequel  en  feroit  lors  ser- 
ment de  fidélité  au  roy  d'Engleterre  ou  à  ses  commis. 
Aprez  lequel  traitié  ainsi  acordé,  comme  vous  oez, 
entre  les  partyes,  s'en  allèrent  les  Anglois  assegans  ;  les- 
quelz,  brief  ensievant,  signifièrent  au  roy  d'Engleterre 
et  à  son  conseil  ce  qu'ilz  avoient  besongnié,  et  l'apoin- 
tement  que  fait  avoient  à  ceulz  de  la  ville  de  Tartas , 
adfin  qu'ilz  feussentadvisez  de,  au  jour  assigné,  y  pour- 
veoir  à  leur  prouffit  et  honneur,  selon  qu'ilz  verroient 
estre  expédient  à  la  conclusion  prinse  en  la  manière 
que  j'ay  recité.  Et  pareillement  le  fist  scavoir  ledit  sei- 
gneur de  Labrech  au  roy  Charles  de  France,  le  requé- 
rant humblement  d'estre  secouru  en  ceste  nécessité, 
où  il  estoit  pour  sa  querelle  soustenir  et  soy  voulloir 
entretenir  en  son  service  :  lequel  roy  promist  libérale- 
ment de  y  aller  en  sa  propre  personne,  atout  la  plus 
grant  armée  qu'il  porroit  assambler,  en  toute  sa  puis- 
sance et  ou  pays  a  soy  obéissant  ;  laquele  promesse  il 
entretint  bien  et  loyaulment,  comme  vous  polrez  oyr 

i .  Charles  d'Albret ,  seigneur  de  Saint-Bazeille.  Décapité  le  7  avril 
1473  (Anselme,  VI,  212). 


[1441-42]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xiv-xvii.  323 
cy  aprez  en  son  lieu,  quant  tempz  sera,  en  la  déduc- 
tion de  ce  présent  chincquiesme  volume. 

1096.  Comment  le  roy  de  France  fist  une  grant  assamblcc 
pour  aller  entretenir  la  journée  devant  la  ville  de  Tartas. 

XV. 

Cf.  Monst,,  t.  VII,  ch.  ccLxv. 

1097.  Comment  le  roy  Charles  s'en  alla  devant  Saint  Severe, 
qui  est  chief  ville  de  Gascongne.  XVI. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  cclxvi. 

1098.  Comment,  pendant  le  tempz  que  le  roy  de  France 
estoit  oudit  voyage  de  Tartas,  les  Anglois  misrent  le  siège 
devant  la  ville  de  Couches*.  XVII. 

Le  temps  pendant  que  le  roy  de  France  estoit  oudit 
voyage  de  Tartas,  les  Anglois  de  Norlbmandie  s'assam- 
blerent  en  très  grant  nombre ,  soubz  la  conduite  du 
conte  de  Sombreset,  du  seigneur  de  Thalbotli ,  et  aul- 
cuns  autres  capittaines  :  si  s'en  allèrent  assegier  la  ville 
de  Couches,  où  ceulz  de  dedens  monstrerent  très  grant 
resistence.  Neantmoins,  elle  fut  moult  aprocliié  et  du- 
rement assaillie  et  batue  d'engiens,  et  telement  con- 
strainte  que,  cbascun  jour,  les  assegiés  faisoient  grant 
double  d'estre  prins  d'assault.  Pourquoy  ilz  envoierent 
secrètement  devers  le  comte  de  Dunois,  bastard  d'Or- 
lyens,  et  messire  Pierre  de  Bressay,  seigneur  de  la  Va- 
renne  \  lesquels  avoient  la  charge ,  de  par  le  roy  de 

1 .  Ce  chapitre  est  encore  une  restitution  à  faire  à  Monstrelet,  et  doit 
suivre  le  chapitre  cclxvi  de  l'édition  Buchon,  Voy.  le  Mss.,  déjà  cité, 
n°  8346,  fol.  ccxxxi  recto. 

2.  Pierre  de  Bré/é,  seigneur  de  La  Varenne  ,  sénéchal  de  Normandie 
en  1437.  Tué  le  17  juillet  1465  à  la  bataille  de  Montlhéry  (Anselme  , 
VIII,  271).  Il  passait  «  pour  estre  gentil  chevalier,  honnorai.le  et  le  plus 


324  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1442] 

France,  atout  certain  nombre  de  gens  d'armes,  pour 
garder  la  frontière  alencontre  des  Anglois  sur  les 
marches  des  pays  de  Charlrain  et  du  Maine,  leur  si- 
gnifiant le  dangier  en  quoy  ils  estoient,  et  requérant 
secours  et  ayde,  à  quoy  les  deux  capitlaines  respon- 
dirent  (ju'ilz  en  feroient  leur  povoir.  Mais  quant  ilz 
eurent  assamblé  toutcequ'ilz  peurentfiner  de  gens,  ilz 
trouvèrent  que  pas  n'estoient  assez  puissans  pour  lever 
le  dit  siège  :  neantmoins ,  pour  baillier  empescliement 
aux  assegans,  allèrent  logier  devant  Gallardon,  où  ilz 
livrèrent  ung  très  cruel  et  pesant  assault;  mais  les 
Anglois  quy  dedens  estoient  y  résistèrent  très  vaillam- 
ment et  rebouterent  les  François'  quy  les  assailloient, 
à  grant  perte  et  dommage  de  leurs  gens.  Et,  entretant, 
le  conte  de  Sombreset  et  ceulz  de  sa  compaignie  firent 
traitié  avec  les  assegiés  qu'ilz  s'en  yroient  saulfz  leurs 
corpz  et  biens ,  en  rendant  ycelle  ville  de  Couches  ; 
et  ne  les  eust  recheuz  ledit  conte  de  Sombreset  sinon 
à  vouUenté ,  n'eust  esté  en  intencion  d'aller  com- 
batre  les  dis  François  quy  estoient  devant  Guail- 
lardon,  se  ilz  le  voulioient  atendre.  Mais  les  François 
qui  furent  aulcunement  advertis  de  la  dite  rendition 
de  Couches,  et  de  la  venue  des  Anglois  leurs  annemis, 
traitèrent  hastivement  avec  ceulz  de  Guaillardon  et, 
par  moyen  qu'ilz  leur  donnèrent  certaine  somme  de 
pecune ,  s'en  départirent  et  livrèrent  la  ville  ausdis 
François  qui  devant  eulz  estoient,  lesquelz  y  misrent 

plaisant  et  gracieux  parleur  que  l'on  sceust  nulle  part ,  sage  et  grand 
entrepreneur,  et  gouvernoit  du  royaume  et  des  princes  de  France  la 
plus  grande  partie  (Olivier  de  La  Marche,  407). 

1.  Notre  manuscrit  porte  Anglois,  erreur  évidente  que  nous  aurions 
cru  devoir  faire  disparaître,  quand  bien  même  nous  n'aurions  pas  eu 
pour  autoriser  ce  changement  la  leçon  du  Ms.  n"  Mil,  fonds  Sorbonne. 


[1442]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xvii.  325 

bonne  garnison,  puis  se  relrayrent  à  Chartres  et  autres 
bonnes  villes  du  pays  de  leur  garde.  De  la({iicle  ren- 
dition  de  Guaillardon  furent  le  conte  de  Somhreset 
et  le  seigneur  de  ïhalboth  moult  couroucliiés  ;  mais 
autre  chose  n'en  peurent  avoir  :  si  s'en  retournèrent  à 
Rouen  et  autres  lieux  de  l'obéissance  des  Anglois. 

En  cesmesmes  jours,  ou  environ,  fut  prins  messire 
Jehan  de  Gapangnes ',  capittaine  de  Dourdan,  par 
aulcuns  de  ses  gens  quy  le  trahirent  et  livrèrent  auz 
Anglois,  qui  de  sa  prinse  furent  moult  joyeulz;  car 
depuis,  pour  sa  raenchon,  il  paya  grant  finance.  Et,  en 
ce  mesmes  tempz,  y  eut  une  grant  destrousse  faite  par 
les  François,  qui  s'estoient  assamblez  assez  prez  de 
Granville,  non  pas  loingz  d'Evreux%  où  ilz  trouvèrent 
les  Anglois  à  leur  advantage;  si  ferirent  dessus  :  mais, 
avant  qu'ilz  lespeussent  mettre  en  desroy,  y  eut  mainte 
belle  apartise  d'armes  faite,  mainte  prinse  et  mainte 
rescousse.  Mais,  finablement,  par  la  puissance  des  Fran- 
çois, ces  Anglois  furent  mis  à  plaine  descomfiture^, 
desquelz  y  eut  mors  sur  la  place  environ  xn'^",  et  plu- 
sieurs prisonniers  :  et,  de  la  partye  des  François,  y  mo- 

1.  Jean  de  Gapane  était  picard  [Histoire  de  Charles  Tll,  3i5).  Il 
faisait  partie  des  cent  gentilshommes  de  la  maison  dn  roi  dès  1471,  et 
l'était  encore  en  1483  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Fonds  Gaignières,  n°  533). 

2.  «  A  deux  lieues  de  Èvreux  )>  (Ms.  n°  834G,  fol.  ccxxxi). 

3.  a  En  laquelle  destrousse  furent  mors,  de  la  partie  des  susdits  Frau- 
choix,  Jelian  de  Bressay,  Meidon  de  La  Fontaine,  avecq  aulcuns  aullres. 
Nientmains ,  par  la  vaillance  et  diligence  de  Floquet ,  qui  estoit  l'un  de 
leurs  chiefz,  furent  les  dessusdits.Englés  tous  rués  jus  et  destroussés,  des- 
confis et  mors  en  la  plache  environ  de  xi  à  xii"*  :  et  si  rn  y  heubt  plui- 
seurs  qui  furent  détenus  prisonniers.  Item,  en  clie  mcysmc  temps,  l'em- 
pereur d'Alemaigne,  acompaignié  de  pluiseurs  grans  et  nobles  segneurs, 
et  moult  grand  nombre  de  gens,  s'en  vint  en  la  cité  de  Besencbon,  ouqiiel 
lieu  ala  devers  luy,  en  moult  noble  et  bel  a])pareil,  le  duc  Phelipc  de 
Bourgongne  »  (Ms,  n"  8346,  fol.  ccxxxi,  recto  et  verso). 


326  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1442] 

rurent  Jehan  de  Bressay  *  et  Meridon  de  la  Fontaine, 
avecq  autres  environ  de  vi  à  vu".  Si  estoit  capittaine 
des  François,  en  ceste  besongne,  ung  nommé  Floquet'. 

1099.  Comment  les  Anglois  allèrent  assegier  la  ville   de 
Diepe  en  Northmandie  ^ .  XVIII. 

En  ce  tempz  aussi,  mil  quatre  cens  xlii,  les  Anglois 
s'assamblerent  jusques  au  nombre  de  vin"  comba- 
tans,  lesquelz  s'en  vindrent  devant  la  ville  de  Dyepe; 
et  là  ,  sur  une  montaigne  assez  advantaigeuse\  firent 
fermer  et  asseir  une  très  forte  Bastille ,  laquele  ilz  avi- 
ronnerent  de  porfondz  fossez  :  si  la  pourveyrent  lar- 
gement de  vivres,  artillerie  et  toutes  manières  de  ba- 
billemens  nécessaires  à  leur  emprinse.  Et  quant  la 
dite  Bastille  fut  achevée  et  du  tout  bien  pourveue,  ilz 
ordonnèrent  pour  la  garde  et  deffense  d'ycelle  de 
quatre  à  v"  combatans  de  bonne  estoffe,  dont  estoit 
capittaine  ung  appelé  messire  Guillame  Poito  %  cheva- 

i .  «  Uii  escuyer  et  capitaine  desdits  François,  nommé  Jean  de  Bresay, 
du  pays  d'Anjou,  y  mourut ,  qui  estoit  un  vaillant  escuyer,  dont  ce  fut 
très  grand  dommage  »  (Berry,  -419). 

2.  Robert  de  Flocques ,  dit  Flocquet ,  seigneur  de  Flocques  et  d'Au- 
vrechier.  Mort  le  7  décembre  14G1  ^Mémoires  delà  Société  des  Anti- 
(juaires  de  Normandie^  t.  V,  403).  «  Environ  ce  temps  aussi  (1461),  un 
capitaine  des  gens  d'armes,  moult  renommé  en  fait  de  guerre,  très 
vaillant  et  liardy  chevalier,  nommé  Flocquet,  capitaine  d'Evreux,  mou- 
rut à  l'âge  de  cinquante  ans  ou  environ;  lequel  fust  moult  plaint,  car, 

,  par  son  subtil  engin,  il  gagna  sur  les  Anglois  le  Pont  de  Larche,  qui  fut 
cause  et  commencliement  que  le  roy  Charles  entra  en  Normandie ,  et 
reconquesta  tout  ledit  pays  de  Normandie  »  (Duclercq,  XIV,  184). 

3.  Ce  chapitre  est  encore  pris  à  Monstrelet.  Voir  le  nis.  n"  8346,  fol. 
ccxxxi,  verso. 

4.  «  Une  montagne  nommée  du  PoUet,  vers  le  Havre.  »  (J.  Chartier, 
12-2.) 

5.  William  Porter  était  capitaine  de  Mante  en  1419.  (Holinshed  ,  II , 
568.)  Guillaume  Porto ,   Pato  ou   Poictou  ,   capitaine  de  Saint-Lo  en 


[1442]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xvii-xviii.  327 
lier,  et  depuis  vint  avecques  luy  le  seigneur  de  Thal- 
both\  Si  commencèrent  à  mener  moult  forte  guerre  à 
ceulx  estans  dedens  la  ville  de  Dyepe,  et  assigerent  ou 
affusterent  plusieurs  gros  engiens  quy,  comme  conti- 
nuelement,  gectoient  dedens  ycelle  ville  ou  parmy  la 
muraille,  parquoy  elle  estoit  moult  oppressée  et 
traveillié  ,  et  gardoient  diligamment  que  nulz  vivres 
n'y  entrassent  ;  et  si  estoient  très  souvent  les  Anglois 
de  la  Bastille  ravitailliés  de  vivres  et  rafrecliis  de  gens. 
Si  avoient  ceulz  de  la  ville  moult  à  souffrir.  IVeant- 
moins,  Chariot  Desmares  \  lors  principal  capittaine  de  la 
ville  de  Dyepe,  avec  lui  aulcuns  vaillans  hommes,  fai- 
soient  nuit  et  jour  grant  diligence  adfin  de  résister  auz 
annemis,  et  aussi  estoient  souvent  ravitailliés,  tant 
par  mer  comme  par  terre.  Sy  y  eut  maintes  escarmu- 
clies  entre  les  deux  partyes,  où ,  aulcunes  foys,  en  de- 
mouroit  de  mors  et  navrez.  Et  dura  ceste  besongne  assez 
longuement,  à  scavoir  jusques  à  l'an  ensievant,  que  le 
daulphin  de  France,  Loys  de  V^allois,  aisné  filz  du  roy, 
y  alla  atout  moult  grant  puissance,  et  concquist  ycelle 
Bastille  par  force,  comme  cy  aprez  sera  plusplainement 
déclaré. 

En  cetempz  s'assamblerentles  François  de  garnisons, 

1449,  rendit  cette  place  aux  Français  le  17  septembre  de  cette  année. 
(J.  Chartier,  112,  12-2,  163.) 

1.  Le  baslard  de  Thalebot.  (Ms.  n°  8346,  fol.  ccxxxi,  verso.)  Il  ser- 
vait dans  l'armée  d'Edouétrd  IV  lorsque  ce  prince  vint  en  France  au 
mois  de  juin  1475  l^Mém.  de  J.  de  Uajnin,  282). 

2.  Charles  Desmares  était  encore  capitaine  de  Dieppe  en  1458,  ainsi 
que  le  prouve  le  rôle  d'une  montre  passée  à  Arques  le  2  octobre  de  cette 
année  (Bibl.  inip.,  Mss.,  Fonds  Gnignièrcs,  n"  782*,  fol.  110).  En  1464,  il 
était  capitaine  du  chastel  de  Perpignan  et  maître  d'hôtel  de  Louis  XI 
{Tables  des  ordonnances  et  estais  des  maisons  dcsroys,  rcynes  de  France^  etc. 
Bibl.  imp.,  Ms3.,  n°  2340,  fol.  743-744). 


328  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1442-43] 

sur  les  marches  de  Northmandie,  comme  de  Beauvaix, 
d'Evreux  ,  de  Couches  et  autres,  allèrent  courre  vers 
Graville  et  aulcunes  forteresses  de  là  environ ,  tenans 
le  party  des  Âuglois.  Si  rencontrèrent  l'un  l'autre,  et  y 
eut  très  dure  besongne ,  où  morurent ,  du  costé  des 
Anglois,  bien  nf^;  et,  des  François,  y  morurent  Jehan 
de  Bressay  et  Meridon  de  la  Fontaine ,  qui  estoient 
deux  vaillans  hommes ,  avec  aulcuns  autres  compai- 
gnons  en  assez  grant  nombre  ;  et  enfin  se  départirent, 
qu'on  n'en  sceut  à  quy  donner  la  victore^ 

1100.  Comment  le  roy  de  France  faisoit  grant  apareil  pour 
aller  en  Northmandie,  et  secourir  ceulz  de  Dyepe.  XIX. 

Cf.  Monst.,  t.  VII,  ch.  ccLxvin. 

1101.  Comment  le  Daulpliin  de  France  alla  secourir  ceulz 
de  Dyepe ,  et  comment  ses  gens  couroient  les  pays  du 
ducde  Bourgoigne^.  XX. 

En  ce  meismes  tempz,  le  roy  Charles  de  France  or- 
donna Loys,  son  filz  aisné,  daulphindeVyennois,  atout 
bonne  puissance  de  gens  de  guerre,  pour  aller  secourir 
ceulz  de  la  ville  de  Dyepe  ^  quy  jà,  assez  longue  espace, 

1 .  Ce  dernier  paragraphe  se  trouve  aussi  dans  le  manuscrit  n"  8346  ; 
mais  il  y  est  biffé.  C'est,  sans  doute  ,  par  ce  qu'il  n'est  qu'une  répétition 
fort  abrégée  de  ce  que  Monstrelet  avait  raconté  plus  en  détail  dans  son 
précédent  cbapitre. 

2.  Ce  chapitre,  qui  manque  à  toutes  les  éditions  de  Monstrelet,  appar- 
tient à  ce  chroniqueur  (V.  le  ms.  n°  8346,  fol.  ccxxxv,  verso),  et  doit 
prendre  place  après  le  cclxxii"  de  l'édition  de  M.  Buchon.  Il  est  dit 
dans  ce  272°  cbapitre  que  le  dauphin  faisait  un  mandement  pour  aller 
au  secours  de  la  ville  de  Dieppe  a  duquel  cy  après  est  faite  plus  ample 
mention.  »  C'est  dans  le  présent  chapitre,  omis  par  ses  copistes  et  qui 
bii  est  emprunté  parWavrIn,  que  Monstrelet  faisaitla  mention  annoncée. 

3.  a  La  deuxiesme  sepmaine  d'aoust  (mil  quatre  cens  quarante  trois), 
ledit  dalphin  fut  devant  Dieppe  »  (Journal  d'un  Bourgeois  de  Paris). 


[1443]       CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xvni-xx.         329 

avoient  esté  paravant  traveilliés  et  oppressez  des  An- 
glois  de  la  Bastille,  où,  comme  vous  avez  oy  cy  dessus, 
s'estoient  devant  eulz  amaisnagiés  pour  les  grever, 
ainsi  qu'ilz  faisoient  de  tout  leur  povoir  :  pt)urqiioy 
lesdis  de  Dyepe  avaient  jà  mainteffois  mandé  audit 
roy  de  France   leur   estât ,   priant  d'estre  secourus  , 
comme  ilz  furent.  Et  si  les  fist  souvent  le  roy,  ce  tempz 
durant,  plusieurs  fois  rafrescliir  de  vivres  ,  d'artillerie 
et  de  gens.  Or  doncques  le  daulpbin,  pour  adcomplir 
l'ordonnance  et  commandement  du  roy  son  père  ,   il 
se  tyra  atout  grant  nombre  de  gens  d'armes  vers  Paris  : 
si  l'acompaignoient  le  conte  de  Danois,  le  seigneur 
de  Gaucourt  \  le  seigneur  de  Scisacq  ',  le  seigneur  de 
Pressigny^  et  moult  d'autres  capiltaines  en  grant  nom- 
bre. Et  lors,  luy  aprocbant  Paris,  manda  il  venir  à  Com- 
piegne  devers  luy  plusieurs  de  ce  pays,  et  de  la  marcbe 
d'environ  :  entre  lesquelz  y  fut  mandé  Loys  de  Luxem- 
bourg, comte  de  Saint  Pol  *,  qui  y  vint  grandement 

\.  Raoul,  seigneur  de  Gaucourt ,  grand-maître  de  France  en  1436. 
Mort  dès  le  21  juin  1462  (Anselme,  VIII,  366). 

2.  Amaury,  seigneur  d'Estissac,  nommé  sénéchal  de  Salntonge  le 
24.  septembre  1442  (Bibl.  imp.,' Mss.,  fonds  Galgnures ,  n»  771,  folio 
104),  était,  dès  le  3  mai  14ol  ,  conseiller  et  chambellan  du  dauphin 
(Bibl.  imp.,  Mss.,  fonds  Gaignîèref,  n"  773,  fol.  iJ2o). 

3.  Bertrand  de  Beauvau,  seigneur  de  Precigny,  chevalier,  était  cham- 
bellan  du  roi  en  1441  (Bibl.  imp.,  Mss.,/o/i^.-  Galgnicres,  n"  771,  fol. 
lOb).  Voici  son  épitaphe  : 

«  Cy  gist  noble  et  puissant  seigneur,  messire  Bertrand  de  Beauvau, 
chevaher,  baron  de  Précigné  en  Tonraine,  de  SiUe  le  Guillaume  et  de 
Briancon,  etc.,  conseiller  et  chambellan  du  roy  nostre  sire,  et  président 
de  ses'comptes,  grand  conservateur  de  son  domaine,  aussi  conseiller  du 
roy  de  Sicille,  duc  d'Anjou,  et  capitaine  de  son  château  d'Angers,  lequel 
a  fait  faire  et  édifier  tout  de  neuf  ks  maisons,  cloaistres,  et  reparer  1  e- 
glise  de  céans,  et  trespassa  à  Angers  le  treiitiesme  jour  du  mois  de  sep- 
tembre, l'an  de  grâce  1474  »  (Jean  Ilirtt,  p.  383-384). 

4.  Louis  de  Luxembourg,  comte  de  Saint-Paul,  depuis  connétable  de 


330  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1443] 

adcompagnié  de  plusieurs  grans  seigneurs,  chevalliers 
et  escuiiers,  tous  gens  bien  uzagiés  de  guerre,  tant  de 
Beauvaisis ,  comme  de  Santers  et  de  Vermendois.  Sy 
y  vint  aussy  le  seigneur  de  Coramarsy  \  avec  lui  son 
nepveu,  le  sire  de  Hangiers'. 

Lors  le  dauphin  et  son  armée  venus  audit  lieu  de 
Compiengne ,  il  fist  tyrer  ses  gens  vers  la  ville  et  cité 
d'Amiens ,  et  luy ,  par  Moyencout ,  alla  gésir  à 
Channe ,  dont  estoit  capittaine  ung  gentil  homme, 
nommé  Gauwain  Quieret^  Puis  de  Channe  on  se 
tyra  vers  x\bbeville,  où  monseigneur  le  daulphin,  ses 
seigneurs  et  tous  leurs  gens  s'assamblerent  tout  en 
une  compaignie.  Si  povoient  estre  en  nombre  en- 
viron ini™  combattans ,  tous  gens  esleuz ,  bien  en 
point  et  de  bonne  estoffe,  qui  tous  furent  conduitz 
par  le  dit  daulphin  en  chief,  et  les  seigneurs  et  ca- 
pittaines  de  sa  compaignie,  dessus  nommez,  jusques 
devant  la  ville  de  Dyepe  ,  oii  ilz  se  logèrent  en  très 
bon  convenant  ;  à  scavoir,  aulcuns  es  faubours  de  la 
ville,  et  autres  es  villages  prochains. 

France.  Marié  :  1°  à  Jeanne  de  Bar;  2°  à  Marie  de  Savoie.    Décapité  le 
19  décembre  1473  (Anselme,  III,  726). 

1.  Robert  de  Sarrebruche ,  seigneur  de  Commercy,  vivait  encore  le 
30  mars  1460  (Anselme,  VIII,  535). 

2.  Jean  de  Hangest,  in*  du  nom,  seigneur  de  Genlis,  mort  en  février 
4483.  Sa  mère  était  Marie  de  Sarrebruche,  sœur  de  Robert  (Anselme, 
VI,  746). 

3.  Gauwin  Quieret,  seigneur  de  Drueul,  chevalier,  était  de  Picardie; 
il  assistait  en  1443  au  siège  de  Luxembourg  (Olivier  de  La  Marche,  402). 
Mort  à  Abbeville  a  environ  la  fin  de  mars  (1461,  v.  s.),  lequel  cheval- 
lier, en  son  temps,  on  avoit  tenu  pour  ung  des  hardis  et  vaillans  che- 
valliers de  son  corps  qui  fust  es  pays  du  duc  de  Bourgogne  ne  en  Fran- 
che, et  par  plusieurs  fois  l'avoit  monstre;  et  combien  qu'il  ne  fust  point 
des  plus  riches  du  pays,  sy  avoit-il  asses  par  raison  ;  et  estoit  aimé  de 
tous  gens  de  bien,  car  il  n'estoit  point  convoiteux  ;  et  fust  moult  plaint  » 
(Duclercq,  XIV,  196). 


[1443J  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xx.  331 

Lendemain  que  monseigneur  Loys  de  Vailois,  daul- 
pbin  de  France,  fut  venu  illec  prez  de  Dyepe,  il  fist 
sommer  aux  Anglois  de  la  Bastille  qu'ilz  se  \  cuisissent 
d'illec  partir,  et  eulz  en  aller  saulvement  de  corpz,  et 
emportant  partye  de  leurs  baglmes  ;  à  quoy  les  Anglois 
ne  volrent  entendre  ne  eulz  nullement  condescendre  : 
ains  firent  responce  et  dirent  qu'ilz  se  deffenderoient 
jusques  à  la  mort.  Laquelle  chose  venue  à  la  cognois- 
sance  du  dit  daulpliin,  il  assembla  prestement  son  con- 
seil pour  avoir  advis  et  délibération  quel  chose  estoit 
sur  ce  bon  à  faire  :  auquel  concistore  fut  en  la  fm  con- 
clud  (toutes  choses  quy,  en  ce  cas,  faisoient  à  examiner 
souffissamment  debatues)  que  on  les  assauldroit  dedens 
briefz  jours,  et  mesmement  le  plutost  que  on  porroit 
avoir  préparé  ses  besongnes  à  ce  ,  et  fait  les  habille- 
mens  de  guerre  convenables  audit  assault.   Comme 
doncques  il  en  avoit  esté  délibéré  et  conclud  en  fut 
fait;  car,  la  nuit  Nostre  Dame  my  aoust,  environ  dix 
heures  du  matin  ,  aprez  que  le  daulphin  eut  fait  dres- 
chier  plusieurs  queues  de  vin  sur  le  bout,  et  ycelles 
habandonner  à  ses  gens  pour  eulz  refectionner ,   il 
fist  bondir  les  trompettes  pour  aller  sommierement  à 
l'assault,  quy  se  commença  dur,  pesant  et  merveilleux, 
horrible  et  criminel  ;  lequel  dura  environ  trois  heures. 
Si  y  eut  maintes  belles  appartises  d'armes  faites  des 
deux  partyes,  quy  estoient  belles  à  veoir  à  ceulz  à  quy 
il  ne  touciioit,  fors  de  les  recorder.  Moult  francement 
et  vaillamment  s'y  portèrent  les  assailians,  et  pareille- 
ment se  deffendirent  ceulz  de  dedens  moult  vigoreu- 
sement;  car,  sans  doubte,  ycelle  Bastille  estoit  moult 
forte  et  bienpourveue  degrosengiens,  et  de  toute  ma- 
nière d'artillerie  et  autres  habillemens  de  guerre  à  def- 


332  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1443] 

fense  apartenans  ;  dont  ilz  se  aydoient  vaillamment  : 
et ,  avec  ce,  y  avoit  en  dehors  de  bien  parfondz 
fossez ,  où  il  convenoit  les  assaillans  descendre  par 
eschelles  et  remonter  par  force  contremont  le  bol- 
lewert. 

Touteffois ,  non  obstant  la  bonne  deffense  et  la 
grant  resistence,  ne  quelconcque  dilligence  que  feissent 
yceulz  Anglois,  les  François  montèrent  amont  et  les 
concquisrentde  force,  jà  faussent  ilz  de  quatre  à  chincq 
cens  combatans ,  desquelz  furent  mors  trois  cens  ou 
audessus  ;  et  le  demourant ,  tant  navrez  comme  hai- 
tiés,  furent  prins  et  détenus  prisonniers.  Et  de  lapartve 
du  daulphin  en  y  morurenl ,  tant  présentement  audit 
assault,  comme  depuis  des  navereures,  environ  qua- 
rante :  duquel  nombre  furent  Anthoine  de  Mouy, 
Jehan  de  Herselaines^,  le  bastard  de  Noyelle^,  et  autres 
gentilz  hommes.  Et  les  deux  capittaines  de  la  Bastille, 
c'est  à  scavoir  messire  Guillamme  de  Poito  et  le  bas- 
tard  de  Thalboth ,  furent  tous  deux  prisonniers  :  mais 
ledit  de  Poito  se  rendy  au  daulphin  ,  jasoit  ce  que  le 
conte  de  Saint  Pol,  qui  moult  vaillamment  et  pruden- 
tement  s'estoit  porté  et  contenu  en  ceste  besongne , 
le  dcist  avoir  premiers  prins  ;  de  quoy  il  ne  fist  aulcune 
demande  ou  question,  pour  l'amour  du  daulphin,  au- 
quel il  vouUoit  complaire.  Sy  emporta  l'honneur  du 
dit  assault ,  comme  on  disait  communément ,  le  sei- 


1.  Jean  de  Harcelance  faisait  la  guerre  en  1-418;  il  fut  un  de  ceux  qui 
tuèrent  Jacques  de  Harcourt  en  1423  (Monstrelet,  IV,  1 49  ;  V,  52). 

2.  Le  bâtard  de  Noyelles  figure  comme  archer  dans  une  montre 
passée  au  Pont-Sainle-Maxence ,  le  29  août  1410,  sous  la  conduite  de 
messire  du  Bos,  chevalier  banneret  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Montres  de  1358 
à  liiQ,  fonds  VilUvieille,  t.  IV.  Cabinet  des  titres). 


[1443]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  XX.  333 

gneur  de  Mouy,  appelé  messire  Loys  de  Secourt  ',  de 
la  part  des  François. 

A  la  journée  de  cest  assault  furent  adoubez  cîieval- 
liers  nouveaulz  ,  ledit  comte  de  Saint  Pol ,  Jehan  Dan- 
giers  \  Jehan  de  Thorote  %  Anthoine  de  Bornoville  \ 
Jacotin  de  Bectin  \  Jehan  de  Cresecques  \  Phelippe 
Dinchy  \  Regnault  de  Houlcourt ,  Guy  Quieret  ',  Gau- 
wain  Quieret,  Regnault  la  Personne,  George  de  Croix  \ 


1.  Louis  de  Soyecourt,  chevalier,  seigneur  de  Mouy,  conseiller  et 
clianibellan  du  roi,  bailli  de  Vermandois  et  gouverneur  de  Compiègne, 
vivait  encore  en  septembre  1469.  Sa  veuve  recevait  «  250  liv.  pour  moi- 
tié de  500  liv.  pour  demye  année,  sur  la  fin  de  laquelle  il  trespassa.  » 
[Extrait  des  8*  et  9°  comptes  de  Mathieu  Beauvarlet,  receveur  des  finances 
pour  l'année  finie  en  septembre  1469  et  1470.  Bibl.  imp.,  Mss.,  fonds  Gai- 
gnières,n°  772*,  p.  470,  508). 

2.  Jean  de  Hangest. 

3.  Jean  de  Torote,  châtelain  de  Torote,  seigneur  d'Aillebaudieres, 
de  Loisy  et  de  Mondétour,  fils  de  Gautier  de  Torote  qui  contestoit  en 
1424  les  terres  de  Sorel  et  de  Sorelette  (Anselme,  II,  153). 

4.  Antoine,  seigneur  de  Bournonville.  Mort  en  1480  (Anselme,  V, 
828.) 

5.  Jacotin  de  Bethune  (ms.  n"  8346,  fol.  ccxxxvi,  verso).  Il  était  en 
garnison  dans  la  ville  de  Ham  en  1439  (Monstrelet,  VII,  50). 

6.  Jean  de  Cresecques  figure,  en  qualité  d'écuyer,  dans  la  montre  pas- 
sée à  Beauvais  le  31  août  1417,  et  conduite  par  Charles  de  Lens  ,  che- 
valier banneret  (Bibl.  imp.,  Mss.,  Montres  de  1358  à  1439,/ort^5  T'ille- 
vieille,  t.  IV,  au  6  septembre.  Cabinet  des  titres). 

7.  Philippe  d'Inchy  ou  d'Auxi  :  Philippe  à'Achy  retenoit  encore  la 
qualité  de  chevalier  es  lettres  des  évéché  et  comté  de  Beauvais  en  1454 
(Louvet,  I,  16). 

8.  Guy  Quieret,  seigneur  de  Coulonvilliers  ,  eut  de  longs  différents 
en  1451,  54  et  59  avec  son  frère  Gauvain,  au  sujet  d'une  transaction 
passée  entre  eux  (Anselme,  VII,  746-747). 

9.  Georges  de  la  Croix,  seigneur  de  Baussel  ou  Blaissel  (Jean  Char- 
tier,  lo9).  Il  figure,  en  quahté  d'écuyer,  dans  la  montre  du  seigneur  de 
Salanove,  écuyer,  banneret,  passée  à  Beauvais  le  31  août  1417.  (Bibl. 
imp.,  Mss., Montres  de  1358à  1439,  fonds  Fillevieille,t.  IV,  au  6  septem- 
bre). Fait  prisonnier  par  les  Anglais  en  1430,  il  fut  rendu  à  la  liberté 
presque  aussitôt  (Monstrelet.,  V,  266-267). 


334  CROWICQUES  D'ENGLETERRE.  [1443] 

Regnaiilt  de  Sains*,  Hues  de  Mailly%  Estour  de  Stou- 
teville  ^,  Charles  de  Flavy  *,  Raoul  de  Flavy  ,  Jacques 
des  Fresnes  ^,  Despert  d'Ostevre ,  Rouge  du  Fay , 
Charles  du  Fay,  Jehan  de  Sains,  de  Cambresis,  et  aul- 
cuns  autres. 

Aprez  ceste  besongne  ainsi  adcomplye ,  le  daulphin 
se  fistdeschaussier  et  alla  nudz  piedz  jusques  à  l'église 
Saint  Jacques  de  Dyepe,  où  il  remercya  très  humble- 
ment Dieu,  son  créateur,  et  le  benoit  baron  Saint  Jac- 
ques, de  la  bonne  fortune  qu'il  avoit  illec  eue  alen- 
contre  de  ses  adversaires  les  Anglois,  et  ce  fait  se  loga 


1.  Regnaud  de  Sains  figure,  en  qualité  d'archer,  dans  une  montre  pas- 
sée au  Pont-Sainte-Maxence  le  29  août  1410,  sous  la  conduite  du  sei- 
gneur de  Neuville  (Bibl.  impér. ,  Mss. ,  Montres  de  1358  à  1439,  fonds 
Villevieîlle  ,  t.  IV).  Il  assistait  en  1430  au  siège  de  Compiègne  et  y  fut 
fait  prisonnier  par  les  Anglais  (Monstr.,  V,  322).  Lorsqu'on  traita  de  la 
paix  d'Arras,  en  1435,  chaque  puissance  intéressée  envoya  ses  délégués 
dans  cette  ville  ;  Regnaud  de  Sains  fut  du  nombre  des  seigneurs  hollan- 
dais qui  s'y  rendirent  au  nom  du  duc  de  Bourgogne  (Jean  Chartier,  74). 
Il  était  seigneur  dHerbeval  (Haudiquier,  Généalogie  du  Chastelei). 

2.  Hue  ou  Luc  de  Mailly,  seigneur  de  Lorsignol  et  de  Bouillencourt 
(Anselme,  VIII,  632).  ce  Hue  de  Mailly,  seigneur  de  Boulliencourt,  hardi 
et  vaillant  chevallier,  qui  tousjours  avoit  tenu  la  partie  de  Bourgogne, 
fut  fait  capitaine  de  Compiègne  en  1465  (Duclercq,  XV,  4).  Était  capitaine 
de  Montdidier  :  «.  en  décembre  1466,  la  ville  lui  fesait  présenter  viii  los 
de  vin  s.  (Note  communiquée  par  M.  le  baron  de  Melicocq).  Hue  de  Mailly 
vivait  encore  en  1468  (De  Barante ,  Uist.  des  ducs  de  Bourgogne ,  édition 
de  M.  Gachard,  II,  705). 

3.  Hector  d'Estouteville,  seigneur  de  Beaumont  (Anselme,  VIII,  100), 
était  fils  du  seigneur  de  Torcy.  «  A  cet  assaut,  dit  Jean  Chartier  (125), 
furent  faits  chevaliers  le  comte  de  Saint-Pol ,  Hector  de  Touteville ,  fils 
au  seigneur  de  Torcy,  Charles  de  Flavy,  Renaud  de  Flavy,  Jean  de  Con- 
seques  et  plusieurs  autres.  • 

4.  Charles  de  Flavy,  chevalier,  était  capitaine  de  la  tour  de  Choisy  en 
janvier  1459  (Bibl.  imp.,  Mss.  du  Gange,  Suppl.  fr.,  n"  122o<i,  fol.  280). 

5.  Un  seigneur  de  Fresne  était  au  nombre  des  hollandais  qui  se  ren- 
dirent à  Arras,  comme  délégués  du  duc  de  Bourgogne,  pour  traiter  de 
la  paix  en  1435  (Jean  Chartier,  74). 


[1443]         CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xx.  335 

en  la  ville  de  Dyepe  et  habandoniia  tost  aprez  ladite 
Bastille  à  brusler.  Sy  y  fut  le  feu  boullé.  En  oultre, 
quant  le  daulpbin  eut  séjourné  en  la  ville  de  Dyepe 
par  Tespace  de  cliincq  jours  ,  et  qu'il  eut  ordonné 
comment  ceulz  de  la  ville  se  auroient  desoremais  à 
conduire  ,  il  s'en  party  et  retourna  à  Abbeville ,  atout 
son  armée,  où  il  fut  des  habitans  de  la  ville  reclieu 
moult  bonnourablement  et  joyeusement  :  et  aulcuns 
peu  de  jours  aprez  s'en  party,  puis  cbevaulclia  par 
Amiens  jusques  à  Compiegne,  et  puis  s'en  alla  au  Clias- 
teler,  où  le  comte  de  Saint  Pol  le  festoia  grandement, 
et  y  séjourna  aulcuns  jours  ;  puis  s'en  retourna  à  Com- 
piegne. Et  ce  tempz  pendant,  ses  gens  couroient  très 
souvent  ou  terroy  d'Artois  et  es  villes  et  pays  du  duc 
Pbelippe  de  Bourgoigne  ;  auquel  dommagier  le  dit 
daulpbin  estoit  assez  enclin  ,  principalement  pour  la 
cause*  de  Montagu  ^   que  avoit  fait  faire  Jeban  de 

i.  Destrousse,  clans  le  ms.  n"  432,  Fonds  Sorhonne. 

2.  Le  comte  cl'Etampes  a  se  tira  audit  lieu  de  Saint  Quentin  ,  devers 
Laon,  pour  aller  passer  assez  près  de  la  comté  de  Rethel  ;  mais  quand  il 
fut  vers  Montaigu,  si  comme  il  fut  dit  et  rapporté  que  Dimenche  de 
Court,  le  Roucin,  et  aucuns  autres  capitaines  des  gens  du  roi ,  estoient 
logés  à  Montaigu  et  audit  lieu  de  Sissonne,  lesquels  nagueres  avoient  esté 
au  pays  de  Retlielois,  où  ils  avoient  fait  de  grans  et  merveilleux  domma- 
ges, pour  lesquels  le  dit  comte  d'Estampes  estoit  très  mal  content  d'eux  ; 
car  avecque  ce,  un  petit  par  avant,  icelui  Dimenche  de  Court  avoit  esté 
destroussé  en  Bourgogne  et  avoit  promis  de  non  lui  plus  loger  sur  les 
pays  de  Bourgogne,  ni  sur  ceux  du  parti ,  si  leur  manda  et  fit  savoir 
qu'ils  se  retrahissent  hors  de  son  chemin,  et  qu'il  se  vouloit  aller  loger 
audit  lieu  de  Montagu,  ce  que  point  ne  vouloient  faire,  pourquoi  entre 
icelles  parties  s'esmurent  aucunes  rigueurs.  Et  fut  ordonné  que  ledit 
comte  d'Estampes  et  son  conseil  leur  courroit  sus,  et  ainsi  fut  fait. 

«  Si  furent  la  plus  grande  partie  desdits  François  du  tout  destroussés  et 
tous  leurs  biens,  tant  chevaux  comme  autres  bagnes,  prins  et  ravis  par  les 
Picards,...  pour  lesquelles  destrousses  le  roi  ni  son  fils  ne  furent  point 
bien  contents  »  (Monstrelet,  VII,  218-219). 


336  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [\kkZ-kk] 

Bourgoigne,  conte  d'Estampes  \  dommagier,  et  aussi 
emprins  sur  les  gens  dudit  daulphin,  comme  il  apert 
plus  amplement  en  la  déduction  des  Cronicques  de 
France.  Pour  ausqueles  choses  obvier  furent  envoyez 
devers  le  daulphin,  audit  lieu  de  Compiegne,  de  par 
le  duc  de  Bourgoigne,  l'evesque  de  Verdun  ^  et  le  sei- 
gneur de  Ternant%  ausquelz  le  daulpbin  promist  qu'il 
feroit  cesser  ses  gens  de  plus  fourragier  les  pays  dudit 
duc.  Mais  neantmoins,  pour  cette  promesse,  ilz  cessè- 
rent assez  petit,  ains  continuèrent  en  y  faisant  de  grans 
maulz  et  dommages  *  :  dont  il  despleut  au  bon  duc,  qui 
bastivement,  pour  ceste  cause,  adfin  de  y  pourveoir, 
manda  venir  vers  luy  ledit  Jeban  de  Bourgoigne  , 
son  nepveu ,  comte  d'Estampes ,  auquel  il  fist  exprès 
commandement ,  que  prestement  il  assamblast  gens 
d'armes  pour  aler  alencontre  d'yceulz  pillars,  et  tele- 
ment  pourveoir  à  leurs  mallefices,  que  ce  feust  exemple 
à  tous  autres. 

Pendant  le  tempz  que  ces  cboses  estoient  en  ce  party, 
le  roy  Cbarles  de  France,  quy  desja  estoit  advertis  que 

1.  Jean,  fils  du  comte  de  Nevers,  devint  comte  d'Étampes  en  1434 
(Monstrelet,  VI,  m).  Mort  le  25  septembre  1491  (Anselme,  I,  252). 

2.  Guillaume  Fillastre,  évêque  de  Verdun,  de  1437  à  1449.  Céda  son 
ëvêclié  à  Louis  de  Haraucourt,  en  1449,  pour  prendre  possession  de  celui 
de  Tournay.  Mort  le  22  août  1473  [Gall.  christ.,  XIII,  col.  J  233-1235). 

3.  Voy.  ci-dessus,  p.  244,  note  2. 

4.  Après  ces  mots,  le  manuscrit  n°  8346  (f.  ccxxxvn,r°),  continue  ainsi: 
«  Et  meysmement  cheux  de  la  garnison  d'Eu  alerent  pillierles  faulzbourcz 
de  la  cité  de  Cambray  et  le  moustier  de  Nostre  Dame  de  Cantimpré,  et, 
à  leur  retour,  prinrent  le  chastel  de  Herussart,  emprcs  Beauqiiesne,  ap- 
pertenant  à  messire  Jehan  de  Fosseux,  et  le  pillierent  du  tout.  Pour  les- 
quelles entreprinses  ceulx  desdils  pays  estoient  bien  grand  doubte ,  pour 
che  que  la  plus  grand  partie  des  nobles  estoient  aies ,  comme  dict  est, 
avoecq  le  conte  d'Estampes  devers  le  duc  de  Bourgogne.  Ouquel  temps 
le  roy  remanda  son  filz  le  daulfîn.  » 


[1444]  CINQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xx.  337 

le  duc  de  Bourgoigne  faisoit  grant  assaniblee  de  gens 
de  guerre  pour  courir  sus  à  ceulz  du  daulpliiii ,  son 
filz,  non  voeillant  nullement  la  paix  d'Arras  eslre  em- 
frainte,  manda  hastivement  à  son  dit  fil/  et  au/  gens 
d'armes  qu'ilz  se  tyrassent  devers  lui  en  Tliouraine,  oii 
lors  il  estoit.  Si  y  alla  le  dauphin  prestement  devers 
le  roy  son  père,  où  il  fust  grandement  festoie  en  la  ville 
de  Tours  ,  tant  de  son  dit  père  comme  des  seigneurs, 
et  du  commun ,  pour  sa  nouvelle  victore  '.  Et  luy 

1.  Ici,  dans  le  Ms.  8346  (fol.  ccxxxvn,  recto  et  verso),  se  trouve  le 

passage  suivant,  omis  par  Wavrin  ,  et  qui  manque  également  à  toutes 

les  éditions  de  Monstrelet  :  «  Et  tantost  après  luy  fut  baillié  en  charge 

d'aler  après  Sallesar  qui  emmenoit  grand  foison    de  gens   d'armes  vers 

Ghienne,  sans  le  congié  du  roy.  Et  luy  fut  ordonné  de  le  ramener  ou  du 

mains  luy  oster  ses  gens.    Si  le  poursievy  moult  rademcnt  et  le  racon- 

sievy  devers  Auvergne.  Et  fist  tant  que  la  plus  grand   partie   des  gens 

d'armes  que  ledit  Sallezar  avoit  avoecq  luy  se  mirent  avoecq  ledit  daul- 

fin  :  lequel  de  plus  en  plus  fist  très  grosse  assemblée,  et  se  tira  dcvei's  les 

pays  du  conte  d'Armignach  ;  lequel  il  avoit  en  charge  de  prendre ,  et  le 

faire  prisonnier  de  par  le  roy  son  père.  Et  pour  che  que  ycelui  conte 

d'Armignach  se  tenoit  de  sa  personne  en  l'Isle  de  Jourdain,    envoia  le 

daulfîn  aulcuns  de  ses  capitainnes,  atout  foison  de  gens  d'armes,  logier  es 

faulzbours  et  autour  d'ycelle  ville.  Et  leur  ordonna  et  commanda  qu'ilz 

gardassent  bien  que  ledict  conte  ne  se  departesist  de  là.  Et  brief  ensievant 

vint  là  en  personne.  Au  devant  duquel  ycelui  conte  d'Armignach  y.-si 

pour  aler  au  devant  de  luy.  Le  quel  daulfîn  dessus  dict  le  fist  prisonnier 

de  par  le  roy,  dont  il  fut  moult  esmervillié  ;  mais  pour  lors  ne  le  peut 

amender.  Et,  avoec  che,  fut  prinse  sa  femme  et  aulcuns  de  ses  cnfans,  et 

fut  ycelle  ville  de  l'Isle  Jourdain,  en  la  plus  grand  partie,  toute  courue  et 

pillié,  et  y  furent  trouvés  biens  innumerables  et  à    très  grand  habon- 

dauce,  et  de  très  riches  et  précieux  jovaulx :  et,  avoecq  che,  funnt  mises 

en  la  main  du  roi  pluiseurs  aultres  de  ses  villes  et  forteresses  principaulz. 

Et  fut  la  cause  de  sa  prise  pour  che  que  ycelui  conte  avoit  fait  pluiseurs 

desobeyssances  au  roy,  et  qu'il  avoit  traictié  de  maryer   une   sienne  lille 

qu'il  avoit  au  roy  Henri  d'Engleterre.  Et  furent  les  lettres  des   traictiés 

dessus  dicts  trouvés  en  aulcuns  de  ses  coffres.  Et,  avoecq  che,  avoit  fait 

morir  le  marescbal  de  France,  ch'est  assavoir  le  segneur  de  Sevcrach,  à 

la  grande  desplaisance  du  roy  son  segneur.  Et  quand  le  roy,  qui  de  long 

temps  avoit  esté  adverti  des  besongnes  dessus  dictes,  et  que  j)our  ycelles 

,  22 


338  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [1444] 

fut  tantost  baillé  autre  charge,  de  laquele  je  me  passe 
quant  à  présent  ;  car  je  voeil,  selon  ma  première  in- 
tencion,  terminer  et  baillier  fin  à  mon  présent  v*  vo- 

avoit  envoyé  devers  luy  sollempnelle  ambassade,  pourluy  remonstrer  les 
besongnes  dessus  dictes,  luy  signifiant  la  dessus  dicte  desobeyssance  qu'il 
avoit  faite  et  faisoit  chacun  jour  à  son  souverain  segneur,  il  avoit  res- 
pondu  que,  se  le  roy  luy  baillolt  aucun  empesclieraent  en  nulles  de  ses 
signoui'ies  ou  faisoit  baillier ,  il  se  alieroit  à  tel  qui  bien  luy  alderoit  à 
garder  contre  toute  sa  puissance.  » 

Monstrelet  indique  à  peine  ce  voyage  du  dauphin  (VII,  231)  :  a  Au 
commencement  de  cet  an,  le  dauphin  de  Viennois,  premier  fils  du  roi, 
retourna  devers  son  père ,  qui  estoit  à  Tours  en  Touraine  ;  et  avoit 
ledit  dauphin  esté  moult  grand  espace  de  temps  au  pays  de  Languedoc, 
tant  -ponvle  fait  du  comte  d' Armagnac,  comme  pour  autres  affaires.  » 

Qu'est-ce  que  le  fait  du  comte  d'Armagnac,  sur  lequel  Monstrelet  n'en- 
tre, ici,  dans  aucun  détail?  Un  fait,  évidemment,  dont  il  a  parlé  précé- 
demment, celui  dont  nous  venons  d'emprunter  le  récit  au  Ms.  8346. 
Évidemment  aussi,  ce  récit  et  le  chapitre  dans  lequel  il  est  enclavé  ap- 
partiennent à  Monstrelet. 

En  suivant  pas  à  pas  cet  historien  pour  comparer  ses  chroniques  à 
celles  de  Wavrin,  nous  avons  eu  de  fréquentes  occasions  de  lui  restituer 
des  passages  importants  omis  par  ses  copistes.  Pour  compléter  en  quel- 
que sorte  son  œuvre,  nous  mettrons  ici  le  passage  par  lequel  elle  se  ter- 
mine dans  notre  excellent  manuscrit.  L'édition  Buchon  finit  (VII,  241) 
par  cette  phrase,  dont  le  sens, qui  paraît  fini,  n'est  pourtant  que  suspendu  : 

e  En  traitant  toutes  les  besognes  dessusdites,  furent  faites  plusieurs 
ouvertures  aussi  pour  traiter  le  mariage  du  dessusdit  roy  d'Angleterre 
avec  la  fille  du  roi  René  de  Sicile,  duc  d'Anjou,  de  Bar  et  de  Lorraine, 
lequel  depuis  fut  parfait  et  confirmé.  Comme,  ajoute  notre  manuscrit, 
chj  après  sera  declairié  en  mon  tiers  livre  :  et  quant  au  regard  des  conserva- 
leurs  pour  V entretenement  des  trêves  dessus  dictes,  y  furent  commis  de  par 
le  roy  de  France  * .  » 

Vient  ensuite  ce  dernier  chapitre  :  . 

«  S'ensievent  aulcunes  exortacions  moralles  qui  sont  et  pueent  estre 
moult  prouffitables  à  veoir  et  oyr  aux  rois ,  prmches  et  grans  seigneurs 
qui  ont  signouries  à  conduire  et  gouverner,  » 

*  Cette  phrase  en  caractères  italiques  se  trouve  dans  l'imprimé  de  mdciii.  Mon- 
strelet a-t-11  commencé  ce  tiers  livre  ?  Celui  qui  a  été  fait  par  ses  continuateurs 
commence  justement  par  les  fiançailles  de  Marguerite  d'Anjou  avec  le  roi  d'Angle- 
terre. 


[1444]  CmQUIÈME  PARTIE,  LIVRE  VI,  xx.  339 

lume  :  mais  au  \f  sequent,  Dieu  devant,  je  parsievray 
ma  matière,  autant  que  oportunité  me  durera,  selon  la 
fourme  encommencié.  Et  y  sera  entée,  quasy  au  com- 

«  Le  premier  point  si  est  que  les  rois,  prinches  et  grans  seigneurs  ne 
doibvent  nulluy  opprimer  par  leur  puissanche,  sy  non  en  terme  de  jus- 
tice. Hz  doibvent  justement  jugier  entre  l'omme  et  leur  prouchaiu,  sans 
avoir  acception  de  personne.  Ils  doibvent  estre  deffendeurs,  ch'està  dire 
que  ilz  doibvent  deffeudre  les  estrangiers,  les  orplienins  et  les  femmes 
vefves.  Hz  doibvent  restraindre  et  deffendre  tous  larecliins.  Hz  doibvent 
pugnir  tous  adultères.  Hz  ne  doibvent  point  eslever  les  niques  et  par- 
vers.  Hz  ne  doibvent  point  nourir  jangleurs  ne  batelleurs,  ne  gens  qui 
sont  de  orde  vie.  Hz  doibvent  périr  et  destruire  les  mah  aix.  Ils  doibvent 
de  leurs  aumosnes  nourir  les  povres.  Hz  ne  doibvent  soustcnlr  murdricrs 
ne  hommecides.  Hz  doibvent  soustenir  et  deffendre  les  églises.  Hz  doib- 
vent moult  regarder,  es  gouvernemens  et  signouries  de  leurs  pays,  de  y 
constituer  hommes  justes  et  de  bonne  vie  ayans  bonne  conscience.  Hz 
doibvent  avoir  consilliers  anciens,  saiges  et  attrcmpés,  souffisans  pour  sca- 
voir  discerner  le  bien  du  mal,  et  bien  congnoissans.  Hz  ne  doibvent  point 
entendre  ne  eulz  arrester  aux  dispersions  ou  dispertisions  d'encanteurs, 
devins,  sorchiers,  ne  telles  samblables  gens.  Hz  doibvent  différer  et  dissi- 
muler leur  yre  et  fureur  contre  cheulz  qui  sont  soubz  eulx.  Hz  doibvent 
deffendre  leur  pays  justement  contre  leurs  adversaires.  Hz  ne  se  doib- 
vent point,  pour  prospérité qu'ilz  ayent,  eslever  enleurcoragc.  Hz  doibvent 
souffrir  et  soustenir  paciamment  toutes  les  adversités  qui  leur  viennent 
Ils  se  doibvent  du  tout  fier  en  Dieu  et  y  avoir  conCdence.  Hz  doibvent 
avoir  ferme  foy  catholique  en  leur  Créateur.  Hz  ne  doibvent  point  souf- 
frir mal  faire  à  leurs  enfans,  ne  à  cheulz  qui  sont  subjectz  et  soubz  eulz, 
mais  les  doibvent  ensegnier  et  endoctriner.  Hz  doibvent  certaines  heures 
vacquier  et  eulx  arrester  à  devoclon.  Hz  ne  doibvent  point,  devant  heure 
convenable,  gouster  viande  ne  prendre  leur  réfection.  Et  ceux  qui  usent 
et  voelent  user  des  ensaignements  dessus  dictz  font  avoir  grand  prospé- 
rité ou  pays  qu'ilz  ont  en  gouvernement,  et  eulx  meysme,  en  la  fin,  ac- 
quièrent la  gloire  céleste. 

c  Explicitle  second  volume  de  Enguerrant  de  Monstrelet.  » 

Qu'il  nous  soit  permis,  encore,  de  faire  une  dernière  restitution  à  ces 
Chroniques  ;  et,  cette  fois,  elle  profitera  au  manuscrit  aiusi  qu'à  l'imprimé. 
M.  Dacier,  qui,  comme  on  l'a  déjà  vu  (page  320),  indique  une  lacune 
dans  le  texte  de  Monstrelet,  en  signale  une  autre  en  même  temps  :  «  J'ai 
remarqué,  dit-il  (Préface,  p.  23),  une  omission,  mais  qui  ne  saurait  ^tre 


:540  CRONICQUES  D'ENGLETERRE.  [144i] 

mencement,  une  notable  incidence  qui  en  ce  temps 
advint  en  sarrazine  terre;  laquele,  à  mon  samblant, 
debvra  grandement  plaire  à  tous,  pour  recréer  les  es- 

attribuée  qu'aux  copistes;  je  les  soupçonne  de  nous  avoir  fait  perdre 
une  partie  considérable  d'un  chapitre  du  second  livre.  Ce  chapitre  est 
intitulé  :  a  Comment  le  duc  d'Orléans  retourna  de  France  devers  le  duc 
«  de  Bourgogne*.  »  Le  commencement  est  employé  à  décrire  l'entrevue 
des  deux  princes  dans  la  ville  d'Hesdin  en  1442.  Ils  y  convinrent  de  s^as- 
Sf.mbler  incessamment  à  J^evers,  avec  plusieurs  grands  princes  et  seigneurs  du 
royaume  de  France,  et  au  bout  de  huit  jours  ils  se  séparent;  l'un  prend 
la  route  de  Paris  pour  se  i-endre  à  Blois,  l'autre  part  pour  la  Bourgogne, 
Ce  récit  contient  une  vingtaine  de  lignes ,  et  tout  de  suite  on  lit  :  a  En- 
«  suit  la  copie  des  instrumcns  envoyés  au  roi  Charles  de  France  par  les 
«  seigneurs  qui  s'étoient  assemblés  à  Nevers,  et  les  réponses  faites  à  icelles 
«  par  ceux  de  son  grand  conseil.  »  Ce  titre  est  suivi  des  remontrances 
qu'il  annonce  et  de  la  réponse  que  le  roi  fît  aux  ambassadeurs  chargés  de 
les  lui  présenter.  Or,  conçoit-on  que  Monstrelet  n'ait  rien  dit  du  sujet 
de  l'assemblée  ;  qu'il  n'ait  nommé  aucun  des  seigneurs  qui  s'y  trouvè- 
rent ;  et  qu'après  avoir  désigné  Nevers  comme  lieu  de  rendez-vous ,  il 
ait  passé  sans  préparation  aux  remontrances  qui  y  furent  arrêtées  ?  s 
M,  Dacier  supposait  avec  juste  raison  une  lacune  en  cet  endroit;  mais 
elle  ne  faisait  pas  perdre  ?i««  partie  considérable  du  chapitre.  C'est  même  de 
son  peu  d'étendue  que  vint,  sans  doute,  l'omission  qu'en  a  faite  aussi 
le  copiste  du  manuscrit  8346.  Voici  ce  passage,  tel  que  le  donne  le  hé- 
l'aut  Berry  dans  sa  chronique  intitulée  :  Le  Recouvrement  de  Normandie  et 
dUine  partie  de  Guyenne  **.  Cette  chronique  est  une  copie  abrégée  de 
Monstrelet,  ce  que  ne  cherche  nullement  à  dissimuler  le  plagiaire.  Comme 
on  retrouve  dans  cette  compilation  tous  les  chapitres  inédits  restitués  par 
nous  à  l'imprimé  des  chroniques  de  Monstrelet,  nous  admettons  sans  hési- 
ter son  addition  comme  appartenant  à  ce  dernier.  Après  les  derniers  mots 
du  chapitre  cclxii,  on  lit  ce  qui  suit  dans  le  texte  de  Berry  :  a  Ung  pou 
de  tamps  après,  se  vanrent  assambler  en  la  ville  de  Nevers  les  ducz  de 
Bourgongne,  d'Orleens  et  de  Bretaigne,  et  avec  eulx  aucuns  aultres 
grans  seigneurs,  pour  reraonstrer  au  roy  certains  articles  touchans  !e  bien 
commun  de  son  royalme.  Lesquelz  articles,  mis  par  escript,  furent  bail- 
liés  à  aucuns  ambassadeurs  que,  pour  celle  cause,  ils  envolèrent  devers  le 
roy,  qui,  pour  lors,  se  tenoit  à  Amboise.  Lesquelz  ambassadeurs  venus 
devers  le  roy,  luy  baillèrent  par  escript  les  articles,  adfîn  de  les  veoir  en 

*  Voy.  cliap.  cnxri. 

**  Bibl.  iiup.,  ins.  i)675'  fol.  224,  verso. 


[1444]  CINQUIÈME  PARTIE,  UYRE  VI,  xx.  341 

periîz,  comme  je  ne  la  sache  estre  récitée  en  quelque 
autre  volume  '. 


Et  atant  prent  fin  ce  VI'  livre  et,  par  conséquent,  le  V  volume  de 
ces  Cronicques  d'Engleterre. 

«on  conseil  et  de  avoir  sur  tout  rcsponse  pour  le  référera  leurs  niaistrcs. 
Desquelz  articles,  et  des  responses  sur  ce  faictes  par  le  roy,  la  substance 
ensieult.  Premièrement,  etc.  »  A  suivre  aux  chapitres  ccLxni  et  cclxiv 
de  l'imprimé. 

\.  Cette  curieuse  expédition  en  Morée  n'est,  en  effet,  racontée  par  au- 
cun autre  chroniqueur.  Elle  est  seulement  indiquée  par  quelques-uns , 
dont  nous  citerons  les  passages  en  temps  et  lieu. 


FIN    DU    TOME    PREMIF.R. 


TYPOGRAPHIE  DE  CH.  LAHURE  ET  C'^ 

Imprimeurs  du  Sënat  et  de  la  Cour  de  Cassation 

rue  de  Vaugirard,  9 


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Wavrin,  Jehan  de,  seigneu 
du  Fore s tel 

Anchiennes  cronicques 
d'Engle terre 


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